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ProsAlf...

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Alf
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MessageSujet: ProsAlf...   Mar 27 Mar 2007 - 18:49

Instants ultimes et doux…

Douce nuit. Paisible nuit. Longue nuit… Ultime…
Elle commence en poils de chatte.
Dans la douceur de l’âtre, le vieil homme, plissé par le temps mais pensif, presque rêveur, caresse son doux animal.
Douceur du sourire ridé vers les nuages imaginaires du plafond, où se reflètent les ombres, volutes des hiers…
Douceur de la frêle flamme de la bougie qui, lentement, se consume.
Douceur de la fumée qui s’évade, à chaque souffle de la pipe, culottée par les années…
Douceur de la main câleuse, qui a oublié le labeur des jours et qui va et vient, pensive et rêveuse, le long du doux ronronnement de la rousse féline,
Heureuse…
Douceur de la nuit tombée, paisible, du vieil homme et de l’animal, dont il sait qu’elle lui survivra.
La date du journal est sans importance…
Longue nuit…
Douce.
Elle finira au potron-minet du jour jamais vu, quand la petite flamme aura vendu sa mèche aux rêves du vieillard…
La pipe froide, sur le journal sans date, au bord de l’âtre encore tiède, sera sans nuage.
Et la chatte au poils doux boira le reste de lait, dans la douceur du petit matin calme…
Douceur de l’éternité.

Alf
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Alf
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Mar 27 Mar 2007 - 18:50

Silences tissés

Tout était dans son regard. Lorsqu’il mettait son œuvre sur le métier, je me taisais. Je ne faisais que le regarder. Simplement le regarder. Chut…
Je suivais les fils entrelacés de ses doigts de silence.
J’écoutais la musique de ses yeux… Elle allait et venait, navette mystérieuse, entre les notes silencieuses du battement de ses paupières…
Un soupir…
Une rime insonore, féminine…
Un murmure imperceptible, sans voix, masculin… Bécarre à la césure.
Nocturne des verbes cillés, noirs. Valse des mots étouffés, blancs. Mazurka des compléments respirés sans altération, sans clé, sans mesure…

Lorsque je remettais pour lui mon œuvre sur la table, il se taisait… J’écrivais ses silences noirs sur ma page blanche, qu’il délivrait du vertige.
Un soupir, féminin.
Une phrase, masculine, dièse et majuscule… Je ne faisais que le regarder… Dedans…
Il ne lisait pas mes mots, il me suivait dans les interlignes entrelacés. Je n’entendais que ses silences, tissés…
Il est Frédéric. Je suis George.

Alf
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Alf
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Mar 3 Juil 2007 - 10:54

AlfaSABRES (Nuit de l'Écriture 2007)

Lettre à celle qui n'est pas venue...

Ma chère Micheline,

Je t'imagine verte... de colère... en cet instant du petit train... vert, comme une vielle micheline de bois... !
Oui, je sais, tu m'avais interdit d'y toucher...
Tu n'avais qu'à pas le laisser traîner, toi aussi ! C'est pas bien de me tenter comme ça !
Mais, j'en prendrai soin, ne t'en fais pas. De moi aussi, je te promets. J'ai une laine dans mon sac et des chaussettes au cas où. Oui, oui, c'est comme si je t'entendais : je ne risque rien dans la forêt de pins. Rien que les cigales pour répondre à ma dispute. Alors je me tais et je les écoute dans ce magnifique airial... vert !
Il est comme tu les aimes... Le vin aussi d'ailleurs... Non, non, ne t'inquiètes pas, c'est ce que l'on me dit. C'est un cru de vieille souche. Moi, je suis à l'eau du robinet... Pourquoi t'as pas voulu venir, Micheline ? Quoi ? Tu dis que je noie la conversation ? Mais non, mais non, il est bien là ! Mes doigts l'enserrent... Je te raconterai... Oui, oui ma Micheline, je te le rendrai ton beau stylo à plume !

Bises

Moi.

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Ah, au fait, peux-tu mettre le réveil à 15 heures dimanche ?

Alf
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Romane
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Mar 3 Juil 2007 - 12:30

Frédéric et George ! Me vient cette question saugrenue : comment as-tu trouvé ce thème ?
J'adore ce texte !
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Alf
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Sam 6 Oct 2007 - 8:42

Romane a écrit:
Frédéric et George ! Me vient cette question saugrenue : comment as-tu trouvé ce thème ?
J'adore ce texte !


Souviens-toi, c'était un exercice de l'atelier... Le thème du tisseur de silence, c'est toi qui l'as trouvé. George Sand et Frédéric Chopin me sont apparus au fil des mots...

« JE VOUS AIME » a dit la plume…

Femme-fleur aux pétales flamboyants de rires, en éclats de senteurs ambrées, j’aime vous dessiner ! Ô fleur-femme, couleur de jardin extraordinaire, au cœur-pistil-émotion, tendu à fleur de tige, au sentiment-pollen enivrant, aux coroles multicolores, odoriférantes d’amour, je vous aime !

Femme-oiseau aux ailes de pigeonne, abandonnées à l’azur, duveteuses écharpes, j’aime calligraphier votre sourire d’hirondelle, comme j’effleurerais une harpe d’où s’échapperaient des évasions de mouette éperdue ; Ô oiseau-femme, au souffle de colombe en quête de futur, je vous aime !

Femme-pierre-précieuse aux facettes amoureuses : rubis sur l’ongle nu de la vie, rougeoyant d’avenir, transcendant diamant aux multiples carats, améthyste de désirs, saphir de plaisirs, éclatante perle de rires parsemés, beaux comme un coucher de soleil, en rayons d'émeraude. Ô pierre-précieuse-femme, enchâsser vos pleins et vos déliés ! Je vous aime…

Femme-fruit au regard d'amandes écarlates vers l’éternelle floraison, au toucher de pêche sauvage, à l'inextinguible soif des nectars envoûtants de l’agrume sans amertume, j’aime vous croquer ! Ô fruit-femme aux saveurs de la mangue, enfouies par-delà les délices délirants, dans l’arbre inaltérable des printemps, je vous aime !

Femme-insecte aux fourmillements inlassables, aux butinements en mots de miel, aux mille pattes tendues comme des mains vers les aurores de rosée cordiale, j’aime vous envoler ! Ô insecte-femme, au sourire de libellule suspendue au vol du temps, aux bondissements de nèpe sur l’étang des passions, je vous aime !

Femme-poème aux douceurs parfumées des rythmes d’un moyen âge étincelant d’éclats d’yeux de liberté : villanelle d’accents, dispensés en brassées d’épaules, acrostiche de la tendresse du partage des refrains de frénésie, sonnet du courage insufflé, en rondeaux redoublés d’espérance, ode de poésie inimitable, j’aime vous rimer ! Ô poème-femme, je vous aime !

Femme-musique aux rythmes d’océan : andante aux ardeurs de croches du triolet « amour-délires-poésie », vibrato de bruissements d’émotions, moderato du cœur ouvert et battant sans mesure, j’aime vous solfier ! Ô musique-femme, allegretto de rires éclaboussants, fortissimo de rondes, perlantes de nacre perlées, de soupirs et points d’orgue, je vous aime !

Femme-guitare à l’âme-violon, harmonie de rires des doigts vibrants en cordes frêles, au galbe sinueux de tendresse partagée en pincées d’accords de sable de dune, sur le sillet vacillant en vibrato fébrile, j’aime vous caresser ! Ô guitare-femme, mi, si, sol, ré, la, mi, envoûtant les notes des musiques sous la rosace, résonnant d’espoirs en arpèges, je vous aime !

Femme-buisson aux couleurs mordorées d’automne, genêt des sentiers chaleureux, baignés par la houle de la forêt des mots qui bruissent, j’aime vous chatouiller ! Ô buisson-femme, bruyère mauve aux clochettes qui rient, bougainvillée aux branches embrassées, où se cueille la joie en frais parfum de résonance, nerprun au feuillage de négritude envoûtante, flamboyant camélia-Dame, je vous aime !...

Femme-voile au diapré de brocatelle, aux sentiments en soie de baisers de fils tissés en points de Venise, pour fraise ornant le cou de chaleur, aux rires de bougran en fuseau, au regard de lampas somptueux, incendiant les cœurs de ses reflets de moire et de sa transparence de lamés aimants, j’aime vous tisser ! Ô voile-femme, aux doigts offerts en doupion d’étamines, aux bras -cachemire, aux pensées-volutes de mousseline d’organdi, je vous aime !

Femme-couleur, aux reflets de tendresse pastel, aux volatiles effluves violine, à l’éclat de mots de tréfonds tango, aux fusions incarnat, aux rires qui tintent en embruns corail, au serrement de doigts-velours terre de Sienne, j’aime vous colorier ! Ô couleur-femme aux cris de passion créatrice vermillon, aux battements de saveur d’amour émeraude, aux yeux fruités de sourires châtains, arc-en-ciel inventé dans l’azur de la félicité, je vous aime !

FEMME-FEMME à tendresse de la caresse des mots murmurés,
éclatants, délirants, des pensées de vérité, des silences en soupirs d’océan, magnifique, lointain, des horizons galactiques, des demains, j’aime vous aimer et vous aime en femme-femme, à douceur des mains ouvertes, en cœur offert aux pleurs et aux rires...


Alf
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Sam 6 Oct 2007 - 12:17

Je me suis permis de rentrer dans ton texte pour insérer une ligne-espace entre chaque retour, pour aérer le texte. Sur écran, on y voit mieux ainsi. Wink

waouh quel hommage aux femmes ! Je parie qu'il sera distribué et qu'il plaira, tu verras.
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Lun 8 Oct 2007 - 6:08

Ivresses de plume

Comment décrire les senteurs de badiane de vos anis étoilés ? Comment, ces liqueurs de garrigue moite, louchies à l’eau de vos sources et que je tasterais bien d’un gourmand délié, comme le tannin d’un cru bourgeois ?

Comment tracer les volutes du murmure de vos soupirs inlassables et de vos croches accrochées au tréfonds de l’âme des violons qui sont les vôtres ? Comment, les délires des sourires inaltérables de vos dièses et de vos bémols, des silences de vos points d’orgue, là, à portée de plume, dont je boirais bien l’encre comme une mélodie d’incarnats ?

Comment dessiner la griserie de vos précipices attirant mes vides vers leurs indicibles profondeurs ? Comment vos ravins délirants, tapissés de fleurettes inconnues aux pistils délectables, dont j’humecterais bien tout mon corps, comme une huile enchanteresse, essentielle ?

Comment orthographier ces zéphyrs porteurs de votre espoir en de vaporeux enivrements, que je plumerais bien comme des souffles vivifiants venus d’ailleurs, multiples vents ? Comment vos nues, chargées des atomes de la faïence des émois d’amour sous vos cils?

Comment calligraphier l’explosion de la rencontre de la main qui me tient et des silences de votre ventre, où je naviguerais bien comme un radeau ivre de l’azur de vos encres océanes ?
Comment l’enlacement, comment le confondu, comment l’offrande de votre caresse ?

Sinon, par un « Je vous aime », ivressement écrit…


Alf
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Lun 8 Oct 2007 - 7:11

chinois
Alf, tes mots sont superbes, ils emportent... une farandole... un courant... un tourbillon.
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Alf
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Lun 8 Oct 2007 - 7:22

bisou matin, ô Miss
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Dim 28 Oct 2007 - 9:36

Ainsi parla le silence

Le silence …
Et soudain « Que je suis bien ici ! », dit elle …

Le silence serein n’est accompagné que par dix doigts experts qui courent sur des touches, par le clip d’un Klippo, par le rire fusant d’une gorge retrouvée, que toute expression de pressions exprimées, d’oppressions tues a désertée, un rire de bonheur qui disparait, happé vers des cieux amis, comme par l’enchantement ambiant, dans un écran où fourmillent les mots libres, lâchés sans contrainte, sans raillerie, sans mitraille d’yeux inexperts en matière de rêverie.

Le silence est suave. Il se tait et l’écoute.
La paix ressentie et transmise à ses doigts n’est envahie que par le clap du clapot de l’eau qui mijote déjà le régal de bientôt, qui bout déjà comme un cœur, lorsque se lève, irrésistible, inconnue, douce, une vague de bien être, par la caresse du couteau qui déshabille un tubercule, comme un effeuillage prometteur, qui tranche la tendresse d’un chou en lamelles de verdure dans le silence qui perdure…

Elle se tait et l’écoute. Il ne dit rien et le goûte.
« Ai-je déjà ressenti un tel bien-être ? » se dit-il. Il fouille sa mémoire dans le silence...
Il n’est soudain envahit que par un cri de son âme : « Jamais ! »

Le silence …
Et soudain « Que je suis bien ici ! », répond-elle, sans savoir, dans le silence sans lourdeur…
Il n’est envahit que par les dix même doigts qui courent toujours sur le clavier des mots libres, sans contrainte… par le bruit du couvert posé sur la table, par la fumée du régal de maintenant…

Le silence est suave. Ils se regardent dans les yeux, ils se parlent sans mot dire, librement, sans mitraille…

Et soudain : « Bon appétit, ma Fleur. »
« Bon appétit mon Chat ! »


Alf
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Dim 28 Oct 2007 - 10:19

Quel superbe silence, le plus beau de tous.
Quel bonheur de te lire.
Alf bisou
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Romane
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Jeu 1 Nov 2007 - 1:38

Il est de ces petits moments de vie que l'on pourrait qualifier de grands.
Et tout est dit. bisou
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Ven 9 Nov 2007 - 12:21

Alf, ta déclaration aux femmes est un pur délices, et devrait être lu publiquement pour la journée de la femme... chinois

Et ton silence...
Et ton "je vous aime"...

C'est doux, on se laisse bercer, on est cette chatte aux poils doux qui ronronne...
merci. bisou
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Un jour après l'autre.
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Romane
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Ven 9 Nov 2007 - 13:38

Si ma mémoire est bonne, ça a été fait une année. Il avait fabriqué des petits recueils de mots dédiés à la femme, distribués le jour dit. Et si ma mémoire est bonne encore, ces mots avaient beaucoup plu.
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MessageSujet: Pax manibus digitisque   Jeu 6 Déc 2007 - 22:42

C’est ainsi qu’un masque de doigts…

Il commence par un effleurement. Une caresse, lente et longue.
C’est ainsi que ses paumes tièdes et ses doigts fluides découvrent, longuement, lentement, des tensions, cachées loin à l’intérieur derrière des buissons épineux où s’entremêlent les fatigues d’avant, des "circonvolutes" cornéliennes semblant inextricables.
Leur dénouement commence par une course douce d’empreintes des quatre majeurs sur le front, par leur survolée anodine des tempes, par une toute légère pression des pouces, sans saccade, sous l’arcade des sourcils, puis sur les cernes encore éveillés, par un va-et-vient presque sensuel des majeurs sur les ailes du nez. C’est par une essuyée des humeurs labiales que ses index mesurent le délassement des commissures. C’est par un serrement tout à fait indolore du menton, entre les pouces et les index que finit la caresse.

Oui, elle, elle commence par un délassement, par un abandon de visage, lent et long ! C’est ainsi que ses pommettes se décrispent, que son front se déride, que ses sourcils se défroncent, sous la soie sans épines des paumes ouvertes, sous les silencieux dessins invisibles des doigts massant à découvert le calme d’aujourd’hui, revenu, au grand jour sous les phalanges dénouées.
C’est ainsi que ses cils reposent leur noirceur sur la cime blanche de ses joues, que ses paupières closes cessent leur imperceptible tremblement, que ses cernes disparaissent peu à peu par l’enchantement produit à l’intérieur, sensible jusqu’aux bouts des ongles.
C’est ainsi que ses pommettes ne saillent plus et que les ailes de son nez s’ouvrent au calme de sa respiration.
C’est ainsi que ses lèvres sans voix voudraient exprimer leur « deshonte » pour cet abandon-là, mais ne le peuvent point, endormies par cette "démoiteur", soudaine et délicieuse. C’est ainsi que, dans le serrement des quatre doigts, son menton oublie les pointements anciens.

Il poursuit par un masque tiède des mains long et immobile …
C’est ainsi qu’il insuffle à l’intérieur que celles-ci discernent, le message tiède et bienfaisant du massage. Il poursuit par un "englobement" phalangien des oreilles, endurcies par la lassitude des mots vains et des écoutes inutiles.
C’est ainsi que les cartilages n’ont plus d’âge et que les lobes, détendus, presque lascifs, lentement s’apprêtent à recevoir de nouveau les paroles en carats, les rires en boucle, les mots bijoux de poésie.

Il finit par un dernier masque de paumes et de doigts, léger, du front aux joues, voluptueux, des sourcils au menton, une sculpture du bien-être presque intactile.

Elle poursuit sa quête de paix par un fermement d’yeux, plus profond, plus long, plus immobile…
C’est ainsi que, les lèvres coites entre les deux rives des paumes et les coquillages de peau, prêts pour leurs vagues de mots, elle se laisse gagner par un paisible et confiant assoupissement…

Le masque des doigts se retire.

C’est ainsi qu’au-dessus des plages du visage immobile, il ressent encore à l’intérieur de ses mains la houle de la vie redonnée, avant naufragée au tréfonds…

Il finit par le plaisir indicible d’offrir le bien-être et par le bonheur silencieux de recevoir ce par quoi elle finit…



Elle a fini par un sourire …


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