LéandreJe vois que les rumeurs par chez vous vont bon train.
Sans doute de l’ami le brillant équipage
Ne fut point ignoré par les gens du village !
MirontonLéandre, mais comment, parlant de la façon,
Croire que nous aurions quelqu’intérêt…
Lucette..............................................................Tiens donc ?
En êtes-vous si sûr ?
Célimène......................................Le prix d’une bovine
Était le mien jadis ! Dès lors, Alexandrine
Vaudrait le prix, morbleu, de la transaction !
Vous mettriez ainsi, avec prétention,
La gente Boucalot toute en votre gousset !
Ou plutôt, … laissez-moi deviner…Ah, oui, c’est
Pour ranger à l’instant par devers vous Gonzague.
Oh, Monsieur Mironton ! Vous plantez une dague
En mon cœur qui avait toute ma confiance !
Et moi, qui ai failli, sans aucune méfiance,
Devenir votre bru !… Je reviens de très loin !
Mironton (Il s’étrangle à moitié)Mais, Célimène, enfin ! Comment… Euh… à ce point,
Pouvez-vous donc douter et parler de la sorte…
AlcantorDites-moi, Mironton, seriez-vous, à ma porte,
En train d’insinuer que ma fille est stupide ?
D’elle pourtant, jadis, votre fils fut avide ?…
CléonViens Papa. Nous n’avons plus rien à faire ici !
C’est à grand tort, pour sûr, que les gens que voici
Nous veulent sans arrêt fort ridiculiser.
LucetteCléon, mon cher Cléon : Quoi ! Ainsi deviser ?
N’avez-vous point songé un instant à le faire
Durant le temps passé ? Et puis, la belle affaire,
Parce que vous avez eu vent de l’arrivée
De Gonzague en ces lieux, de son aura privée,
Sa réputation et de sa belle bourse,
Vous arrivez ici, tous deux, au pas de course…
N’appelleriez-vous pas cela une façon
De vous moquer de nous ?
Alcantor.............................................Bon, Mironton, passons.
Pour le trancher tout net : Je veux Alexandrine
Aux aurores demain ! Quant à votre officine,
Chaque dimanche, donc, vous servirez Lucette
En cliente ordinaire et de façon honnête.
Il est bien entendu que nous vous règlerons
Comme tous les clients du village feront.
Est-ce bien clair ?
Mironton...............................Euh… Oui… Ainsi va ma pensée.
N’est-ce point Cléon ?
Cléon...................................Si
Mironton............................................D’une façon sensée,
Je lui disais de vous, « comme tous ils sont donc. »
Comme n’importe qui au village…
Célimène........................................................Pardon,
Point tout à fait, dès lors, toi Cléon, vous Arsène,
Nous sommes désormais plus riches… Mais à peine…
Lors ne l’ébruitez point s’il vous plaît, pour l’instant.
ClaudinePardon de déranger, mais… je crois… que l’enfant…
(Elle s’assoit)LucetteVite ! Va t’allonger, ma fille ! Et toi Léandre
Va-t-en chez la Manon, morbleu, et sans attendre !
Et dis-lui, s’il te plaît, qu’un ventre veut son art.
Célimène, de l’eau ! Alcantor, sans retard,
Apporte des cuvettes aussi ! Vous, Arsène...
Nous n’avons plus le temps…
Alcantor............................................Une vie entre en scène !
Gonzague
à MirontonSouffrez, mon cher monsieur, que je vous raccompagne.
AlcantorEt à potron-minet : Ma vache en sa campagne !
FINÀ tantôt, vous les LUs, sur d'autres vers, sans doute...
Demeurez près d'ici, Alexandrin écoute.
ALF
*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
Quid novi ?