aristée Dard-d'Art

Inscrit le : 14 Juil 2005 Messages : 1055 Localisation : sud ouest
| Sujet: La vie en autarcie Jeu 19 Jan - 19:05 | |
| Vie en autarcie
Pendant toute ma jeunesse et jusqu'à la fin de mes études, je vins passer mes vacances à Grillon, petit village du Vaucluse ou se déroulèrent tous les évènements qui me restent en souvenir. En effet durant l’annèe scolaire, il ne se passait jamais rien de notable.Un peu comme s’il s’agissait de période neutralisée.Seules les vacances m’ont laissé des souvenirs A coté de notre maison était une ferme ou je passais dans mes jeunes annèes, en particulier jusqu'à 13 ou 14 ans des journèes entières. J’admirais beaucoup ces fermiers, qui contrairement a ma mère, n’avaient que très peu de choses a acheter, n’avaient pas besoin d’argent. .Pour avoir 3 œufs ou un pain ma mère devait donner de l’argent. Eux non. Et je trouvais ça formidable. Ils avaient des légumes, frais a la belle saison, en conserve en hiver, un verger qui leur fournissait tous les fruits poussant dans la région, des lapins, des poules, le lait des chèvres, le miel de leur dizaine de ruches, les saucissons et jambon de leurs cochons, des œufs…. etc En fait, ils n’achetaient que quelques produits exotiques , comme le café ou le sucre. En ce qui concerne le pain j’aimais beaucoup le système. Après les moissons, les cultivateurs apportaient des sacs de blé chez le boulanger. Chaque famille avait un carnet. J’allais souvent chercher le pain de notre voisine avec ce carnet. Pas besoin d’argent. Je prenais selon le cas, 2 ou 3 gros pains, la boulangère les inscrivait sur mon carnet. Pour chaque 100 kg de blé, a la suite de savants calculs qui faisaient entrer en ligne de compte la transformation du blé en farine, puis le prix de la confection du pain, on avait droit a tant de kilos de pain. Le principe économique des paysans de l’époque était simple : on gagnait de l’argent en vendant une partie des récoltes, et on dépensait le moins possible d’argent pour la nourriture ( qui représentait alors un fort pourcentage des dépenses pour mes parents par exemple) Quand on avait pas mal d’économies, on essayait d’acheter des terres,. Mon cerveau d’enfant était charmé par ce genre de vie, et avant de vouloir être successivement aviateur, polytechnicien, Saint Cyrien, Ingénieur agronome,et Ambassadeur, mon rève avait été d’avoir une très grande ferme, avec des grosses bètes, chevaux, vaches, et des champs immenses…..que je faisais travailler par un personnel nombreux et tout dévoué aux intérets du patron….Vers 13 ou 14 ans, je complétais le tableau idyllique et Virgilien en introduisant dans le cadre une très jolie femme amoureuse de moi,et capable de cuisiner le porc après la » tue cochon » mais toujours élégante quand meme.. Ils sont vraiment chouette, ces réves d’enfant !!!! _________________ Un bon livre pour se détendre |
|
Xian

Inscrit le : 06 Sep 2005 Messages : 4403 Localisation : Etoile bleue dans l'univers
| Sujet: Re: La vie en autarcie Jeu 19 Jan - 19:19 | |
| Oui... on croit rêver ...
plus tard, on gère ...
je crois qu'on y perd au change. _________________ Ici et maintenant Il se passe tous les jours quelque chose de nouveau chez http://xianhenri.be |
|
Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 49149 Localisation : Kilomètre zéro
| Sujet: Re: La vie en autarcie Jeu 19 Jan - 19:46 | |
| Ce que tu décris là, aristée, pourrait sembler remonter à la nuit des temps. Pourtant, c'est tout proche. Bien que de quelques années de moins, j'ai aussi passé toutes mes vacances d'été dans deux fermes, alternant mes deux familles de deux régions différentes. Même magie, dans mes yeux d'enfant. Il m'en reste énormément au fond de la mémoire, et pas mal de leçons de vie.
Ce que je voulais dire, c'est que bien que nous vivions au siècle de l'informatique, des frontières de plus en plus ouvertes, des robots ménagers et des fasts food, il demeure encore dans les campagnes françaises l'empreinte du mode de vie des aïeux. L'hémorragie du compte bancaire pour des futilités est bien moins importante que dans les villes, même si on s'accorde un confort et des douceurs qui auraient pu, jadis, être qualifiés d'inutiles. J'y trouve un certain équilibre entre ces deux mondes opposés.
Mitoyenne avec Bayonne, je balance entre les deux. C'est un mélange assez curieux. Autour de moi je décèle facilement l'exagération d'aujourd'hui, ou les francs retardataires dont on se demande s'ils font vraiment partie de notre monde.
La moyenne me convient, j'avoue.
J'aime bien ta réflexion, aristée. Robisou de Rofifille _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
|