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 ProsAlf...Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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jean paul




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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Jeu 6 Déc - 23:38

Moment de paix, douce, fine.. repos du corps- j'en veux encore.

Quel don tu as Alf . Moi, gros jaloux ! mais plaisir renouvelé de te lire.
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Alf
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Jeu 3 Jan - 19:17

Les trop "tartruffes"



... ou tels sont pris tout crus qui on cru tout prendre !
(toute ressemblance... etc... etc... n'est pas une coïncidence !)


“ Nous venons vous présenter nos truffes ! ”

Le garçon de table, fraîchement imprégné de la solennité qu’il faut, un verre à Armagnac démesuré dans les bras, offre à nos yeux curieux et gourmands, une multitude de trésors du Périgord.

Nos mains aussi sont curieuses, mais également, un tantinet, nos nez.
Le jeune homme ne bronche pas, quand nous plongeons en chœur nos doigts avides au milieu des précieux champignons.

"Ah, dit André, en portant à son nez « sa capture", c’est une idée formidable de faire goûter aux clients les produits naturels du terroir, je remercierai le patron tout à l’heure !

Le garçon, silencieux et atteint par le doute, laisse entrevoir un léger tressaillement.

"Tiens, dit Jean-Pierre, je ne les ai jamais savourées crues".

Quand à moi, après avoir humé le fumet, qui n’a pas inoubliablement impressionné, il faut bien le dire, mes cloisons nasales, j’aventure une incisive dans la merveille noire.

"Ouais bon, c’est pas génial… Surtout sans le foie gras autour !", murmuré-je.

La coupelle qui attend le vin fin que nous allons boire sûrement après l’apéritif, accueille "nos” tubercules. Le don en sera fait à nos familles… Nous sourions de ce « royal » cadeau…
Le maître d’hôtel, un ami d’André, lui, ne sourit pas... Ou alors, un peu jaune...

"Bravo, pour cette attention, déclare André, je reconnais bien là ton savoir faire et ta courtoisie envers les clients. Nous en ferons profiter nos femmes !"

Silence et sourire de plus en plus pincé...

"C’est assez curieux de croquer une truffe, comme ça."

La démonstration de Jean-Pierre a déclenché chez l’homme au carnet de notre commande, un mouvement de la pomme d’Adam et partant de son superbe nœud papillon.

“Que cette coupelle est loin !” semble dire le regard de l’homme en costume noir. Il n’insistera pas... Pour l’instant.

Sans comprendre l’aubaine, je serai malgré moi, le gardien du trésor.
“Après tout, si c’est un cadeau !"...

À quelques centimètres de mon coude, les truffes attendent...

Le repas se précise. La commande arrive. Le maître d’hôtel est dans mon dos. Je ne le vois pas, mais je sens qu’il lorgne la coupelle à chaque assiette déposée.

Pourtant, la “récupération” du butin ne sera pas de ce voyage.

Le sommelier nous propose ses crus. Et, qui l’eût cru, se poste juste entre les truffes et moi. N’ayant pas trouvé l’astuce, les champignons resteront dans la coupelle réservée à la bouteille.
“Raté”, disent les yeux un tantinet furieux du sommelier. Nous sourions toujours de la « royale » aubaine.

Le repas s’anime. Le défilé des serveurs aussi. Je serre les coudes. Que de saveurs délicieuses et successives ! Que de fumets l’un après l’autre savoureux ! Que de nectars multiples !

La conversation aussi s’est animée. À en oublier le Périgord et ses “diamants de la cuisine ”.
C’est ce qu’il advient.

En mauvais gardien, je m’absente un instant pour un petit passage obligé. Jean-Pierre et André remarqueront-ils mon regard en direction des champignons, et qui leur dit « Attention !!…"
Eh bien non !

Au retour, la coupelle a changé de forme, la bouteille de couleur et le trésor s’est envolé.
Jean-Pierre et André n’ont rien remarqué ni regard, ni gestes de serveur, de maître d’hôtel, ni même du garçon du début revenu, quelque peu penaud, à la charge.

Le sommelier, lui, a veillé.

Ce voyage en Périgord par truffes interposées, nous ne pourrons l’oublier…

... Ni le sommelier !


Alfred
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Jeu 3 Jan - 19:28

En lisant tes mots, je surprenais les regards échangés, je devinais les gestes légers et rapides du garçon ou ceux plein de rondeur du sommelier, je respirais le parfum de ces trésors noirs, je humais le bouquet d'un Armagnac, quelle jolie balade gourmande.
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Romane
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Jeu 3 Jan - 19:37

Il faut absolument que Ronron et Lison viennent prendre connaissance de ce texte ! L'autre soir sur msn, j'ai expliqué, mais combien ton histoire complète tout ce que j'ai pu en dire !

Puis-je dire "je me suis régalée" ?

A ceux qui viendront visiter les mots d'Alf, faut que je vous confie un secret ; à part Peter Mayle dans "Une année en Provence", aucune autre écriture que celle d'Alf arrive à me faire saliver pire que si je crevais de faim. Sauf que c'est de la gourmandise. Certains textes me donnent l'impression d'être attablée dans un restaurant royal, et dans l'attente de mets délicats et délicieux !
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"Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Jeu 3 Jan - 19:57

Romane a écrit:
A ceux qui viendront visiter les mots d'Alf, faut que je vous confie un secret ; à part Peter Mayle dans "Une année en Provence", aucune autre écriture que celle d'Alf arrive à me faire saliver pire que si je crevais de faim. Sauf que c'est de la gourmandise.


Je pensais à ce bouquin que je relis régulièrement et qui me fait à la fois rire et rêver en lisant Alf.

Alf à déguster sans modération.
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lison




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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Ven 4 Jan - 2:44

Tout simplement succulent... tchin
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On s'en promet...hein les filles!!!
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Alf
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MessageSujet: Les mots se mangent-ils ?   Ven 4 Jan - 10:26

Au bord du verre à pieds, le plus grand des trois, celui qui contiendra peut-être l’eau et dans lequel, pour l’instant trône la serviette savamment pliée, telle une blanche fleur inconnue, un "ouvrage" de carton de quatre pages indique, à la une, le prénom de chacun. Et chacun prend sa place. Il hésite à effeuiller les pétales de tissu.

Sous son nom, “chacun” a son dessin, qui un stylo ou une plume, qui un antique calame ou bien un encrier.

La page trois du livret révèle le pourquoi de la chose : “FESTIN DE MOTS”...


Quoi ? Manger les mots ?
Comment se comprendre, si les paroles sont avalées ? Pourquoi ne pas les boire, plutôt ?
Et comment les manger avec tous ces couverts, ces outils gastronomiques, ces couteaux, ces cuillers d’un autre âge, ces piques d’argent à deux têtes ? L’apéritif a aiguisé les appétits, l’énigme aiguise les curiosités.


La serviette, fleur de coton blanc, est redevenue, d’un geste d’un seul, un vulgaire rectangle étalé sur les genoux ou coincé, façon losange, sous le col de la chemise.


“ C’est une vieille habitude anti-taches, avoué-je, qui m’est restée de l’enfance. ”


La soupière livre son secret : “ Consommé de consonnes et voyelles” !

Dans les assiettes creuses, la première de la pile, se précipitent, en tombant de la grosse louche d’argent, dans une senteur de bouillon "à l'ancienne", les vingt-six lettres de l’alphabet et quelques esperluettes, par-ci, par-là.

Les convives ébahis, presque émerveillés comme des enfants qu’ils sont restés sans doute, cherchent du bout de la cuillère ce que le hasard a pu écrire dans le bouillon !

Et tintent l’argenterie à soupe, et claquent les palais. C’est le premier moment de réconfort ce moment de réjouissances littérales. On se tait. Pas un mot durant cette dégustation de lettres...


“J’avais une petite faim", s’aventure Ronron, rompant ainsi le silence gourmand, presque religieux.

Son assiette est vide. D’autres se tendent vers les "arabesques" encore fumantes, pour un nouveau petit régal alphabétique.


“Non merci”, murmure Réginelle, happant, d’une cuillère repue, trois F, un Z, et deux B...


Les huîtres ont pris maintenant tout l’espace disponible entre les couverts. Livreront-elles vraiment leurs bijoux ?

C'est pourtant ce qu'annonce le quatre pages cartonné : "Colliers iodés de Perles de l'Océan sur sonnets de calames".


Les poèmes à forme fixe forment, en cet autre moment du moment convivial, le lit d’algues sur lequel reposent les mollusques bivalves.
Pourtant, personne n’aura l’idée de compter les quatorze rimes à la douzaine ! ...
Car les doigts gourmands attendent déjà le passage du citron ou de la sauce, du savant mélange de vinaigre et d’échalotes.
L’encre du jour sera le petit vin blanc, frais à souhait, qui accompagne les Marennes.
Point de perles, même faites de mots, mais une saveur d’iode marine indescriptible même en ode ou en jezel.

Délicieux ! Lison gobera la dernière !

En un tournemain, le temps d'une prière en ballade dédiée à Lucullus et Trimalchion, coquilles, assiettes et algues ont disparu à l’office, comme par miracle ou enchantement.


C’est au tour de la petite assiette, posée sur la grande, (d’où, peut-être l’expression…) d’accueillir les énigmatiques “ Pieds de vers à la sauce alexandrine ”.


Douze petits éperlans rappellent aux instincts écrivains les douze syllabes “ alexandrines ” et un certain Vic...
La voilà donc, la sauce dont parle le petit livre ! C’est à « icelle » que les salmoniformes sont mangés...
Le petit “ sec ” vient de Bergerac ; son appellation a été contrôlée, sans fourberie aucune par Romane, l’hôte de ce moment si bien choisi. Serait-ce un clin d’œil à Scapin ? Celui de Molière ?

Les délices frits de l’embouchure n’ont pas fait un pli. À peine reste-t-il quelques arêtes. Pepsi qui s’en régale d’avance, lovée sur un tas de linge à repasser, a l’œil aux aguets.
Les reliefs océans quittent la table, escortés par ces couverts argentés que ne connaissent que les poissons.
Juanito, sans dire un seul mot, salue d'un geste de cheveux mais avec une avec envie perceptible, l’entrée en scène de ce que le menu portant calame ou plume ou stylo appelle : “ Salmis de strophes en hémistiches ”.

L’allusion est vite comprise à l’arrivée des palombes. Elles exhalent un parfum de marinade au vin rouge. Rouge, comme si les plombs du chasseur y avait fait couler leur sang.
Filo, de deux “hémistiches”, fait un vers entier. Ô, régals aquitains offerts aux assiettes par ces fiers migrateurs, tombés au champ d’honneur de la gastronomie.

Le cru d’un brillant “Château d’outre fagots” sert noblement ce plat, sorti de sous le toit de fougères d’entre les pins de nos aïeux. Liquoreux, ce château-là, généreux, revêtu de sa robe de velours rouge, en l’honneur des palais.

Ce mariage, plus que de raison, laisse Carole pantoise. Elle reprend, “finalement”, un deuxième “hémistiche”. La gourmandise n’est qu’un sympathique défaut, va !

Débris de mots aux six voyelles ”, peut-on lire pour la suite...

Les lichettes d’Aisy cendré de Bourgogne côtoient les carrés d’Echourgnac de Guyenne. Le quart de rond de l’Iraty Basque suinte du plaisir qu’il va offrir. L' Olivet de l’Orléanais, dans sa boite de bois et son papier sulfurisé, attend, bleu d'impatience. Seul le couteau à lame cornue le sépare du caprin cabécoU du Quercy. Enfin, la pâte moulée à la louche du Saint du Roi HenrY, venu tout droit d’Albray, vaut bien, ne serait-ce que pour l’odeur, une promesse !

"Quel plateau !". Anna pourlèche ses babines délicatement humectées de la dernière gorgée d' Outre-fagots .


C’est aussi pour laisser la place au pétillant vin blanc du pays de Jeanne d’Arc, dont on entend soudain pétarader les bouchons. Ils annoncent le bouquet final de ces agapes d’artifice.

On a écrit : “ Acrostiches au chocolat ”.

Ils arrivent enfin, les petits choux garnis de crème glacée à la vanille !
Que de ces drôles d’acrostiches, l'on profite !

Ils nous offrent leur “ chaud et froid ” chocolaté. Chacun s’en régale et les inconditionnels de l’aztèque mixture d’amandes de cacao, s’en sucent les doigts, furtivement, mais l’un après l’autre, tous, jusqu’au plus petit…

Qui pourrait résister ?
Pas Anti, ni Lyla, ni moi !

D’un coup circulaire de majeur discret, Réginelle racle la petite assiette. Gourmandise, quand tu nous tiens !


Le chocolat est toujours là, qui accompagne le petit jus, le “ K fait d’arabique saveur ” du menu de l’écriture, il revient en mignardises... Barres, billes, bouchées, croquettes, crottes, pastilles, plaques, tablettes, truffes, alphabétiquement placées sur le plat de cristal, s’offrent à toutes ces papilles alléchées et non encore fatiguées. Il y en a pour tous les goûts !


“Il faut bien le pousser ce café des tropiques”, propose Juanito ! ...


Prémonition ?


“Aux rimes embrassées ”
Les liqueurs ” arrivèrent.
Le bataillon des verres
Joufflus les fit passer
De la prune au Cognac,
Du basque Patcharan
Au Calvados normand
De poire en Armagnac…


De ses paumes réchauffant les nectars, chacun fait durer longtemps le petit moment du moment…
Et les mots vont de bouches en oreilles, pour un autre festin… Imperceptiblement, le jour est tombé...

Romane, qui avait disparu comme par miracle, réapparaît comme par enchantement :

“Et si nous finissions les « post-scripti » ensemble ? ”.


Elle vient de préparer l’apéritif du soir …



Alf
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Ven 4 Jan - 10:41

Un festin de mots, pour de magnifiques convives.
Alf, l'enchanteur.
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Romane
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Ven 4 Jan - 14:37

Ah oui, alors celui-là fait partie de ceux que JE ME REFUSE A LIRE TANT QUE JE N'AURAI PAS RETROUVE MA TAILLE DE JEUNE FILLE !!!



NA !

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Alf
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MessageSujet: La faille   Dim 27 Jan - 21:23

La faille




J'ai une faille de côté.

Et des côtés, j’en possède six, mais aucun d'eux n'est libre de toute occupation... Quoiqu'il en soit, ils sont égaux à ce qu’on dit. Mais je n’ai jamais pu vérifier ce théorème bien carré.
Ils sont égaux et libres, même ceux portant poignées pour me porter, celui supporté par la table où l'on m'a posée, celui sur lequel où l'on a fixé les engins à clé que me cadenassent et celui que l'on a doté de l'espèce de gond nommé charnière !
Pourtant ils sont "Libres", de par l’expression qu’engendrera l’enfermement, le temps d’une dizaine d’heures dominicales seulement, les voix impénétrables des seigneurs et des vassaux, tous égaux pendant quelques secondes, de l’isoloir.

Égaux, libres et fraternels.

Fraternels pour accueillir, par ma faille, la pensée universelle du suffrage. Fraternels pour un oui, pour un non, pour un nom et un prénom, pour une liste de noms. Une liste de femmes et d’hommes, libres, égaux et fraternels, à ce qu’on m’a raconté, qui ont eu, malgré tout ce que l’on m’a dit, le courage de prendre le risque et le résultat du risque de plonger dans mon secret espace transparent et d’être jugés par leurs frères.

Six faces libres dont une à faille et douze arêtes.

Douze, comme le nombre des jurés qui, de propos secrets délibérés, puis d’une seule voix libérée, prononcent quelquefois, à ce que j’ai entendu dire à travers mes côtés transparents, le verdict de l’enfermement.
Des arêtes qui parfois restent en travers de gorges béantes qui défaillent ou bien qui rient. Sera-ce le pain universel et l’eau donnée à tous qui les débloqueront ?...

Six côtés donc, dont un à faille, douze arêtes et deux douzaines d’angles droits.

Oui, « droits », m’a annoncé le théorème que je n’ai jamais pu vérifier de façon claire malgré ma transparence. Ils n’ont pas eu le choix, ces angles-là, c’est la loi à géométrie non variable. Même ceux qui sont situés à la gauche du monsieur qui appuie sur ma sonnette de la main droite à chaque voix que j’engloutis et que l’on nomme président, ni, à plus forte raison, ceux de mon dessous dessus la table…
J’ai une faille au milieu, parallèle à deux de mes arêtes du dessus, mais l’on m’a faite outil de la liberté. La liberté de vote. C’est ma constitution unique. C’est sans doute pour cela que l’on m’a appris à tourner une fois ou deux leurs langues bleues dans mon cube, avant de révéler mon secret. Enfin, leur secret ! Libre et fraternel…

Enfin, tout est relatif, sinon proportionnel… Mais là, cela devient trop compliqué…

Ah oui, j’oubliais de vous dire : Je m’appelle urne. Seulement « urne » et non « puits de vérité »…

De par mon humble expérience de tous les ferrailleurs diurnes et autres discoureurs nocturnes, j’aurais tendance à dire, mais je peux me tromper, n’étant finalement qu’un simple outil à sonnette, qu’au-delà de mon plexiglas dominical, de ma faille perpendiculaire aux deux autres côtés de ma face de dessus, ne sortiront peut-être jamais votre liberté, votre égalité et votre fraternité.

Votez, frères et sœurs, citoyens, je vous offre ma faille, mais prenez bien garde de ne pas me transformer en « funéraire » !

Ainsi parla, un dimanche de printemps, ou bien était-ce automne ?, un simple réceptacle transparent et citoyen...
Sa faille une fois soulevée, son côté une fois béant puis renversé, la montagne cubique et secrète, une fois de plus, accoucha d’une souris.


Alfred
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Romane
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Dim 27 Jan - 21:36

Laughing Je n'aurais JAMAIS pensé à mon devoir de citoyenne. La France est fière de toi, Alf !
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Scapinocchio de la Mancha




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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Dim 27 Jan - 21:52

Juste une faille : tu ne possèderais pas plutôt SIX côtés ?
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Imprimé par nos soins. Ne pas jeter sur la voie publique.
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Dim 27 Jan - 22:04

oui mais quatre libres !!! mdr
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Lun 28 Jan - 7:24

J'ai rêvé de cubes cette nuit, Scapinogé !!! Par ta faute et la mienne ! J'ai rectifié, du coup ! Merci de ce coup-là ! bisou
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MessageSujet: Re: ProsAlf...   Mer 12 Mar - 13:40

Photo page 1...

Autour, tout autour, devant, derrière le grand camion "civilisé",
ils sont venus les autres,
ceux que l'on oublie trop souvent,
pour le partage de l'instant fugitif de bien-être.
Dépenaillés ou presque nus, ils n'ont pas besoin de mots.
Leurs yeux les crient haut et fort. Trop, sans doute, pour la "civilisation".
Leurs bras se tendent vers ces "humains" de l'autre rive.
Leurs mains s'ouvrent en corolles de cris muets,
comme pour offrir le mot qui les tenaille :
FAIM.


Photo page 2...

Autour, tout autour de la table ronde de la convivialité,
ils se sont assis les uns à côtés des autres,
ceux qui ont convergé pour le partage de l'instant gourmand.
Repus ou pas, ils n'ont pas besoin de mots.
Leurs yeux les cillent doucement. Si doucement...
Depuis leurs divers horizons, coudes contre coudes,
leurs bras,se sont rassemblés au centre du cercle.
Leurs mains s'entrecroisent puis, machinalement, s'entremêlent,
pour former un digital "centre de table du Monde".
Il parle sans mot dire. Son murmure est unique:
CHALEUR...


Photo page 3...

Malgré les autres, il n'y a rien autour d'eux,
ni derrière ni devant leur confondu de volupté.
Ils se sont enfin rejoints, debout près du grand large,
sur le musoir de la digue pour le partage de l'instant de bonheur.
Lui et elle, elle et lui n'ont pas besoin de mots, de ceux des autres.
Leurs yeux aux regards confondus,
entrecroisés puis entremêlés
les chantent en duo du cœur... Si toi-moi.
Leurs mains se prennent, se serrent, s'unifient.
Au vent du large leur effusion lance leur mot silencieux :
AMOUR...


Photo page 4...

Autour, tout autour, devant, derrière ce qui fut la grand rue,
des ruines,
des trous béants,
des pans de murs anéantis,
du sang séché mêlé au sable du désert.
Ils sont venus, les autres,
ceux que l'on oublie trop souvent,
pour le soi-disant partage de l'instant de démocratie.
Leurs mains tenaient des fusils ou des volants de chars d'assaut.
Ils n'ont pas eu besoin de mots de ces mots que les autres,
ceux qui furent chez eux,
n'auraient d'ailleurs pas compris.
Le sang les a répandus dans la grand rue.
Deux jeunes gens ont enlacé leurs mains vides au bout de leurs bras et leur mort...
Leur éternité hurle aux cieux, bouches bées et muettes à jamais la litanie: PAIX !



Photo page 5...

Autour, tout autour de la cour de la petite école,
ils se tiennent les uns aux autres par la main.
Grands et petits, bonds et bruns blancs et noirs,
ils n'ont pas besoin de mots.
Leur pétillance les rayonne haut et fort...
La ronde se met à tourner autour de la cour de la petite école.
Dans le tourbillon du kaléidoscope de leurs yeux apparaît le mot :
AVENIR.

Alf
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