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aristée Dard-d'Art

Nombre de messages: 1167 Localisation: sud ouest Date d'inscription: 14/07/2005
 | Sujet: Qui gagne perd Lun 11 Mai 2009 - 19:04 | |
| QUI GAGNE PERD Je n’ai rien perdu. D’abord, je ne l’aimais plus vraiment. Ce que je considérais comme des qualités, chez elle, sont devenues des défauts insupportables. Elle est partie, bon débarras !! C’est vrai. J’avais pensé qu’elle était une merveilleuse femme d’intérieur, économe, toujours à l’affut du produit le moins cher, et maintenant je la vois telle qu’elle est, radine, comme il n’est pas permis, dont le seul souci est de dépenser le moins possible, et uniquement pour l’indispensable. Cette avarice à la longue, devient insupportable ! J’avais trouvé que son rire, cristallin, était une musique, agréable à l’oreille. Maintenant, il m’horripile : Elle a un rire vulgaire, bébête. Dans nos rapports intimes, je la trouvais délicieuse de pudeur, alors qu’elle est tout simplement frigide. Voilà. Je viens de raisonner sainement. Enfin, j’y vois très clair ! Oui. Bon débarras. D’ailleurs, pour débarrasser, elle a débarrassé !! Durant toute la durée de notre mariage, elle a du noter tout ce qui lui appartenait en propre, et, croyez moi, elle n’a pas oublié ici la moindre épingle sur laquelle elle avait un droit de propriété. Elle a même emporté des objets qui m’appartenaient comme la petite statue de Voltaire, à laquelle je tenais un peu, car elle m’avait été donnée par ma mère, le jour de ma réussite au bac. Heureusement, je ne suis pas très attaché aux objets, et ma foi, ma liberté retrouvée, valait bien la perte de quelques bibelots. Si je me suis détaché de ma femme, n’en concluez pas qu’elle m’a fait perdre le goût des femmes. Comme Sacha Guitry le faisait dire à l’un de ses personnages : « Seul, enfin seul, je vais enfin pouvoir vivre seul !!! Et déjà, je me demande avec qui. » Je n’aime pas la solitude. Et c’est un euphémisme. Je suis très malheureux tout seul. Je vais donc essayer de mettre fin à cette situation que je ne supporte pas. Je crois avoir pas mal d’atouts. Comme je ne veux pas paraitre immodeste, je ne parlerai que d’un élément : Après avoir vécu 11 ans avec Madeleine, il me semble, que je ne serai pas difficile pour en trouver une qui me convienne mieux. C’est vrai ça ! Je n’aurai pas pire ! Ce qui est un peu décourageant, c’est que toutes les femmes que je connais, sont mariées. D’un autre côté, il n’y en a pas une seule qui me plaise vraiment. Heu…. Là, je ne suis pas très sincère. Caroline, la femme de Jacques….Ne me déplait pas…et même plus….. Oui, mais il y a Jacques, un vieux copain de lycée, alors, il n’en est pas question. Il ne faut pas que je pense à elle. Mais si j’en trouvais une qui lui ressemble, j’avoue…Ce ne sera pas facile, parce que Caroline… Il y avait deux heures que je me trouvais seul, à ressasser mes souvenirs et à me persuader que ma séparation était une très bonne chose, lorsque la sonnette d’entrée retentit. Un coup d’œil à ma montre. Ce n’était pas l’heure du facteur. Ni de personne autre d’ailleurs. Le mieux était d’aller voir. Ce que je fis. C’était Caroline. Mon Dieu, jamais, jamais elle ne m’avait parue si jolie ! Elle a un charme ! - Bonjour Luc ! Je savais que votre séparation devait avoir lieu ce matin, et j’ai pensé que même une séparation volontaire est toujours un peu douloureuse, puisque c’est une rupture avec des habitudes, et peut être aimeriez vous ne pas être tout seul. Une amie peut vous comprendre, et vous aider dans ce passage un peu difficile. - Elle tombait pile Caroline. Ce n’était pas ma séparation qui me gênait. C’était la solitude qui me faisait horreur. Jusqu’à ce jour, malgré mon attirance pour Caroline, je m’efforçais de ne pas penser à elle, car elle m’était interdite. Trois énormes obstacles se dressaient entre nous. D’abord, elle était mariée, ensuite c’était avec mon meilleur copain, et enfin j’étais moi-même marié. Hé oui, j’ai une foutue éducation qui ne me facilite pas la vie. Mais je venais de me rendre compte que l’un des trois obstacles n’existait plus. Je n’étais plus marié. Il ne restait plus que deux obstacles. Elle était mariée, mais après tout, j’ai prouvé que ce genre d’obstacle pouvait ne pas durer. Quand au fait qu’elle était mariée avec un copain, ou pouvait voir…Après tout, un copain, ce n’est pas tout à fait un ami. Et je ne pouvais pas dire que Jacques était un ami. On ne se disait pas tout. Non. Un simple copain. Mais quand même… ( Suivre) |
|  | | aristée Dard-d'Art

Nombre de messages: 1167 Localisation: sud ouest Date d'inscription: 14/07/2005
 | Sujet: Qui gagne perd Mar 12 Mai 2009 - 7:44 | |
| Pendant que ces pensées me traversaient l’esprit à la vitesse grand V je n’avais pas prononcé un mot, et c’est Caroline qui reprit : - Vous ne vous sentez pas bien, Luc ? A moins que ma visite ne vous importune ? Si c’est le cas, et que vous préférez être seul, n’hésitez pas à me le dire, ne craignez pas de me vexer. - Si, Caroline, je vais bien, et non, votre visite ne m’importune pas, bien au contraire, j’en suis très heureux. Entrez, entrez ! Nous avons parlé durant plus d’une heure. Elle voulait savoir si j’avais des projets, et comme je lui disais que je n’en avais aucun, elle s’étonna : - Mais, Luc, cette séparation ne s’est pas décidée brusquement. Vous avez bien du penser au genre de vie que vous désireriez par la suite ? - Vous savez, même lorsque l’on désire fortement quelque chose, et que l’on sait qu’un chambardement va avoir lieu, aussi longtemps que ce n’est pas vraiment arrivé, on a du mal à y croire vraiment. Ce n’est que depuis deux heures que je réalise vraiment ma nouvelle condition : Voilà ! Je suis débarrassé de ma femme. J’enregistre bien, désormais, qu’une page se termine, mais je n’ai pas encore pensé à ce que je voudrais écrire sur la nouvelle page blanche. Menteur !!!Je suis un menteur ! Je sais très bien ce que je voudrais dans un avenir proche. Il y a peu que je le sais, mais c’est pour moi une certitude. Caroline sera à moi. Non ! Je ne veux pas dire qu’elle sera ma maitresse, ce serait insuffisant pour moi, et inconfortable pour mes principes. Elle sera ma femme. Pour que Caroline devienne ma femme, il faut la réunion de trois éléments. Que je l’aime. C’est acquis. Je suis fou d’elle. Cela aussi c’est récent mais c’est incontestable. Il faut qu’elle m’aime. Bon. Là je l’avoue ma certitude est moins grande. Mais enfin sa seule présence ici, ce matin, donne bien une petite idée de ses sentiments à mon égard, non ? Et puis, je le sens, j’ai l’intime conviction qu’elle m’aime. Je considère donc que ce deuxième élément est acquis. Le troisième élément, est que Jacques débarrasse le plancher. Bien sûr, c’est un copain de lycée, mais un copain de lycée, c’est quelqu’un qu’on aime bien sans plus. On ne lui sacrifie pas sa vie, quand même !! Attention !!! Quand je dis qu’il faut qu’il débarrasse le plancher, je ne veux pas dire qu’il faut qu’il passe de vie à trépas ! Non. Mais il suffirait que Caroline ne veuille plus le voir. C’est ça. Il faut qu’elle n’ait plus aucune estime pour lui, et même si possible une répulsion. Oui, une répulsion serait mieux. Mais je cogite, je cogite et je constate que Caroline me regarde curieusement. Je tente de lui faire un sourire. Il semble que je ne sois pas parvenu à paraitre détendu, dans mon état normal, car elle me dit : - Luc, je vous regarde depuis un moment. Vous êtes plus touché que vous voulez bien me le faire croire. Je ne peux pas vous laisser comme ça. Faites rapidement une petite valise, et venez passer la soirée chez nous. Nous avons une chambre d’amis, je suis certaine que vous avez besoin de ne pas être seul en ce moment. Jacques sera heureux de pouvoir discuter avec un vieux copain, et cela vous changera les idées. - Et vous ? - Quoi, moi ? - Vous avez dit que Jacques serait heureux de ma présence, que moi, cela me changerait les idées, et comme nous serions trois, je vous demande : Et vous ? - Et moi ? Hé bien, vous semblez perturbé et cela me chagrine. Je serais plus rassurée si je vous voyais chez moi, détendu, discutant gaiement avec deux amis. - Rassurée ? C’est tout ? - Mais enfin que voulez vous me faire dire ? - Rien. Je ne veux rien vous faire dire. Vous dites ou vous ne dites pas, c’est tout ! Caroline comprenait sans doute ce que je voulais dire, car elle fit dévier la conversation, et elle avait parfaitement raison. Il fallait que je prenne mon temps pour réfléchir à tout cela. Elle partit avec ma promesse d’aller chez elle vers 20 heures, pour dîner et pour coucher là bas. ( A suivre) |
|  | | aristée Dard-d'Art

Nombre de messages: 1167 Localisation: sud ouest Date d'inscription: 14/07/2005
 | Sujet: Qui gagne perd Mer 13 Mai 2009 - 7:46 | |
| J’avais une bonne heure devant moi, et je mis à profit ce délai pour réfléchir à mon problème. Lorsqu’à 20 heures, je sonnais chez Jacques et Caroline, mon plan était fait. Au cours du repas, je dis à Jacques : - Sais-tu qui j’ai rencontré l’autre jour, tout à fait par hasard ? - Evidemment non. Qui ça ? - Alice. Tu te souviens la jolie blonde.. - Non…Je ne vois pas…. - Allons !! Ne fais pas l’idiot ! C’était bien avant que tu ne connaisses ta femme, et Alice a été ta maitresse. On peut le dire, il y a prescription maintenant. - Mais non ! Je me souviens vaguement d’une blonde qui s’appelait Alice, mais elle n’a jamais été ma maitresse. - Bon, bon, je ne veux pas te gêner. En tous cas, elle est encore plus belle que lorsque nous étions au lycée. Elle est magnifique. Elle s’était mariée il y a cinq ans, et elle vient de divorcer. - Hé bien voilà un cœur à prendre pour toi, puisque tu es libre aussi. - Merci bien !! Je ne prends pas tes restes !! - Mais puisque je te dis… - D’accord, d’accord, parlons d’autre chose. - Tu ne m’as jamais parlé d’elle, Jacques, intervint Caroline ! - Et pour cause ! Il n’y a jamais eu quoique ce soit entre elle et moi. Caroline me regarda et je lui fis un petit sourire navré d’avoir abordé un sujet tabou. Je voyais bien qu’elle commençait à se poser des questions. Bien mon petit Luc, me dis-je, le premier coup de pioche est donné. Il faut poursuivre ton travail de sape, mais doucement ! Ca suffit pour aujourd’hui. Je ne veux pas me faire meilleur que je ne le suis, mais je jure que c’est vrai, peu après, je me traitais de salaud. C’était moche ce que je venais de faire là. Jacques n’a jamais été l’amant d’Alice (c’est moi qui l’ai été, durant quelques semaines), et je venais d’instiller le doute dans l’esprit de Caroline. Pour être toujours sincère, j’ajoute que ce remords ne dura pas. Je voulais Caroline ? Oui ? Alors, seul comptait le résultat. Je suis peut être un salaud, mais, ce qui serait encore plus grave, ce serait de ne pas me tenir à une décision prise. Tant pis pour Jacques. Après tout, il est assez grand pour se défendre, et s’il ne le peut pas, malheur aux faibles !! C’est tout. J’ai donc passé la nuit sous le toit de Jacques et Caroline, et nous nous sommes retrouvés tous les trois au petit déjeuner. A un moment, Caroline est sortie de table pour aller chercher un pot de miel à la cuisine. A voix basse, mais assez fort quand même pour que Caroline m’entende, je dis à Jacques ; - Je peux te le dire, maintenant que nous sommes seuls, Alice m’a parlé de toi. Elle voudrait te revoir. Que dois-je lui dire ? A voix très basse, sans doute inaudible pour Caroline, il me répondit : • Mais tu es fou !! Je n’ai jamais vraiment connu cette fille. Fiche moi la paix avec ça ! Je n’insistais pas. Je savais qu’Alice m’avait entendu mais pas la réponse de son mari, c’était très bon pour ma petite affaire. Le doute qui devait être en elle, était le début du manque de confiance. Je me frottais les mains, (au sens figuré, car il aurait trouvé cela étrange si j’avais manifesté ma satisfaction), et je pris congé de mes amis. Huit jours plus tard, c’est moi qui les invitais. ( A suivre) |
|  | | aristée Dard-d'Art

Nombre de messages: 1167 Localisation: sud ouest Date d'inscription: 14/07/2005
 | Sujet: Qui gagne perd Jeu 14 Mai 2009 - 7:17 | |
| J’avais eu Caroline au téléphone, et je lui avais dit - Si vous n’êtes pas des gourmets trop pointilleux, venez dîner chez moi. Cela m’occupera de faire la cuisine et je serai heureux de vous avoir avec moi. Caroline semblait un peu maussade au téléphone, et comme Jacques était à côté d’elle, elle lui transmit mon invitation que, lui, accepta d’emblée. J’avais acheté des plats cuisinés pour ne pas risquer un « ratage » et je m’étais contenté de faire moi-même une tarte aux pommes (la seule chose que je réussisse à peu près bien en cuisine). Dès leur arrivée, je pus constater qu’il y avait de l’eau dans le gaz entre mes deux amis. Caroline était même assez agressive vis-à-vis de Jacques, et je me réjouissais en songeant que très bientôt, j’allais toucher les dividendes de mon action. Marrant ; hein ? Les dividendes de mon action ? Je résolus d’en mettre encore une petite couche. Nous étions au milieu du repas quand je demandais à Jacques : - Crois-tu à la loi des séries ? - Oui….Non….En fait, je n’en sais rien… - Hé bien moi, j’y crois. Figure toi que l’autre jour, je crois te l’avoir dit, j’avais rencontré Alice, hé bien, hier après midi, sais tu avec qui je me suis trouvé nez à nez chez Leclerc ? - Non. Comment veux tu que je le devine ? - Tu vas à peine le croire : Marthe ! Tu te rends compte ? Marthe, celle qui avait succédé dans ton cœur à Alice. C’est marrant, non ? - Mais enfin ! Tu es tombé sur la tête !! Ni avec Alice, ni avec Marthe…….je veux dire…..aucune n’a été ma maîtresse ! - Zut ! j’aurais du me taire ! Mais je pensais qu’après tant d’années….Et puis c’était avant que tu ne connaisses ta femme, cela n’a aucune importance ! C’est Caroline qui intervint : - Si !!! Cela présente une grande importance ! Parce que jamais, Jacques ne m’a parlé de ces deux jeunes filles. Feignant de vouloir réparer ma gaffe, je pris la défense de Jacques. - Il est normal que Jacques ne vous ai pas parlé d’Alice, de Marthe……ni des autres, parce que dans son esprit cela n’avait aucune importance. Vous savez, comme étudiants, nous avions tous des aventures et cela ne prêtait pas à conséquence. - N’essayez pas de défendre votre ami. Lorsque nous nous sommes mariés, nous avions décidé de tout nous dire sur notre passé, ce que j’ai fait, mais Jacques a violé notre contrat. - Mais ma chérie, je n’ai rien violé du tout ! Je n’ai pas eu pour maîtresse Alice, ni Marthe, je me demande pourquoi tu t’amuses, Luc, à inventer des inepties. J’ai pris un air pitoyable pour m’excuser. - Je te demande pardon, Jacques, et à vous aussi, Caroline, je ne pensais pas que ces vieux souvenirs puissent être désagréables pour l’un comme pour l’autre. N’en parlons plus. Excusez-moi encore. - Il ne s’agit pas de souvenirs, mais d’invention. Très conciliant, en faux jeton que je sais être, je lui dis : - Ecoute, j’ai eu tort, je me suis excusé, je me suis engagé à ne plus en parler. Je ne vois pas ce que je pourrais faire d’autre ! - Tu pourrais avouer que tout cela est faux et nous dire pourquoi tu as inventé tout ça ? ( A suivre) |
|  | | Farouche

Nombre de messages: 3123 Localisation: Sud où il fait beau Date d'inscription: 29/04/2008
 | Sujet: Re: Qui gagne perd Jeu 14 Mai 2009 - 9:32 | |
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|  | | Ysandre I TI Expert en informatique

Nombre de messages: 2571 Localisation: Alpha du Centaure, juste à droite Date d'inscription: 09/12/2008
 | Sujet: qui gagne perd Jeu 14 Mai 2009 - 10:25 | |
| oui, Farouce, moi aussi je gratte de la patte !!! *"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"* Et si l'ombre laissait la place a la lumière ? Quand l'encre remplacera le sang dans mes veines Quel lumineux docteur de l'âme Viendra prendre soin de moi...
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|  | | aristée Dard-d'Art

Nombre de messages: 1167 Localisation: sud ouest Date d'inscription: 14/07/2005
 | Sujet: Qui gagne perd Ven 15 Mai 2009 - 6:49 | |
| J’ai alors regardé Caroline avec l’ai embêté de quelqu’un qui a maladroitement dit une chose qui ne devait pas être dite. - Bon. J’ai inventé tout cela. - Et pourquoi as-tu inventé ces idioties ? - Pourquoi ? Ha, ça, par exemple je ne sais pas…Ne m’en demande pas trop. J’ai dit que j’avais été maladroit. Excuse-moi, mais je ne sais pas pourquoi j’ai inventé tout ça. Furieuse, c’est Caroline qui reprit la parole : - Tu as fini de torturer ce pauvre Luc ? Il avait dit la vérité, je le sais, je le sens, et tu veux maintenant qu’il dise le contraire ! Tu es un salaud ! Je rentre à la maison, et nous aurons ce soir une discussion sérieuse. Au revoir, Luc, et ne vous en faites pas, moi, je vous crois, alors laissez le dire ce qu’il voudra. Caroline partie, j’étais sacrément fier de moi. Comment en peu de temps, j’avais pu lézarder un ménage bien uni !! Je suis très fort, et il ne me restait plus qu’à consoler la belle Caroline, et en faire ma femme. Jacques avait l’air malheureux, et je dois dire, que je n’étais plus accessible à la pitié. J’avais gagné, et cela seul comptait. Jacques ne s’attarda pas, et après m’avoir dit une fois de plus, qu’il ne comprenait pas pourquoi je m’amusais à inventer des idioties, il prit congé. Il fallait battre le fer quand il était chaud, et avant que Jacques ne soit chez lui, je résolus d’appeler Caroline. - Allo, Caroline ? Jacques sort d’ici. Je suis navré d’avoir soulevé un problème qui ne s’était jamais posé entre vous. Il faudrait absolument que nous nos rencontrions. - A quoi bon ? - Si, Si, c’est important, il faut que nous discutions. - Je n’en vois pas l’intérêt. Après un instant de silence, elle reprit : Mais, bon ! Puisque vous y tenez….. Alors disons demain à la terrasse du MISTRAL à 15 heures. - Parfait. J’y serai Le lendemain, je me suis mis sur mon 31, rasé de près, after-shave subtil et viril, j’avais tous les atouts en main pour conquérir un pauvre cœur en perdition. Je suis arrivé à 15 heures pile. Elle était déjà là. Son pauvre visage faisait pitié, et ses yeux brillaient encore de larmes récentes. Je lui ai fait un sourire que je crois charmeur, j’ai pris sa main pour y déposer un baiser ardent, et elle se laissa faire, comme absente. Je lui dis que je comprenais combien elle devait souffrir, en découvrant que Jacques, n’était pas tel qu’elle le pensait, et je passais un grand moment à lui expliquer qu’un malheur, souvent donnait naissance à un nouveau bonheur, enfin je me suis ingénié à lui faire sentir qu’elle n’était pas seule, que j’étais là, que depuis longtemps, dans l’ombre, je nourrissais pour elle un tendre sentiment etc, etc… Elle n’ouvrait pas la bouche, et je commençais à ne plus savoir que dire, si bien que j’ai fini par lui demander. - Caroline, il faut vous ressaisir, parlez moi, cela vous fera du bien. - De quoi voulez vous que je parle ? Des maitresses de mon mari ? Tenez ! Dites moi si actuellement, il en a une. Vous pouvez me le dire, puisque vous avez commencé, vous pouvez continuer. - Je suis désolé. J’ai fait une énorme bêtise en dévoilant de vieilles choses. Je ne dirai plus rien. - Donc, il a une maitresse actuellement ? - N’insistez pas. Je ne répondrai pas ! - Cela équivaut à une réponse affirmative. - Rendez-moi cette justice ! Je n’ai rien dit ! - C’est parce que vous êtes un fidèle ami de Jacques, mais je suis sans illusion. - Caroline, laissez moi vous répéter une chose. Vous n’êtes pas seule. Je suis là, et….J’ai une profonde affection pour vous. - Merci. Mais vous êtes avant tout l’ami de Jacques. Je ne vous en veux pas. Vous le défendez. C’est normal. Maintenant je vais rentrer, j’ai besoin de réfléchir. - Réfléchissez…Et n’oubliez pas ce que je vous ai dit, je suis là, Caroline ! Elle partit, et je commandais une demi-bouteille de champagne pour arroser ma victoire. ( A suivre) |
|  | | aristée Dard-d'Art

Nombre de messages: 1167 Localisation: sud ouest Date d'inscription: 14/07/2005
 | Sujet: Qui gagne perd Sam 16 Mai 2009 - 7:24 | |
| J’avais décidé de ne pas me manifester trop vite. Il fallait que Caroline se sente vraiment seule, abandonnée, et lorsque je reparaitrai, elle sera heureuse et tombera dans mes bras. Huit jours s’écoulèrent, durant lesquels je n’eus aucune nouvelle de Jacques ni de Caroline. Je commençais à être un peu inquiet, lorsqu’un soir la sonnette d’entrée retentit. Jacques ou Caroline ? J’espérais que ce serait elle. Ce fut lui. Jacques était tout frétillant, et en entrant, il me tapa sur l’épaule. - Merci vieux. Je te dois mon bonheur ! - Ah bon ? Explique ! - Hé bien figure toi que lorsque tu m’as parlé d’Alice, elle était bien loin dans mes souvenirs. En me la remettant en mémoire, j’ai eu très envie de la revoir. J’ai eu beaucoup de chance. Comme après son divorce, elle a déménagé et a repris son nom de jeune fille, en cinq minutes, j’ai trouvé son numéro de fil sur internet. Nous nous sommes revus quatre ou cinq fois, et, je ne te le cache pas, nous vivons un grand amour. - Mais…Et Caroline ? - Je ne m’en rendais pas compte, mais je ne l’aimais plus. Je vivais auprès d’elle et ne me posais pas de question. Grace à toi, j’ai réalisé que notre couple ne tenait que par la force de l’habitude, et nous allons divorcer. - Oh, mon Dieu ! Ce doit être affreux pour elle ! Que dit-elle ? - Je m’en fous ! Moi, je suis heureux. Alors je suis passé pour te dire mille mercis. Maintenant, j’ai rendez vous avec Alice. A bientôt. J’avais gagné. Mais pourquoi avais-je un goût amer dans la bouche ? C’est vrai que j’avais gagné, mais je n’avais pas prévu que Jacques soit également gagnant. C’est moi qui avais fait tout le boulot et il était le premier récompensé. Je sentais cela comme une injustice. Il fallait vite atténuer cette anomalie, et je téléphonais aussitôt à Caroline. Pendant que je formais le numéro, et attendais qu’elle décroche, je réalisais ma grande chance d’avoir bientôt cette femme que, décidemment, je trouvais de plus en plus merveilleuse. La tristesse lui allait bien. Bon, d’accord,, en vivant notre amour, elle ne sera plus malheureuse…….. Mais finalement, elle sera toujours très attirante, et je donnais un baiser dans la partie émetteur de mon combiné. Dés qu’elle décrocha, je sus qu’elle était en larmes. Lorsqu’elle reconnut ma voix, elle fit presque une crise de nerf : - Ah c’est vous Luc, Hé bien écoutez moi, car vous n’aurez plus l’occasion d’entendre ma voix. Vous êtes un salaud ! Jacques m’a tout dit : Alice n’avait jamais été sa maitresse, et Marthe, non plus. Mais en vous entendant parler de cette fille, il a eu la curiosité de la revoir. Maintenant, oui ! Ils sont amant et maitresse ! Je vous dois mon malheur, je vous hais ! Je ne veux plus vous voir…… - Mais, Caroline, si j’ai fait tout cela, c’est parce que je vous aime, moi ! - Alors je souhaite que vous m’aimiez comme j’aime mon mari et que vous soyez aussi désespéré que moi ! Adieu !! Aïe !! Je ne peux pas dire que je sois vraiment désespéré, Quand même pas vraiment! Mais vexé, ça, oui !!!!! C’est moi qui ai tout fait et c’est ce salaud de Jacques qui récolte les fruits ! Zut ! Pourtant, mon truc partait bien, mais en fin de compte j’ai perdu. Et je me retrouve seul. Cependant, j’y pense : Caroline aussi se retrouve seule. C’est vrai, ça, elle se retrouve toute seule ! Elle finira par en avoir marre. Et alors……Je serai là. Allons ce n’est que partie remise. Moi, je crois à la morale, et il serait immoral que je perde après avoir fait tant d’efforts intelligents. A la fin, je gagnerai. C’est sûr !! Elle sera à moi ! Je suis un habile manœuvrier ! FIN |
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