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aristée Dard-d'Art

Nombre de messages: 1167 Localisation: sud ouest Date d'inscription: 14/07/2005
 | Sujet: Béatrice ( Théâtre) Lun 18 Mai 2009 - 10:09 | |
| BEATRICE THEATRE PERSONNAGES BEATRICE 21 ans ALICE 18 ans, sa sœur ROBERT dit BOB 32ans LUC MANIER Père de BEATRICE et ALICE 45 ans SOPHIE MANIER épouse de LUC 40 ans JACQUES DE MONTAGNER 58 ans rondouillard et un peu rustre ACTE 1 Le rideau se lève sur une salle de séjour classique. Bibliothèque, canapé, fauteuils, table basse, Télévision sur son meuble, deux portes sur la droite, une porte au fond à droite vers l’entrée, deux portes à gauche. Une large baie au fond à gauche, par laquelle on voit des arbres. Béatrice est assise de travers sur un fauteuil, des livres et des papiers autour d’elle. Visiblement, elle travaille. Luc Manier entre LUC Tiens ? Tu es là, toi ? Tu n’as pas cours ? BEATRICE (elle regarde sa montre) Si, mais à 11 heures seulement, en attendant je travaille. LUC C’est bien ma fille. Il s’assied sur un fauteuil. Visiblement, il voudrait discuter avec sa fille qui s’est replongée dans son travail LUC (un peu gêné) Si cela ne te dérange pas trop, je voudrais un peu discuter avec toi. BEATRICE (surprise) Discuter ? Avec moi ? LUC Oui. Qui y a-t-il d’extraordinaire à ce qu’un père veuille discuter avec sa fille ? BEATRICE (tout en rangeant ses papiers) Bon, bon. Je t’écoute ! (Elle se tourne vers son père, les coudes sur les genoux, le menton dans les mains) Un temps. LUC (manifestement gêné) Alors ? Tes études ? Ca marche ? Tu es contente ? BEATRICE Oui, ça va. Un temps BEATRICE C’est pour cela que tu voulais discuter avec moi ? LUC Oui…Non…. Enfin pour ça aussi… Un temps. BEATRICE Et quoi d’autre ? LUC (se décidant) Tu connais Robert ? BEATRICE Robert ? Quel Robert ? Tu veux parler de Bob ? LUC Oui, Bob, si tu veux ! BEATRICE Ce n’est pas moi qui veux l’appeler Bob. Tout le monde l’appelle comme ça. LUC Oui, bon. Bob, si tu veux. Que penses-tu de ce jeune homme ? BEATRICE Sur quel plan ? LUC Sur un plan général. BEATRICE Pourquoi me demandes-tu ça ? LUC Réponds d’abord. Que penses-tu de Bob, comme homme. BEATRICE Comme homme, c’est beaucoup dire. Il n’est pas fini, malgré son âge. Physiquement, il n’est pas mal. Assez grand, sans trop, il a des traits réguliers. Il est relativement intelligent, sans trop là non plus, et il est paresseux comme une couleuvre. C’est un fils à papa, quoi ! Satisfait de mon jugement ? LUC Au fond, tu ne le trouves pas désagréable ? BEATRICE Ni agréable, ni désagréable. Je le trouve neutre. Pourquoi ? Il te plait à toi ? LUC Oh ; moi !!! Pour te répondre franchement, c’est surtout son père qui m’intéresse. BEATRICE Son père, je ne le connais pas. Je ne peux donc te donner mon opinion sur lui. Après un long silence BEATRICE Désolée, je ne peux te donner de renseignements sur le père de Bob. Je peux reprendre mon travail ? LUC Non, attends un peu. Sais tu que le père de….Bob, dirige une entreprise de produits diététiques ? BEATRICE Non, je ne le savais pas. Et alors ? LUC Alors tu sais au moins que ton propre père importe des produits bio ? BEATRICE Bien sûr. Ah, Bob !!! D’accord !!Si je comprends bien, tu voudrais travailler avec lui, mais pourquoi m’en parler à moi ? Je ne connais rien à cette question ! LUC (s’énervant) Mais enfin, arrête de faire l’idiote. ! Le père de Bob et moi, sommes dans la même branche. Il a un fils et moi une fille, nous pourrions envisager….une sorte d’alliance symbiotique entre nos deux maisons, par le mariage de nos enfants. BEATRICE Quoi ? Alliance symbiotique ? Quelle expression !!Tu voudrais que je me marie avec ce dépendu d’andouille pour faciliter tes affaires ? C’est ça, ton alliance symbiotique ? Il n’en est pas question. LUC Mais enfin, tu m’as dit qu’il était très bien physiquement et intelligent. BEATRICE Je n’ai pas été aussi catégorique, et je t’ai dit aussi qu’il ne fichait rien, et j’ai horreur de ce genre de garçon. ( A suivre) |
|  | | aristée Dard-d'Art

Nombre de messages: 1167 Localisation: sud ouest Date d'inscription: 14/07/2005
 | Sujet: BEATRICE ( Théâtre) Mar 19 Mai 2009 - 6:42 | |
| LUC Attends, attends, Ne t’emballe pas. Tu sais ma fille, les temps sont durs, très durs. J’arrive à importer des produits bio….Ou qui peuvent être vendus comme tels, mais la clientèle est difficile à dénicher, et je ne te cache pas que ma société est dans une passe financière difficile. BEATRICE (dont la colère monte) Et alors, tu voudrais vendre ta fille à un incapable pour arranger tes comptes de fin de mois ? Pas question. D’ailleurs, je te fais remarquer, que tu as deux filles. Tente ta chance avec Alice. Moi, c’est non ! LUC Je t’en parlais en priorité parce que c’est un bon parti…….. Et que tu es l’aînée. BEATRICE Je fais cadeau de mon droit d’ainesse. Sais-tu comment cela s’appelle, ce que tu veux faire ? LUC Je ne te comprends pas…. BEATRICE Hé bien tu vas comprendre. Tu veux vendre ta fille, et cela s’appelle de l’esclavagisme ! LUC Je t’interdis de dire des bêtises pareilles. D’abord, les esclavagistes ne demandaient pas l’avis de leurs esclaves, ensuite, il n’est pas question « de vendre ma fille ». Je te propose un mariage avec un homme agréable physiquement et pas dépourvu d’intelligence. Je ne vois pas ce qu’il y a de répréhensible de vouloir pour sa fille un mariage avec un homme bien sous tous rapports. BEATRICE Sous tous rapports, Ouais, surtout sous celui de l’argent. Un long temps BEATRICE Alors ? Ta situation financière est réellement mauvaise ? LUC Plus que mauvaise. Si je ne trouve pas un concours extérieur, je vais déposer le bilan. BEATRICE A ce point ? LUC A ce point ! Un autre silence BEATRICE Bon. Voilà ce que je te propose : Je vais essayer de me fiancer rapidement avec Bob. Mais je vais préciser que je ne veux pas me marier avant d’avoir terminé mes études. J’en ai encore pour un an. Tu auras donc un an pour intéresser le père de Bob, à ton affaire, car évidemment, il n’est pas question que je me marie avec cet incapable. LUC Mais….Si tu te fiances avec Bob, bien décidée à ne pas te marier avec lui, c’est…un abus de confiance… BEATRICE Abus de confiance ou dépôt de bilan tu choisis. Je te fais remarquer, que c’est moi qui prends les risques d’avoir une réputation peu flatteuse, en rompant juste avant mon mariage. LUC Tu me mets dans une position difficile. BEATRICE Tu as un sacré culot, papa !! C’est toi qui t’es mis dans une position difficile, moi, j’essaye de te sauver la mise… LUC C’est vrai….C’est vrai…Excuse moi. Un temps Et….Tu crois qu’il acceptera de se marier…enfin je veux dire, de se fiancer avec toi ? BEATRICE Je peux en tous cas essayer, et je crois qu’il n’attend que ça. LUC (se levant) Bien. Tu me tiens au courant. Je vais au bureau. A plus tard ! BEATRICE A plus tard ! ( A suivre) |
|  | | aristée Dard-d'Art

Nombre de messages: 1167 Localisation: sud ouest Date d'inscription: 14/07/2005
 | Sujet: BEATRICE ( Théâtre) Mer 20 Mai 2009 - 7:00 | |
| Luc sort. Béatrice réfléchit un moment, puis elle sort son portable, et forme un numéro. BEATRICE Allo, Bob ? Ca va ? ……………………………… BEATRICE Tant mieux, tant mieux ! Figure-toi que j’en ai marre de m’abrutir sur mes bouquins. Si on allait se faire une toile ? Il y a un film chouette à l’Alcazar. ……………………………… LUC Tu passes me chercher à 18 heures? OK. A tout à l’heure. Elle ferme son portable, et reprend un bouquin. Alice entre. C’est une jeune fille de 18 ans, à peine sortie de l’adolescence, vive et rieuse. ALICE Ha, tu es là ? Ca ne m’étonne pas : Toujours en train de bosser ! BEATRICE Figure toi que je vais avoir des examens importants à passer. Alice va s’asseoir dans un fauteuil et regarde un moment sa sœur. ALICE Ca va tes études ? BEATRICE Vous êtes tous très attentionnés avec moi. Oui, merci, ça va. ALICE Qui ça tous ? BEATRICE. Papa. Il voulait me parler et il a commencé par me demander si mes études allaient. ALICE Ah bon ? C’est drôle, moi aussi je veux te parler. BEATRICE (levant ses yeux de son livre, un peu énervée) Mais qu’est ce que vous avez tous à m’empêcher de travailler ? ALICE Oh, dis…Je te demande 10 minutes. Cela ne t’empêchera pas de passer tes examens, haut la main. BEATRICE (refermant son livre, résignée) Bon, ça va. Mais tu m’as demandé 10 minutes, alors va droit au but. ALICE O.K. Que penses-tu de Bob ? BEATRICE Quoi ? Toi aussi ? ALICE C’est papa qui t’a posé la même question ? BEATRICE Oui. Que veux-tu, toi ? ALICE Je te l’ai dit : Que penses-tu de Bob? BEATRICE Pourquoi ? Tu veux que je me marie avec lui ? ALICE (haussant les épaules en riant) Bien sûr que non. C’est moi qui veux me marier avec lui, alors j’aimerais bien savoir ce que tu en penses. BEATRICE Te marier avec Bob, toi ? Mais tu n’y penses pas. Tu es beaucoup trop jeune. D’ailleurs papa m’a demandé de l’épouser. ALICE Quoi ? Mais il n’en est pas question ! D’ailleurs c’est moi qu’il aime. Tu veux en avoir une preuve ? BEATRICE Dis toujours. ALICE (fièrement) Hé bien, il m’a demandé d’aller au cinéma avec lui demain soir. Ah !!! Qu’est ce que tu en dis ? BEATRICE Je dis que je vais au cinéma avec lui ce soir. ALICE (pleurant presque) Mais alors c’est un salaud ! Il demande à n’importe qui d’aller au cinéma avec lui. BEATRICE Mais non, mon Alicia ! Ne pleure pas. Ce n’est pas lui qui me l’a demandé. C’est moi qui l’ai poussé à venir au cinéma avec moi ALICE Pourquoi ? Tu l’aimes aussi ? BEATRICE Oh, ça alors, pas du tout !! Vraiment pas ! ALICE Alors, je ne comprends pas. Pourquoi ? BEATRICE Ecoute, cela n’a rien à voir avec les sentiments. Je ne peux pas tout te dire mais crois moi : Même si je me fiance avec Bob, je ne marierai pas avec lui. Tu es encore jeune, et dans un an, si tu l’aimes toujours et qu’il t’aime aussi, alors, vous pourrez vous marier. Satisfaite ? ALICE Je n’y comprends rien. Tu as dit : Même si je me fiance avec Bob. Tu envisages de te fiancer avec lui ? BEATRICE Je vais essayer ALICE Et tu ne te marieras pas avec lui ? BEATRICE Non. ALICE Tu me racontes des histoires pour me consoler. Quand on se fiance, c’est pour se marier. Arrête de me considérer comme une gamine. J’ai 18 ans BEATRICE Ecoute, ma petite Alice, j’ai beaucoup de travail. Tout ce que je t’ai dit est vrai. Mais ne le raconte à personne. Tu entends : A personne ! Et surtout pas à Bob. Tu promets ? ALICE Quand je promets, je tiens ! BEATRICE C’est très bien. Merci. A suivre |
|  | | aristée Dard-d'Art

Nombre de messages: 1167 Localisation: sud ouest Date d'inscription: 14/07/2005
 | Sujet: BEATRICE ( Théâtre) Jeu 21 Mai 2009 - 7:15 | |
| Un temps. Elle reprend son livre ALICE Mais je n’ai pas promis ! BEATRICE (Elle repose son livre) J’ai encore eu la langue trop longue ! On ne peut rien te confier. Il faut que tu te taises, tu entends ? Il le faut absolument….Pour Papa. ALICE Qu’est ce qu’il vient faire papa, dans nos histoires de cœur ? BEATRICE Papa ne s’occupe pas des affaires de cœurs (elle regarde sa montre) Avec tout ça, à vous deux vous m’avez empêchée de travailler et il faut que je file à mon cours. Elle se lève et rassemble ses livres et papiers avant de sortir. Mais écoute moi, petite sœur : Si tu dois te marier avec Bob, ce n’est ni papa, ni moi, qui nous nous y opposerions. Rassurée. ? Maintenant je te le demande une nouvelle fois, ne parle à personne de ce que j’ai pu te dire. D’accord ? ALICE D’accord….Pour l’instant. Mais il faudra m’expliquer, sinon…… Béatrice sort et le rideau tombe. ACTE 2 Le rideau se lève sur le même décor. Sophie et Béatrice sont en scène. Elles discutent assises dans des fauteuils. SOPHIE C’est vrai, ce que ton père vient de me dire ? Tu voudrais te marier avec Bob BEATRICE Il t’a bien dit que nous devions nous fiancer dans une dizaine de jours ? SOPHIE Oui, il me l’a dit, mais…. BEATRICE Mais quoi maman ? SOPHIE Mais je ne te vois pas mariée avec ce garçon ! BEATRICE Qu’est ce que tu lui reproches ? Il n’est pas laid, il n’est pas idiot, il n’est pas pauvre. SOPHIE Te rends- tu compte ma fille, que lorsque tu parles de lui, c’est pour indiquer ce qu’il n’est pas. .Uniquement du négatif. L’amour c’est autre chose. Quand on aime, on ne voit que du positif ! BEATRICE Bon. Si tu veux. Bob est beau, il est intelligent et sa famille est riche. Comme ça, ça va ? SOPHIE Non. Parce que ce n’est pas ce qui t’est venu spontanément aux lèvres. BEATRICE Ne sois pas trop cérébrale maman. Je vais me fiancer ave Bob, et tout le monde est content. SOPHIE Qui ça tout le monde ? BEATRICE, hé bien, Bob, son père, papa et moi bien sûr…Et peut être toi, je l’espère ? SOPHIE Franchement, je ne le sens pas ce garçon ! BEATRICE (voulant plaisanter) Cela prouve qu’il est très propre ! SOPHIE Tu peux plaisanter, mais, vraiment je ne vois pas ce que tu lui trouves. BEATRICE Ne te fais pas trop de mauvais sang, maman. Tu le sais, j’ai exigé de terminer mes études avant de me marier. Cela nous laisse une bonne année avant que je dise « oui » à monsieur le maire. Pour l’instant, il n’est question que de fiançailles. Tu sais de nos jours, si l’on pense s’être trompé, on les casse, et puis c’est tout. SOPHIE Cela veut dire que je ne suis pas de ce temps. Enfin, nous verrons bien ! Le père et le fils doivent venir, moi je ne dirai rien, puisque je suis la seule à ne pas approuver. Je vais me donner un coup de peigne. (Sophie sort, et peu après Luc entre accompagné de Jacques de Montagner, un homme un peu rond, joyeux, volubile, et rustique, pour ne pas dire vulgaire.) JACQUES Ah ! Voila ma petite belle fille ! Mazette, elle est craquante la future madame Montagner ! On a toujours été comme ça dans la famille, on sait choisir les jolies femmes. Si vous aviez vu la mienne quand elle avait 20 ans….bien sûr, elle est un peu enveloppée maintenant. Que voulez vous ? Elle est gourmande. Vous ne connaissez pas ma femme, monsieur Manier ? LUC Je n’ai pas cet honneur. JACQUES Elle a de beaux restes ! D’ailleurs vous la verrez. Il faudra venir déjeuner chez nous un de ces quatre. (Regardant de nouveau Sophie) Oui, il a bon gout mon Robert. Dommage qu’il n’ait pas un peu le gout du travail en plus ! Ce ne serait pas plus mal ! Mais peut être, mademoiselle pourrez vous l’amener à se rendre plus actif. C’est notre intérêt à tous, d’accord ? Alors ? Il parait que vous faites des études ? BEATRICE Je fais une maitrise d’histoire JACQUES Ah, c’est bien ça ! Ca ne donne pas beaucoup de débouchés, mais pour une femme, c’est bien suffisant. D’ailleurs de l’argent nous en avons, nous, et c’est le principal. Vous êtes contente que nous ayons de l’argent, hé ? BEATRICE Je ne me marie pas pour de l’argent. ( A suivre) |
|  | | aristée Dard-d'Art

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 | Sujet: BEATRICE ( Théâtre) Ven 22 Mai 2009 - 7:16 | |
| JACQUES Magnifique. Non seulement, elle est jolie, mais elle est sentimentale et désintéressée !! Moi j’aime bien que les femmes soient sentimentales. Belles et sentimentales, c’est tout ce qu’on leur demande. (Se tournant vers Luc) et vous, monsieur Manier, vous êtes dans l’import –export je crois ? LUC C’est exact. JACQUES C’est bien, c’est sérieux, ça ! Vous avez une spécialité ? LUC Je travaille beaucoup dans les fruits secs. Raisins secs, figues, amendes, oreillons d’abricot etc… JACQUES Intéressant ça ! Savez vous que je vais lancer une nouvelle branche dans les gâteaux et les pâtisseries. Je vais avoir besoin de fruits secs. Ca tombe bien ! LUC Quelquefois, le hasard fait bien les choses ! C’est amusant ! JACQUES C’est amusant et intéressant ! Parce que nous allons être de la même famille, et vous me ferez des prix, hein ? LUC C’est une question que nous pourrons étudier. JACQUES C’est ça ! Nous étudierons, nous étudierons ! Alors ces fiançailles, nous les fixons ? LUC J’avais pensé Samedi en huit. JACQUES D’accord pour samedi en huit. Et le mariage ? BEATRICE Je tiens absolument à terminer mes études, dans un an environ avant de me marier. JACQUES Vous êtes drôle, vous !!! Vous croyez que mon Robert, il va pouvoir attendre ? Jolie comme vous l’êtes ? Enfin ! De nos jours, il n’est pas besoin d’être marié, pour (rire gras) pour….Enfin vous me comprenez….. LUC Ma fille est de la vieille école…Mais bien sûr, elle fera ce qu’elle voudra. JACQUES Bien sûr, elle fera ce qu’elle voudra…Et mon petit doigt me dit ce qu’elle voudra ! Car il est beau mon Robert. BEATRICE Je me suis entendu avec votre fils. Pour moi, les liens du mariage sont sacrés, et ne peuvent être galvaudés. JACQUES (surpris) Ah bon ? Et il est d’accord, pour…..Attendre ? BEATRICE C’est une condition sine qua non. JACQUES C’est vrai que vous êtes cultivée. Mais quand même….Enfin, c’est votre affaire à tous les deux. Mais moi, je n’aurais pas accepté d’attendre. Du moment qu’on est fiancé, c’est comme si on était marié. (il attend une réplique, et comme elle ne vient pas, il enchaîne) Bon. Il faut que j’aille travailler. Je ne les vole pas mes sous ! Il faut les mériter. Cher monsieur, voulez vous venir demain à mon bureau pour que nous parlions affaire ? LUC Volontiers. A quelle heure ? JACQUES Disons 14 heures. Et amenez-moi quelques échantillons de vos produits, et surtout les certificats. C’est que je ne fais que du bio, moi ! il me faut des certificats. Avec les certificats, je suis paré. Après tout, la valeur de la marchandise est secondaire. Ce qu’il faut ce sont des garanties, des certificats. Ca impressionne toujours la clientèle.. Alors, à demain. A bientôt mademoiselle ma future belle fille ! Luc et Jacques sortent, Béatrice secoue la tête d’un air navré, et elle murmure BEATRICE Quel pauvre type !! Le rideau tombe ( A suivre) |
|  | | aristée Dard-d'Art

Nombre de messages: 1167 Localisation: sud ouest Date d'inscription: 14/07/2005
 | Sujet: BEATRICE ( Théâtre) Sam 23 Mai 2009 - 6:47 | |
| ACTE 3 Le rideau se lève sur le même décor. Alice vient d’accueillir Bob. Bob est un assez beau garçon, un peu nonchalant, non dépourvu de charme. D’un geste, Alice lui indique un canapé. ALICE Bonjour, Bob. Asseyez vous Je suis heureuse de vous voir un peu seuls ; BOB Ah ? Vous avez des choses à me dire ? ALICE Non, je ne peux plus les dire, puisque maintenant vous êtes fiancé avec ma sœur. BOB Ce n’est pas parce que je suis fiancé avec votre sœur que nous ne pouvons pas parler.. ALICE Si. Il y a des sujets que je ne peux plus aborder. BOB Lesquels par exemple ? ALICE Ben, justement, je ne peux pas vous le dire. BOB (avec une certaine fatuité) Bon. Vous vouliez me dire, vous aussi que vous m’aimez ? ALICE Pourquoi « Vous aussi » ? Nous sommes nombreuses ? BOB Evidemment ! ALICE En plus de ma sœur ? BOB Oh, votre sœur, est la plus discrète à ce sujet. Mais ce qu’elle ne dit pas avec sa bouche, je le lis dans ses yeux. ALICE Et dans mes yeux à moi, qu’est ce que vous lisez ? Bob, s’approche d’elle et fait semblant d’examiner ses yeux. BOB Ils sont très beaux et ont pleuré il n’y a pas longtemps. ALICE Exact. Et pourquoi, j’ai pleuré ? BOB C’est à cause de moi, bien sûr, comme beaucoup d’autres. Si vous saviez combien il y en a qui aimeraient être à la place de votre sœur ! ALICE Moi, la première. BOB Allons, allons, ne rêvez pas. Vous êtes une gamine pour moi. Béatrice entre. Elle vient de l’extérieur, va embrasser sa sœur, et tend la main à Bob BOB Nous pourrions peut être nous embrasser. BEATRICE (prenant l’air offusqué) Vous n’y pensez pas ! Nous ne sommes pas mariés, ni même fiancés. ALICE Moi, vous pouvez m’embrasser, ça ne me gêne pas. Elle tend sa joue à Bob, qui distraitement l’embrasse sur la joue. BEATRICE Tu devrais te tenir un peu. Tu ne devrais pas te laisser embrasser par un homme qui ne t’est rien. BOB Je serai son beau frère. BEATRICE Le présent est une chose bien réelle. Le futur est aléatoire. BOB Qu’est ce que vous avez voulu dire par là ? BEATRICE Par là ; j’ai voulu dire qu’au présent, vous n’êtes rien pour Alice, et que peut être plus tard, elle sera votre belle sœur. Mais comme tout ce qui n’existe pas encore, c’est aléatoire. BOB Quelquefois, je vous trouve bien compliquée, Béa BEATRICE Je vous ai demandé cent fois de ne pas m’appeler Béa. Cela fait cucul. (pour amoindrir sa remarque, elle ajoute après un temps) Et je n’aime pas que mon futur fiancé fasse cucul. BOB Bien Béa….Je veux dire Béatrice. Bon, ce n’est pas tout, ça ! Il faut que j’aille faire mon tennis avec Gontran. Vous savez le Gontran des chaussures. BEATRICE Ce n’est pas Gontran qui a une fabrique de chaussures, c’est son père. BOB Vous êtes très contrariante aujourd’hui Bea….heu……trice. Heureusement que je vous aime. BEATRICE (avec une ironie cachée) Oh, oui, heureusement !!! A plus tard. Bob sort. ( A suivre) |
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 | Sujet: BEATRICE ( Théâtre) Dim 24 Mai 2009 - 7:22 | |
| ALICE Décidemment, il a tout pour lui Bob. Il est beau, il est intelligent, il est riche, il a de hautes relations, tu te rends compte, les fabricants de chaussures, et en plus, il a un caractère d’or, parce qu’il faut bien le dire, tu es sacrément vache avec lui. BEATRICE Oui ! Ce serait un homme merveilleux…..S’il n’était pas lui… ALICE Alors laisse le moi !! BEATRICE Nous verrons, nous verrons. ALICE Tu es trop bête. Tiens ! Je vais aller le voir jouer au tennis, il me présentera peut être au fameux Gontran Elle sort. Béatrice seule en scène s’adresse au public BEATRICE J’aime beaucoup mon père, mais même pour lui, je ne sais pas si je vais pouvoir jouer le rôle de la fiancée durant un an ! Sophie entre en scène SOPHIE J’entendais des voix. Quelqu’un est venu ? BEATRICE Oui, c’était Bob SOPHIE Ah ? Un temps Et…tu n’as pas changé d’avis à son sujet ? BEATRICE Pour ça, non !! Je n’ai pas changé d’avis ! SOPHIE Donc, tu vas te marier avec lui ! BEATRICE Ce n’est pas si simple. SOPHIE Je ne comprends pas. Tu vas te fiancer avec ce Bob ? BEATRICE Oui, maman ! SOPHIE Donc, tu vas te marier avec lui. Je ne vois pas ce qu’il y a de compliqué ! BEATRICE Ce qu’il y a de compliqué, c’est que les fiançailles sont une chose, et que le mariage en est une autre. SOPHIE L’un suit les autres, automatiquement. BEATRICE Non, justement. Pas automatiquement. SOPHIE Mais enfin, si tu te fiances, c’est pour te marier ensuite, non ? BEATRICE Pas forcément. Il peut se passer un tas de choses en un an. Je peux mourir, il peut mourir, il peut tomber amoureux d’une autre, il peut me décevoir, etc…… SOPHIE Tout cela est théorique. En fait, si tu te fiances, c’est pour te marier. BEATRICE Bon, si tu veux. Maintenant parlons d’autre chose. SOPHIE Un mariage, c’est important. De quoi veux-tu parler d’autre ? BEATRICE Je ne sais pas. Par exemple, j’aimerais savoir si tu es au courant des affaires de papa. SOPHIE Tu sais bien que ton père ne veut pas me parler de ses affaires. Pourquoi me demandes-tu ça ? Il a des problèmes ? BEATRICE Non, je ne sais pas. C’était pour parler c’est tout ! SOPHIE Tu es bien bizarre, ma fille. Que se passe-t-il ? BEATRICE Rien de spécial. Mais je travaille beaucoup pour décrocher mes examens. Je suis un peu fatiguée, c’est tout/. SOPHIE Il faut te reposer ! BEATRICE Je le ferai, quand j’aurais mon diplôme en poche. SOPHIE Et que tu seras mariée. BEATRICE Je t’ai dit que je ne voulais pas parler de ça en ce moment. SOPHIE Bon, bon ! Mais tu es bizarre ! Moi, quand il a été décidé avec ton père que nous allions nous marier, je ne parlais que de ça ! BEATRICE Les temps changent, maman Le rideau tombe ( A suivre) |
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Nombre de messages: 1167 Localisation: sud ouest Date d'inscription: 14/07/2005
 | Sujet: BEATRICE ( Théâtre) Lun 25 Mai 2009 - 7:36 | |
| ACTE 4 Le rideau se lève sur le même décor. Béatrice est seule en scène. Elle est installée dans un fauteuil, entourée de livres et feuilles volantes. Elle travaille. La sonnette de la porte d’entrée, et se lève pour aller ouvrir. BEATRICE Zut, zut et zut !!! Pas moyen de travailler dans le calme. Elle sort, et revient, suivie de Bob BOB (voyant les livres et les feuilles) Tu travailles encore ? Mais tu sais très bien que tu l’auras ton examen ! Tu devrais décompresser un peu. BEATRICE Merci pour tes conseils. Mais je sais parfaitement ce que je dois faire ! BOB Toujours aussi hargneuse, ma petite fiancée ! BEATRICE Ta petite fiancée n’est pas hargneuse. Elle a pour l’instant un seul but : terminer ses études dans 6 mois, et pour cela elle doit travailler. BOB Bon, bon, ne te fâche pas ! Tu dois reconnaitre que je ne t’embête pas souvent, et tu peux sans doute me consacrer quelques minutes aujourd’hui, sans compromettre tes examens ? BEATRICE (d’un air excédé) Ca va. Je t’écoute. BOB Il y a six mois que nous sommes fiancés. Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de fiançailles aussi curieuses. Nous nous voyons une fois par semaine environ, et pour des durées très courtes BEATRICE Mais, je t’ai dit…. BOB Je sais ce que tu m’as dit. Laisse-moi parler, pour une fois, veux-tu ? Béatrice, acquiesce d’un signe de tête. BOB Bien. Tu m’avais demandé d’attendre la fin de tes études avant de nous marier. J’ai accepté. Je crois que c’est toi qui a dit, juste avant nos fiançailles, « Les fiançailles sont une chose, le mariage en est une autre » BEATRICE Qui t’a rapporté cela ? BOB Peu importe. Tu l’as dit, et inutile de monter encore sur tes grands chevaux : Je suis d’accord avec toi. Nous sommes à mi chemin entre fiançailles et mariage, et je voudrais savoir quelles sont tes intentions. BEATRICE Ta question est curieuse….et prématurée. Il vaudrait mieux que tu me la poses dans six mois. BOB Tu envisages donc qu’elle pourrait changer ? BEATRICE Bien sûr. Et d’ailleurs tu m’as dit que tu partageais mon opinion. BOB Parfait, nous attendrons. Mais comme je n’ai pas souvent l’occasion de te parler, je veux te dire qu’un tournant important vient d’avoir lieu dans ma vie. BEATRICE Tiens donc !! Que se passe-t-il ? BOB J’ai compris bien des choses. Et en particulier, j’ai décidé de travailler. Depuis deux mois,, mon père m’a confié la direction du département « Pâtisserie ». Je suis très à l’aise et très heureux dans mes nouvelles fonctions. BEATRICE C’est très bien cela. Tu prouves qu’il ne faut jamais désespérer. BOB Curieuse remarque ! Si j’étais désespérant, pourquoi t’être fiancée avec moi ? BEATRICE Contente-toi de constater les faits. Je me suis fiancée avec toi. Maintenant, si tu veux bien me laisser travailler ? BOB ( en riant) Encore un moment, madame la bourrelle !!! Dans mon département, nous utilisons beaucoup de fruits secs, et je travaille quotidiennement avec ton père. BEATRICE Oui. Et alors ? BOB Alors, il fallait que tu le saches. Ta mission est remplie. BEATRICE Quelle mission ? Qu’est ce que tu racontes ? BOB Je t’ai dit que j’avais beaucoup changé. Je comprends beaucoup de choses qui ne m’auraient pas effleuré l’esprit il y a quelques mois. Tu voulais trouver des débouchés pour les produits importés par ton père. C’est fait. Je tenais à te le dire, et à te préciser que ton père et moi, allons travailler ensemble… en tout état de cause. BEATRICE (manifestement gênée) C’est vrai…….. Tu as beaucoup changé. Mais tu as des drôles d’idées. Tu insinues que je me suis fiancée avec toi par intérêt ? BOB Non. Je n’insinue pas. J’affirme ! BEATRICE Peux-tu me dire où tu veux en venir ? BOB J’éclaircis les choses. C’est tout. BEATRICE Oui, mais dans quel but ? BOB Disons que c’est pour que tu saches ce que je sais. Maintenant que c’est fait, je vais te laisser à tes chères études, car j’ai moi-même un rendez vous d’affaire important. Ne te dérange pas, Béatrice, je connais le chemin ! Bob sort, et Béatrice reste immobile, pensive. Quelques secondes plus tard, son père entre. LUC Tu rêvasses ma fille ? Tu travailles trop, tu devrais décompresser un peu. BEATRICE Toi aussi ? LUC Quoi ? Moi aussi ? BEATRICE Décompresser, j’ai entendu ça quelque part. Mais peu importe. Je vais me remettre au travail. Je viens d’avoir la visite de Bob. LUC Parler de visite quand il s’agit de ton fiancé, ce n’est pas un peu cérémonieux ? BEATRICE Oh, je t’en prie papa !!! Tu sais parfaitement dans quelles conditions je me suis fiancée avec Bob. LUC Oui. Et à ce propos, je voudrais te dire que ce garçon a énormément changé. Enormément. Figure- toi, qu’il travaille, et non seulement il travaille, mais il semble très heureux de le faire. Je travaille avec lui, et il se débrouille bien. BEATRICE C’est parfait. Comme ça, ainsi qu’il me l’a dit, ma mission est terminée. LUC Il t’a dit ça ? BEATRICE Très exactement. LUC Mais qui lui a raconté……. BEATRICE Il a peut être compris tout seul, puisqu’il est devenu très clairvoyant. Un temps LUC Alors ? Que comptes-tu faire ? BEATRICE Je compte passer et réussir mes examens ! LUC Ne détourne pas la conversation. Tu sais très bien le sens de ma question. Que vas-tu faire avec Bob. BEATRICE Que veux-tu que je fasse ? En tous cas rien avant d’avoir passé mes examens. Ensuite…..Je ne sais pas. LUC Tu n’envisages plus de rompre tes fiançailles ? BEATRICE Je n’exclus rien. C’est clair ? Maintenant, si je pouvais travailler un petit peu, ce serait bien. On entend la voix de Sophie à l’extérieur SOPHIE Tu es là, Luc LUC (criant) Oui ? Pourquoi ? SOPHIE (toujours off) Peux tu venir une seconde ? LUC J’arrive ! Luc sort, et Béatrice se laisse tomber dans un fauteuil et ne reprend pas ses bouquins. Elle semble réfléchir. Alice entre, exubérante ALICE Bonjour ma sœur ! Tiens ? Tu ne travailles pas BEATRICE Non. Je décompresse. ALICE Tu as bien raison Un temps Je crois que Bob est venu te voir ? BEATRICE Comment le sais-tu ? ALICE Bob m’avait dit son intention de venir discuter avec toi. BEATRICE Ah ? Tu le vois souvent, Bob ? Il te confie ses petits secrets ? ALICE Le fait qu’un fiancé aille voir sa fiancée n’a rien de secret. BEATRICE Ne fais pas l’idiote ! Sais tu ce qu’il est venu me dire ? ALICE Non, pas vraiment ! BEATRICE Pas vraiment, mais un peu quand même ! Que sais- tu ? ALICE Qu’il travaille, qu’il se débrouille bien, que papa est heureux de faire des affaires avec lui….Et voilà ….. Un temps BEATRICE (regardant les réactions de sa sœur) Es-tu toujours amoureuse de lui ? ALICE Je ne l’ai jamais caché, et je n’ai aucune raison de changer. Au contraire. Un temps ALICE (ton implorant) Dis, Béatrice tu me le laisses ? BEATRICE Tu parles de lui comme si c’était un objet dont on peut disposer à son gré. Bob et moi sommes fiancés mais nous ne savons pas si nous allons nous marier. Te voilà renseignée. Fais comme nous, tu n’as qu’à attendre, et s’il est libre, tu tenteras ta chance. ALICE Je ne comprends pas ! BEATRICE Qu’est ce que tu ne comprends pas ? ALICE On aime, ou l’on n’aime pas. Et si l’on ne sait pas, c’est que l’on n’aime pas ! Conclusion : Tu n’aimes pas Bob, alors pourquoi me le prendre ? BEATRICE Je ne peux te prendre ce qui n’est pas à toi. ALICE (furieuse) Tu m’embêtes Alice sort, et LE RIDEAU TOMBE |
|  | | aristée Dard-d'Art

Nombre de messages: 1167 Localisation: sud ouest Date d'inscription: 14/07/2005
 | Sujet: BEATRICE ( Théâtre FIN ) Mar 26 Mai 2009 - 6:48 | |
| ACTE 5 Le rideau se lève sur le même décor. La scène est vide, puis Béatrice entre. Elle porte en main dans une sangle, trois ou quatre livres serrés. Elle les lance sur le canapé, s’écroule sur le canapé, en fermant les yeux et s’écrie : BEATRICE Ouf !! Terminé !! Finies les études !! Je suis crevée ! Immobile, elle garde un moment les yeux fermés et tout à coup crie : BEATRICE Papa !!! Maman !!! Je suis là !!! C’est fini !! Luc et Sophie arrivent en courant LUC Tu nous avais dit que tu ne terminais que dans l’après midi ! BEATRICE (les yeux toujours fermés) J’ai pu passer mon dernier oral ce matin. C’est fini, Ouf !! Luc et Sophie se précipitent vers leur fille pour l’embrasser et la féliciter. SOPHIE Nous sommes fiers de toi. Nous pensions que tu ne pouvais que réussir, mais tant que ce n’est pas fait, on craint toujours. Comme tu dis, Ouf !! Nous aussi nous sommes soulagés. LUC Oui, ma fille, nous sommes très fiers de toi !! Voilà que pour toi, une page vient de s’achever. Tu vas pouvoir en écrire une autre, qui sera ta vraie vie. BEATRICE (les yeux toujours fermés) Oui, mais pour être franche, entre les deux pages, j’aimerais bien qu’il y en ait une blanche. Je suis crevée, je vais prendre un peu de repos. Je me demande si je ne vais pas aller quelque part pour une semaine ou deux. LUC Seule ? Ou avec Bob ? Béatrice ouvre brusquement les yeux et réagit brusquement BEATRICE Avec Bob ? Pourquoi avec Bob ? Je veux être tranquille, et récupérer. SOPHIE (A Luc) C’est vrai, Luc. Elle a raison. Fiche lui la paix avec ce Bob. Elle a bien le temps de le voir si elle persiste dans son idée ridicule de mariage avec lui. LUC (A Sophie) Pourquoi dis tu des bêtises pareilles ? Bob est un garçon très bien, et depuis qu’il a pris la direction du département « pâtisserie », son chiffre d’affaires et le mien ont plus que doublé. SOPHIE (A Luc) Ce n’est pas sur un chiffre d’affaires que l’on bâtit un mariage ! BEATRICE Oh, s’il vous plait !! Ne vous disputez pas tous les deux !! Je viens de réussir à mes derniers examens, essayez de vous en tenir là. Maintenant, je veux me ménager un blanc de quelques jours ! LUC Elle a raison ! (Il regarde sa montre) Il est bientôt midi. Je vais chercher une bouteille de champagne. Il sort, pendant que Sophie va vers un placard pour sortir des coupes et elle les pose sur la table basse. BEATRICE Alice n’est pas là ? SOPHIE Si, elle doit être dans sa chambre. BEATRICE Alors, ajoute une quatrième coupe. Elle hurle Alice !!!! Viens !!!! Peu après, Alice entre suivie par Luc qui porte une bouteille de champagne. ALICE Tu es déjà là ? BEATRICE Oui ! Ca y est ! C’est terminé ! ALICE (elle va embrasser sa sœur) Que je suis contente ! Tu vas pouvoir passer à l’épisode suivant. BEATRICE Ouais !! Ce qui t’intéresse dans ma réussite, c’est seulement que je vais devoir passer à la suite … ALICE Non. Ne dis pas ça. Je suis vraiment très heureuse de ton succès. BEATRICE Merci. En tous cas, je veux essayer de ne penser à rien pendant quelques jours. ALICE Soit ! J’attendrai ! LUC Qu’est ce que vous racontez toutes les deux ? BEATRICE Oh, ce n’est pas très important. ALICE Si !! C’est important !! Théoriquement Béatrice doit se marier avec Bob, mais elle ne l’aime pas, alors que moi, je l’aime. SOPHIE Quoi ? Tu aimes ce garçon, Alice ? Mais, tu es folle ! Il est…… ALICE Il est quoi ? SOPHIE Il est….. Trop vieux pour toi. ALICE C’est ton seul argument ? SOPHIE Mais enfin, son seul mérite est d’avoir un père brillant, mais lui-même, ne vaut pas grand-chose, vous étiez tous d’accord pour le dire. Je ne le vois pas se marier avec l’une de mes filles d’un bon œil ! LUC Tu ne sais pas ce que tu dis ! Depuis de nombreux mois, il s’occupe seul du département pâtisserie, il se débrouille très bien…..et je bénéficie de ses grandes qualités. SOPHIE Ce n’est pas parce qu’il t’achète tes raisins secs qu’il a forcément du talent. LUC (en colère) Je t’en prie ! Ne sois pas ridicule ! Tu ne connais strictement rien aux affaires, alors abstiens toi de juger les gens sur des impressions….anciennes. (Pendant cette discussion, Luc a débouché la bouteille de champagne et remplit les coupes BEATRICE Arrêtez s’il vous plait de vous chamailler !!. Et levons nos coupes à ma réussite. Puisque personne ne le dit, c’est moi qui le fais Sonnette à la porte d’entrée SOPHIE Il va être l’heure de déjeuner. Qui donc vient nous déranger ? Tu vas ouvrir, Alice ? Alice sort et revient avec Bob. BOB Excusez-moi de venir vous déranger à cette heure ci, mais je viens de rencontrer Thérèse et elle m’a dit que Béatrice en avait terminé brillamment. Je tenais à venir te féliciter immédiatement. LUC Vous n’avez pas à vous excuser, Bob, vous faites partie de la maison. BEATRICE Pas encore, pas encore, papa. Ne brule pas les étapes. Je te remercie Bob, d’être venu si vite, et je suis sensible à tes félicitations. Puisque tu es là, je vais te le dire franchement : je suis sur les genoux. J’ai besoin de quelques jours de repos, et dans…….disons une quinzaine de jours, nous aurons si tu le veux bien une conversation sérieuse. BOB Tu veux parler de notre mariage ? Tu estimes que tu n’as pas pris de décision aujourd’hui, mais que dans quinze jours, ce sera fait ? BEATRICE (surprise) Tu ne m’avais pas habituée à être aussi direct, mais soit. C’est parfaitement ça. BOB Sincèrement, tu ne penses pas que cela puisse être préoccupant pour moi : Il faut que tu réfléchisses pour savoir si tu m’aimes ? BEATRICE Le mariage est une chose sérieuse. Il faut y réfléchir. BOB Je te le dis franchement : un mariage basé sur un raisonnement, ne m’emballe pas. BEATRICE Tu es en train de me dire que tu n’es pas sûr de vouloir te marier avec moi ? BOB Ce que tu trouves comme naturel pour toi, ne le serait pas pour moi ? LUC Allons, enfants ! Par un si beau jour, vous n’allez pas entamer une discussion !! Il faut que Béatrice se repose un peu, et dans quelques jours, elle vous parlera sérieusement. ALICE Laisse, papa !! Moi, je trouve que cette conversation était intéressante. LUC Intéressante ou pas, elle ne te concernait pas. ALICE Oh que si, elle me concerne !! SOPHIE Et en quoi elle te concerne ? ALICE Parce que, tout simplement, et sans avoir besoin de réfléchir, je sais que j’aime Bob depuis toujours. Alors, si Béatrice et Bob rompent leurs fiançailles, comme cela semble probable, moi, je poserai ma candidature. SOPHIE Ta candidature !! Quelle expression !! Sale gamine !! Tu te rends compte de ce que tu viens de dire ? ALICE Ben oui ! J’aime Bob. Et alors ? BOB J’aimerais pouvoir parler en privé à monsieur Manier.......Oui, en particulier. Pourriez-vous nous laisser, mesdames ? Un long moment d’hésitation, puis Béatrice sort, suivie de peu par Alice. Enfin Sophie regarde Bob qui lui fait un signe d’assentiment. Sophie sort. LUC Bon. Nous sommes seuls. Qu’avez-vous à me dire, mon cher Bob ? BOB Nous nous ressemblons beaucoup, monsieur Manier. Ne trouvez-vous pas ? LUC Il est certain que sur le plan des affaires, nous nous entendons parfaitement. BOB Oh, pas seulement sur le plan des affaires. Nous avons aussi les mêmes goûts. LUC Excusez-moi, mais je ne vois pas ou vous voulez en venir. BOB Je vais être plus précis. Tout d’abord, je sais pourquoi vous avez tenu à me fiancer à Béatrice. Votre affaire était en difficulté et vous vouliez travailler avec nous. C’est fait, et si vous le voulez toujours, ce qui n’est pas certain, nous pourrons continuer à collaborer. LUC Mais mon cher Bob, je ne sais pas où vous avez trouvé cette idée ridicule…….. BOB Non, elle n’est pas ridicule, mais elle est secondaire. Béatrice donc ne m’aime pas, et s’est fiancée avec moi pour vous rendre service. (Comme Luc allait parler, d’un geste, Bob, lui fait signe de le laisser continuer) . Je dois dire que moi, au moment des fiançailles, j’aimais Béatrice, mais que depuis, bien que, tardivement, je suis devenu plus mature, je ne l’aime plus. Donc, nous considérons que notre projet de mariage tombe à l’eau….C’est ce que vous aviez prévu au départ. Tout est bien. Par ailleurs, je me doutais, et j’en ai eu la confirmation tout à l’heure que votre seconde fille Alice, m’aime, elle, vraiment. Malheureusement elle est bien jeune, et je ne partage pas ses sentiments. LUC Je suis désolé que vous n’aimiez aucune de mes filles. BOB Cependant, je vous ai dit tout à l’heure que nous avions les mêmes goûts. LUC Ce qui est faux, car j’aime beaucoup mes filles. BOB Mais moi aussi j’aime vos filles….comme vous les aimez vous-même. Mais pour ce que l’on appelle l’amour…disons conjugal, j’ai les mêmes goûts que vous. BOB Je ne vous comprends pas. Sophie entre. Elle est habillée pour sortir et porte deux valises. BOB Je suis désolé, monsieur Manier, mais c’est votre femme que j’aime, et comme elle m’aime aussi, nous allons vivre ensemble LUC Mais…..mais…C’est une plaisanterie ? Je n’apprécie pas…… BOB Que vous n’appréciez pas, je le comprends. En revanche ce n’est pas une plaisanterie. LUC s’adressant à Sophie Mais tu as toujours dit que tu n’aimais pas ce garçon ! Depuis quand, vous….. SOPHIE C’est vrai. Au moment des fiançailles je n’appréciais pas Bob. Et puis nous nous sommes revus, et par amour pour moi, il a changé, s’est mis à travailler, et comme il est très intelligent, sa réussite est spectaculaire. Il a sauvé ton entreprise, et comme il te l’a dit, il veut bien continuer à travailler avec toi….Si tu le désires bien sûr. LUC Mais je rêve !!! Toi, Sophie, avec ce jeune homme, beaucoup trop jeune pour toi ! SOPHIE Merci pour ta galanterie, Luc ! Maintenant, Bob, nous y allons ? Luc, je te laisse le soin d’expliquer les choses aux filles. Je les verrai demain, hors d’ici. Bob prend les valises, et sort, suivi de Sophie. Luc porte la main à son front, se laisse tomber dans un fauteuil, et crie LUC Les filles, venez, vite, venez !! Peu après les deux filles entrent BEATRICE Que se passe-t-il papa ? Tu es malade ? LUC Non, non, ça va. Enfin, ça va….Votre mère est partie avec Bob. ALICE Ah ? Où sont ils allés ? LUC Ca ! Je n’en sais rien ! Mais Béatrice, tes fiançailles sont rompues, quand à toi, Alice, Bob, ne veut pas de toi. En fin de compte, il a préféré votre mère. ALICE C’est pas vrai ? Hein ? C’est pas vrai ? Luc fait signe que si. Elle pleure BEATRICE (pratique) Mais tu vas pouvoir continuer à travailler avec lui ? LUC Oui…Enfin, lui, il est d’accord. BEATRICE C’est bien, c’est bien !! C’était ça l’important non ? LUC Mais enfin tu es folle ? Ta mère est partie avec lui. ALICE (passe des larmes au rire) Finalement, c’est trop drôle ! Quel type ce Bob !! C’est vrai que par l’âge, il est plus près de maman que de moi. Je pensais qu’il allait être mon beau frère, et il sera mon beau père. Cela ne changera pas grand-chose : Je continuerai à le voir, et je n’ai pas dit mon dernier mot !! Croyez-moi ! Je l’aurai !! Le rideau tombe FIN |
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