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 Sur fond d'abeilles

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aristée
Dard-d'Art


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MessageSujet: SUR FOND D'ABEILLES   Dim 20 Sep 2009 - 6:55

CHAPITRE 10



Une dernière fois, Pierre tenta de dissuader Roxane de venir au rucher avec lui. Il avait employé tous les arguments possibles, mais elle était restée inflexible : Attendre, seule, à la maison, pendant que son mari et son frère courraient des risques, était une épreuve qu’elle ne pourrait supporter.
En dernier ressort, Pierre avait bien essayé de lui dire, que s’il fallait fuir, ce serait beaucoup plus facile pour lui s’il était seul, plutôt qu’accompagné d’une femme enceinte. Rien n’y fit. Elle demanda seulement que Pierre lui explique bien le fonctionnement du pistolet.
Comme convenu, Pierre et Roxane partirent au rucher où se trouvait le document, et peu après, Jean, au volant du véhicule de Roxane, prit la même direction.
Arrivé près du rucher, il constata en souriant, que sa sœur, et son beau frère, tels de vrais pros, assis par terre, dos à dos, pour ne pouvoir être pris à l’improviste, le pistolet à la main, l’attendaient.
Jean ne descendit pas de la voiture, prit le document que lui tendait Pierre, et avant de redémarrer leur dit :
- Je laisserai le véhicule de Roxane sur le parking de la gare à Agen. Je mettrai dans le parcmètre ce qu’il faudra pour 4 ou 5 heures de stationnement. A plus tard.
Jean était à l’entrée de Condom, lorsqu’il vit Claire, au bord de la route qui lui faisait signe de s’arrêter. Il hésita un seconde, puis s’arrêta prenant vivement son pistolet à la main.
- Je te guettais. James a su, je ne sais pas comment, ton départ pour Paris aujourd’hui, et tu as un comité d’accueil, qui t’attend, à la sortie de Condom. Il faut que tu contournes la ville. Ne parle à personne de l’itinéraire que tu veux prendre. Même à ton service. Pars vite, Je t’aime. Bonne chance.
Jean n’avait aucune raison de mettre en doute les renseignements fournis par Claire, et fit un détour de 15 kilomètres, pour éviter la sortie de Condom.
Tout en conduisant, les sujets de réflexion ne manquaient pas. Entre la déclaration d’amour de Claire, et sa difficile mission en cours, il y avait de quoi alimenter ses cellules grises. Puis il se dit que les problèmes sentimentaux n’avaient aucune raisons de se développer s’il se faisait descendre avant son arrivée à Paris. Il concentra donc tous ses efforts sur la nécessité d’échapper aux pièges que James et sa bande allaient lui tendre.
Dans les quelques mots prononcés par Claire, quatre avaient particulièrement frappé Jean. « Même à ton service » avait elle dit en lui conseillant de ne parler à personne de son itinéraire. Aurait-elle aussi des doutes en ce qui concerne Bob ?
Jean ne fit jamais plus de 150 kilomètres dans le même véhicule, qu’il rendait à une agence de la société à laquelle il l’avait loué, pour ensuite, en louer un autre dans une société différente. Il ne prit jamais l’autoroute, et n’hésitait pas à négliger les itinéraires les plus directs, pour prendre le chemin des écoliers, et déjouer d’éventuels pièges de James.
Jean avait à Paris un camarade, Jacques, avec lequel il avait fait son service militaire, et il décida de descendre chez lui, s’il n’y avait pas d’impossibilité. Il lui téléphona, et entendit une voix féminine lui dire que son mari, Jacques, n’était pas encore rentré, mais qu’il serait certainement très heureux de revoir un vieux copain. Il était donc attendu, et le fait qu’il n’arriverait que vers 10 heures du soir n’était pas grave, puisqu’eux-mêmes se couchaient toujours assez tard.
Décidemment, les choses s’avéraient plus faciles qu’il ne l’avait craint, et il décida de s’arrêter dans un café pour boire une bonne bière fraiche.
Il prit une précaution, dont il avait l’habitude, puis appela le garçon pour lui passer commande.
Il calcula que dans une quinzaine d’heures, très tôt le lendemain, il pourrait mettre un point final à cette affaire, en remettant le dossier du Légerium au général, et il pourrait alors tourner ses pensées vers des horizons plus agréables, et plus pacifiques.
Il venait d’appeler le garçon pour lui régler sa consommation, lorsque derrière lui, James surgit, fit le tour de la table, et vint s’installer devant lui.
Il avait un large sourire, et après avoir, de son mouchoir, essuyé la sueur qui perlait sur son front, il lui dit :
- Mon salaud ! Tu m’en as donné du mal. ! Je croyais bien que tu allais m’échapper, et je m’en serais voulu toute ma vie.
Comme le garçon venait pour encaisser, James lui dit :
- Deux autres bières. Tout sera pour moi.
Lorsque le garçon se fut éloigné, James reprit
- Bon. Tu as perdu. Tu vas me remettre ce fameux document. Ne fais pas cette tête, la prochaine fois, c’est peut être toi qui gagnera. Il faut être beau joueur. Vois-tu, j’ai toujours pensé que tu étais très fort, mais qu’en définitive, je le suis plus que toi. Et aujourd’hui, j’en apporte la preuve. Je reconnais que tu m’as donné du fil à retordre, mais ce qui compte, c’est le résultat final, tu es bien d’accord ?
Pendant que James, tout heureux de l’avoir retrouvé, et d’avoir gagné la partie se laissait aller à une logghorée joyeuse, Jean avait eu le temps de réfléchir.
- Je ne fais pas la tête. Pas du tout même ! C’est vrai, je t’admire d’avoir pu me retrouver malgré toutes mes précautions, et les distances parcourues. Je t’adresse mes sincères félicitations.
- Merci. Tu te montres finalement beau joueur. Tu avoues avoir perdu. Maintenant, donne-moi ce fichu document.
- Attends, attends ! Je crois qu’il y a un quiproquo. Je t’ai félicité pour avoir su me retrouver, mais tu n’as pas gagné la partie. A vrai dire, tu l’as perdue, puisque tu n’as pas le document.
- Je ne l’ai pas, mais tu vas me le donner. Regarde !
De son index levé, il fit voir que le café où ils se trouvaient faisait également Hôtel.
- Je ne vais pas te demander de te foutre à poil devant tout le monde, pour me permettre de récupérer le document, mais tu vas prendre une chambre, et je saurai bien le trouver, soit sur toi, soit dans ta valise.
Il appela le garçon et demanda une chambre. Jean se taisait, et, il resta impassible lorsque le garçon répondit qu’il allait leur envoyer la réceptionniste.
( A suivre)
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MessageSujet: SUR FOND D'ABEILLES   Lun 21 Sep 2009 - 7:43

James gardait une main dans sa poche pour que Jean sache, qu’il était tenu en respect par son pistolet, et ils montèrent dans une chambre.
Après avoir fermé la porte à clé, James demanda à Jean de se déshabiller entièrement, ce qu’il fit sans aucune difficulté. Les vêtements furent tâtés un à un sans aucun résultat.
- Bon. Tu peux te rhabiller dit James, qui saisissant la valise commença à la fouiller méthodiquement, mais ne trouva rien qui ressemble à un document.
A sa mine déconfite, on pouvait voir que James se demandait s’il n’avait pas crié victoire trop tôt.
- Tu es un petit malin, hein ? Mais ne triomphe pas. Je le trouverai ce satané document sur ce nouvel alliage révolutionnaire. Je le retrouverai, je t’en donne ma parole.
Il réfléchit un moment, et en conclusion, décida que c’était dans la voiture qu’il se trouvait.
Après que Jean eut fini de se vêtir, il lui passa une paire de menottes aux poignets, et le faisant allonger sur le lit, il fit passer ses jambes de part et d’autre d’un barreau métallique du lit, et lui passa une autre paire de menottes aux chevilles.
Ainsi immobilisé, Jean ne pouvait s’enfuir, mais il put cependant lui dire.
- James, tu perds ton temps. Je n’ai plus le document. Il est parti sur Paris, et c’est parce que je venais de m’en débarrasser, que soulagé et décontracté, je prenais une bière, cool.
- Je ne te crois pas. Je vais prendre tes clés de voiture, et je te fiche mon billet que je ne reviendrai pas les mains vides. D’ici là, reste bien sage.
James était moins sûr de lui qu’il voulait le laisser paraitre. Jean lui paraissait bien calme. Les fouilles des vêtements et de la valise, n’ayant donné aucun résultat, il avait déjà commencé à se poser des questions. Et maintenant, l’insolente décontraction de Jean, lui faisait craindre qu’en effet, il n’avait plus le document.. Néanmoins, il s’efforça de faire bonne figure, et sortit de la chambre sur une plaisanterie.
- Pour passer le temps, compte les fleurs sur la tapisserie. Avant que tu n’arrives à 1000, je serai là avec le document, et j’aurais le plaisir de t’entendre dire : j’ai perdu. Reste sage, et à tout à l’heure.

Lorsque James revint dans la chambre, il avait beaucoup perdu de sa superbe, et agressif il dit à Jean.
- Un fait est certain. Tu es en mon pouvoir. Tu vas donc me dire exactement où est le document. Inutile de me raconter des salades. Je veux simplement t’éviter de faire une erreur. Tu as pu constater que je ne suis pas seul, et si je me rends compte que tu m’emmènes en bateau, je n’ai qu’un coup de fil à donner, et ta chère sœur, son bébé à venir ainsi que son mari, risquent d’avoir de graves, très graves ennuis. Alors tache d’être sérieux. Où est ce document ?
- Je vais tout te dire, puisque tu as perdu. Puisqu’apparemment, tu m’as suivi ou fait suivre, tu sais que j’ai pris de l’essence à 15 kilomètres d’ici. Une voiture est venue se ranger près de la mienne. Tu le sais n’est-ce pas ? Deux de mes collègues étaient à bord. Ce sont eux qui ont le document, mais je ne pourrais pas te dire où ils sont allés, parce que, je te le jure, je ne connais rien de leurs plans, ce qui dans notre milieu est, tu le reconnaitras, tout à fait normal.
James se grattait la tête, et ne se souciait plus de donner le change. Il resta silencieux si longtemps que Jean reprit.
- Nous sommes dans des camps différents mais nous faisons le même métier. Comme je te l’ai dit tout à l’heure, et je te le confirme, je t’admire d’avoir pu me retrouver. Alors, comme tu as réglé les consommations à la terrasse, permets moi, à mon tour de t’offrir un dîner, et nous parlerons de tout, sauf de cette affaire, terminée pour toi comme pour moi.
James ne parvenait pas à digérer son échec.
( A suivre)

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MessageSujet: SUR FOND D'ABEILLES   Mar 22 Sep 2009 - 7:21

Il lui dit qu’il n’envisageait pas de prendre un repas avec un adversaire, et que la partie, n’était pas encore terminée. Mais l’on sentait qu’il s’agissait là plus d’une attitude que d’une évidence ressentie.
Ils restèrent quelques minutes à discuter de chose et d’autre. Dans la conversation, Jean glissa, que son travail étant terminé, il allait en premier lieu passer une bonne nuit, dans la chambre qu’il avait retenue.
Le fait que Jean n’envisage pas de continuer sa route sur Paris, conforta James dans l’idée, qu’en effet, le document n’était plus en possession de son adversaire.
Les deux hommes se séparèrent, et dès qu’il se retrouva seul dans sa chambre, il téléphona chez son ami Jacques. Il l’eut au bout du fil et lui dit, que du fait d’un contre temps professionnel, il ne pouvait se rendre à Paris, mais que ce n’était que partie remise.
En fait de bonne nuit, Jean resta éveillé un bonne partie de la nuit, car il se faisait du mauvais sang pour son document.
Bien sûr, il l’avait toujours en sa possession, il ne l’avait pas remis à des collègues. Presque mécaniquement, dès qu’il était porteur d’un document important, il le scotchait à proximité de lui, mais hors des regards. C’est ce qu’il avait fait en arrivant à la terrasse du café. Il avait scotché le document sous sa table.. Le gros danger, était qu’un serveur, plus consciencieux, se mette à essuyer non seulement le dessus, mais également le dessous des tables.
Jean se leva très tôt pour être certain que la table où il se trouvait hier, ne serait pas occupée.
En tâtant, il se rendit compte que rien n’avait bougé, après avoir réglé sa note, il récupéra le document et se dirigea vers sa voiture.
Il avait hâte de se retrouver sur la route, à l’abri des poursuites de James, mais pour le cas où ce dernier l’épiait, il était primordial que Jean conserve une allure décontractée, et peu pressée.
Tout se passa normalement, et après avoir changé une dernière fois de voiture, par précaution ; Jean arriva à Paris, au pied de l’immeuble qui abritait les services de renseignements. Il était onze heures.
Il aurait eu du mal à obtenir une audience du général Janot, sans passer par la voie hiérarchique, s’il n’avait pas eu l’occasion de rencontrer le général à deux reprises, au cours d’opérations, dans lesquelles il avait eu un rôle déterminant.
Dans le bureau de la secrétaire du général, il écrivit ce simple mot :
Jean Arnaud, sollicite une entrevue urgente pour un problème grave exigeant l’abandon de la voie hiérarchique.
Il savait que la tournure même de ce petit mot allait intriguer le général qui devrait le recevoir.
Ce qui eut lieu 5 minutes plus tard.
Après avoir présenté les respects de rigueur, et la poignée de mains échangée, Jean installé dans un fauteuil, raconta brièvement le déroulement de la mission et remit au général le fameux document. Puis il ajouta, alors que le général n’avait pas prononcé un mot
- En fait, mon général, j’aurais pu rendre compte à mon supérieur, de l’heureuse conclusion de cette mission. Mais c’est au cours de cette dernière, que j’ai été amené à me demander s’il n’y aurait pas de fuite chez nous.
Curieux, que nos adversaires aient eu connaissance du jour et de la date de notre premier rendez, et que les deux camarades qui devaient venir me contacter aient eu un accident de la circulation, accident qui avait été sans doute, soigneusement organisé.
Curieuse, l’attitude de mon chef hiérarchique qui ne semblait pas pressé de récupérer le document, comme s’il avait besoin de temps pour mettre au point une opération afin de m’enlever le document.
Sans faire de paranoïa, j’ai trouvé curieux, que James ait pu me retrouver en route, alors qu’il ne m’avait pas suivi. Je lui avais dit m’être arrêté à une station d’essence, c’était faux, et il ne l’a pas relevé. Donc il ne me filait pas. Pour me retrouver, il fallait donc qu’il ait reçu des tuyaux de quelqu’un qui, me connaissant bien, savait que je monterais immédiatement à Paris, et avait pu prévoir mes points relais.
Voilà, mon général, ce que je tenais à vous dire.
- Les éléments que vous m’apportez sont gravissimes.
Il déballa le document que j’avais apporté, et le lut rapidement. Puis regardant Jean par-dessus ses lunettes, le félicita pour avoir mené à bien cette délicate mission.
- Certes, lui dit-il, vous en avez réalisé de plus périlleuses, mais certainement jamais d’aussi importante. Nous sommes désormais en possession d’une découverte faite par ce chercheur polonais, et nous avons l’assurance que nous sommes les seuls à la posséder, puisque le pauvre professeur a été bêtement tué par un service adverse. Songez que ce nouveau composé de métaux à une résistance au choc, double de celle de l’acier, et qu’il a une densité de 0,540. Cette dernière caractéristique surtout, est stupéfiante. C’est extraordinaire Nos propres chercheurs vont pouvoir se régaler et trouver une multiplicité d’applications pour ce matériau révolutionnaire.
Vous avez bien mérité de prendre une permission de, disons quinze jours. Allez, vous reposer.
( A suivre)

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MessageSujet: SUR FOND D'ABEILLES   Mer 23 Sep 2009 - 7:20

Il arrive dans la vie, que des raisonnements qui se sont développés dans notre subconscient, donc à notre insu, aboutissent à des conclusions, qui ne nous sont pas connues.
C’est ce qui arriva à Jean qui s’entendit dire, avec stupéfaction :
- Merci, mon général, mais mon intention est de prendre une indisponibilité plus longue. Je vais vous remettre ma démission, pour exercer des activités différentes.
- Ah bon ? J’avais pourtant l’impression que votre activité actuelle, dans laquelle vous excellez, vous donnait satisfaction.
- En dehors de l’excellence, que vous m’attribuez trop généreusement, mon général, c’est ce que je pensais aussi. Je croyais avoir une activité conforme à mes goûts mais, j’ai sans doute évolué, et je ressentis le besoin « d’autre chose »
- Réfléchissez, réfléchissez bien, avant de prendre la décision de nous quitter. Tenez, prenez d’abord les 15 jours de détente que je vous avais proposé, et vous verrez au bout de ce délai, si vous maintenez votre position.
Jean serra la main du général, le remercia, et s’engagea à réfléchir en effet durant deux semaines avant de confirmer ou d’abandonner son intention de démissionner.
Il sortait de l’immeuble où se trouvaient les bureaux du général, lorsqu’il vit, adossé à la portière d’un véhicule, un homme qui fumait une cigarette, et le col de son imper relevé, un chapeau très incliné sur la gauche tentait de ne pas être vu par Jean.
Il allait passer devant lui, à une dizaine de mètres, lorsque l’individu sortit un pistolet et lui tira dessus en criant
- Idiot ! Va au diable !
Jean avait eu le réflexe, en une fraction de seconde, de se jeter sur le côté, et la balle qui était destinée à son visage l’atteint à l’épaule droite. Il y avait peu de monde à proximité. Un homme et deux femmes, qui terrorisés étaient partis en courant. Jean se releva et pensa que la meilleure solution était d’aller se réfugier dans l’immeuble qu’il venait de quitter.
Lorsque, la secrétaire du général, le vit revenir pâle, grimaçant de douleur, et tenant de sa main gauche son bras droit ensanglanté, elle poussa un cri, mais reprit rapidement son sang froid. Elle téléphona immédiatement au service médical pour que l’on envoie d’urgence un médecin, puis elle vint vers Jean qui s’était laissé tomber sur une chaise.
Sans un mot, elle l’aida à enlever sa veste, puis sa chemise. Elle n’avait pas grand-chose sous la main pour presser sur la plaie, et tenter d’arrêter l’hémorragie. Elle prit sa boite de mouchoirs en papier, et en plaça plusieurs sur la blessure, en attendant l’arrivée du médecin.
Le général qui avait entendu le cri de sa secrétaire sortit de son bureau et jugea d’un coup d’œil de la situation.
Après s’être assuré que le service médical avait été prévenu, il posa une seule question : Qui ?
Jean semblait souffrir beaucoup, mais il répondit :
- Pas de certitude, mon général, mais d’après la voix…
A ce moment là le médecin arriva, Jean s’interrompit et le général ne réitéra pas sa question.
La blessure était profonde, Jean avait perdu beaucoup de sang, et, après les premiers soins donnés sur place, le médecin appela des infirmiers pour qu’ils viennent avec une civière.
Les agents spéciaux blessés par balles ne pouvaient être transportés dans les hôpitaux, sans que cela engendre des enquêtes. C’est pourquoi,
il y avait dans l’immeuble un service sanitaire médical bien organisé et doté des appareils les plus sophistiqués.
Jean allait donc bénéficier de ces installations.
Juste avant d’être emporté sur une civière, Jean fit signe au général qu’il voulait lui parler.
A voix basse, il lui dit :
- Mon général, il faut vite vérifier si Bob est dans son bureau, et s’il y est, il faudra voir s’il a un imperméable cachou, un chapeau mou, léger et gris. Eventuellement, il serait bon de connaitre les caractéristiques de son arme, et s’il a servi récemment.
( A suivre)

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MessageSujet: SUR FOND D'ABEILLES   Jeu 24 Sep 2009 - 6:18

CHAPITRE 11




La balle qui était restée dans l’épaule fut extraite, et dès que Jean se réveilla, après son anesthésie, il demanda son portable pour appeler sa sœur, qui très certainement devait macérer dans l’inquiétude depuis son départ.
Il commença par lui dire que sa mission était terminée, mais qu’il ne pourrait revenir dans le Gers que dans quelques jours. Il lui parla de sa blessure, en minimisant les choses au maximum.
Son second coup de fil, fut pour Claire. Il tenait à la remercier pour son intervention à Condom. Il ne voulut pas trop insister sur la réussite de sa mission, car, après tout, elle avait fait partie de ses adversaires, bien qu’elle ait largement contribué à son succès.
Il ne lui cacha pas que sa blessure allait le retenir sans doute une huitaine de jours à Paris, et l’assura que dès son arrivée dans le sud ouest, il l’inviterait à déjeuner.
L’hospitalisation dura en effet huit jours. Jean avait eu le temps de réfléchir et de penser à ce qu’il avait dit au général. En fait, il n’y avait plus aucun doute dans son esprit. Il allait quitter les services spéciaux. Ses projets d’avenir n’étaient pas encore très précis, mais il partait avec un atout important. Depuis qu’il était considéré comme un incurable fainéant, il avait été hébergé et nourri par ses parents d’abord, par sa sœur et son beau frère ensuite. Certes les agents des services spéciaux n’ont pas des salaires mirobolants, mais comme son statut de fainéant s’opposait à ce qu’il fasse de trop ostensibles dépenses, il avait en banque, un bon petit capital qui lui faciliterait sa reconversion.
A plusieurs reprises, il revécut la scène au cours de laquelle, Claire, un soudogaz allumé dans une main, un document dans l’autre, avait crânement tenu tête à trois hommes armés, et Pierre avait pour cette femme une profonde admiration qui s’était muée à son insu en un autre sentiment, dont il était le premier à s’étonner de la force.
Le lendemain de son opération, le général était venu voir Jean. Il lui avait dit que les soupçons qu’il avait eus étaient parfaitement fondés.
Bob, qui avait été un agent de premier ordre, au service de son pays, avait été contacté, peu après son divorce avec Claire (qui était bien née Claire Marion, et n’avait jamais porté le prénom de Dorothée) par les services américains. Il ne put résister au pont d’or qui lui était offert, et toutes ses tergiversations pour rapatrier le document sur le nouveau matériau, étaient bien dues au fait, qu’il voulait, sans se griller, récupérer le document détenu par Jean.
Il devait être rongé par les remords, car il avoua sa trahison, sans difficulté, et sembla même être soulagé d’un grand poids en faisant sa confession.
Pour essayer de sauver la partie, il avait d’abord voulu tuer Jean, mais immédiatement regretta son geste. Il n’est pas impossible de penser que s’il n’avait pas été découvert, il se serait livré de lui-même.
L’épaule encore douloureuse, le bras en écharpe, Jean décida de s’offrir une folle dépense, et de descendre dans le Gers en ambulance. C’était la condition, qu’avait mise le médecin pour le lâcher 3 jours avant l’expiration du délai qu’il avait précédemment fixé.
Lorsqu’il arriva chez Pierre, il put constater que Roxane avait pris de l’embonpoint, mais elle était pleinement heureuse. Son frère n’était pas un indécrottable paresseux, et il n’était plus en mission, donc, ne courait plus de risque.
Son bonheur s’accrut encore, quand elle apprit la décision de Jean de donner sa démission pour mener enfin une vie plus normale.
- As-tu une idée sur ce que tu veux faire, lui demanda Pierre ?
- Pas encore réellement. J’ai tout d’abord un autre problème à régler. Mais, pour ne rien vous cacher, je suis épuisé, et si vous le voulez bien, je vais aller me coucher.
Le lendemain matin, Jean se leva tôt. Le temps était magnifique. Le mois de Juillet avait été idéal pour les abeilles de Pierre. Le soleil brillait durant le jour, et toutes les deux nuits, il pleuvait. Les montées de nectar étaient abondantes. La récolte de miel « Toutes fleurs « avait été exceptionnelle. Et sur le tournesol, le blocage de ponte ne s’était pas trop fait sentir, puisque les populations étaient fortes dans les ruches.
Maintenant qu’il n’avait plus à cacher qu’il avait pas mal d’argent, Jean décida d’aller s’acheter une voiture. Elle devait lui être livrée dans huit jours. En attendant sa sœur lui prêtait son véhicule, et il partit dans l’après midi chez Claire, à Auch.
De Paris, avant son départ il avait essayé de lui téléphoner. Cela ne répondait pas. Dans la matinée il avait essayé à trois ou quatre reprises, toujours en vain. Il commençait donc à s’inquiéter.
Il sonna et frappa à la porte de son appartement sans obtenir de réponse. Jean interrogea une voisine qui lui dit que madame Marion était à l’hôpital, mais il ne put obtenir aucune autre précision.
Très inquiet, il se rendit immédiatement à l’hôpital. Elle était en chirurgie. Elle ne souffrait sans doute pas d’une maladie mais d’une blessure, et il pensa tout de suite à James.
Lorsqu’il entra dans la chambre de Claire, il fut accueilli par un merveilleux sourire, qui dissipa immédiatement ses craintes.
C’est en effet d’une blessure dont souffrait Claire. Décidemment cette mission avait fait de nombreuses victimes. Roxane avait été enlevée, Pierre et Jean avaient été blessés, quant à Claire, elle avait, à son tour, payé, son tribut, dans la lutte livrée par plusieurs nations, pour l’obtention du secret de fabrication du Légerium.
Claire raconta ce qui lui était arrivée.
Lorsque James avait conçu le guet-apens, à la sortie de Condom, qui devait lui permettre de récupérer le document, il avait pris la précaution de mettre l’un de ses hommes à l’entrée de la ville pour qu’il lui signale l’arrivée de Jean.
Cet homme avait vu Claire arrêter Jean, puis les avait vus discuter. James n’avait aucun doute: C’est elle qui avait fait échouer son plan, et il fallait la faire payer pour cela.
Il dut attendre plusieurs jours pour assouvir sa vengeance car sa priorité était de rattraper Jean sur la route de Paris. De retour dans le sud ouest, James savait que Claire irait voir Pierre et Roxane, et avait pris ses dispositions.. Il ne s’était pas trompé.
C’était l’avant-veille, que Claire était allée sur la route de Montréal pour rendre visite à ses amis, et surtout, essayer d’avoir d’autres nouvelles de Jean.
Au croisement de la route qui mène à Laressingle, un homme que James avait posé là, dans ce coin souvent désert, la vit arriver à assez vive allure. Il ne parvint pas à la faire stopper et ne put que tirer, blessant Claire à l’épaule gauche. Elle eut le courage et la présence d’esprit de ne pas s’arrêter, et roula jusque chez Pierre, qui après lui avoir donné les premiers soins l’avait faite hospitaliser.
Cette fois-ci, la gendarmerie ne put rester hors du coup, d’ailleurs, cela n’avait plus une grande importance, et une plainte fut déposée contre X.
Longuement interrogée, Claire, avec un aplomb (que Jean trouva superbe) s’en tint à sa première version. Elle ne comprenait pas. Elle allait voir des amis apiculteurs quand un homme, un fou sans doute lui avait tiré dessus. Elle ne pouvait donner aucun autre renseignement. Ou il s’agissait d’un fou, ou il s’était trompé de cible, car elle ne connaissait personne qui lui veuille du mal.
Jean avait été blessé à l’épaule droite, Claire à l’épaule gauche, les deux jeunes gens ne purent s’empêcher de rire en constatant cette symétrie.
La blessure de Claire était beaucoup plus superficielle, et elle put sortir de l’hôpital quarante huit heures plus tard.
Pierre et Jean eurent de longues conversations à l’issue desquelles, il fut décidé que les deux jeunes gens allaient s’associer et agrandir l’exploitation. Jean allait acheter une ferme dont les propriétaires partaient à la retraite. Il ferait en outre l’acquisition de 300 ruches supplémentaires ainsi que du matériel de miellerie plus performant : Une picoteuse pour l’extraction du miel de bruyère callune, un extracteur 50 cadres, et un second camion.
En fin d’année, le petit Nicolas fit son entrée dans le monde.
Quand à Claire et Jean …..Mais c’est une autre histoire.



FIN

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