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 ANTHOLOGIE de la CRUAUTEVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Aristarque




Inscrit le : 23 Déc 2003
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MessageSujet: ANTHOLOGIE de la CRUAUTE   Mer 16 Juin - 23:23

La cruauté n'a jamais été comprise...elle doit être endurée.

Au fil de nos lectures, nous avons rencontré beaucoup de relations de scènes de cruauté. Peu de romanciers y ont échappé. elle accompagne la vie des hommes depuis qu'ils sont sur terre.
Il serait curieux (j'allais dire amusant , ce qui serait un comble en matière de cruauté) d'en faire une anthologie. Chiche !

Je commencerai par FLAUBERT

Les Carthaginois entraînent les Barbares révoltés dans un défilé entre la Montagne d’Argent et la Montagne de Plomb et les y enferment en bouchant les deux issues par des blocs énormes d’un côté et une herse hérissée de pointes acérées, haute de quarante coudées et faite à la mesure exacte de l’intervalle de l’autre côté Quatre mille hommes étaient pris au piège.
Les Mercenaires ne possédaient de vivres que pour deux jours. Ils tuèrent les taureaux que les Carthaginois avaient lâché dans le défilé pour les attirer. Ils égorgèrent les mulets puis on racla les peaux, on fil bouillir les entrailles, on pila leurs ossements. Le soir du neuvième jour trois Ibères moururent. Alors les Garamandes se mirent à rôder tout au tour.(…) ils se baissèrent et en prirent des lanières de chair, puis ils mangèrent (…) Au milieu de la nuit ce fût un foule qui se pressait autour des restes macabres. Ils faisaient cuire les morceaux à la pointe de l’épée, on les salait avec de la poussière.
Puis comme il fallait vivre, comme le goût de cette nourriture s’était développé, comme on se mourrait, on égorgea les captifs, les porteurs d’eau, le palefreniers, tous les valets des Mercenaires. Puis les blessés et les malades. Des gens évanouis de réveillaient au contact d’une lame ébréchée qui leur sciait un membre. (….) La soif les tourmentait depuis le neuvième jour où les outres furent complètement taries.
Pour tromper le besoin, ils s’appliquaient su la langue les écailles métalliques des ceinturons, les pommeaux en ivoire, les fers des glaives. D’autres suçaient un caillou. On buvait l’urine refroidie dans des casques d’airain. G.Flaubert SALAMMBO……Le défilé de la Hache


Mais dame nature aussi sait se montrer cruelle:

Sur la neige croûtée, l'orignal et le caribou qui n'avaient pas émigré trottaient à la recherche d'une source où arracher quelques lichens. Si la surface sonore craquait sous un sabot, une patte enfonçait jusqu'à l'épaule. Dans l'effort que déployait la bête affolée pour se tirer de là, une deuxième patte crevait l'écorce blanche qui s'étoilait en craquant comme une coquille d'oeuf. Alors les autres pattes tapaient avec rage. Le corps en déséquilibre se tordait. Le souffle devenait sourd, brutal avec des toux rauques et des plaintes déchirantes. Très vite les deux autres pattes s'enfonçaient. Pris au piège le plus traitre, posé sur le ventre, fou d'impuissance, le grand cervidé grattait du bois de toutes ses forces sur cette route glissante, sa route depuis des millénaires, qui venait de le trahir.Des éclats blancs giclaient autour de lui comme le granit sous le ciseau du sculpteur. La bête beuglait sa détresse, bramait sa peur de la mort. L'arbre sec planté sur son front et qui lui donnait l'air de porter à longueur d'année l'hiver en triomphe, sonnait sourd......Captif de la saison dure, l'animal pouvait tenir tout le jour. La nuit venue, des larmes coulaient de ses grands yeux effrayés, tout de suite transformées en perles dures accrochées aux poils raides... Mille drames par nuit pour ces forêts immenses............
Harricana par Bernard Clavel.

Qui veut continuer ?.... Rolling Eyes
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Dona




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MessageSujet: Re: ANTHOLOGIE de le CRUAUTE   Jeu 17 Juin - 6:46

Ca c'est un sujet. Merci Aristarque! Wink


J'aurais rajouté, dans "Salammbô", chapitre I je crois bien, "Le Festin", l'épisode où les mercenaires font bouillir les poissons sacrés pour les manger, empalent les tigres royaux et tranchent la trompe des éléphants du palais. Je manque de temps aujourd'hui pour ce faire mais j'apporterai quelques détails ultérieurement.
Je pense à "La Joueuse de go" notamment, dans l'enfer des geôles chinoises.
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rotko
Invité




MessageSujet: Re: ANTHOLOGIE de le CRUAUTE   Jeu 17 Juin - 8:26

Dona a écrit:
Ca c'est un sujet. Merci Aristarque! Wink


je dirais même plus ! bonne idée(rire)

je pense a villiers de l'isle adam et a ses "contes cruels". L'un d'eux, "le bonheur dans le crime", titre evocateur, met dans un episode face a face une femme et une panthère....
"Vera" est une hstoire de revenant(e)
je pense aussi a "notre dame de paris" de hugo où il y a au debut du livre une description des supplices réels endurés par les prisonniers : l'ecartèlement, l'estrapade, le gibet etc..
victor hugo a assisté a plusieurs reprises a des executions publiques avec david d'angers, le sculpteur. Il en parle mais pour les denoncer vigoureusement.


Dernière édition par le Jeu 17 Juin - 11:05, édité 1 fois
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rotko
Invité




MessageSujet: Re: ANTHOLOGIE de la CRUAUTE   Jeu 17 Juin - 13:27

Vaste champ que celui de la cruauté !
il y a le supplice lui-même, mais pire, l'attente du supplice ; cf le puits et le pendule d'Edgar Poe.
La cruauté peut aussi devenir institutionnelle, cf "la colonie pénitentiaire" de Kafka ; voir aussi "En attendant les barbares" sur le fil JM Coetzee.

Sans parler d'actualités récentes où l'humiliation et les souffrances de l'adversaire prisonnier sont programmées, planifiées.
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Dona




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MessageSujet: Re: ANTHOLOGIE de la CRUAUTE   Jeu 17 Juin - 17:24

"Le docteur serrait avec force la barre du lit où gémissait l'enfant. Il ne quittait pas des yeux le petit malade qui se raidit brusquement et, les dents de nouveau serrées, se creusa un peu au niveau de la taille, écartant lentement les bras et les jambes. Du petit corps, nu sous la couverture militaire, montait une odeur de laine et d'aigre sueur. L'enfant se détendit peu à peu, ramena bras et jambes vers le centre du lit et, toujours aveugle et muet, parut respirer plus vite. Rieux rencontra le regard de Tarrou qui détourna les yeux. Ils avaient déjà vu mourir des enfants, puisque la terreur, depuis des mois, ne choisissait pas, mais ils n'avaient jamais encore suivi leurs souffrances, minute après minute, comme ils le faisaient depuis le matin."


Albert Camus "La Peste"
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rotko
Invité




MessageSujet: Re: ANTHOLOGIE de la CRUAUTE   Jeu 17 Juin - 17:37

Avec "la peste", c'est la cruauté metaphysique, un univers de souffrance où Dieu se tait.
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rotko
Invité




MessageSujet: Re: ANTHOLOGIE de la CRUAUTE   Ven 18 Juin - 16:35

La torture en Argentine

Novembre 1984
"[...]L'homme avait les yeux bandés.
Comme toujours, les coudes, les poignets et les chevilles étaient étroitement attachés par des sangles, sans doute en cuir. Les liens tiraient les membres vers l'arrière du siége, accentuant l'inconfort de la posture, obligeant surtout à un écart maximum des cuisses. D es fils couraient, à partir de la zone d'ombre du sexe. Je savais qu'en approchant un peu on distinguait des pinces crocodiles attachées aux testicules. D'autres, de la même sorte, étaient fixés aux mamelons de la poitrine, aux lèvres de la bouche inerte. Je connaissais bien cet homme."

Incipit de "Bastille Tango" de jean francois Vilar, Babel noir.
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Invité




MessageSujet: Re: ANTHOLOGIE de la CRUAUTE   Ven 18 Juin - 17:09

demandez à Bush le journal des interrogatoires de la prison d’Abou Ghraib
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invite/
Invité




MessageSujet: Re: ANTHOLOGIE de la CRUAUTE   Ven 18 Juin - 20:51

[quote="Guardian"]demandez à Bush le journal des interrogatoires de la prison d’Abou Ghraib
pour info et à toutes fins utiles
Monsieur Bush, la torture ne se justifie jamais !

A l’approche du 26 juin,
Journée internationale des Nations unies pour le soutien aux victimes de la torture,
Amnesty International vous propose d’écrire, de toute urgence,
au président américain, George W. Bush, à propos de l’Irak, de l’Afghanistan et de Guantanàmo.


Depuis le mois d’avril 2004, des photos montrant des soldats américains en train de torturer des détenus irakiens dans la prison d’Abou Ghraib ou d'abuser d'eux ont été publiées. Depuis la publication de ces photos, qui sont désormais connues dans le monde entier, cette réalité ne peut plus être niée.


Depuis plus d'un an déjà, Amnesty International avait fait état d'allégations de torture et d'abus concernant des personnes détenues par les Etats-Unis ou la Grande Bretagne. Lors de leur arrestation, certains détenus ont été maintenus de force face au sol, menottés, aveuglés par des cagoules ou des bandeaux. Durant les interrogatoires, ils ont été battus ou contraints à rester longtemps dans des positions douloureuses. Certains ont été privés de sommeil, forcés à rester debout, ou exposés à de la musique très forte ou de la lumière violente dans le but de les désorienter. Quelques-uns d'entre eux sont morts en détention suite à des tortures. De façon répétée, Amnesty International a fait part de ses inquiétudes à l'Autorité provisoire de la coalition (APC), ainsi qu’aux gouvernements des Etats-Unis et du Royaume Uni. Les membres d'Amnesty International dans le monde entier ont demandé instamment à l'APC, au Conseil du gouvernement irakien (CGI) et aux autorités des Etats-Unis et du Royaume Uni de veiller au traitement équitable des détenus, d'autoriser les contacts avec les avocats et les familles, de révéler le lieu de détention des prisonniers, de garantir la mise en place de procès équitables, de protéger tous les détenus contre la torture et les mauvais traitements, et de procéder à des enquêtes impartiales et indépendantes sur les allégations de torture, afin de traduire en justice les auteurs de ces actes.

Le 7 mai 2004, Amnesty International a envoyé au président américain George W. Bush une lettre ouverte dénonçant les abus commis par les agents américains à la prison d'Abou Ghraib comme étant des crimes de guerre. L'Organisation a appelé l'administration américaine à conduire une enquête approfondie sur ces abus et à prendre les dispositions nécessaires afin que toute personne reconnue responsable de tels actes soit punie, quel que soit son grade ou sa fonction.


Aux termes de l'article 4 de la 4ème Convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerre, l'APC et chacune des parties qui la composent sont tenues, en tant que puissances occupantes, au respect des droits des populations civiles des territoires qu'elles occupent. Les articles 71 et 76 de cette même convention prévoient que les détenus doivent pouvoir contacter l'extérieur, ne pas être soumis à des actes de torture et pouvoir recevoir la visite de représentants du Comité international de la Croix-Rouge.

Bien que les forces américaines, présentes en Irak, aient interdit le recours à des techniques de « pression et d’intimidation éprouvantes » lors des interrogatoires, leur utilisation n'a toujours pas été abandonnée durant les interrogatoires menés en Afghanistan, à Guantanàmo ou en d'autres lieux non connus, dans le cadre de la « lutte contre le terrorisme ». Des preuves de plus en plus nombreuses indiquent que ces abus ont été autorisés par la hiérarchie, et qu'ils ne sont pas, comme on nous l'assure, le fait d'individus isolés. Ces constatations sont en contradiction évidente avec les affirmations publiques faites par les Etats-Unis au sujet de leur respect des conventions internationales qui interdisent la torture et les autres formes de traitements cruels, inhumains ou dégradants.


D'anciens détenus des prisons de Guantanàmo, de Bagram, de Kandahar ou dans d’autres lieux encore ont décrit à Amnesty International le traitement qu'ils ont subi. Un ressortissant yéménite déclare au sujet de sa détention dans un lieu secret à Kaboul : « Ils ont découpé nos vêtements aux ciseaux, nous ont


laissés nus et nous ont pris en photo... Ils m'ont menacé de mort. ». Le New York Times a publié des preuves selon lesquelles la torture - en particulier la méthode de la "baignoire" - a été utilisée à l'encontre de certains détenus de "grande valeur" dans des lieux secrets.


Un soldat américain a été traduit devant une cour martiale à Baghdad, qui l'a condamné à la peine maximale de un an d'emprisonnement, après qu'il a reconnu son implication dans la torture de détenus irakiens. Plusieurs autres militaires sont en attente de jugement.


Mais pour établir les réelles responsabilités, à tous les échelons de la chaîne de commandement, et identifier les responsables ayant autorisé, choisi d'ignorer ou commis des crimes de guerre et des atteintes aux droits humains en Irak, en Afghanistan, à Guantanàmo ou ailleurs dans le monde, pour confirmer ou infirmer que ces atteintes sont le résultat d'une politique des Etats-Unis, la constitution d'une commission d'enquête, pouvant s'appuyer sur l'avis d'experts internationaux, est la meilleure solution.
Aussi Amnesty International demande-t-elle la constitution par le Congrès américain d'une commission d'enquête impartiale et indépendante destinée :
- à conduire une inspection détaillée des centres de détention mis

en place dans le monde entier par les Etats-Unis dans le cadre de la « lutte contre le terrorisme »,
- à étudier les pratiques de l'administration américaine dans la « lutte contre le terrorisme »,
- à mettre en place des procédures de recours au plus haut niveau,
- et à garantir que les procédures futures se conformeront aux lois et aux normes internationales.
Les Etats-Unis doivent également accorder à des observateurs indépendants l'accès à tous les centres de détention situés en Irak, en Afghanistan, à Guantanàmo ainsi qu’à tous les autres centres secrets. Cette démarche concerne aussi bien les visites des rapporteurs spéciaux des Nations unies que l'accès d'observateurs indépendants des droits humains comme Amnesty International.


La torture et les mauvais traitements ne doivent jamais être encouragés,
passés sous silence ou ignorés. Les Etats-Unis doivent respecter et promouvoir le droit international humanitaire et les droits humains fondamentaux, en toutes circonstances.
Merci d’agir avec nous !
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rotko
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MessageSujet: Re: ANTHOLOGIE de la CRUAUTE   Ven 18 Juin - 21:54

c'est vrai que certains rapprochements s'imposent, et qu'on ne peut échapper a ces questions.
bienvenue à Ideuc, deja familier du forum cinema, si je ne me trompe o))
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Aristarque




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MessageSujet: en guise de remerciements.....en attendant la suite   Sam 19 Juin - 23:22

Merci à tous ceux et à toutes celles (les plus passionnées) qui collaborent à cette anthologie. Et avec quels auteurs !...Hugo- Kafka- Camus- Pearl Buck- Zola- rien que des grands. Je n'aurais jamais espéré une telle qualité de choix pour les morceaux choisis.
Une mention spéciale à " ideuc " Il fallait dénoncer la torture qui est toujours associée à la cruauté. Pour engendrer la peur et la soumission de ceux que l'on avilit. C'est chose faite. Son exposé a donc bien sa place dans notre rubrique.

La cruauté du monde enfantin est un thème cher à BRADBURY. Il a choisi Vénus la planète d’eau pour le traiter.

« Il pleuvait. Depuis sept années. Milliers de jours tissés de pluie de l'aube à celle du lendemain. Dans les cataractes et les tambours de l'eau, dans la chantante chute cristalline des averses et les roulements des orages.
Les enfants de l'école étaient ceux des hommes et des femmes venus dans des fusées jusqu'au monde où il pleuvait pour y vivre le temps de leur vie. Tous ces enfants étaient âgés de neuf ans. Si un jour, sept ans plus tôt, le soleil était apparu pour une heure à un monde stupéfié, ils n'en conservaient pas le souvenir.
Margot était solitaire. C'était une petite fille au corps frêle qui semblait être restée des années abandonnée sous la pluie. Une pluie qui semblait avoir délavé le bleu de ses yeux, le rose de sa bouche, l'or de ses cheveux. Arrivée depuis cinq ans seulement, elle se rappelait de la forme du Soleil et de la couleur de son enfance au coeur de l'Ohio: c'est comme une grande pièce d'or, comme le feu dans la chaudière.
Jaloux de ses souvenirs qu'ils ne partagent pas, ils la traitent de menteuse…. C'est presque l'heure annoncée par les savants. Aussi pour la punir, ils s'en saisissent, ils l'emportent malgré ses cris, malgré ses larmes, malgré ses prières, jusqu'à un placard où ils l'enferment à clé.
Alors le Soleil surgit !!........ Il était couleur de bronze en fusion. Il était énorme. Et tout le ciel autour de lui, brillait d'un feu flambant et minéral. Ils couraient, la figure levée au ciel, sentant le Soleil sur leurs joues comme la chaleur d'une forge.
Puis, ils s'arrêtèrent tous. Une fillette eut un gémissement. Montrant dans sa paume une goutte de pluie. En un éclair, le ciel fut sombre comme à minuit. Pour sept nouvelles années.
Ils se souviennent alors de Margot. Ils déverrouillent la porte, plus lentement que jamais et la laissent sortir.
Elle qui avait dit: Le Soleil est une fleur-- Qui ne dure qu'une heure...
Extrait de « Tout l’été en un jour » Sad
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rotko
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MessageSujet: Re: en guise de remerciements.....en attendant la suite   Dim 20 Juin - 7:42

Aristarque a écrit:
Hugo- Kafka- Camus- Pearl Buck- Zola- rien que des grands. Je n'aurais jamais espéré une telle qualité de choix pour les morceaux choisis.(


Ce fil permet de revoir nos lectures sous un jour différent. Merci a toi pour ta bonne idée.
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Aristarque




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MessageSujet: cruauté et avilissement   Ven 25 Juin - 23:46

Des esclaves pour le profit

Nous sommes au XVIIIème siècle et le commerce du * Bois d’ébène * bat son plein
« Kounta est prisonnier sur le voilier qui l’amènera vers un nouveau pays, entassé dans la cale des jours et des jours, avec d’autres malheureux. Les jours de grand nettoyage, deux par deux, les hommes descendaient l’allée de la cale en hurlant de douleur sous la morsure des lanières, oscillant sous les coups qui les cinglaient. Toujours enchaîné à son compagnon d’infortune. Des mains leur saisirent brutalement les chevilles, les tirèrent dans la fange gluante de leurs déjections sur les planches, et ils se retrouvèrent debout dans la foule des autres. Les fouets des * toubabs * sifflaient, les hommes hurlaient. Se tordant en tous sens pour essayer d’esquiver les coups, Kounta aperçut des silhouettes qui attendaient dans le rectangle éclairé du panneau d’écoutille. Les * toubabs* poussaient les hommes deux par deux dans l’escalier. Kounta avançait en titubant comme si ses jambes ne lui appartenaient pas. Nu ;couvert de plaques d’ordure, terrorisé à l’idée qu’on allait le manger…. Extrait de << Racines >> par Alex Haley Shocked

Des esclaves pour l'extermination

Le ghetto. D’abord, les SS ont rassemblé tous les Juifs pour une corvée de travail . Ils les ont forcé à creuser des fosses à une trentaine de kilomètres de la ville . Ensuite, la police lituanienne a encerclé le ghetto. Personne n’avait plus le droit d’y entrer ni d’en sortir. Si vous tentiez de résister vous étiez exécuté. Il ont alors obligé tous les Juifs à sortir. A coups de gourdin ou de fouets. Ils ont une technique : les Juifs sont obligés de se déshabiller et d’attendre. Puis on les envoie vars les fosses par petits groupes, et, on les tue ; soit individuellement d’une balle dans la nuque, soit tous ensemble d’une rafale de mitrailleuse. Il n’y a pas d’exceptions. En cas d’atermoiement, le Conseil Juif est forcé de dresser des listes de personnes, puis ses membres sont eux-mêmes exécutés.
Tous les ghettos sont vidés les uns après les autres : Riga, Kouno, Lodz, Dwinsk, Rowno.
Extrait de «Holocauste » Gérald Green Shocked




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Aristarque




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MessageSujet: La cruauté dans l'AncienTestament   Mar 6 Juil - 22:33

Marek HALTER est le chantre de l'Ancien Testament. Il n'hésite pas, à l'occasion, de dénoncer les cruautés de l'intransigeance religieuse lorsque c'est le cas, comme il nous le prouve dans ce passage extrait de Lilah le troisième volet de la "Bible au Féminin"

<<Esdras se leva et dit:: Vous avez péché en établissant chez vous des femmes étrangères mettant ainsi le comble à la faute d'Israël.
Et maintenant rendez gloire à Yhwh, le Dieu de vos pères et faites sa volonté : séparez-vous des peuples du pays et des femmes étrangères.
Tous les hommes qui avaient pris des femmes étrangères, ils les renvoyèrent avec leurs enfants...(livre d'Esdras 10/10 et 44/10>>

***Les épouses, les fiancées, les veuves, les fis et les filles, on les poussa vers les murs des enceintes. Rue par rue. Avec des bâtons on les poussa (.....) Vers le soir du deuxième jour, quelques garçons et filles revinrent en courant sur la route de Jéricho. Ils couraient tous vers Jérusalem en criant le nom de leur père. Des enfants de 8 ans, de 10 ou 12 ans, parfois plus. Une centaine d'enfants. Filles et garçons.
Alors, sur les murs de Jérusalem des mains ont ramassé des pierres...Des mains ont levé ces pierres et les ont jetées....Ils ont lapidé ces enfants jusqu'à ce que leurs mères les agrippent et les entraînent au loin......
Et les hommes de Guershème (des pillards et des brigands) qui galopent sur nous un jour de ciel gris. Oh! quelle aubaine pour eux que ces femmes sans époux et sans défenseurs...Ils ne se gênent pas.....Ils prennent....Ils ouvrent des cuisses...ils prennent.....Ils ouvrent des ventres, ils forcent des sexes encore immaculés. Ils violent .....Ils violent à tours de reins. Ils tuent celles qui résistent.....Les vieilles qui leur tirent les cheveux pendant qu'ils prennent leurs filles comme ils prendraient des chèvres, ils les éventrent.....Ils rient et hurlent " A nous le festin des répudiées de Jérusalem "....Ils entravent les plus belles, les plus jeunes. Ils les entravent comme un troupeau de chamelles et ils les tirent derrière eux jusque dans leur désert.
Dans Jérusalem, ils savaient que cela se passerait ainsi....En répudiant ils savaient. Et Yhwh leur Dieu le savait.....***
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rotko
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MessageSujet: Re: ANTHOLOGIE de la CRUAUTE   Mer 7 Juil - 8:10

C'est ainsi que Joseph vit se lever une aube olivâtre sur la plaine d'Ypres. Dieu ce matin-là était avec eux. Le vent complice poussait la brume verte en direction des légions francaises, pesamment plaquée au sol, grand corps épousant les moindres aspérités du terrain, s'engouffrant dans les cratères [...]

Le premier réflexe est d'enfouir le nez dans la vareuse, mais la provision d'oxygène y est si réduite qu'elle s'épuise en trois inspirations. Il faut ressortir la tête, et après de longues secondes d'apnée, inhaler l'horrible mixture. Nous n'avons jamais vraiment écouté ces vieillards de vingt ans dont le témoignage nous aiderait à remonter les chemins de l'horreur : l'intolérable brûlure aux yeux, au nez, à la gorge,, de suffocantes douleurs dans la poitrine, une toux violente qui déchire la plèvre et les bronches, amène une bave de sang aux lèvres, le corps plié en deux secoué d'âpres vomissements, écroulés recroquevillés que la mort rammassera bientôt, piétinés par les plus vaillants qui tentent, mains au re bord de la tranchée, de se hisser dehors, de s'extraire de ce grouillement de vers humains, mais les pieds s'emmêlent dans les fils téléphoniques..." pp 156 sq

Tout ce passage, et la suite, est très éprouvant. On conçoit que Rouaud termine son livre sur ces mots
"oh, arrêtez tout."
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