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| | Le jeu des chaises ( titre provisoire) | |
| | | Auteur | Message |
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aristée Dard-d'Art

Inscrit le : 14 Juil 2005 Messages : 1055 Localisation : sud ouest
| Sujet: Le jeu des chaises ( titre provisoire) Ven 9 Nov - 16:01 | |
| PERSONNAGES
GLADYS 28 ans femme de Bruce . Un peu snob BRUCE 28 ans mari de Gladys également snob MARIE BRUN 30 ans Gaie primesautière femme de ALAIN ALAIN BRUN 32 ans mari de MARIE. Fondé de Pouvoirs MOREAU Président de Société DUPONT CHEVRAU HOMME D’AFFAIRES
Le rideau s’ouvre sur un salon banal, mais confortable. Une table basse assez longue 5 fauteuils, une grande bibliothèque sur tout le panneau de gauche Contre le panneau de droite un piano Au fond à gauche et à droite, deux portes. La scène est vide, mais très vite Agnés et ALAIN,entrent ayant chacun une petite valise à la main.
MARIE Se laissant tomber dans un fauteuil et posant sa valise à côté d’elle. Ras le bol !!!Je suis éreintée !Quelle week end !! La fréquentation de ces gens snobs, je n’en peux plus ! Affreux. Nous ne remettrons pas ça de sitôt !!!! ALAIN prenant la valise d’Agnés et sortant pour aller les porter dans la chambre à gauche Tu n’as pas tort, mais que veux tu ? Bruce est mon adjoint, et il est pistonné par le Président, je suis bien obligé de composer. MARIE Puisque c’est ton adjoint, compose avec lui tant que tu veux au bureau, mais ne me l’impose pas en dehors ! ALAIN parlant fort depuis la chambre Je te comprends ma chérie. J’éviterai toutes invitations, et ils ne sont pas près d’être invités ici. Il me semble d’ailleurs que c’est lui le vrai snob. Je ne pense pas que Gladys le soit foncièrement, mais elle a tellement peur d’être en retrait de son mari….. MARIE Pas d’accord avec toi ! C’est une pimbêche, et presque inculte d’ailleurs. Sais tu ce qu’elle m’a dit avec sa voix qui se tortille ? « Moi, Molière J’adore ! Le Cid, est une merveille ! Je le lis très souvent quand je sens en moi monter un désir du beau ! » Tu te rends compte ? Le Cid de Molière…Le désir du beau ! je t’en ficherais !!! ALAIN Oh, s’il n’y avait que ça !!Un lapsus peut être pardonné. Mais, lorsque, lui, me dit « Lorsque nous allons à Rouen, nous achetons toujours du pain. Il est tellement meilleur à la campagne » le summum de la bêtise est atteint. MARIE Oui, bon. Nous sommes bien d’accord : ils sont imbuvables. Maintenant, j’ai au cours de cette détestable soirée d’hier, au moins appris quelque chose. ALAIN Ah oui ? Quoi ? MARIE Il faut que tu fasses attention. Tu es sur un siège éjectable. ALAIN Qu’est ce que tu racontes ? MARIE Je suis en train de te dire que ce crétin de Bruce manœuvre pour obtenir ta place, et qu’il n’est pas loin d’y arriver. ALAIN Ca m’étonnerait. Tout le monde sait que ce Bruce est un incapable, et que s’il n’était pas pistonné par le Président il ne serait pas mon adjoint. Et lorsqu’il a été nommé, le Président m’a prévenu et m’a dit à peu près textuellement : « Voyez vous mon cher, je sais parfaitement que ce Bruce est un snob imbécile et incompétent. Mais vous savez que dans notre conseil d’administration il y a Dupont Chevrau qui possède 30% des actions. Or, ce Dupont Chevrau est le père de Gladys, la femme de ALAIN. Alors je vous demande d’être patient, le temps que je lui trouve un poste plus en accord avec…..Son incompétence » Voilà ce que m’a dit mon Président. MARIE Ton Président était certainement de bonne foi, mais ce que j’ai appris, c’est que Dupont Chevrau a fait racheter au nom de sa fille pas mal d’actions. Je ne sais pas exactement ou ils en sont et combien ils en possèdent actuellement, mais Dupont Chevrau est bien près de pouvoir faire la pluie et le beau temps dans ta Société. ALAIN Tu penses bien que si c’était vrai, je serais au courant. Qui a pu te dire cette bêtise ? MARIE Qui ? Jeanne ! ALAIN Et qu’est ce qu’elle en sait ta Jeanne ? Et s’abord, qui est elle ta Jeanne ? MARIE « Ma » Jeanne comme tu dis, est la maîtresse de Dupont Chevrau Après un moment de silence ALAIN Merde !Merde !Merde ! Ha Jeanne, oui !! Je la connais un peu. Elle est d’une bêtise ! Il est en effet possible que sans penser à mal elle divulgue des informations recueillies sur l’oreiller. Elle t’a vraiment dit que Gladys achetait des actions ? ( A suivre) |
|  | | Laconfiture Palala

Age : 21 Inscrit le : 05 Oct 2007 Messages : 743 Localisation : Lyon
| Sujet: Re: Le jeu des chaises ( titre provisoire) Ven 9 Nov - 16:07 | |
| | Aristée, j'ai aimé, je veux savoir la suite... Mais je peux juste faire une remarque, on est il me semble dans une scène de théâtre de notre époque et il y a quelques expressions qui vont pas trop trop dans une bouche... Le "nous", souvent on dit plus "on", c'est comme "au cours", on dirait plus "pendant"... Enfin, c'est peut-être moi aussi, qui parle comme ça... |
|  | | aristée Dard-d'Art

Inscrit le : 14 Juil 2005 Messages : 1055 Localisation : sud ouest
| Sujet: Re: Le jeu des chaises ( titre provisoire) Ven 9 Nov - 17:39 | |
| | Laconfiture a écrit: | | . Mais je peux juste faire une remarque, on est il me semble dans une scène de théâtre de notre époque et il y a quelques expressions qui vont pas trop trop dans une bouche... Le "nous", souvent on dit plus "on", c'est comme "au cours", on dirait plus "pendant"... Enfin, c'est peut-être moi aussi, qui parle comme ça... |
Cette conception est parfaitement recevable c'est celle qui est utilisée dans le théatre moderne. avec uniquement des expressions courantes( super, hyper bien, A plus, le matos.je me casse etc) Il est une autre conception qui veut que les lecteurs soient sortis du monde réel, pour être plongés dans un monde imaginaire. Si je devais prendre une comparaison, un payasage peut être rendu par le talent d'un photographe qui restitue la réalité ou d'un peintre qui l'interprète.Talent en moins, je préfère faire de la peinture.. |
|  | | aristée Dard-d'Art

Inscrit le : 14 Juil 2005 Messages : 1055 Localisation : sud ouest
| Sujet: Le jeu des chaises Sam 10 Nov - 8:46 | |
| MARIE Oui. Elle m’a dit : » Tu te rends compte, Gladys qui s’y connaît en bourse à peu près autant que moi, achète des actions. Tu me diras, que c’est son père qui le fait pour elle, parce qu’il veut devenir majoritaire dans une société. Mais elle, c’est une gourde, elle n’y comprend rien » Après un autre silence ALAIN Après tout, ce ne sont pas forcément des actions de notre Société qu’il fait racheter par sa fille MARIE Tu connais beaucoup de sociétés dans lesquelles il aurait des chances de devenir majoritaire ? ALAIN Non. Evidemment non. Il a déjà 30% chez nous, mais…. Dupont Chevrau est un homme d’affaires averti. Qu’il brigue le Poste de Président de notre Société, ce n’est pas impossible, mais, il sait très bien que son gendre est absolument incapable d’avoir un poste à responsabilité. Même s’il devient le Président de ma boite, il ne fera pas la bêtise de donner mon poste à Bruce. Ce serait se tirer une balle dans le pied. Non. D’ailleurs les résultats que j’obtiens plaident pour moi. MARIE Je ne veux pas te détruire le moral, mais, tes très bons résultats, tu les obtiens depuis quand ? ALAIN Les vraiment excellents résultats ? Depuis un an à peu près. MARIE Oui ! Et depuis quand Bruce est ton adjoint ? ALAIN Depuis un an. Mais ça n’a rien à voir. C’est le travail de mise en place d’un réseau que je poursuis depuis des années qui commence à donner ses résultats . Bruce n’était pas là. Il n’est absolument pour rien dans ma réussite. Penser le contraire est risible. MARIE Oh, moi, je te crois !! Mais si la chose est bien présentée, les lauriers peuvent être attribués à Bruce. Et crois moi, il n’est pas incompétent dans tous les domaines, ton Bruce. Il sait se parer des plumes du paon ! ALAIN Non, non. Je n’arrive pas à le croire ! Il est de notoriété publique que Bruce est un crétin, et Dupont Chevrau n’en est pas un. Il sait lui aussi à quoi s’en tenir ! MARIE Tu sais mon chéri que je ne suis pas très au courant des affaires. Mais il m’a semblé que je devais te dire ce que j’ai appris, même si tu dois te faire du mauvais sang pour rien. ALAIN Bien sûr mamour, tu as bien fait de m’avertir, parce que l’achat d’actions en sous main par Dupont Chevrau est très plausible. Et préoccupant. Même pour moi. Tu as peut être raison. Un temps Quel heure est il ? ( il regarde sa montre) . Trop tard pour téléphoner à mon Président. Parce que c’est son poste à lui qui risque en premier lieu d’être menacé .Et comme il m’estime beaucoup, s’il est viré, je risque de devoir très vite taper des curriculum vitae pour moi. Oh, et puis zut : Il doit lui aussi venir de rentrer et il est encore plus concerné que moi. Alors, je lui téléphone. ALAIN s’approche du téléphone, sort son carnet d’adresse et forme un numéro. Quelques sonneries que l’on entend car le micro d’ambiance est branché On entend Allo ? ALAIN Monsieur le Président, c’est Alain Brun. Je suis absolument désolé de vous téléphoner à cette heure tardive, mais j’ai obtenu un renseignement qui pourrait être d’une très grande importance. Et j’ai pensé que si par hasard vous ne le connaissiez pas, il serait urgent que vous soyez mis au courant. Le PRESIDENT MOREAU Cela concerne la Société ? ALAIN Oui , Monsieur le Président. LE PRESIDENT Je vous écoute ALAIN Il semblerait que Monsieur Dupont Chevrau, ferait acheter en sous main des actions de notre société. Si l’information s’avère exacte, comme Monsieur Dupont Chevrau possède déjà 30% de notre Société….. Un court silence. LE PRESIDENT Figurez vous que sans avoir d’éléments tangibles, je sentais….Mais, bon . Dites moi simplement si votre informateur est digne de confiance. ALAIN Mon « informateur » Monsieur le Président, ne voulait pas informer. Il s’agit d’un réflexion au cours d’une conversation anodine. LE PRESIDENT Aïe !! Sa crédibilité n’en est que meilleure !!. Ecoutez, mon cher. Vous avez bien fait de me téléphoner. Ces achats, s’ils ont lieu bien sûr, doivent avoir un but : Prendre le contrôle de notre Conseil d’administration. Il faudra que nous parlions de tout ça . Je vous attends à mon bureau demain matin à 9 heures. Bonne nuit quand même, mon cher ! ALAIN Bonne nuit, Monsieur le Président. De la chambre on entend la voix d’Agnés qui crie Alors ALAIN, Que fais tu ? Tu n’es pas fatigué ? Viens te coucher ! ALAIN Oh si ! je suis fatigué ! J’arrive, j’arrive !!! ( A suivre) |
|  | | aristée Dard-d'Art

Inscrit le : 14 Juil 2005 Messages : 1055 Localisation : sud ouest
| Sujet: Le jeu des chaises Dim 11 Nov - 8:43 | |
| Le rideau se lève sur le même décor. En scène ALAIN est seul. Il est dans un fauteuil et étudie des papiers. Devant lui, sur la table basse, d’autres papiers épars. Il écrit quelques mots lorsque la sonnette d’entrée tinte. Il pose ses papiers sur la table basse se lève et va ouvrir. Il revient dans le salon, précédé d’un Monsieur d’une cinquantaine d’années, très chic et faisant d’une façon évidente partie de la haute Société. ALAIN Asseyez vous Monsieur le Président LE PRESIDENT Merci. (Il s’assied) Oui, vous aviez raison ce matin. Il est préférable de nous voir plus longuement ici. Je suis persuadé que Dupont Chevrau a un ou des espions à la Direction. Alors ? Avez-vous trouvé quelque chose ? ALAIN Oui. Justement : Une chose troublante. Saviez vous que Monsieur Dupont Chevrau est en contact personnellement avec le Directeur financier de notre Société ? LE PRESIDENT Non. Mais cela présente t- il une grande importance ? ALAIN Il me semble, oui. Surtout, lorsque l’objet de leurs correspondances portent presque uniquement sur le cours de nos actions….et la façon de les faire baisser à des périodes précises.. LE PRESIDENT ( Après réflexion) Tiens ? Tiens ? Ainsi la volatilité de notre action ne serait pas une conséquence naturelle des lois du marché ? ALAIN Je n’ai pas encore pu démonter tout le mécanisme, mais il me parait à peu près certain, que des fuites sont organisées sur de prétendues difficultés de notre Société, ceci afin de faire baisser notre cote, et de permettre l’achat de valeurs au nom de sa fille Gladys. LE PRESIDENT Sait on à peu près combien d’actions détient cette Gladys ? ALAIN Non. L’opération n’a vraiment commencé qu’il n’y a 5 ou 6 mois. Je ne pense pas que le portefeuille soit encore très gros. Ils doivent être prudents. Ils ne peuvent faire des achats massifs sans d’une part attirer l’attention et d’autre part, que la valeur monte, ce qui n’est pas leur intérêt pour l’instant. LE PRESIDENT Si je comprends bien, Dupont Chevrau veut devenir majoritaire, et il préfère que les actions soient achetées par une tierce personne en qui il a toute confiance : sa fille. Dites moi le fond de votre pensée : Il veut prendre ma place, c’est bien ça ? ALAIN Quoi d’autre ? Cela me semble évident, Monsieur le Président !! LE PRESIDENT Voyez vous une parade ? ALAIN Pas encore, mais il doit bien y en avoir une. LE PRESIDENT Voyez vous un point faible par lequel nous pourrions attaquer ? ALAIN En ce qui concerne Dupont Chevrau, non. Je ne le connais pas assez. En revanche, je connais assez bien Gladys et son mari. Ce dernier est un incapable, vous le savez puisque vous m’aviez prévenu quand vous me l’avez donné comme adjoint LE PRESIDENT Ce n’est peut être pas la meilleure chose que j’ai faite !!Mais j’avais la main forcée, et d’ailleurs ce n’est pas lui qui est dangereux. ALAIN Pour moi, si !! LE PRESIDENT Mais non. Vos résultats sont incontestables. Et lui, c’est une nullité ALAIN Merci, Monsieur le Président. Cependant mes résultats sont surtout exceptionnels depuis un an, et il est mon adjoint depuis un an, alors, il prétend que son arrivée coïncide avec notre réussite. LE PRESIDENT Mais je sais parfaitement qu’il n’en est rien. ALAIN Vous, oui ! mais il est le gendre de Dupont Chevrau, et si ce dernier… LE PRESIDENT Je vous comprends. Nous sommes dans le même bateau. Si je coule, vous coulez aussi…enfin pour vous, ce n’est pas une certitude, mais une probabilité. Mais je ne vois pas comment m’opposer à ce que Dupont Chevrau fasse acheter des actions au nom de sa fille, et par conséquent devienne majoritaire. Nous sommes bien mal partis il me semble. Voyez vous une solution ? Je parle d’une solution légale bien sûr. ALAIN souriant Il serait préférable en effet que nous trouvions une solution légale. Supprimer monsieur Dupont Chevrau pour qu’il ne soit pas Président,serait une solution radicale, mais qui amènerait des conséquences encore plus désagréables. LE PRESIDENT Vous pensez à quelque chose, heu…..d’acceptable ALAIN Une vague toute petite idée, Monsieur le Président, mais je ne peux encore en parler. Il faut que je réfléchisse. Cependant, comme vous l’avez dit, nos sorts sont liés, et si je peux mettre un plan au point, je vous en parlerai bien sûr LE PRESIDENT Bon, je repasse au bureau. Mais attendez avant de partir. Il vaut mieux que nous ne soyons pas vus en ensemble. ALAIN C’est évident Le Président se lève et sort. ALAIN rassemble les papiers devant lui, les glisse dans une serviette. Met son manteau, éteint la lumière et sort à son tour pendant que Le rideau Tombe ( A suivre) |
|  | | aristée Dard-d'Art

Inscrit le : 14 Juil 2005 Messages : 1055 Localisation : sud ouest
| Sujet: Le jeu des chaises Lun 12 Nov - 8:55 | |
| Le rideau se lève sur le même décor
Alain et Marie sont en scène. Ils sont dans des fauteuils. Elle fait des mots croisés. Alain se lève et marche nerveusement ALAIN Il doit bien y avoir un moyen de s’en sortir MARIE ( lâchant des yeux ses mots croisés et levant la tête) De sortir de quoi ? Ah !! tu parles de ce problème d’actions achetées en sous main. ALAIN nerveusement Bien sûr, je parle de ce problème ! Tu est inconsciente ou quoi,ma pauvre ?C’est ma situation, donc notre vie matérielle qui est en cause. MARIE Oh ! je t’ai peut être alarmé pour rien. Après tout, même si Dupont Chevrau est élu Président, il n’est pas obligatoire qu’il t’enlève ta place . ALAIN Obligatoire, non. Mais probable, oui ! MARIE Mais tout d’abord, que faudrait il pour que Dupont Chevrau devienne Président ? ALAIN C’est là que réside notre petite chance. Normalement, il n’est pas nécessaire d’avoir soi même la majorité pour prendre le pouvoir, dans un Conseil d’administration. Mais il se trouve que Dupont n’est pas aimé, et surtout est jugé incapable de diriger une Société. Certes dans le domaine financier, il a des qualités………ne serait ce que l’absence de tout scrupule, mais personne n’en veux comme PDG. Il faut donc qu’il possède lui ou ses proches plus de 50% des actions pour être Président. Lui, en a personnellement 30%. Mais combien sa fille en détient elle ? MARIE Alors, si je comprends bien, le problème est que la fille ne vote pas pour son père. ALAIN C’est idiot ce que tu dis…. Un long silence Mais peut être pas aussi idiot que ça ! non pas idiot…attends, attends !! Pour qu’elle ne vote pas pour son père, il faudrait qu’elle soit fâchée avec lui. Mais pourquoi le serait elle ? Il y a une autre solution : il faudrait qu’elle tombe amoureuse d’un autre homme qui puisse l’influencer dans le bon sens. MARIE A mon tour de te dire que c’est idiot. Visiblement elle adore et admire son snob de mari. ALAIN Je crois te l’avoir dit : Gladys n’est pas foncièrement snob. C’est pour ne pas décevoir son mari qu’elle s’efforce de le paraître MARIE Ce qui confirme ce que je viens de te dire. Elle fait des efforts pour lui plaire, donc elle l’aime. ALAIN ( poursuivant visiblement une idée) Pas sûr, pas sûr…..Le désamour, ça existe. Le principal, c’est de savoir bien manœuvrer. MARIE Je ne comprends pas ou tu veux en venir ! De qui veux tu qu’elle tombe amoureuse au point de ne pas donner ses voix à son père ? ALAIN ( l’esprit encore ailleurs) Mais de moi, bien sûr ! MARIE Quoi ? Tu veux faire la cour à Gladys ? ALAIN ( qui réalise soudain) Mais non, mais non ! pas « pour du vrai » !!!!! Il suffit qu’elle soit amoureuse de moi et qu’elle fasse ce que je lui dirai. MARIE ( furieuse) Tu es fou ? Il n’en est pas question !! ALAIN Tu préfères aller à la soupe populaire ? MARIE Mais c’est dégueulasse ton plan !!! Même si c’était « pour de rire » tu envisagerais de tromper Gladys ? Et moi par la même occasion ? ALAIN Tout de suite les grands mots !! Non. Ma situation est menacée par un homme sans scrupule, aidé par sa fille, trop bête pour s’en rendre compte. Je me défends. C’est normal. Tout à fait normal. MARIE Alors c’est que nous avons des conceptions différentes de ce qui est normal, moral. J’espère que tu as parlé en l’air, et que tu ne donneras pas suite à ton projet ridicule. ALAIN Tout à fait d’accord pour abandonner ce projet ....... Si tu m’en proposes un autre qui tienne debout. Mais, soit, ne parlons plus de ça ! Je vais continuer à réfléchir MARIE C’est ça ! réfléchis mon chéri et trouve quelque chose de moins idiot !!! Marie sort de la pièce. Alain vient à l’avant scène et s’adresse au public. ALAIN Moi, je dis qu’elle n’est pas idiote mon idée. En revanche, pour la réaliser, ça va être coton. En premier lieu, il va falloir que je la détache de son mari. Ce ne sera pas facile. Mais le gros problème, c’est encore Marie. Elles sont marrantes les femmes !!!Elles ne se rendent pas compte que nous, les chefs de famille, devons nous battre pour sauver la famille. Nous ne pouvons pas nous payer le luxe d’être trop regardant sur les moyens. (Un peu déclamatoire) Ah ! Grandeur et Servitude de l' Homme marié !!! Vous êtes bien d’accord ? ( mouvements divers dans la salle) J’entends Marie qui revient. Ca va être coton !! Soutenez moi : c’est pour son bien ( Marie entre, retire son manteau et le jette sur un fauteuil) ( A suivre) |
|  | | aristée Dard-d'Art

Inscrit le : 14 Juil 2005 Messages : 1055 Localisation : sud ouest
| Sujet: Le jeu des chaises Mar 13 Nov - 8:22 | |
| MARIE Il fait meilleur ici ! Quel froid dehors ! ALAIN Oui. Tant qu’on a les moyens de se chauffer, c’est bien agréable ! ( Marie est un peu interloquée) A propos, ma chérie, elle était très bonne ton idée de l’autre jour ! MARIE Mon idée ? Quelle idée ? J’en ai tellement ! ALAIN Mais si ! Tu sais bien ! Tu m’as dit : Il faudrait que sa fille de vote pas pour le père ! C’est une très bonne idée. MARIE J’ai dit ça moi ? Je ne m’en souviens pas ! ALAIN Si, tu l’as dit ! et c’est très intelligent. MARIE Oui ? Alors, il est possible que j’aie dit ça. ALAIN Je t’assure, tu l’as dit. C’est la seule solution. Il faut que j’amène Gladys à ne pas voter pour son père MARIE Ah ? Et comment vas-tu la persuader de faire ça ? ALAIN C’est très simple : il faut qu’elle tombe amoureuse de moi, et qu’elle suive mes conseils. MARIE Ah, non !!!!Tu ne vas pas revenir la dessus ! C’est dégueulasse ! Tu viens me dire que tu vas faire la cour à une autre femme.. ALAIN Mais c’est pour notre bien à nous deux ! et tu penses bien que je n’irais pas jusqu’au bout. MARIE Non, non et non !!Je ne suis pas d’accord ! ALAIN Alors là, je ne te comprends pas ! C’est moi qui me charge du sale boulot, j’ai tellement confiance en toi, que je t’en parle, et toi, tu n’as pas confiance en moi ! c’est injuste ! MARIE Mais enfin, quelle femme accepterait que son mari fasse la cour à une autre ? ALAIN Si c’est vrai, c’est que les femmes ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Tu crois que ça m’amuse de jouer à l’amoureux transi ? hein ? Tu crois que ça m’amuse ? Mais il faut que je sauve notre couple. Et je le sauverai ! Et tu me dira merci ! Marie ramasse son manteau, et sort en criant MARIE Fou ! Il est fou ! J’ai un mari qui devient fou ! je vais lui dire merci, parce qu’il va faire la cour à une autre !! Alain revient sur l’avant scène en se frottant les mains ALAIN Bon ! Ca ne s’est pas trop mal passé ! C’est que je la connais ma petite Marie ! quand elle rompt une conversation et qu’elle sort, cela veut dire qu’elle va me laisser carte blanche. Bon. Passons à un autre stade. Alain va vers le téléphone et forme un numéro. ALAIN Allo, c’est vous Gladys ? Bonjour ma chère ! figurez vous que je vous téléphone pour vous convier à un apéritif dînatoire demain dans la soirée, si vous et votre mari êtes libres bien sûr. …………….Vous l’êtes ? Parfait ! Nous vous attendrons vers 19 heures ? Entendu ! Il raccroche. Puis il crie ALAIN Marie, ma chérie, peut tu venir un instant ? Alain s’installe dans un fauteuil et attend sa femme qui arrive peu après. MARIE Me voilà. Je t’écoute. ALAIN Je veux avant tout ma chérie , que tu me fasses confiance. Et pour que ce soit plus facile pour toi, je viens d’inviter Gladys et Bruce à venir ici demain soir à un apéritif dînatoire. Tu m’auras constamment sous les yeux, et tu n’auras plus tes vilains doutes. Marie reste silencieuse un moment. MARIE ( calmement) Je crois que tu deviens fou. Tu veux qu’une femme devienne amoureuse de toi, et que tes premiers efforts se passent chez moi, devant moi. ALAIN Je veux surtout que tu ne nourrisses aucun doute. C’est toi que j’aime, et c’est en pleine lumière que mon plan doit se dérouler. MARIE Devant moi, et aussi devant son mari ? Tu es fou !! ALAIN Oh, arrête de dire que je suis fou !! je fais ce que je peux pour nous sauver, et c’est tout. Je compte sur toi pour nous préparer un bon apéritif dînatoire, et pour être agréable….comme tu l’es toujours. Le reste me regarde MARIE ( d’un air désespéré Tu es fou Et le rideau tombe. ( A suivre) |
|  | | aristée Dard-d'Art

Inscrit le : 14 Juil 2005 Messages : 1055 Localisation : sud ouest
| Sujet: Le jeu des chaises Mer 14 Nov - 8:33 | |
| Marie et Alain sont en scène. Il mettent la dernière main à la préparation de la longue table basse, sur laquelle se trouvent de nombreux mezzés
MARIE J’aimerais, Alain, que tu me dises la vraie raison pour laquelle tu as invité ces gens là. Je t’avais dit l’autre jour, en rentrant de chez eux, que je ne voulais plus les voir. Tu m’avais répondu qu’ils t’énervaient aussi et que tu n’étais pas prêt à les inviter ici. Alors j’aimerais bien comprendre ! ALAIN C’est moi qui ne comprends pas ta question. Tu sais parfaitement que Gladys détient des actions de la Société ou je travaille. Si son père devient Président, je perds mon poste. Tu le sais, ça, oui ? ou non ? MARIE Mais je ne vois pas en quoi, le fait de les inviter pourrait changer les choses. ALAIN Il faut dans un premier temps que je sache combien elle a d’actions. MARIE Et alors ? Tu vas le lui demander ? : « A propos Gladys, combien avez-vous d’actions ? » et elle va te répondre gentiment, j’en ai tant !! ALAIN Bien sûr que non !! Tu me prends pour un arriéré mental ? Je ne sais pas encore comment je vais m’y prendre, mais je serai plus subtil que ça. Ce qui est certain c’est que pour qu’elle me donne des tuyaux, il faut bien que nous nous rencontrions. Là, dans un climat amical, détendu, convivial, ce sera plus facile de la faire parler. MARIE Tu as dit tout à l’heure : Dans un premier temps, il faut que je sache combien elle a d’actions. Bon. Imaginons que tu obtiennes ce renseignement, quel sera le deuxième temps ? ALAIN ( un peu gêné) Hé bien dans un deuxième temps….heu…il faudra la convaincre de ne pas voter pour son père. MARIE Ah, oui ? Et comment vas-tu t’y prendre ? C’est ça qui m’intéresse, Comment vas-tu t’y prendre ? ALAIN Je ne sais pas encore très bien, mais il faut que j’y arrive ! MARIE Il faut que tu y arrives ? Donc, tous les moyens sont bons ! Par exemple en devenant son amant, hein ? Ce ne serait pas désagréable pour toi de joindre l’utile à l’agréable ! ALAIN Mais enfin !!! Je me demande ou tu vas chercher ça ! Je suis marié avec toi, et je t’aime figure toi !! alors non, tous les moyens ne sont pas bons, mais il peut se révéler au cours d’une conversation, une opportunité pour avoir un moyen de pression.. MARIE Des mots, des mots tout ça !! Pour qu’elle fasse ce que tu lui demandes, tu le sais bien, il y a un moyen et un seul ! : Quelle soit ta maîtresse ! ALAIN Ah ? C’est ce que tu me conseilles ? MARIE Salaud !! Non je ne te le conseille pas ! Et je t’avertis que si je te surprends à lui faire la cour, je te quitterais. Alors tu as intérêt à trouver une solution moins dangereuse pour régler ton problème !!!! ALAIN ( se forçant à paraître en colère) Ah, bon !! c’est comme ça que tu m’aimes ? Il est anémique ton amour ! Ma situation est en jeu, je cherche désespérément le moyen de la sauver, et au lieu de m’aider, ce que ferait n’importe quelle femme amoureuse, tu me mets les bâtons dans les roues. MARIE Mais je rêve ?? Il faudrait que je te pousse dans le lit de Gladys ? ALAIN Tu dis n’importe quoi ! Il n’est pas question que je couche avec Gladys ! Il s’agit d’avoir barre sur elle pour qu’elle ne nuise pas à mes intérêts ! MARIE Mais alors je te pose à nouveau ma question : Comment vas-tu faire ? ALAIN ( énervé) Mais je te l’ai dit : Je n’en sais rien ! C’est en discutant qu’une solution apparaîtra, et pour discuter, il faut se voir. Ce n’est pas difficile à comprendre ça, non ? MARIE En tous cas, je t’ai prévenu. Et je ne plaisante pas, si tu fais la cour à cette Gladys…
A ce moment là, on sonne. De l’index devant sa bouche, Alain fait signe à Marie de se taire. Il rajuste sa cravate et va ouvrir. Bruce et Gladys entrent suivis par Alain. ( asuivre) |
|  | | aristée Dard-d'Art

Inscrit le : 14 Juil 2005 Messages : 1055 Localisation : sud ouest
| Sujet: Le jeu des chaises Jeu 15 Nov - 8:25 | |
| Après les salutations d’usage
GLADYS avec un accent très affecté
Oh, mais c’est charmant chez vous. J’adorrrrre. N’est ce pas Bruce, la simplicité, il n’y a rien de plus chic BRUCE Avec un accent comparable Vous avez raison, chère ! Tout ce qui est à la limite du primitif est merveilleux. GLADYS Avez-vous vu cette table basse ? Elle rappelle un peu la notre. BRUCE Elle est en effet très belle, mais souvenez vous, Glade, la notre est en chêne Bonzaï MARIE très simple En bonzaï ? Comme c’est curieux !!Comment arrivent ils pour faire des planches aussi longues avec des bonzaïs ? GLADYS Vous savez, les jaunes sont furieusement habiles de leurs mains. Et puis, peut être ont-ils utilisés des bonzaïs géants. Ils sont tellement intelligents ces asiatiques !!! BRUCE C’est vrai que j’ai ramené notre table d’un voyage dans l’Est MARIE AH ? Je ne savais pas. Vous êtes allés en Extrême Orient GLADYS Non. Nous nous sommes arrêtés en Italie, un pays merrrrveilleux d’ailleurs. Mais nous avons acheté la table dans une boutique chinoise. Et la votre ? MARIE Oh, nous sommes allés moins loin que vous. Chez But seulement. BRUCE Mais elle est très bien quand même ! MARIE Nous en sommes contents. Voulez vous boire quelque chose ? GLADYS Pour moi, ce sera un doigt de porto BRUCE Et pour moi, un pur malt. Si vous avez, bien entendu. MARIE Oui, je dois avoir. Il ne vient pas de chez Fauchon, mais je le crois assez bon. ( Marie et Bruce sont d’un côté de la scène et discutent en examinant les diverses bouteille d’ apéritif, Alain et Gladys sont de l’autre côté de la scène ALAIN ( qui est aux côtés de Gladys, lui chuchote ) Vous savez Gladys que vous êtes très en beauté, ce soir ?. Vous êtes merveilleuse ! GLADYS Merci. Mais vous pouvez le dire tout haut, cela ne me gène pas ALAIN Mais, très chère, je ne voudrais pas rendre jaloux votre mari. GLADYS Et moi, j’aimerais qu’il soit jaloux. ( après un petit silence) Voyez vous Alain, bien que je ne vous connaisse pas beaucoup, comme je vous trouve très sympathique je vais vous le dire : mon mari ne fait pas beaucoup attention à moi. Je fais des efforts pour me comporter comme il aime. Comme il est de très bonne famille, je veux dire une vieille famille, j’essaie d’être….un peu chic…. comme lui. Mais je ne suis pas une très bonne comédienne, et je crois qu’il…….enfin parlons d’autre chose (Bruce et Marie continuent à discuter dans leur coin sur les divers apéritifs, mais Marie ne quitte pas son mari des yeux) ALAIN Au contraire, Gladys, parlons en. Si je puis vous aider en quoique ce soit, n’hésitez pas à me le dire. GLADYS Merci. Vous qui êtes le chef de mon mari, vous devez bien le connaître, que pensez vous de lui ? Croyez moi qu’il puisse m’aimer sous ses dehors indifférents ? ALAIN Vous me gênez un peu. Je ne crois pas qu’un homme normal puise être insensible à votre beauté et à votre charme. S’il y est insensible……tirez en vous-même les conclusions. GLADYS Vous voulez dire que Bruce est anormal ? ALAIN ( galant) S’il ne rend pas hommage à la femme merveilleuse que vous êtes, cela me semble évident. Je vous parle en toute objectivité ! Après quelques instants, Alain reprend Il me vient une idée. Ma femme s’absente demain toute la journée : elle va chez sa mère. Venez ici, si vous le voulez vers 15 heures, nous discuterons plus tranquillement, et soyez certaine que si je peux faire quelque chose pour vous, je serais heureux de vous venir en aide. D’accord ? GLADYS Je ne sais…. ALAIN Si, si !!! A demain ! Puis Alain s’adresse à haute voix à sa femme : Si vous avez fini de discuter des mérites comparés des whiskies, portos et autres apéritifs, peut être pourrions passer à la dégustation ? Venez, Gladys, asseyez vous . Les quatre personnages s’installent dans des fauteuils, Marie fait le service et le rideau tombe. ( A suivre) |
|  | | aristée Dard-d'Art

Inscrit le : 14 Juil 2005 Messages : 1055 Localisation : sud ouest
| Sujet: Le jeu des chaises Ven 16 Nov - 9:17 | |
| Le rideau se lève sur le même décor. Assis dans un fauteuil, Alain, pensivement fume une cigarette. On sonne. Il va ouvrir et revient avec Gladys. Elle est manifestement gênée. ALAIN Asseyez vous, asseyez vous Gladys. Vous le voyez nous serons bien pour discuter. Détendez vous. GLADYS MercI. Je ne sais pas si j’ai bien fait de venir. Excusez moi si je ne suis pas très à l’aise. ALAIN Je vous l’ai dit : détendez vous ! Vous êtes ici avec un ami, un grand ami qui fera l’impossible pour vous aider. GLADYS Merci, Alain. Vous êtes vraiment gentil. ( un court instant de silence) Tout d’abord, je dois vous dire que je ne m’appelle pas Gladys, mais Josette. C’est Bruce qui a décidé de m’appeler Gladys. Il trouve que Josette, ça fait peuple ! ALAIN Ce n’est pas très grave : Gladys ou Josette, le principal est d’être ce que vous êtes. Et je dois dire que Bruce a beaucoup de chance GLADYS C’est ma grand-mère paternelle qui s’appelait Josette, alors mon père……. ALAIN Votre père est non seulement un remarquable financier mais c’est aussi un homme de cœur. GLADYS Oui. Il aimait beaucoup sa mère. Et surtout, quand je suis née, ma grand-mère a fait son testament. Elle avait une très grosse fortune, et mon père qui est très fin, a jugé habile de me donner le prénom de ma grand-mère. Je crois d’ailleurs que dans l’héritage il a été bien servi. ALAIN Grand financier, homme de cœur, votre père de plus sait saisir les opportunités. GLADYS Oui. Il me semble. ALAIN Et……Il lui arrive….De…vous intéresser à ses affaires GLADYS Oh, moi, vous savez, les affaires…. Quoique figurez vous, il a acheté des actions de votre Société à mon nom. Il m’a dit que cela lui faisait plaisir de me faire un cadeau, et de ne pas m’en faire : Il me dirait lui ce que j’aurais à faire. Comme ça, ça va ! je ne m’occupe de rien ALAIN Il est gentil de vous faire cadeau d’actions. Mais du moment ou vous en êtes propriétaire, c’est à vous d’en disposer comme vous l’entendez. Mais vous n’êtes pas venue pour parler de ces problèmes financiers. Il y a combien de temps que vous êtes mariée Gladys ( je vais continuer à vous appeler comme ça, si vous le voulez bien) GLADYS Oh, oui !!!Si devant Bruce, vous m’appeliez Josette !!!;Oh, là là !!! Ce serait affreux !!! ALAIN Il vous fait tellement peur votre mari ? GLADYS Oui, non… Enfin si ! j’ai toujours peur de lui déplaire. ALAIN Voulez vous que je vous parle franchement Gladys ? GLADYS Oh Oui s’il vous plait ! ALAIN Si je comprends bien, vous craignez votre père, vous craignez votre mari. Cela ne peut durer. Vous êtes une femme merveilleuse, très belle et très intelligente, alors soyez ce que vous êtes réellement. N’essayez pas de plaire en faisant des choses qui vous déplaisent. Réfléchissez Gladys, vous êtes naturellement une femme pleine de qualités. Pourquoi vous fatiguer à jouer un rôle ? Vous m’avez dit que votre mari ne fait pas attention à vous. Mais vous essayez de vous montrer à son image, cela ne peut l’attirer. Ne l’imitez pas. N’essayez pas d’être snob, soyez ce que vous êtes, et comme il en sera surpris, il vous regardera plus, et vous appréciera. Et s’il ne vous appréciait pas, excusez ma franchise, mais je vous le dis très sincèrement, c’est que ce serait un crétin. GLADYS Vous croyez que je ne devrais pas essayer….d’être comme lui ? ALAIN Je ne le crois pas. J’en suis certain. Soyez vous-même. Et puis arrêtez de faire des complexes. Même à l’égard de votre père. Vous êtes majeure, intelligente, ne vous laissez pas imposer des décisions qui vous appartiennent à vous et à vous seule. GLADYS C’est drôle que vous me disiez cela, Alain ! ALAIN Ah oui ? Pourquoi ? GLADYS Il y a deux jours, mon père m’a dit : le premier Juin, il y a une assemblée Générale de la Société. Tu y viendras et tu feras ce que je te dirai. Et,ça ne m’a pas fait plaisir qu’il me dise cela. Pas du tout même Mais c’est vrai que je n’y connais pas grand-chose. ALAIN Vous avez eu parfaitement raison de ne pas avoir été contente que l’on vous dise : Fais ce que je dis, et tais toi ! Autrement dit tu es trop bête pour comprendre. Ne vous laissez plus faire, ni par votre père, ni par votre mari, ni d’ailleurs par quelqu’un d’autre. Vous êtes parfaitement capable de plaire telle que vous êtes, vous êtes parfaitement apte à vous faire une opinion personnelle quand on la sollicitera. GLADYS Oh merci, Alain. Vous me faites beaucoup de bien en essayant de me donner confiance en moi. Mais….J’aurai encore besoin de votre aide, si vous le voulez bien. ( A suivre) |
|  | | aristée Dard-d'Art

Inscrit le : 14 Juil 2005 Messages : 1055 Localisation : sud ouest
| Sujet: Le jeu des chaises Sam 17 Nov - 8:45 | |
| ALAIN Comptez sur moi. Je suis certain que vous allez reconquérir votre mari, en étant naturelle et en lui faisant voir que vous avez une personnalité. Commençons par là, et vous verrez que vous aurez de bons résultats. Par ailleurs, comme nous sommes en Avril, l’Assemblée Générale est encore loin, et d’ici là, vous aurez la possibilité de vous faire une opinion personnelle sur ce que vous devez faire, sans que votre père vous tienne la main. Faites moi confiance Gladys. Considérez moi comme votre grand frère GLADYS Encore merci, Alain. Mais pourquoi faites vous tout cela pour moi, alors que nous ne nous connaissons pratiquement pas ? ALAIN Vous voulez une réponse franche ? GLADYS Bien sûr ! ALAIN Hé bien, franchement, je n’en sais rien. Vous m’êtes très sympathique, c’est vrai, mais je vous connais très peu, c’est vrai aussi. Alors je ne peux vous dire pourquoi j’ai envie de vous rendre service de vous aider. GLADYS C’est parce que vous êtes foncièrement bon. ALAIN Je voudrais bien pouvoir vous répondre par l’affirmative, mais hélas, non. Je ne crois pas être foncièrement bon. Ni mauvais d’ailleurs. Je suis normal. Comme les autres. La première fois que nous nous sommes rencontrés j’ai senti que vous n’étiez pas snob, que vous jouiez un rôle, et ces efforts que vous faisiez pour plaire à votre mari étaient touchants. Même si je considère que vous n’utilisez pas la bonne méthode. Voilà. Quand votre mari rentrera, ce soir, parlez normalement, et si sur un point, vous n’êtes pas d’accord avec lui,n’hésitez pas à le lui dire. Il sera surpris, et vous regardera sous un jour nouveau. Croyez moi. Soyez naturelle, et vous aurez tout à y gagner. Téléphonez moi pour me tenir au courant, vous le voulez bien ? Gladys se lève, prend son manteau, et au moment de sortir, dit GLADYS Vos conseils me sont précieux. Vais-je pouvoir les suivre ? Franchement, je n’en sais encore rien. Mais je vous promets d’être la plus naturelle possible, et dans quelques jours je vous téléphonerai à votre bureau. C’est possible ? ALAIN Oui, bien sûr. J’attendrais votre coup de fil avec impatience. Au revoir Gladys
Gladys sort. Alain peu après prend son manteau, éteint l’électricité et sort à son tour pendant que le rideau tombe
Le rideau se lève sur le même décor. Marie est seule en scène. Sur la table basse, elle dispose des amuse- gueule et des bouteilles d’apéritif. On entend que la porte d’entrée est ouverte et refermée et Alain entre. Il semble soucieux, préoccupé. MARIE ( Sur un ton acerbe) Alors ? Où en est ta cour avec Gladys ? Tiens ? Tu n’as pas l’air d’être très heureux ! Est-ce que la belle serait plus coriace que tu ne le croyais ? ALAIN Oh ! Arrête avec tes bêtises ! Tu sais très bien quel est le fond du problème. Je tente de sauver ma situation, notre situation matérielle. MARIE Et sous ce prétexte, tu es prêt à te sacrifier en couchant avec Gladys ? ALAIN ( énervé) Je ne cherche pas à coucher avec Gladys ! J’essaye d’avoir une influence sur elle pour qu’elle ne vote pas pour son père à la Présidence de notre Société ! MARIE Et tu crois que je vais avaler ça ? Comment penses tu avoir une influence sur son vote sans qu’elle soit ta maîtresse, ALAIN Je ne dis pas que je réussirai à la faire changer d’avis, mais il n’y a pas d’autres moyens. Cependant, je n’irai pas jusqu’à coucher avec elle. Là !! tu es contente ? MARIE Pourquoi dis tu qu’il n’y a pas d’autres moyens ? ALAIN Parce que c’est la vérité !! Il se rends compte seulement que Marie prépare un apéritif ( A suivre) |
|  | | | Le jeu des chaises ( titre provisoire) | |
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