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LES EPOUX RIPOUS ( Théatre)

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aristée
Dard-d'Art



Inscrit le : 14 Juil 2005
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MessageSujet: LES EPOUX RIPOUS ( Théatre)   Mar 17 Juil 2007 - 10:01

PERSONNAGES
LUC VIDAL 45 ans, genre nouveau riche
JEANNE VIDAL45 ans sa femme
ANNA BORI 40 ans
ROBERT BORI 45 ans mari d’Anne
BOB 10 ans, fils d’Anna et Robert
L’Agent immobilier


Le rideau se lève sur une dépendance de ferme.
Sur la gauche, des ballots de paille. Un peu partout, disséminés sur le sol, une brouette, deux grosses cuves de vin, des harnachements de chevaux, une bicyclette retournée les roues en l’air. Au fond à droite dans un encadrement de porte de dimensions normales, une vieille porte en bois qui vient à mi hauteur.
Lorsque le rideau est levé, Une femme entre par la demie porte, et vient à l’avant scène sur la gauche ;
JEANNE
La pièce que nous allons avoir le plaisir de jouer devant vous, a été écrite par Aristée. Moi, je suis Jeanne, la compagne de Luc.
Entre alors par la demie porte, un homme d’une quarantaine d’année. Il vient se placer à la gauche de Jeanne
LUC
Cela se passe en France, à notre époque. Moi, je suis Luc, le compagnon de Jeanne
Entre à son tour, Robert, à peu prés du même age. Il vient se mettre à gauche de Luc.
ROBERT
La tête tournée vers Luc
Tu as oublié de dire ou nous sommes exactement. (Refaisant face au public)Nous nous trouvons dans un tout petit village du Vaucluse, à coté d’Orange.. Moi, ROBERT , je suis le mari de Anna
Toujours par la demie porte, entre une jeune femme plus jeune, qui vient à la gauche de Luc
ANNA
Pour l’instant, l’endroit ou nous nous trouvons est en vente. Je pense que vous l’avez deviné, je suis la femme de Robert. Je m’appelle Anna. Je suis une amie d’enfance de Luc
Entre un garçonnet d’une dizaine d’annèes Bob
BOB
Je ne sais pas si ça va vous plaire. Mais moi, ça me botte de jouer la comédie. Je suis Bob, le fils de Anna, et….un petit peu , de Robert
ROBERT
Comment ça : « un petit peu » ?
BOB
Ben, moi, j’en sais rien . Bon. Je suis le fils de Robert, si vous voulez. D’ailleurs, il est chouette !
ROBERT ( au public )
Il et curieux ce gamin ! Enfin, il n’a pas tout à fait tort.
Entre un homme qui vient se placer à gauche de Bob, au bout de la rangée.
L’HOMME
Moi, mon rôle est de vendre cette petite propriété. Comme je suis un très bon vendeur, mon rôle sera très court. Pas la peine de vous dire mon nom. Je suis l’agent immobilier. L’auteur gentiment pour allonger mon texte, ma demandé de vous dire de patienter quelques secondes. La pièce va commencer.
Le rideau tombe, le temps que les acteurs évacuent la scène.
Lorsque le rideau se relève, la scène est vide.
La demie porte s’ouvre et entrent l’Agent immobilier, Jeanne et Luc.
L’AGENT IMMOBILIER
Et voici une petite dépendance. Vous constaterez qu’elle est bâtie en pierre et peut offrir de multiples possibilités. Par exemple, si vous le désirez, vous pouvez installer une unité de logement indépendante pour des amis….
JEANNE
Ah, non !!!Pas question. Si j’ai bien compris, dans la maison il y a déjà 4 chambres, c’est bien suffisant. Lorsqu’il y a trop de possibilités de logement, toute la famille, les amis, enfin, tous les pique assiettes se précipitent chez vous
L’AGENT IMMOBILIER très accommodant
Oh, ça, Madame, vous n’avez pas tout à fait tort. Lorsqu’il y a trop de chambres, c’est fou ce que les gens viennent pour les remplir. Ce doit être naturel sans doute : La peur du vide ( il rit à ce qu’il croit être un bon mot)
Oui…bon. En tous cas, à défaut de chambre vous pourriez faire là un petit salon d’été par exemple. Et surtout, ne perdez pas de vue, que ce bâtiment, c’est pratiquement un cadeau. Le prix que je vous ai demandé, est le prix de la maison. Ce bâtiment c’est pour vous du bonus ;;

LUC
Le prix que vous demandez pour la maison n’est pas un cadeau, et si cette masure est un cadeau, c’est un cadeau bonux, cela n’a aucune valeur. Que voulez vous que je fasse de cette écurie

L’AGENT IMMOBILIER
Permettez , permettez, ce n’est pas une écurie. C’est une dépendance, et vous pouvez fort bien, Madame aura l’imagination nécessaire, en faire un séjour très plaisant
LUC
Ouais ! Il faudrait beaucoup , beaucoup d’imagination
JEANNE
Mais Luc, puisque le Monsieur dit que c’est un cadeau. La maison me plait bien, et puisque l’on ne payera pas, ce n’est pas grave si ce bâtiment ne te plait pas. On le fera démolir, et c’est tout
LUC
Ma pauvre Jeanne, tu crois que ce bâtiment est gratuit ? Mais il est compris dans le prix total et crois moi, ce prix est bien supérieur à celui d’une maison analogue dans la région... Non, décidemment vous êtes trop cher.
L’AGENT IMMOBILIER
Vous devriez bien réfléchir, Monsieur et réfléchir très vite, car je ne l’aurai pas longtemps à la vente. Je vous assure que c’est une affaire. Vous vous rendez compte : tous les bâtiments sont en pierres,. La maison est habitable presque immédiatement : un coup de peinture sur les murs, et c’est tout. Vous avez 3.500m.2 de terrain, une source et un puits. Cherchez, cherchez dans la région vous ne trouverez pas une affaire comparable
LUC
Bien sur, vous faites valoir la marchandise, mais c’est cher. Si vous voulez que nous arrivions à un accord, il faudra revoir le prix.
L’AGENT IMMOBILIER
Ecoutez, je vais vous parler franchement. Si j’avais les moyens, je ne chercherais pas d’acheteur. C’est moi qui l’achéterais, et après quelques menus travaux, je la revendrais avec 50% de bénéfices
LUC
Si vous l’achetiez, vous ne l’achéteriez pas à ce prix. Non, vraiment..
JEANNE le coupant
Luc, souviens toi des deux maisons que l’on nous a fait visiter hier, les prix étaient à peu prés comparables, mais les maisons ne valaient pas celle-ci
L’AGENT IMMOBILIER
Excusez moi, Monsieur, mais c’est Madame qui a raison. C’est vraiment une affaire
LUC bougonnait
Une affaire, une affaire…Oui ! Une affaire pour vous ! ( se tournant vers sa femme) Décidemment, toi, tu n’as pas la bosse des affaires.
( A suivre)
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aristée
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MessageSujet: LES EPOUX RIPOUS ( Théatre)   Mer 18 Juil 2007 - 7:39

Après un instant
LUC (comme s’il venait de faire un effort violent)
Bon. Cette maison te plait. C’est entendu. ( se tournant vers l’Agent immobilier) Si vous me faites un rabais de 10% je vous signe immédiatement un compromis de vente.
L’AGENT IMMOBILIER
Je ne peux prendre sur moi cette importante remise…..
LUC ( voulant faire un mot et désignant le local)
Tiens au fait, je vous la laisse cette remise si vous voulez
L’AGENT IMMOBILIER
Monsieur plaisante. C’est un tout. Et ce n'est pas une remise.Si vous me permettez, je vais téléphoner au propriétaire et je reviens très vite vous donner sa réponse.
L’Agent immobilier sort son portable de sa poche et va téléphoner de l’extérieur.
LUC
Décidemment ma pauvre Jeanne, tu n’es pas douée pour les affaires. Tu avais bien besoin de dire que nous avions visité deux maisons à peu prés au même prix, et qui sont loin de valoir celle là. A l’avenir, quand je ferai une transaction, je te le demande, n’ouvre pas la bouche. En aucun cas !
JEANNE
En parlant d’ouvrir la bouche, j’ai une de ces faims !! En tous cas, toi, l’homme d’affaires, débrouille toi comme tu voudras, mais je veux cette maison. Elle me plait énormément. Je n’en veux pas d’autre !
LUC
Laisse faire le bonhomme, chérie ! Et ne te mêle de rien.

( Il regarde autour de lui)
Bien sûr, on pourrait faire ici un salon rustique….non, nous l’appellerons salon campagnard. Les amis en auront plein la vue. Oui décidement, elle n’est pas mal du tout.
Luc fait le tour du local, et l’Agent Immobilier rentre*
L’AGENT IMMOBILIER
Excusez moi de vous avoir fait attendre, mais le téléphone du propriétaire était occupé. Il avait au bout du fil, un éventuel client qui doit venir visiter si nous ne faisons pas affaire. Je suis désolé, mais bien entendu, le propriétaire ne désire pas revenir sur son prix. Vous comprenez…
LUC
Oui, oui, je connais le truc. A moi, on ne la fait pas. Ce client éventuel, vous venez de l’inventer. Mais ça n’a pas d’importance, vous avez de la chance, nous ne pouvons rester longtemps dans la région, et nous sommes preneurs. Nous allons signer un compromis de vente. Attendez nous dans la voiture, ma femme et moi nous allons rester un peu ici pour jeter un dernier coup d’œil.
L’Agent Immobilier sort.
JEANNE ( moqueuse)
Tu vois, j’ai laissé faire le bonhomme………Un sacré homme d’affaires, hein ?…. Et tu n’as pas tiré un centime de rabais……
LUC
Tu n’y connais rien en affaire. Et cette maison, crois moi, c’est une affaire. Donc j’achète, sans perdre la face : Je lui ai dit que je n’étais pas dupe de son petit jeu qui consistait à inventer un autre acheteur. Oui nous faisons une bonne affaire, et crois moi, de cette misérable remise, je ferais un très joli salon campagnard. C’est ça, avoir le sens des affaires !
Tiens tu vois, ici, je mettrai…..
Le rideau tombe.

Lorsque le rideau se lève, la dépendance a été transformée en salon, avec un parti pris un peu ridicule de rusticité.
Deux ballots de paille forment le siège d’un canapé, dont le dossier est constitué par deux ballots surmontés de deux autres ballots. Le « canapé » est recouvert d’une couverture, assez petite pour que l’on voie bien la paille.
La vieille bicyclette a été suspendue au plafond et transformée en lustre. Les ampoules sont fixées sur les roues. Des harnais et des renes sont suspendus contre les murs. Dans les deux cuves, des portes en douves ont été aménagées. La demie porte d’entrée a été remplacée par une porte entière en planches non dégrossies. La scène est vide.
On laisse quelques secondes pour que les spectateurs puissent détailler le décor, puis la porte s’ouvre et entrent Luc, une jeune femme, et un garçon d’une dizaine d’annèes .
LUC
Et voici mon salon campagnard ! Qu’en penses tu Anna ?
ANNA
C’est magnifique !! Quel goût ! Tu aurais dû être décorateur Luc ! Je ne te connaissais pas ce don !
BOB
C’est débile ! ( Il s’assied sur le « canapé ») et pour le confort ! Ils sont chouettes les ressorts !
ANNA
Bob !! Arrête de dire des bêtises ! Tu n’y connais rien ! Luc est un grand décorateur ! Tu es trop petit pour en juger
BOB
Trop petit ? Tiens, viens t’asseoir Maman, et dis moi si c’est confortable ce truc en paille
ANNA
Je te demande de te taire ! Tu es un petit garçon mal élevé !
BOB
Moi, je veux bien. Mais c’est toi qui m’as élevé !
ANNA ( à LUC)
Excuse le, Luc. Il faut toujours qu’il fasse le malin. Moi, je te le dis, il est très agréable et plein de fantaisie ton salon campagnard.
LUC (condescendant)
Tu comprendras plus tard, mon garçon !
Viens voir, Anna. Tu vois cette cuve ?

ANNA
Oui. Elle est magnifique.
LUC
Magnifique, oui, mais fonctionnelle aussi. Regarde ( il ouvre la porte d’une cuve A l’intérieur il y a le réfrigérateur. ( il ouvre la porte de la seconde cuve) et là, la télévision !
BOB
Fonctionnel, tu parles ! Pour aller dans le frigo , il faut ouvrir deux portes !! !
ANNA
Tu m’énerves, Bob. Sors d’ici. Tu m’énerves !
BOB
OK. Je peux aller regarder la télé, Monsieur ?
ANNA
On ne dit pas la télé. On dit la télévision !
LUC
Oui. Vas mon garçon !
Bob sort
ANNA
Excuse le Luc, il est à l’age ingrat
( A suivre)
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aristée
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MessageSujet: LES EPOUX RIPOUS ( Théatre)   Jeu 19 Juil 2007 - 8:17

LUC
Mais ce n’est rien Anna ! On ne peut demander à un garçonnet d’avoir le goût du beau. Tiens !, moi, aussi extraordinaire que cela puisse paraître aujourd’hui, hé bien à son age, je n’avais pas le sens de l’esthétique. Le goût du beau n’est pas inné. Il faut l’acquérir.
ANNA
Tu as bien raison !
( Un petit moment de silence)
Il y a combien de temps que nous ne nous étions plus revus ?
LUC ( réfléchissant)
Hé bien…c’était juste « avant » ; Cela doit faire dix ans. Oui, 10 ans, ça file le temps. Tu es mariée depuis quand ?
ANNA
Remariée…il y a deux ans. Bob est le fils que nous avons eu avec mon premier mari.
LUC
Il a l’air sympathique ton nouveau mari Moi cela fait un an que je suis avec Jeanne.
ANNA
Oui. Je ne me plains pas. Robert est facile à vivre. Et puis, je ne sais pas si c’est parce qu’ils portent le même prénom, mais lui et mon fils s’entendent bien
LUC
Ah ! Ca, c’est très important
ANNA
Le crois que ça ne va pas te faire plaisir, mais Robert est commissaire de police.
LUC
Quoi ? Ah, zut !.
La porte d’entrée s’ouvre et un homme décontracté sympathique, pénètre dans la pièce
ROBERT
Bob m’a dit que vous étiez là. ( Il regarde autour de lui) Ah ! C’est bien. Vous avez tiré partie de ce vieux bâtiment…C’est….original
LUC
Oui, hein ?
ROBERT regarde longuement Luc)
C’est curieux. Depuis tout à l’heure, je suis certain de vous avoir déjà rencontré. Et votre voix non plus ne m’est pas étrangère…Voyons…Beyrouth ??Je crois que c’est ça, nous avons dû nous rencontrer à Beyrouth .
LUC
Euh….Je ne suis jamais allé à Beyrouth. J’ai évidemment beaucoup voyagé..Mais à Beyrouth, non.
ROBERT
Ah ? Cela ne fait rien. Cela me reviendra. Ma femme me dit que vous vous connaissez depuis longtemps.
LUC
Il y a surtout longtemps que nous ne nous sommes pas vus. 10 ans, vous vous rendez compte..Ca file, le temps…Oui, nous nous sommes connus d’abord au lycée, puis nous sommes restés une dizaine d’annèes sans nous voir, et nous nous sommes retrouvés dans la même Société d’assurances, pendant 2 ans. C’est bizarre la vie hein ?
ROBERT
Oui. Anna m’a dit avoir retrouvé votre adresse par internet, et comme en partant en vacances, nous passions tout à coté…
LUC
Vous avez bien fait. Ca me fait plaisir de te revoir, Anna ( se tournant vers Robert) et je suis heureux de faire votre connaissance.

ROBERT
Je reste persuadé que nous nous sommes déjà rencontrés. Etes vous allé en Afrique Noire ?
LUC
Non. Mais vous faites erreur. J’ai une mémoire extaordiinaire. Si nous nous étions rencontrés, je m’en souviendrais
ROBERT
Pourtant….Vous m’avez dit que vous aviez rencontré Anna dans une compagnie d’Assurances. Vous êtes toujours dans cette branche ?
LUC
Non. Depuis 10 ans je suis ……dans le fret maritime.
ROBERT
Le fret maritime ? Attendez, attendez…..mais…oui, j’y suis. Nous nous sommes vus à Marseille….mais…c’est curieux …vous ne vous appeliez pas Vidal….Leconte…c’est ça, vous vous appeliez Leconte…..
LUC ( manifestement gêné)
Mais qu’est ce que vous racontez ? Je m’appelle Vidal. D’ailleurs votre femme peut vous le confirmer. N’est ce pas Anna
ANNA
Mais bien sur, tu es Luc Vidal. ( A son mari) Mais pourquoi dis tu que tu l’as rencontré sous un autre nom ? C’est idiot…..
LUC
Oh non, ce n’est pas idiot ! Je sais d’autant plus que ce Monsieur s’appelle Leconte( ou du moins il s’appelait Leconte) que je l’ai arrêté à Marseille sous ce nom.
LUC
Mais…qui êtes vous ?
ROBERT
Je suis le commissaire Bori. Mais je n’étais qu’Inspecteur lorsque je vous ai arrêté à Marseille pour trafic de drogue. Peu après votre arrestation j’ai été nommé à Paris, si bien que je n’ai pas suivi votre dossier. Vous êtes déjà libéré ? A combien avez-vous été condamné ?

LUC ( qui joue faux)
Mais enfin, c’est un monde, ça !!Vous venez m’insulter chez moi, je ne peux pas l’admettre. Anna, tu voudras bien m’excuser, mais je vous demande de sortir d’ici ! C’est vrai, ça ! C’est insensé. Venir me dire que je ne suis pas moi, et inventer des histoires de brigand…je ne te félicite pas ma pauvre Anna.
ROBERT
Doucement, doucement, Monsieur. Vous vous rendez bien compte qu’il me suffit de donner un coup de fil à un ancien collègue à Marseille pour tout savoir sur vous. Réfléchissez. Vous ne voulez pas vous expliquer tout de suite ?
LUC ( abattu, et après un moment de silence)
Bon. Ca va. J’ai pris 10 ans ….mais j’ai été libéré après 7 ans, il y a deux ans.
( A suivre)
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aristée
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MessageSujet: LES EPOUX RIPOUS ( Théatre)   Ven 20 Juil 2007 - 9:06

ROBERT
Sous quel nom avez-vous été condamné ? Et maintenant, quelle est votre activité ?
ANNA
Mais enfin, qu’est ce que c’est que cette histoire ? Je connais bien Luc, il s’appelle bien Vidal, et c’est un garçon honnête
ROBERT
Ma chérie, ce garçon honnête dont tu parles est un individu dangereux
LUC
Dangereux, dangereux….Je n’ai jamais tué personne !
ROBERT
Qu’en savez vous ? Vous vendiez de la drogue, et des drogues dures. Vous n’avez jamais entendu parler des overdoses ?
LUC
Je n’en suis pas responsable ! Le terme même d’overdose signifie que les victimes ont fait des erreurs. Je n’y suis pour rien. Moi je faisais du commerce, et c’est tout !
ROBERT
Je ne vais pas entamer une discussion avec vous sur ce sujet. Vous ne pensez pas ce que vous dites. Si vous en avez pris pour 10 ans, il doit bien avoir une raison, non ?
Mais vous n’avez pas répondu à mes questions : Sous quel nom avez-vous été condamné, et quelle est votre activité en ce moment ?
LUC
J’avais pris…un pseudo, pour mon commerce. Mais j’ai été condamné sous mon vrai nom.
ROBERT
Et puis ?
LUC
Et puis quoi ?
ROBERT
Je vous ai posé deux questions. Quelle activité exercez vous ?.
LUC
Je suis toujours …dans le fret maritime.
ROBERT
C'est-à-dire que vous avez repris vos activités d’avant votre arrestation,
LUC
Oui….Non….je m’occupe de fret maritime….Mais , .dans un cadre légal.
ROBERT ( goguenard)
Un cadre légal, hein ? Et vous gagnez bien votre vie ?
LUC
Je ne me plains pas
ROBERT
Et c’est avec le pécule que vous avez gagné en prison, ou bien est ce avec ce que vous avez gagné depuis que vous avez pu acheter cette propriété ?
LUC
Ecoutez. J’ai fait une bêtise. J ‘ai payé la société. Maintenant je suis en règle. Par ailleurs, vous m’avez dit que vous partiez en vacances, ce n’est donc pas le commissaire qui est ici, et pour ces deux raisons, vous n’avez pas à me poser de questions
Après un moment de silence
ROBERT
Anna, ma chérie, peux tu nous laisser un moment. Monsieur et moi, nous avons à nous parler.
ANNA
Bon, je vais sortir. Mais ne vous disputez pas. Je suis certaine que si Luc a eu des ennuis, il a de bonnes explications
ROBERT ( la poussant vers la sortie)
C’est ça, c’est ça. !! Il a de bonnes explications et il va me les donner, Va ma chérie.
Anna sort et Robert revient vers Luc.
ROBERT
Bon. Nous allons parler sérieusement et franchement. Avec quoi as-tu ( tu me permets de te tutoyer ?) cette belle propriété.
LUC
Je vous ai déjà dit que je n’avais pas à vous répondre.
ROBERT
Tu as dit, tu as dit. Mais ce que tu dis n’est pas parole d’évangile. Alors c’est moi qui vais parler. Si je me trompe, dis le moi.
Lorsque tu as été arrêté, il y avait des années que tu faisais ton petit commerce. Il m’est facile de me renseigner pour savoir le montant des capitaux qui ont été retrouvés après ton arrestation. Je suis certain, qu’une grosse partie du magot était cachée, bien à l’abri, peut être en Suisse
LUC
Je n’ai pas à vous répondre.

ROBERT
C’est vrai, Luc. C’est vrai. Mais, en revanche, j’ai toutes possibilités de faire reprendre ton affaire. Et il faudrait bien alors que tu dises avec quoi tu as acheté cette maison.
LUC
Pourquoi feriez vous ça ?
ROBERT
Pourquoi ? Mais, mon cher, parce que j’aime la justice.
Un moment de silence
LUC
Vous avez dit que vous pourriez faire reprendre l’affaire. Y a-t-il une possibilité pour que vous ne le fassiez pas ?
ROBERT
Peut être, peut être. Dis moi tout, et je verrai…
LUC ( prudemment)
Vous voudriez….un dédommagement ?
ROBERT
Un dédommagement ? Non. D’ailleurs, je n’ai subi aucun dommage. Disons plutôt…une part
LUC ( un peu soulagé)
Une part ?une part…oui pourquoi pas. Je ne veux pas retourner en prison. Nous allons peut être trouver un arrangement.
( A suivre)
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aristée
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MessageSujet: LES EPOUX RIPOUS ( Théatre FIN)   Sam 21 Juil 2007 - 8:02

ROBERT
Parlons clair. Combien avais tu mis de coté, et ou ?
LUC
Les choses sont plus compliquées que vous ne le croyez. Il n’y a pas que vous et moi. Il y a une autre personne.
ROBERT
Une autre personne ? Est elle sortie de prison ?
LUC
Non. Elle est passée à coté. Grâce à moi. J’ai tout pris sur moi..
ROBERT
Et…avec cette personne, le partage a été fait ?
LUC
C'est-à-dire, que…Pas encore…
ROBERT
Ecoute moi bien, Luc. J’en ai marre de toutes ces réticences. Alors parlons net. A combien se montait le magot ?
LUC
En Euros, cela faisait à peu prés ..6 millions
ROBERT
Bigre !!!Et qu’as-tu acheté ?
LUC
Uniquement la propriété…et de quoi vivre.
ROBERT
Tache d’être précis. Combien reste t il ?
LUC
5 millions à peu prés.
ROBERT
Oh, mais tu es très économe. Donc nous sommes trois pour ces 5 millions.
A ce moment là, Anna entre
ANNA
J’ai tout entendu. Bienvenu dans le groupe, Robert. Je suis heureuse que tu soies avec nous
ROBERT
Quoi ? Que dis tu ?
ANNA
Je dis que je suis heureuse de te savoir avec nous. Un commissaire de police, c’est toujours intéressant dans ce genre d’affaire. Vois tu, mon chéri, Luc et moi, sommes pratiquement toujours resté en contact depuis notre adolescence. C’est en travaillant ensemble que nous avons ramassé le magot. Ce n’est pas par hasard que nous sommes ici. Robert a fait de la prison et ne m’y a pas entraînée. Nous avions décidé qu’à sa sortie, en fin de compte, il aurait 2 tiers et moi un tiers du magot. Mais il ne fallait pas se précipiter. Il a attendu un peu, a acheté cette propriété, et comme rien ne bouge, nous avons décidé de procéder au partage maintenant.
ROBERT
Comment, toi ? Comment as-tu pu faire ça ? Tu as fait du commerce de drogue, toi ?
ANNA
Holà, holà ! Doucement ! Pour les leçons de moral un commissaire Ripou n’est pas très crédible !
LUC
Vous ne croyez pas que le moment est venu de parler sérieusement ?
L’argent est en effet sur un compte en Suisse. Pour retirer de l’argent, il faut deux signatures. Celle d’Anna et la mienne.
Je vous propose de partager de la façon suivante ; Pour moi qui ai pris les plus gros risques, et suis allé seul en prison : 3 millions d’euros. Vous partagez le reste soit un peu plus de un million d’euros chacun.
ANNA
Pour moi, c’est d’accord. Je suis très heureuse que Robert soit avec nous. Je ne savais comment faire. Et puis, un commissaire de police, c’est intéressant.
ROBERT
Et la propriété ?
LUC
Quelle propriété ?
ROBERT
Et bien ici. Elle est à ton nom. Alors la propriété plus trois millions, ça fait beaucoup.
LUC
Puisque tu me tutoies, je peux en faire autant. Alors, qui a fait tout le travail ?…sans compter la prison ? Toi tu arrives en dernier, tu n’as qu’à ramasser la galette.
ROBERT
Oui, mais sans mon ….concours, vous n’auriez pas un centime, ni l’un ni l’autre.
ANNA
Mais mon chéri, nous aurons deux millions à nous deux, nous pourrons en faire des choses !
ROBERT
Bon. C’est d’accord.
LUC
Et moi, pour te marquer ma confiance, je te donne le numéro et l’adresse du compte ( il écrit sur un morceau de papier et le donne à Robert.
Je propose que nous allions à Zurich tous les trois, la semaine prochaine. Ma signature et celle d’Anna sont nécessaires, et nous ferons le partage la bas. Vous êtes d’accord ?
ANNA
D’accord
ROBERT
D’accord
Une voix venant d’en haut
Pas d’accord !!!!!!!
A ce moment là, descendant d’un escalier invisible de la salle, Jeanne arrive en scène, un revolver à la main
JEANNE
Hauts les mains, tous les trois !!!
Ils s’exécutent
LUC
Mais…Ma chérie
JEANNE
Il n’y a plus de « ma chérie » Ouf !! Qu’elle a été longue cette annèe avec toi, mon salaud ! Si je n’avais pas été soutenue par la haine…Oui, ma petite sœur a été tuée par une overdose .Depuis, je travaille pour le Service de lutte contre les stupéfiants. Je te suis depuis longtemps, Luc, et je m’étais jurée d’avoir ta peau. Mes chefs m’ont donné carte blanche pour arriver à mes fins.
LUC
Mais enfin, tu ne peux pas faire ça, après tout ce que nous avons vécu
JEANNE
Tais toi ! Robert, donnez moi ce papier que vous avez à la main ( elle le regarde rapidement) bien, nous savons maintenant ou est votre magot..
( Tout en gardant le revolver pointé sur les trois personnages, elle sort de la main gauche un portable)
Asseyez vous tous les trois sur ce magnifique divan ( elle désigne les ballots de paille, puis elle fait un numéro) Allo Jacques ? Vous pouvez venir. Ils sont là, je les tiens. J’ai tous les éléments. Je vous attends.
ROBERT
Vous ne pouvez faire ça. !!! Nous pouvons discuter…. et vous aurez une part.
JEANNE
Toi, le ripou, tais toi ! Tu me fais honte ! Un commissaire de police ! Fais moi confiance, tu seras plus assaisonné que les autres.
Tu vois Luc, j’avais bien raison de faire aménager le petit pigeonnier là haut. J’ai pu tout entendre et tout enregistrer ce qui a été dit ici depuis le début. Vous êtes cuits…et moi, je vais enfin être libre
ROBERT
Ma part, toute ma part ! Je vous offre toute ma part !!!!
JEANNE
Non, Robert. Pour tous, c’est fini. Robert, tu vas aller en prison, après y avoir envoyé les autres. Anna, vous allez également faire un séjour prolongé dans un établissement pénitentiaire, Luc , je pense qu’il y aura des poursuites contre vous pour corruption de fonctionnaire. Cette pièce se terminerait bien s’il n’y avait pas Bob. Le pauvre petit ! Que va-t-il devenir ? Avec ses parents en prison ?
A ce moment là, le petit Bob entre en scène.
BOB
Y a pas de lézard !!
Bien sur, l’auteur aurait pu prévoir quelque chose de bien pour moi.
( Il s’adresse aux spectateurs)
Vous comprenez, c’est mon Pape qui a écrit cette pièce. Je lui ai demandé de me donner un petit bout de rôle, parce que plus tard, je veux « faire acteur ». Alors il m’a dit d’accord, je te donne un petit rôle au début, mais je veux absolument que tu ne te couches pas trop tard. Alors je t’oublierai en route, et tu rentreras à la maison dés ta sortie de scène au début de la pièce. .
Mais comme moi, je voulais revenir sur scène, je lui ai demandé de pouvoir vous expliquer ce qui s’est passé.
Ne vous en faites pas pour moi. Anna, n’est pas ma vraie maman, et Robert n’est pas son vrai mari. Mais moi, j’ai de vrais parents, et il faut que je rentre à la maison. La pièce est finie pour ce soir.

Le rideau tombe
FIN
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