Cri au lai cru...
Épris de poétique liberté, je m’adresse à vous aujourd’hui en crue prose toute crue. Qui l’eût cru ! Si vous donnez grand tord à Victor pour ses tirades alexandrines, continuez à ne pas compter sur vos doigts de pieds, faites-en un de nez au vieux barbu, légende de son siècle et emmêlez vos pieds bots…
Si les enjambements chorégraphiques d’Arthur vous font trébucher et que plus dur est le choc sur la terre, ne faites aucun mystère de vos retours à la ligne intempestifs, étalez-les…
Si les césures d’Alfred (je parle ici du vrai, de l’unique, pas de celui de Palace ou de quelque forum de la toile…) qui écrivit tant de poèmes à forme fixe, coupent votre élan de liberté avec ses « e » muets et ses accords aux hémistiches, ne dites point, figé au garde-à-vous, les auriculaires sur les coutures de vos cuisses « À vos rangs, fixe ! », aucun adjudant ne vous empêchera d’user de hiatus malheureux et de sonorités bancales…
Si les métaphores banales des amoureux des épopées, vous semblent mièvres en faisant rimer amour et toujours, enténébrez vos libres écrits d’images insolites et tarabiscotées, vous qui savez de source sûre que l’ésotérisme poétique n’a jamais tué Chimène, ni Rodrigue…
Si les rimes alternées de Jean-Baptiste, de Pierre, de Jean ou même de Georges, vous rendent perplexes avec leurs accents circonflexes, embrassez les vôtres, fussent-elles plates, au féminin, au masculin ou même au neutre, le « classique » ne rime à rien…
Poétisez en paix… Je m’en retourne chez Ovide, Joachim, François, Paul et les autres et sans laurier, je m’endors…
Alfred (le faux)
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Quid novi ?