Portraits d’insectes, texte de Claire Villemant et Philippe Blanchot, phorotgraphies de P. Blanchot.
Encore un livre sur les insectes me direz-vous, oui, mais celui là à quelque chose de
différent.
Ici, lorsqu’on nous dit « portraits d’insectes », il s’agit réellement de portraits d’insectes : les photos, en grands et très grands formats, nous montrent exclusivement des têtes d’insectes, de très très près. Habituellement, on nous montre les insectes en entier. C’est donc déjà une manière différente de nous présenter ce monde haut en couleurs et en formes.
Et puis, il y a le texte : lui aussi n’est pas comme d’habitude ; lui aussi nous décrit les insectes d‘une autre façon, c’est comme si on nous présentait des « copains », vous savez, on nous dit « intel est comme ça» , et on ponctue le tout d’anecdotes .
Prenez par exemple les
phasmes. Vous savez ces animaux qui font partis des rois du mimétismes ! Certaines espèces de phasmes imitent à la perfection une brindille sèche, d’autres ressemblent à s’y méprendre à une feuille en poussant l’illusion jusqu’à nous montrer des nervures sur leurs corps. Ce sont des animaux phytophages, essentiellement nocturnes, qui bougent très peu, très très lentement, de manière saccadé pour donner l’impression que c’est le vent qui les agitent (tant qu’à jouer le mime autant le faire à fond !)
Et bien le livre nous dit, en ce qui concerne les phasmes donc, qu’on connaît plus de 2800 espèces de phasmes qui vivent en régions tropicales. Certains mesurent 12 mm de long, d’autres atteignent 320 mm, ce qui en fait les plus grands insectes actuels. Il est dit également que les espèces européennes sont peu nombreuses, et qu’elles se cantonnent surtout à la région méditerranéenne (par rapport aux températures, on l‘aura compris). Au côté des portraits « copains » de 6 espèces*, nous trouvons des anecdotes** qui ponctuent agréablement l’ensemble.
On nous informe que les phasmes, à la manière de certains lézards qui abandonnent leur queue à l’ennemi, lorsqu’il est attrapé par une patte, ils la détachent de leur corps par un phénomène de réflexe. La patte amputée peut être régénérée au cours des mues suivantes, tant que l’insecte n’est pas adulte.
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espèces : -
Monticomorpha sp ; on nous dit que l’animal vit au Pérou sous des pierres à 3600 m d’altitude. Espèce récemment découverte, sa description est en cours.
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Heteropteryx dilatata ; nommé communément phasme géant dilaté. Il vit en Malaisie et dans le sud de la Thaïlande. Le mâle, brun, peut voler ou planer sur de courtes distances. Effrayé, il étale brusquement ses ailes postérieures de couleur rose. La femelle, verdâtre, peut atteindre 160 mm et peser plus de 50 g. Elle utilise ses ailes atrophiées pour striduler et expose ses ailes postérieures roses pour surprendre un ennemi. Les adultes peuvent percer la peau d’un agresseur avec les fortes épines de leurs tibias antérieurs.
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Phyllium bioculatum, phasme-feuille de Java, imite une feuille à la perfection. Il est dit que
Phyllium giganteum, la phyllie géante de Malaisie, ressemble à s’y méprendre à une feuille de goyavier rouge.
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Parectatosoma est un phasme épineux. Les courtes ailes du mâle sont blanches nervurées de noir. Inquiétée, la femelle déploie ses ailes à intervalles réguliers pour striduler et exposer l’intérieur de ses élytres, rouge vif.
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Extatosoma tiaratum, le phasme à tiare. Il vit en Australie sur divers eucalyptus.
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Clonopsis gallica, le phasme Gaulois, originaire d’Afrique du Nord, il a progressivement envahit l’Espagne, l’Italie et une partie de la France. Il vit sur diverses plantes comme l’églantier ou la ronce.
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anecdotes : - La vision du phasme ne dépasse guère 3 ou 4 cm. En se déplaçant, l’insecte détecte les obstacles avec ses antennes et ses pattes antérieures. Le pédicelle antennaire porte l’organe de Johnson (
dont on entend souvent parler chez les serpents) qui intervient dans la perception des vibrations.
- On a récemment trouvé dès œufs de phasmes datant de l’Eocène (ère tertiaire), il y a 40 millions d’années (
preuve que nos amis les phasmes fréquentes la Terre depuis un bail déjà !)- «
Phasme» vient du grec «
phasma » (fantôme). On le nomme «
walkingstick » (bâton ambulant) en anglais, «
insecto baston » en espagnol et «
Stabschrecke » ou «
Gespenstheuschrecke » (criquet-fantôme) en allemand. Une espèce guyanaise est appelée « cheval du bon Dieu ». «
Phyllie » vient du grec «
phyllon » (feuille).
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Eurycnema versirubra se nourrit des feuilles de myrtacées; En Thaïlande, on verse de l’eau bouillante sur ses extrémités pour obtenir un thé parfumé qui, paraît-il, est excellent mais dont l’origine un peu spéciale rend difficile sa commercialisation en Occident. Ce thé fut servi durant un congrès entomologique à Bangkok où il fut apprécié.
- Pour les Papous, les phasmes sont les esprits de l’arbre, qui pleure des brindilles de vie.
- Les papous utilisent les grandes épines des tibias
qu’Eurycantha horrida, de Nouvelle Guinée (qui atteint près de 160 mm de long), pour fabriquer des hameçons.
- En 2001, on a retrouvé quelques individus, sur un îlot à 23 km de l’île de Lord Howe, en Tasmanie, d’une espèce que l’on croyait éteinte :
Dryococelus australis.
[…]
Je voudrais également vous parler d’imitateurs d’imitateurs : les
criquets-phasmes . Ce sont de grands criquets sud-américains au corps en bâtonnet pourvu d’une tête allongée conique. Ils se déplacent en marchant, sautent rarement et sur de courtes distances. Leurs ailes très réduites font parfois défaut. Les Américains les appellent «
Nixon grashoppers » (criquets Nixon) à cause des grosses bajoues de certaines espèces. (
Une découverte que j’ai faite dans le livre).
Voici quelques adresses pour compléments d’infos sur les phasmes (et photos) que j’ai choisie :
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http://monsite.wanadoo.fr/phasmes/ (un site perso bien comme il faut ; seule critique l‘écriture n‘est pas bien visible sur le fond de page, cela fait quelque peu mal aux yeux et gène un peu la lecture, en la rendant un tantinet désagréable)
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http://crpal.free.fr/sciences/elevages/phasmes.pdf#search='Phasmes'
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http://www.magmaconcept.com/insects/phasmes.htm (Excellent. Le lien indiqué vous conduit à une page qui présente les phasmes de manières générales, et à partir de laquelle vous avez accès à des fiches par espèce : description rapide, une photo d’un phasme adulte ou d’un jeune et une photo des œufs de l’espèce en question)
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http://xxi.ac-reims.fr/ec-carignan/dossiers/phasmes/phasmes.htm (une petite page sur les phasmes tiges, présentation rapide, sympat, mais dont il ne faut pas attendre grand chose, juste un complément d’info, mais je l’aime bien donc je vous la propose)
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http://cmarandeau.chez.tiscali.fr/terre.htm (les photos sont impressionnantes)
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http://zafro.free.fr/mada/insectes2.html (quelques photos, phasmes, mantes, scolopendre)
J’allais oublier : les phasmes ont été ajoutés à la longue listes des NAC (nouveaux animaux de compagnie) ; de nombreuses personnes en pratiquent désormais l’élevage en captivité, avec plus ou moins de connaissances sur leurs besoins… (encore un). Séances de caresses à éviter bien entendu !
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La connerie humaine est la seule chose qui donne une idée de l infini.