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Novocaïne Rotulière mentonnée

Inscrit le : 01 Juin 2007 Messages : 997
| Sujet: Petite question ? Sam 10 Mai - 9:52 | |
| Un poète aime sa plume comme il voudrait qu'on l'aime, la rejeter c'est ne pas l'aimer, s'en approcher c'est tenter de le comprendre et un peu d'intérêt ouvre la porte sur ces cœurs souvent détruits. Celui qui ne veut pas le voir le met en danger.
Qu'en pensez-vous?
Merci par avance pour vos réponses. _________________ «Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.»A .Einstein
"Mieux vaut faire semblant d'être con et avoir la paix que de faire semblant d'avoir la paix et être con." Novocaïne |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 49258 Localisation : Kilomètre zéro
| Sujet: Re: Petite question ? Sam 10 Mai - 9:56 | |
| Tout dépend du regard que l'on porte. On peut ne pas être sensible à une écriture et le dire, ou au contraire être réceptive et le dire aussi, ou bien encore l'ignorer ce qui revient à passer devant quelqu'un sans le regarder, comme s'il n'existait pas.
Nous devrions encourager les plus malhabiles, l''écriture est aussi un exutoire et va bien plus loin que les mots alignés sur un bout de papier. J'y reviendrai plus longuement. _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
|  | | Diego Ortiz

Inscrit le : 07 Avr 2008 Messages : 458
| Sujet: Writing Cure Sam 10 Mai - 13:00 | |
| | Quelle idée intéressante ! Oui, je souhaiterais aussi qu'on y revienne. En dehors de ce que l'écriture, la mienne et peut-être surtout celle des autres, m'a apporté dans ma propre vie, j'en ai tenté toutes sortes d'utilisations dans mon métier, avec des personnes qui allaient mal et qui vont beaucoup mieux. Il y a toutes sortes de théories et d'expériences là-dessus, et je n'aimerais pas vous ennuyer avec cela, mais vraiment, l'écriture, pour autant qu'elle soit "expressive", c'est-à-dire en contact avec des émotions, constitue un magnifique moyen de transformer les déserts en champs printaniers, puis dans tous les paysages des peintres. Naturellement déclarer cela ici constitue un poncif, puisque par définition tous les participants communiquent justement par l'écriture, dans ce forum... mais tout de même... j'espère que nous trouverons l'espace d'y revenir, c'est un sujet central, passionnant. |
|  | | BloodyMary Appelez-moi Nivéa

Age : 34 Inscrit le : 27 Avr 2007 Messages : 4408 Localisation : Sous ma peau... Peut-être.
| Sujet: Re: Petite question ? Sam 10 Mai - 13:31 | |
| | Novocaïne a écrit: | Un poète aime sa plume comme il voudrait qu'on l'aime, la rejeter c'est ne pas l'aimer, s'en approcher c'est tenter de le comprendre et un peu d'intérêt ouvre la porte sur ces cœurs souvent détruits.
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Là je n'ai rien à dire puisque je suis d'accord à 100 %, par contre là :
| Citation: | | Celui qui ne veut pas le voir le met en danger. |
... J'ai plus de mal à te suivre. Tu parles du poete ou du lecteur ? Je sais j'ai l'esprit tordu mais bon, suis quand même basique il faut tout bien m'expliquer pour que je pige tout...  _________________
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|  | | Selmer Perturbateur de masses en fils

Inscrit le : 13 Aoû 2005 Messages : 4282 Localisation : Est
| Sujet: Re: Petite question ? Sam 10 Mai - 15:05 | |
| | Novocaïne a écrit: | Un poète aime sa plume comme il voudrait qu'on l'aime, la rejeter c'est ne pas l'aimer, s'en approcher c'est tenter de le comprendre et un peu d'intérêt ouvre la porte sur ces cœurs souvent détruits. Celui qui ne veut pas le voir le met en danger. Qu'en pensez-vous? |
C’est une approche que je ne partage pas. Je crois qu’il n’y a rien de compassionnel dans la lecture d’un poète. Nous ne sommes touchés que par la correspondance. Ce qu’il nous dit trouve un écho en nous, soit parce que c’est universel, soit parce que cela nous est cher ou intime. La personne de celui qui nous parle est, à ce stade, sans grande importance. Nous lui donnons le statut de poète lorsque, en plus d’être pertinent, son propos est mis dans une forme digne d’intérêt. Alors nous sommes émus par l’évidence d’une vérité que nous reconnaissons, mise en valeur par un style qui nous convient. Mais c’est encore le propos qui l’emporte sur l’auteur. Pour commencer à entrevoir l’auteur derrière son œuvre, il faut en avoir une idée un peu plus complète, comprendre la répétition des thèmes et saisir la philosophie, la morale, l’éthique, l’esprit - on appelle ça comme on veut – de l’être qui écrit. Là encore l’admiration devance la compassion. Un lecteur ne met pas un poète en danger. Le poète s’expose de son plein gré et accepte tacitement de ne pas être lu ou de ne pas être apprécié. Nous ne sommes pas obligés de répondre à tout ce qui nous est proposé. La poésie n’est pas une affaire d’aide sociale et je me méfie grandement des mécanismes qui reposent sur le levier de la pitié, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’art.
Souvent, les cœurs des lecteurs aussi sont détruits. Il faut autre chose que cette destruction tragique mais banale pour faire un poète. |
|  | | Novocaïne Rotulière mentonnée

Inscrit le : 01 Juin 2007 Messages : 997
| Sujet: Re: Petite question ? Dim 11 Mai - 19:55 | |
| Ah ! Merci beaucoup pour vos réponses qui sont très intéressantes. Je reviendrai plus tard dessus car là, je reviens d'un week-end très festif donc les cheveux empêchent un peu les neurones de fonctionner correctement .
Mais je voulais avant , surtout revenir sur ma question , qui en effet ma Bloo, n'est pas très claire.
Lorsque je pose cette question, je pense par exemple à qqn qui est proche de l'auteur , et quand je dis " mis en danger", j'entends par là, que son manque de précaution envers le contenu de ce que l'auteur a laissé suggérer est assez insécurisant puisqu'il connaît l'auteur mais aussi la personne dans sa vie courante. ( je ne sais pas si je suis très claire mais bon).
Et puis pour compléter aussi la question, je ne me mets que du côté de l'auteur bien sûr puisque il est évident que ce n'est pas parce qu'on n'apprécie pas un style que l'on n'aime pas celui qui l'a écrit of course. C'est plutôt du point de vue de la perception de l'auteur sur les critiques de ses écrits. _________________ «Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.»A .Einstein
"Mieux vaut faire semblant d'être con et avoir la paix que de faire semblant d'avoir la paix et être con." Novocaïne |
|  | | Selmer Perturbateur de masses en fils

Inscrit le : 13 Aoû 2005 Messages : 4282 Localisation : Est
| Sujet: Re: Petite question ? Dim 11 Mai - 21:32 | |
| Heu... On laisse reposer les cheveux et on en reparle. D'accord ?
 |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 49258 Localisation : Kilomètre zéro
| Sujet: Re: Petite question ? Lun 12 Mai - 4:12 | |
| | Selmer a écrit: | | C’est une approche que je ne partage pas......... |
Je crois que Novo devrait préciser :
- S'agit-il des auteurs dont le nom et les oeuvres nous sont familiers, mais que nous ne connaissons pas à titre personnel ?
- Ou d'internautes que nous côtoyons quotidiennement ici ou là ?
Parce que le deuxième cas de figure présente une approche complètement différente. Alors que nous devrions nous contenter de lire une oeuvre, puis dire ce que nous pensons de cette oeuvre, comme nous avons l'auteur sous la main (en plus il ou elle est devenu (e) notre ami (e) à force), nous glissons de l'oeuvre à l'auteur ce qui n'a strictement rien à voir. Nous avons tendance à mélanger allègrement autobiographie et fiction. Il m'est arrivé, à titre d'exemple, d'écrire des textes noirs sans aucun rapport avec l'état d'être du moment, en totale erreur d'interprétation de la part des lecteurs qui arrivaient les bras chargés de messages réconfortants. A côté de ça, certains vrais cris d'alarme n'ont pas du tout été perçus par certains lecteurs. Comment voulez-vous qu'il sache, le lecteur ?
L'important, c'est de se laisser aller à aimer ce qui nous ravit, et de laisser de côté ce qui ne nous ravit pas.
Mais :
Parallèlement à nos choix personnels, il faut toujours encourager quelqu'un à écrire, et là je rejoins Diego à 100%.
J'insiste sur "parallèle". Car il s'agit de deux démarches différentes. La première se base sur nos propres goûts artistiques. La deuxième se base sur la relation humaine, sans forcément l'art au bout. _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
|  | | Selmer Perturbateur de masses en fils

Inscrit le : 13 Aoû 2005 Messages : 4282 Localisation : Est
| Sujet: Re: Petite question ? Lun 12 Mai - 8:09 | |
| | Si je comprends bien, on envisage alors l’œuvre comme un moyen utilisé par le poète pour communiquer avec ses proches. C’est un aspect très particulier, pour ne pas dire marginal, de l’art. Mais pourquoi pas… |
|  | | Diego Ortiz

Inscrit le : 07 Avr 2008 Messages : 458
| Sujet: Lire ce qu'elles écrivent Lun 12 Mai - 12:15 | |
| Les fourmis ont enfin lâché les basques aux fils de mon clavier : voici le message réédité et plus lisible.
(1) Il m’est arrivé quelquefois dans la vie d’être dans l’une ou l’autre de ces situations : partager avec l’Autre un texte ou une ébauche et me trouver rempli d’angoisse, de toutes sortes d’angoisses. Ou que l’Autre me remette avec angoisse un truc rudement bien tourné mais auquel je ne comprenais rien tout en suspectant que j’en comprenais bien davantage que j’en étais conscient, et alors, angoisse insoulageable même par xylocaïne, et silence contrit et chute brutale du thermomètre. Ma solution actuelle consiste à me détendre et à choisir un moment de disponibilité pour lire, avec une attention très bienveillante, et ensuite, m’en laisser pénétrer comme la forêt le vent, en attendant que cela réveille en moi des échos. Les échos sont les miens et je porte donc l’entière responsabilité de ma lecture, qui est, comme on sait, littéralement la recréation de l’œuvre d’art, qui a échappé à son auteur dès le moment où il a décidé de la partager. Je ne sais s’il s’agit d’une méthode recommandable, mais enfin cela me permet de lire et donc de communier dans ce type de création sans me laisser inhiber par la crainte d’un malentendu.
(2) Quant à ce qu’on pourrait appeler l’écriture thérapeutique c’est une toute autre question, sur laquelle, si vous le voulez bien, je m’exprimerai une fois que ces sacrées touches auront cessé de me mentir
(3) A bientôt en plus clair, j’espère
(4) Excellente question Novocaïne, et je te suggère à mon tour de la rendre plus complexe encore, plus proche de ta préoccupation centrale. Je me réjouis de suivre.
Dernière édition par Diego Ortiz le Lun 12 Mai - 16:39, édité 1 fois |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 49258 Localisation : Kilomètre zéro
| Sujet: Re: Petite question ? Lun 12 Mai - 12:30 | |
| | Selmer a écrit: | | Si je comprends bien, on envisage alors l’œuvre comme un moyen utilisé par le poète pour communiquer avec ses proches. C’est un aspect très particulier, pour ne pas dire marginal, de l’art. Mais pourquoi pas… |
Justement, Selmer, je pense que l'art n'est partout au rendez-vous. Auteur d'un texte n'est pas forcément artiste. Il est simplement celui qui a écrit ce texte. _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 49258 Localisation : Kilomètre zéro
| Sujet: Re: Petite question ? Lun 12 Mai - 12:34 | |
| | Diego Ortiz a écrit: | D;sol; j-ai un petit probl[me de clavier que je m-en vais r;gler tout ' l-heure, je commence ' en avoir l-habitude, enfin, si on peut s-habituer. Je r;;diterai ce message quand je le pourrai. Je le place quand m=eme maintenant car je ne sais pas combien de temps va encore me prendre ce nouveau tour de ma combine ' texter.
1 / Il m-est arriv; quelquefois dans la vie d-=etre dans l-une ou l-autre de ces situations > partager avec l-Autre un texte ou une ;bauche et me trouver rempli d-angoisse, de toutes sortes d-angoisses. Ou que l-Autre me remette avec angoisse un truc rudement bien tourn; mais auquel je ne comprends rien tout en suspectant que j-en comprends bien davantage que j-en suis conscient, et alors, angoisse non soulageable par xzloca]ine > mais silence contrit. Ma solution actuelle consiste ' me d;tendre et ' choisir un moment de disponibilit; pour lire, avec une attention tr[s bienveillante, et ensuite, m-en laisser p;n;trer comme la for=et le vent, en attendant que cela r;veille en moi des ;chos. Les ;chos sont les miens et je porte donc l-entipre responsabilit;l de ma lecture, qui est, comme on sait, litt;ralement la recr;ation de l-oeuvre d-art, qui a ;chapp; ' son auteur d[s le moment o+u il a d;cid; de la partager. Je ne sais s-il s-agit d-une m;thode recommandable, mais enfin cela me permet de lire et donc de communier dans ce tzpe de cr;ation sans me laisser inhiber par la crainte d-un malentendu.
2 / Quant ' ce qu-on pourrait appeler l-;criture th;rapeutique c-est une toute autre question, sur laquelle, si vous le vouley bien, je m-exprimerai une fois que ces sacr;es touches auront cess; de me mentir
3 / A bient=ot en plus clair, j-esp[re
4 / Excellente question Novoca]ine, et je te sugg[re ' mon tour de la rendre plus complexe encore, plus proche de ta pr;occupation centrale. Je me r;jouis de suivre. |
Cette fois je ne t'accuserai pas d'abus de Corbières.
Oui, je suis intéressée par les explications que tu pourras nous donner sur l'écriture thérapeuthique, peut-être même dans un nouveau fil dédié spécialement à ce sujet ? C'est toi qui vois, DiegO. _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
|  | | Diego Ortiz

Inscrit le : 07 Avr 2008 Messages : 458
| Sujet: Cheveux au vent Lun 12 Mai - 17:27 | |
| Pendant que se reposent les cheveux malmenés de Novocaïne, je continue le mouvement de mon premier message, qui avait été pillé par des fourmis peu soucieuses de bon sens.
Entre les lignes, je comprends, Novocaïne, que la fidélité de la poétesse à sa plume est parfois remise en question par sa fidélité au reste du monde, à commencer par les êtres les plus proches et les plus aimés.
Oui, Albert Londres disait bien, à propos du journalisme : "Il faut porter le fer dans la plaie", en parlant de la responsabilité du grand reporter de ne faire aucune concession aux pressions sociales et aux loyautés imposées, et de se tenir debout, inacceptable au besoin, mort si nécessaire, lorsqu'il était question de vérité et d'authenticité. Position de journaliste, de reporter, de témoignage.
Pour la poétesse il y aurait la tentation de plaire ou de ne pas déplaire. Celle de plaire davantage. Celle de ne pas saborder une relation chère pour quelques lignes. Ou alors, de tout garder dans des tiroirs secrets, autrement dit vivre une double vie. Kafka, je crois, avait expressément demandé à ce qu'on jette tout ce qu'il avait écrit. Je n'ai pas encore tout à fait compris où tu situais ton propre dilemme, voilà pourquoi je te demandais, dans mon intervention précédente, de préciser un peu ta question.
Pour ce qui me concerne, je considère l'écriture comme plus exigeante encore que les autres formes d'expression artistique, parce que les espaces de la vie concrète et de celles des profondeurs y sont indissociables. Je n'ose imaginer combien d'œuvres majeures sont passées à la trappe parce que l'écrivain ne se résolvait pas à mettre en jeu son être social, voire sa tête à prix. Il y a en effet un risque très concret ici. Salman Rushdie en a été un exemple, parmi de très nombreux autres, dont la plupart furent privés, familiaux, sous la forme de scissions et de brouilles parce que la voix du poète avait remis en cause certaines illusions sur lesquelles il était tacitement entendu une fois pour toute qu'on n'y toucherait pas.
C'est dangereux, quelqu'un qui parle en se laissant parler même si parfois il ne saisit pas entièrement la portée de ce qu'il est en train de dire, qui s'inscrit non seulement dans un espace littéraire, mais aussi social, dont il ne détient pas toujours les clefs. Je ne sais pour toi, mais il m'est arrivé de découvrir des choses à propos de ma propre vie et de ce que je considérais comme ma personne uniquement après m'être laissé écrire, tout simplement. Et aussi d'avoir des lecteurs ou des lectrices qui saisissaient en première lecture, et bien avant moi, certains motifs qui m'étaient encore entièrement inconscients, ce qui m'a donné parfois du fil à retordre.
Mais retordre quel fil, et pourquoi s'en donner le souci au-delà de la simple décence, je me le demande aujourd'hui. Mon propre père a brûlé juste avant sa mort tous ses écrits, des fictions en particulier, dont je regrette infiniment la disparition, car je me souviens de certaines d'entre eux qu'il avait partagés avec moi, pudiquement, et je suis certain qu'ils étaient bons, et que s'ils étaient là, ils me nourriraient encore.
On ne peut blâmer le ciel, l'oiseau, la mer, ni les fientes occasionnelles qui se transforment en guano et fait les carrières de nitrates, au Chili, qui ont longtemps alimenté le monde en dynamite.
Dans l'état actuel de ma compréhension de ta question, Novocaïne, je dirais que le don de l'écriture fonde le droit d'écrire et d'aller aussi loin qu'on le sent dans la création littéraire, quelles que soient les pressions sociales exercées, ou autres éléments étrangers à l'art, comme la chance de percer comme écrivain, et ainsi de suite. La plume de la poétesse c'est son cœur et nul et nulle ne possède de droit là-dessus, et surtout sous la forme d'une censure. Quant au respect que porte la poétesse à sa plume, il implique qu'à son tour elle la laisse courir librement, donc sans s'appliquer à elle-même une autocensure qui résulterait de contingences sociales qui sont toujours, si l'on y réfléchit bien, complètement arbitraires et illusoires.
Ensuite se pose la question de la diffusion, du lectorat, et aussi de l'engagement de son moi dans son œuvre propre. Dans mon contexte et à mon âge, fort différents des tiens, il me semble que les articulations se font sur un mode analogue à l'expression de notre personne dans les autres domaines. Je porte des jeans et baskets et jamais de cravate même plus aux enterrements. Il arrive que je fasse une exception. Par exemple quand je fus garçon d'honneur dans un mariage au Rwanda.
Dans mon propre milieu social et culturel je puis parfaitement me défendre, et aussi me dégager facilement de qui tenterait de me passer la cravate au cou. Au Rwanda (un exemple parmi d'autres) je fais gaffe aux dégâts, aux blessures involontaires. Un effort continu sur les décennies a été de tenter de rendre ma vie toujours plus cohérente et donc susceptible d'être transparente. C'est une apparente contrainte qui n'a fait qu'augmenter ma liberté dans tous les sens du terme, d'une manière qui indispose parfois, mais souvent sans trop de gros séismes, et souvent aussi, dans un second temps, l'impression que je serais dangereux étant surmontée, un approfondissement dans les relations les plus chères.
Il y en a eu qui se sont rompues aussi. C'est déjà trop long ce que je te dis alors que je ne suis pas entièrement sûr que ce soit pertinent. A croire que les fourmis sont revenues décidées à s'exprimer à leur tour. Celles qui se sont rompues par intolérance à une manifestation de ma part avaient-elles lieu de se poursuivre ? N'étaient-elles pas déjà cuites ? Avait-on d'ailleurs encore le choix de se taire et de se cacher les choses ? Avec le recul je pense que non. Paul Watzlawick : On ne peut pas ne pas communiquer. Luis Prieto : Indiquer c'est influencer.
Nous sommes donc faits comme des rats. Pas question d'attendre toute la vie dans notre trou, ni question de se moquer des chats. Les carottes sont cuites, Novocaïne. Si tu as la fibre poétique, tenter de la dompter en dehors des impératifs artistiques ne serait qu'une automutilation, une amputation. Donc bons cheveux et bon tout. Voilà en gros ce qui me courait par la tête il y a quelques heures en lisant ce fil. |
|  | | Novocaïne Rotulière mentonnée

Inscrit le : 01 Juin 2007 Messages : 997
| Sujet: Re: Petite question ? Mar 13 Mai - 19:27 | |
| Bon!
Ouwaw, j'ai du boulot!
Donc, mes cheveux replacés sur le crâne de façon naturelle par l'effet de la gravitation traditionnelle n'est-ce pas, mes neurones sont ravis de vous retrouver. J'y vais un par un, en espérant ne pas vous décevoir.
Merci en tout cas de vos réponses très très très riches , surtout Diego, qui vraiment m'époustoufle ( et va me tuer lol non, je ris) _________________ «Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.»A .Einstein
"Mieux vaut faire semblant d'être con et avoir la paix que de faire semblant d'avoir la paix et être con." Novocaïne |
|  | | Novocaïne Rotulière mentonnée

Inscrit le : 01 Juin 2007 Messages : 997
| Sujet: Re: Petite question ? Mar 13 Mai - 19:28 | |
| | Selmer a écrit: | Heu... On laisse reposer les cheveux et on en reparle. D'accord ?
 |
merci pour ta patience _________________ «Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.»A .Einstein
"Mieux vaut faire semblant d'être con et avoir la paix que de faire semblant d'avoir la paix et être con." Novocaïne |
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