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 Sur fond d'abeilles

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aristée
Dard-d'Art


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MessageSujet: Sur fond d'abeilles   Dim 6 Sep 2009 - 7:17

Fatigué, en nage, il s’assit au pied d’un pin, et
regarda les ruches qu’il venait de transhumer sur les
bruyères des Landes. L’intérêt de cette transhumance,
était que si l’année se révélait favorable, il pouvait, en
laissant ses ruches sur cet emplacement, faire deux
récoltes. Une première sur la bruyère Erica, et l’autre
sur la bruyère Callune. Ces deux bruyères dont les
floraisons s’échelonnent entre Juin et début novembre,
se trouvaient en abondance en ce lieu que Pierre avait
repéré l’hiver précédant. Le miel de callune, surtout,
était d’un bon rapport à l’exportation, en Allemagne en
particulier.
Il sortit de sa musette un thermos et se servit
successivement deux gobelets de menthe à l’eau.
Pour une fois, il avait du effectuer seul cette
transhumance. Habituellement, sa femme Roxane venait
avec lui, mais sa grossesse était déjà bien visible, pour
qu’elle se livre à des travaux de force.
Le moment le plus agréable de la transhumance,
il commençait à le vivre. Lorsque toutes les ruches sont
en place, il est enfin possible se décontracter, se reposer,
se rafraichir, puis retourner vers les ruches. Pour le
plaisir.
Devant les dernières ruches déchargées, les abeilles
commençaient leur vol de repérage du nouvel
emplacement de leur maison, (vols que les apiculteurs
appellent le soleil d’artifice) cependant que dans les
ruches posées les premières, des abeilles revenaient déjà
avec des culottes de pollen coloré sur les pattes arrières.
C’était un merveilleux spectacle que de les voir
travailler, spectacle dont Pierre ne se lassait jamais,
mais, il se rendit compte, pour la première fois, que
c’était bien moins agréable quand on se trouvait seul.
Avec Roxane, ils aimaient venir s’asseoir entre deux ruches,
dans le bourdonnement des abeilles au travail, ils les
regardaient voler autour de l’entrée de la ruche, pour
bien repérer la situation de la maison où elles devaient
revenir avec leur provende : nectar, pollen, propolis ou
eau.
Il y avait une autre raison pour que Pierre apprécie
un peu moins, ce jour là, le spectacle charmant. Il se
faisait un peu de mauvais sang pour Roxane. Oh, ce
n’était pas le fait qu’elle soit enceinte qui l’inquiétait.
Non. De ce côté-là, tout allait bien. Elle était allée la
veille passer une échographie, et tout se déroulait
normalement. Non, ce n’était pas cela. Mais depuis
plusieurs semaines, Roxane, naturellement rieuse,
extravertie, semblait préoccupée par quelque chose. Il
lui avait posé la question, la veille, avant de s’endormir,
et Roxane, qui ne savait pas lui mentir, lui avait
répondu :
- C’est vrai, Pierre, j’ai un problème, mais je ne
peux t’en parler, car cela concerne une autre personne.
Cependant, tu peux me faire confiance, cela n’aura
aucune répercussion sur notre couple.
Pierre, avait une confiance absolue en sa femme, et il
n’était triste, que parce que Roxane, l’était, et qu’il ne
pouvait l’aider.
En agitant ces pensées, il était revenu vers la
musette pour boire un autre gobelet. Le temps était
lourd, et très certainement un orage allait prochainement
éclater.
Il retourna une dernière fois au milieu de ses
ruches, pour leur dire au revoir, et constata que les
abeilles, rentraient en très grand nombre. Pierre se
demandait toujours, comment, une ruche, dont
l’espace est relativement restreint, pouvait contenir
ce flot ininterrompu d’abeilles qui rentraient par
milliers.
Ce retour massif et précipité était un signe
certain. Dans quelques minutes, la pluie allait
tomber.
Pierre se dépêcha de remettre dans son camion,
tout le matériel qu’il avait utilisé : brouette spéciale,
sangles, hausses en surnombre etc, et sautant au
volant, il prit la route du retour.
Le camion n’avait pas parcouru 50 mètres qu’une
pluie drue, se mit à tomber.
Durant une partie du trajet vers sa maison, dans le
Gers, il essaya de deviner le problème qui
préoccupait tant Roxane. S’il ne pouvait le deviner,
en revanche, il était à peu près certain que c’était le
frère de Roxane qui était à l’origine du problème.
Ce frère ainé de Roxane, Jean, était un garçon qui
avait été, physiquement, gâté par la nature. Elancé,
athlétique, il avait un beau visage sympathique et
rieur, tous ces atouts expliquaient ses succès
féminins.
Malheureusement Jean, à 28 ans souffrait d’une
terrible allergie.
Une allergie au travail.

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MessageSujet: SUR FOND D'ABEILLES   Lun 7 Sep 2009 - 6:44

Il était allé en classe jusqu’à 16 ans parce que
c’était obligatoire, et que ses parents l’avaient exigé,
mais dès la quatrième, ils arrêtèrent de se heurter à
la nonchalance du gamin, puisque légalement, il
pouvait abandonner ses études. La famille espéra un
moment que si Jean n’était pas doué pour les études,
c’est qu’il préférerait exercer une profession
manuelle. Malheureusement, il ne s’agissait pas de
choix d’activité, mais de paresse hors du commun
tout simplement.
Sa soeur Roxane, pensa que peut être,
l’apiculture, qui était pour elle la plus merveilleuse
des activités attirerait son frère. Mais Jean était
depuis plus d’un an chez sa soeur et son beau frère,
refusait absolument de travailler au rucher car il
détestait « ces bestioles qui piquent », Il ne voulait
pas, dans la cour, nettoyer les ruches mortes, parce
que c’était salissant, ni à la miellerie, parce que tout
ce miel l’écoeurait. On ne peut pas dire, que pour ne
pas travailler, il se soit trouvé à court
d’arguments…..
Pierre, au volant de son camion, repensait à tout
cela, mais se dit que Roxane avait compris depuis
longtemps que son frère ne travaillerait jamais, et
ce n’est pas cela qui pouvait la préoccuper à ce point
là, ces derniers jours.

Il décida de ne plus y penser pour l’instant, et
d’apprécier le moment présent.
Pierre adorait conduire sous la pluie. Il ne roulait
pas très vite, à une vitesse aussi uniforme que
possible, et le bruit de fond du moteur, accompagné
de la cadence de métronome des essuies glaces le
plongeaient dans un état très agréable
d’engourdissement voluptueux.
Arrivé à 8 kilomètres de Condom, il tourna sur
la droite pour emprunter le chemin de sa propriété.
Après avoir garé le camion sous le hangar, il entra
dans la maison, où Roxane tout aussitôt vint se jeter
dans ses bras.
- Tout s’est bien passé ?
- Tout aurait été parfait…Si tu avais été avec moi.
Tu sais combien il est agréable, les ruches étant
en place, d’aller voir, ensemble, nos abeilles se
repérer et ramener les premières culotes de
pollen. Sans toi, ce spectacle manque de charme.
- Menteur, répondit Roxane en souriant, je suis
certaine que tu as beaucoup aimé ces instants,
même sans moi.
- Nous n’allons pas nous disputer ma chérie.
Où est Jean ?

- Je l’ai envoyé faire une ou deux courses.
C’est tout ce qu’il accepte de faire, et il ne rentrera
pas avant midi.
- C’est pour lui que tu te fais du mauvais sang ?
- Il y a quinze ans que je me fais du mauvais sang
pour mon frère.
- Tu as donc un autre problème ?
- S’il te plait ! Je ne peux t’en parler pour l’instant.
- Soit. Mais je suis malheureux de te voir très
préoccupée et de ne pouvoir t’aider.
- Ne te mets pas martel en tête, mon chéri, tu as
assez de problèmes avec notre exploitation qui
repose en totalité sur toi.
Je ne peux pas beaucoup t’aider en ce moment.
Tiens ! Au fait, j’ai réfléchi à une chose : Puisque je
ne peux pas faire ma part de travail, j’ai pensé en
profiter pour aller chez mes parents durant quelques
jours. Cela ne t’ennuie pas trop ?
- Tu sais très bien que lorsque tu n’es pas là, j’ai
l’impression de ne pas être complet. Mais, ton
idée est bonne, cela te fera du bien d’aller passer
quelques jours auprès de tes parents, et de te
reposer. Nous nous téléphonerons tous les jours.
Je vais demander à ma mère de venir s’occuper
de la maison, elle ne demande que ça. Depuis la
mort de mon père, la solitude lui pèse.
Le lendemain matin, Pierre allait chercher sa
mère, et dans l’après midi, il emmenait Roxane à la
gare d’Auch.
Jean était très satisfait de la vie qu’il menait chez
sa soeur et son beau frère. Bien sûr au début, il avait
du se battre pour ne pas travailler, mais maintenant
tout le monde savait qu’il était inutile d’insister.
C’était comme une maladie : Il était paresseux. Il
acceptait tout juste de temps en temps, d’aller faire
quelques courses, car cela lui permettait de
s’absenter une demi-journée, en donnant
l’impression de faire quelque chose.
Cependant, si Jean était paresseux, il ne faut pas
croire qu’il restait au lit ou dans un fauteuil toute la
journée. Absolument pas. Il se levait assez tôt, et
passait la plus grande partie de la journée dehors, à
faire on ne sait quoi. D’ailleurs, lorsqu’on le voyait,
on n’avait pas l’impression qu’il s’agissait d’un
garçon lymphatique. Il semblait au contraire assez
vif, et au cours des conversations, on pouvait se
rendre compte qu’il n’était dépourvu ni
d’intelligence, ni de connaissances, ni d’esprit.
Pierre reconnaissait d’ailleurs ces qualités à son
beau frère, qui était pour lui un cas très curieux qu’il
ne comprenait pas. Une chose était certaine, c’est
que Jean étant le frère de Roxane, il n’était pas
question de le mettre à la porte.
( A suivre)

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MessageSujet: SUR FOND D'ABEILLES   Mar 8 Sep 2009 - 6:48

CHAPITRE 2

PIERRE




Je viens d’avoir 30 ans. Je n’ai pas à me plaindre de la vie.
Très tôt, vers l’âge de 10 ans, j’allais aider un voisin de mes parents à faire sa récolte de miel. Mon intervention, au début, consistait simplement, à tourner la manivelle de l’extracteur, dans lequel l’apiculteur mettait les cadres désoperculés. Peu à peu je pris une part plus importante aux travaux de miellerie, puis, avant l’extraction je vins faire la récolte des cadres au rucher, et pris de passion pour cette activité, je fus bientôt capable d’allumer l’enfumoir, d’ouvrir, seul, les ruches et de juger des interventions à effectuer.
« Ton bac d’abord », disaient mes parents auxquels j’avais fait part de ma décision de devenir apiculteur professionnel. En fils obéissant, je passais mon bac et partis une année, faire un stage, chez un apiculteur professionnel de ma région, le sud ouest. Jusque là, je n’avais acquis que la technologie du miel. Durant mon stage, je m’initiais aux productions du pollen, et surtout de la gelée royale, cette dernière, marquant un peu l’aristocratie de la profession.
Les récoltes de gelée royale s’effectuent tous les 3 jours, et chaque fois, avant d’ouvrir les ruches, on ressent le plaisir des joueurs, car les paramètres de réussite sont nombreux, et l’on ne sait jamais si la récolte sera bonne ou mauvaise ( voire nulle, si la reine, malgré les précautions prises, est venue dans la partie orphelinée)
A la fin de mon stage, avec l’aide de mes parents, et un prêt que j’avais obtenu, j’ai pu acheter mes 100 premières ruches, et mon matériel de miellerie de base, que j’installais dans l’ancienne buanderie de la maison de mes parents.
Comme je vivais chez eux, je n’avais pas de frais, et tous mes gains furent consacrés à l’achat de ruches nouvelles, si bien qu’à 22 ans j’avais une exploitation rentable de 300 ruches, et produisais miel, pollen, gelée royale, et propolis, que je vendais dans des magasins de diététique.

J’étais en quatrième, lorsque j’avais fait la connaissance de Roxane Arnaud qui était en cinquième. Je peux dire, que dès la première année, nous savions que nous étions destinés l’un à l’autre. Très vite, je l’emmenais chez mon voisin pour les récoltes de miel, et l’on peut dire, que notre amour, s’était développé en même temps que notre passion commune pour l’apiculture.
Peu avant mon mariage, j’ai acheté une petite propriété par la SAFER.
Nous sommes mariés depuis trois ans. Pas une seconde, je ne l’ai regretté, et je me plais à croire qu’il en est de même pour elle. Notre premier enfant, va naitre dans 5 mois.
Depuis un an, le frère de Roxane vit avec nous. Au tout début, j’ai pensé qu’il allait pouvoir s’intéresser à mon activité, et m’aider dans cette profession qui demande de nombreux travaux manuels. Mon illusion fut courte. Jean étant littéralement inapte au moindre effort. A ce point là, ce n’est plus de la paresse, c’est une pathologie.
Ce garçon reste une énigme pour moi. La nature l’a doté d’un physique avantageux, il est loin d’être inintelligent, et comme il lit beaucoup, il a une culture qui quelquefois me sidère. C’est fou le nombre de choses inutiles qu’il connait, et j’ai l’impression que tous les domaines retiennent son attention.
J’avais pensé un temps qu’il avait été mal aiguillé, et que l’on aurait du lui faire poursuivre des études, mais selon ses propres aveux, il ne pouvait pas s’intéresser à des études utilitaires. Après avoir interrompu prématurément ses études, il s’était intéressé successivement à la littérature, à la philosophie, à l’ésotérisme… Un curieux garçon en vérité !
Au demeurant, très sympathique, ses succès féminins sont nombreux, aussi bien parmi les intellectuelles que celles qui n’ont qu’une formation primaire.
Son oisiveté étant une sorte de maladie, non seulement on ne pouvait lui en vouloir, mais on en arrivait à le plaindre.
Jean n’est pas un bonhomme à paresser au lit ou dans une chaise longue. Non. Je ne sais pas ce qu’il peut fabriquer toute la journée, mais il se lève chaque jour relativement tôt, et sa toilette faite, il quitte la maison. J’ai tenté à plusieurs reprises de lui demander ce qu’il faisait de ses journées. Il m’avait répondu d’une façon évasive, mais avec son beau sourire :
« Oh, je bricole ». Et je n’avais pu en tirer plus de précisions.
Une seule fois, j’ai essayé de lui dire qu’il pourrait bricoler à la maison, mais il m’a simplement répondu d’un ton assez sec :
« Ca n’a rien à voir » marquant par là qu’il n’entendait pas poursuivre cette discussion.
( A suivre)

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MessageSujet: SUR FOND D'ABEILLES   Mer 9 Sep 2009 - 6:46

Roxane et moi travaillons beaucoup, mais nous avons une vie matérielle très correcte. C’est ce qui nous permet de garder Jean, sans trop de problème, mais j’ai prévenu Roxane (qui était d’autant plus d’accord avec moi que cette hypothèse lui paraissait exclue) qu’en cas d’années plus difficiles, matériellement, nous serions obligés de dire à Jean de se faire entretenir ailleurs.
Que Roxane ne puisse croire qu’un revers de fortune, pourrait nous atteindre, était une bonne chose. Il était préférable qu’elle ne se fasse pas trop de mauvais sang. Mais, moi, je sais, que nous restons à la merci d’une hécatombe dans nos ruchers, due à un nouveau pesticide, où un nouveau prédateur, et notre production, dans ce cas là, risquerait de chuter brutalement, tout en affaiblissant notre cheptel pour les années suivantes.
Nous avons déjà perdu jusqu’à 60 ruches en une année, ce qui représente, pour une exploitation de 300 ruches, une perte conséquente de 20%. Bien sûr, j’ai la chance de savoir produire de la gelée royale, qui ne nécessite pas beaucoup de ruches, mais en revanche un gros travail, Alors, il m’est toujours possible, en cas de nécessité, de forcer sur ce produit très demandé, mais, ma production, demeure limitée par mon temps disponible.
Enfin, globalement, je n’ai pas à me plaindre, et indépendamment du rapport, mes abeilles me ménagent des moments tellement magnifiques, que je ne pourrais jamais, personnellement, les trouver dans une autre profession.
Ma femme, mes abeilles, et bientôt mon fils. Non je n’ai pas à me plaindre de la vie.


CHAPITRE 3

ROXANE


Mes parents vont être heureux de m’avoir chez eux pour plusieurs jours. Et je dois avouer, que malgré mon amour profond, indéfectible, pour Pierre, j’ai besoin de prendre un peu de distance. Non pas vis-à-vis de mon mari bien sûr, mais de mon frère.
Je connais bien mon frère, ou plus exactement, je croyais bien le connaitre, mais aujourd’hui, je me pose des questions.
Mon jugement à son sujet était simple et net.
Jean est un garçon qui a été gâté par la nature dans de nombreux domaines. C’est un très bel homme, athlétique, et élégant. Voilà pour le physique.
Par ailleurs, il est intelligent, et il a l’esprit curieux. Sans avoir besoin d’être un gros bûcheur, s’il avait travaillé normalement, il aurait pu poursuivre de hautes études sans aucune difficulté.
Enfin, il a un excellent fond. Il est doux, gentil, pas méchant pour deux sous.
C’est le portrait d’un homme merveilleux que je viens de faire.
Et pourtant….
Oui ! il y a un pourtant..
Jean est dans l’impossibilité d’avoir une vie normale, c'est-à-dire de travailler même un minimum pour assurer sa subsistance.
Je viens de dire là, tout ce que je pensais de Jean, persuadée de le connaitre parfaitement. Mais depuis près de trois semaines, je commence à me demander si je connaissais mon frère si bien que cela.
Ce qui m’a mis la puce à l’oreille, c’est une conversation téléphonique, entendue tout à fait par hasard.
Je triais du pollen à l’aide de brucelles, et exceptionnellement je m’étais installée dans la cuisine, et non pas dans la miellerie, un peu chaude par ce temps presque caniculaire malgré la saison encore peu avancée.
J’entendais parler au téléphone, mon frère qui se trouvait dans la pièce à côté, la salle à manger. Comme je n’avais pas entendu de sonnerie, j’en avais conclu que c’était lui qui avait appelé. Mon frère disait :
« Ecoute, mon vieux, je fais ce que je peux, mais tu sais que les moyens mis à ma disposition sont limités. Je ne peux pas accomplir des miracles, il faut me laisser du temps. En revanche, je vous demande à tous, de me faire confiance, et j’obtiendrai les résultats que vous escomptez. Il me faut un peu de temps, et j’y parviendrai. »
Après un moment d’écoute, la voix de Jean s’éleva de nouveau :
« Non ! Je suis formel ! Personne ne se doute de rien, même ma sœur qui est pourtant une fine mouche. Mon beau frère non plus. D’ailleurs, lui, en dehors de ses abeilles, rien ne retient vraiment son attention.
A bientôt Bob. Je te tiens au courant. »
Je m’étais arrêtée de travailler, complètement retournée par ce que je venais d’entendre.
Ainsi mon frère que non considérions tous, moi la première, incapable d’avoir la moindre activité, semblait bien en avoir une, et certainement peu avouable, d’après les quelques mots entendus.
(A suivre)

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MessageSujet: SUR FOND D'ABEILLES   Jeu 10 Sep 2009 - 7:09

Une autre constatation me revint à l’esprit. Jean était là depuis plus d’un an. Il était logé, nourri, blanchi, mais je ne lui avais jamais donné un euro, et Pierre non plus, j’en suis certaine. Or à plusieurs reprises, nous avons vu arriver Jean, avec une paire de chaussures neuves, du linge de corps, de jolies chemises et même une fois avec un complet neuf. D’où tirait-il l’argent ?
Lorsqu’il était revenu avec son complet, je le lui avais demandé mais il m’avait répondu évasivement qu’il avait gagné un pari avec un copain.
Ma première crainte ne se réalisa pas (j’avais peur qu’en venant dans la cuisine, et constatant ma présence, il aurait su que j’avais entendu sa communication téléphonique) mais il était sorti par la porte-fenêtre dans la cour, en revanche j’avais une autre crainte, qui, elle, ne me quitte plus. A quel trafic se livre mon frère ? Mon frère Jean que j’aime beaucoup, n’est pas ce que nous pensons, et il se livre sans doute à des activités qui ne semblent pas très catholiques. Que dois-je faire ?
Normalement, je devrais en parler à Pierre, pour lequel je n’ai jamais eu de secret, et qui est le bon sens personnifié. Lui, me dirait que faire. Mais Pierre, je le sais, se fait beaucoup de mauvais sang pour notre exploitation. Il croit que je ne m’en rends pas compte, mais je sais parfaitement les risques que nous courrons avec toutes les pertes d’abeilles que nous subissons. Je suis plus lucide, qu’il ne le pense et c’est beaucoup mieux comme ça. Il me croit dans une quiétude totale, et cela l’aide dans son combat pour la survie de notre exploitation.
Décidément, non, je ne vais pas donner un souci de plus à mon mari chéri.
Je suis bien contente d’aller chez mes parents. J’espère que la distance géographique me permettra d’oublier un peu les causes de mes tourments.

Le fait est, que mes parents ont été si heureux de m’avoir un peu pour eux, que je me suis laissée gâter, et que mes problèmes sont passés à l’arrière plan.
Chaque soir, nous nous téléphonions, Pierre et moi. Par un accord tacite, nous ne parlions que des petits problèmes de la vie courante. Nous ne parlions ni de problèmes professionnels, ni de Jean.
Je dois avouer que mon séjour chez mes parents a été très agréable, et lorsque je suis revenue chez moi, je me sentais reposée, et le problème de Jean me semblait moins important que lorsque je suis partie.
Pourtant mes craintes sont revenues à la vitesse, grand V. Le lendemain de mon retour, après le petit déjeuner, alors que nous étions tous les trois dans la salle à manger, Jean nous dit :
« Il faut que je m’absente pour 48 heures. Je rentrerai demain soir.
C’est Pierre qui, un peu ironique bien sûr, lui répondit :
- Ah bon ? Tu as trouvé une activité à ton goût ?
- Une activité, c’est beaucoup dire. Non. Je vais simplement essayer de rendre service à un copain. J’espère y parvenir car il se fait pas mal de tracas. Allez ! A demain soir !
Il est sorti, et Pierre l’a suivi de près, pour aller dans un rucher. Mon adorable mari, n’avait rien trouvé d’anormal dans l’attitude de Jean. Il est vrai, qu’il ne possédait pas les mêmes éléments que moi.
Pourtant, peut être était-il plus subtil que je ne le pensais, car au déjeuner que nous prenions donc en tête à tête, Pierre me dit :
- Je ne te cache pas qu’il m’intrigue un peu ton frangin. Ce garçon est très sympathique, mais j’ai du mal à le comprendre. Il n’a pas l’attitude de quelqu’un qui, ne fichant rien de la journée, en est un peu honteux. Il est parfaitement à l’aise, et ne semble pas miné par le moindre remords. D’autre part, je ne lui donne jamais d’argent. S’il en est de même pour toi, je me demande comment il peut faire des achats vestimentaires. Tu ne trouves pas cela un peu curieux ?
- Tout d’abord, je te confirme que je ne lui ai pas donné un euro. Et moi aussi je suis un peu surprise comme toi, que ne travaillant pas, il puisse faire des achats. Tu trouves cela curieux, moi, je te l’avoue, cela m’angoisse un peu…..pas mal, même.
- Alors demain soir, j’aurai une explication avec lui. Que je le trouve curieux, ce n’était pas très grave, mais si cela t’angoisse, cela je ne peux le supporter. Demain soir, nous en aurons le cœur net.
Pendant quelques minutes, j’ai essayé de dissuader Pierre d’engager une discussion avec Jean à ce sujet. J’aurais préféré attendre un peu, pour essayer de recueillir quelques éléments supplémentaires. Après tout, je me faisais peut être une montagne, d’un fait sans grande importance.
Mais Pierre n’en démordait pas : Du moment que l’ignorance m’angoissait, il fallait que cela cesse, et j’ai du donner mon accord pour qu’au dîner du lendemain, nous abordions le problème, en refusant cette fois ci, tous les faux-fuyants que Jean utilisait habituellement.
( A suivre)

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MessageSujet: SUR FOND D'ABEILLES   Ven 11 Sep 2009 - 8:12

CHAPITRE 4

LA BLESSURE




Pierre partit de bonne heure pour faire sa tournée de livraisons dans le Gers et les Landes.
La veille, Roxane avait téléphoné à une dizaine de commerces de diététique, à Auch, Mirande, Mont de Marsan et Dax. Elle avait pris les commandes de cartons de miel, pollen, et gelée royale, et avait étiqueté tous les pots. C’était une bonne tournée avec plus de 1000 euros de commandes.
Au volant de son break, Pierre pensait au problème posé par Jean, et il était bien décidé, à se montrer très ferme pour obtenir des éclaircissements sur les véritables activités de son beau frère. En aucun cas, il ne voulait risquer des ennuis, surtout pour Roxane. En mettant les choses au pire : Si Jean se livrait au trafic de drogue, il est évident que ceux qui le logeaient, depuis plus d’un an, pourraient être suspectés d’être au courant de cette activité illicite.
Pierre rentra chez lui vers 18 heures. Jean n’était pas encore revenu, et Roxane, se montrait nerveuse. Elle appréhendait la discussion qui aurait lieu lors du dîner.
Normalement, le repas du soir avait lieu aux alentours de 20 heures. Pierre et Roxane, attendirent jusqu’à 20 heures 30, et Jean, n’étant toujours pas rentré, ils se mirent à table.
Lorsqu’ils allèrent se coucher, vers 22 heures 30, Jean n’était toujours pas là.
Le lendemain matin, alors que Pierre et sa femme déjeunaient, ils virent Jean qui sortait de sa chambre, le bras droit en écharpe, et boitant légèrement.
Très pâle, mal peigné, les conquêtes de ce dandy ne l’auraient pas reconnu….
Prévenant leurs questions, Jean leva sa main valide, et leur dit.
- Pas de panique !! Je vais vous expliquer. Ce n’est pas grave. Tout d’abord, j’ai une faim de loup.
En fait, cette dernière affirmation était complètement erronée, car Jean se contenta de boire un bol de café.
- J’étais en voiture avec un copain, et nous avons eu un accident avec un autre véhicule dont le conducteur a pris la fuite. Je suis légèrement blessé au bras, et j’ai reçu un coup à la jambe, mais rien de grave.
- Tu as bien mauvaise mine ! As-tu vu un médecin demanda Roxane ?
- Non, non, c’était inutile, ce n’est pas grave.
- Ton pansement au bras n’a pas été fait par un professionnel, je vais te le refaire, et voir ta blessure.
- Non, non, je te dis que ce n’est pas grand-chose. Laisse ! Ca va bien comme ça.
- Ecoute Jean, tu choisis : Ou j’appelle le médecin ou tu me laisses voir ta plaie.
Jean hésita un long moment et finit par accepter que sa sœur lui refasse son pansement.
Après avoir enlevé la bande qui avait été posée un peu n’importe comment, Roxane vit que la blessure, profonde, avait été faite par un projectile qui était entré dans le gras du bras d’un côté et était ressorti de l’autre.
- Ce n’est pas un accident d’automobile que tu as eu. Cette blessure en séton a été faite par une balle, j’en ai la certitude.
Pierre qui était venu également voir la blessure, confirma le diagnostic de sa femme.
- Maintenant, Jean, dit-il à son beau frère, il va falloir que nous ayons une explication sérieuse. Nous t’hébergeons depuis plus d’un an, et nous ne voulons pas risquer d’être accusés de complicité. Il faut que tu nous dises ce que tu fais, car, il est inutile de nous dire que tu ne fais rien de spécial. Nous ne te donnons pas d’argent et tu fais des dépenses vestimentaires. Où trouves-tu l’argent ? Et surtout, sois franc! Ne nous raconte pas des histoires
Jean hésita encore longuement, mais en définitive, il ne voulut rien dire. Il prétendit qu’il n’était pas maitre d’un secret, qu’il ne pouvait rien révéler pour l’instant, mais qu’en tout état de cause, il n’y avait rien d’illicite dans son activité.
( A suivre)

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MessageSujet: SUR FOND D'ABEILLES   Sam 12 Sep 2009 - 6:59

L’insistance de Pierre n’eut aucun effet, et devant le silence obstiné de Jean, malgré le risque de déplaire à Roxane, il posa un ultimatum.
- Jean, tu ne veux pas nous dire ce que sont tes activités, soit. Alors écoute-moi bien : Nous allons te ficher la paix durant quinze jours. Dans deux semaines, soit tu nous dis franchement ce que tu fais, soit tu pars. Ce ne sont pas des paroles en l’air. Il n’y aura pas de rémission. Tu as quinze jours, pas un de plus.
Maintenant, en ce qui concerne ta blessure, je comprends que tu ne veuilles pas faire appel à un médecin qui serait dans l’obligation de signaler qu’il avait du soigner une blessure par balle, ce qui t’apporterait pas mal de désagréments. Roxane va donc te soigner d’une façon classique, en désinfectant ta plaie. Ensuite, je t’appliquerai un remède à moi. Tranquillise-toi. Il ne s’agit pas d’un truc de mon invention. C’est au contraire un très vieux remède. Les légionnaires romains avaient dans leur paquetage un morceau de propolis, qu’ils mettaient sur leurs blessures, après les batailles. C’est un produit que les abeilles rapportent à la ruche, et grâce auquel, d’ailleurs, l’atmosphère d’une ruche est très saine, alors que dans un espace réduit, des dizaines de milliers d’insectes vivent dans l’humidité et la chaleur, conditions normalement propices au développement des microbes de toutes sortes.
Je mettrai donc de la propolis sur ta plaie, ce produit est à la fois un analgésique et un antibiotique puissant, aussi, j’espère que nous n’aurons pas à regretter de ne pas avoir appelé un médecin.
Je te le répète, tu as quinze jours pour nous parler, ou trouver un autre gîte. D’accord ?
Jean acquiesça gravement de la tête, sans laisser deviner la solution à laquelle il allait s’arrêter.

Il y avait une semaine que cette explication avait eu lieu, Pierre, venait de partir dans un rucher, Jean, qui depuis sa blessure, n’était plus sorti en ville, était remonté dans sa chambre après le petit déjeuner, quand à Roxane, elle vaquait à des travaux ménagers.
Un véhicule entra dans la cour. Une jeune femme en sortit, et vint frapper à la porte d’entrée. Roxane vint lui ouvrir, et fut surprise de voir si tôt, cette femme inconnue qui demandait à voir Jean Arnaud.
Ce dernier avait du la voir par sa fenêtre, car il descendit rapidement les escaliers, dit à la jeune qu’il ne pouvait la recevoir, et, brutalement, referma la porte sur elle.
Roxane, furieuse de constater l’incivilité de son frère, ouvrit de nouveau la porte, et dit à l’inconnue :
- Veuillez excuser mon frère….si vous le pouvez. Moi, je vais vous recevoir. Entrez !
- Je t’interdis…..commença Jean,
- Fiche moi la paix. Je suis chez moi et je reçois qui je veux !
- Mais tu ne sais pas…………….
- Justement, je veux savoir. Monte dans ta chambre. Suivez-moi madame.
Pendant que Jean remontait dans sa chambre, en secouant la tête, en marque de désapprobation, l’inconnue suivit Roxane vers le salon. Les deux jeunes femmes installées dans des fauteuils, Roxane questionna.
- Pouvez-vous me dire la raison pour laquelle vous vouliez voir mon frère. Je crois qu’il doit avoir des problèmes en ce moment, et je voudrais l’aider. Pouvez-vous m’éclairer ?
- Je m’appelle Claire Marion. Votre frère, madame Foulon, est un homme remarquable. Oui, vraiment remarquable ajouta-t-elle pensivement. Mais je ne sais pas plus que vous, ce qui se passe. Jean est un ami….et même un peu plus. Je vous avoue que je l’aime, et je pensais jusqu’à ces derniers jours qu’il m’aimait aussi. Son attitude a radicalement changé ces derniers temps, je ne l’ai pas vu depuis une dizaine de jours, il ne m’a pas donné de ses nouvelles, et j’ai vu tout à l’heure qu’il était blessé au bras. C’est vous qui pouvez m’éclairer. Que s’est-il passé ?
( A suivre)

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MessageSujet: SUR FOND D'ABEILLES   Dim 13 Sep 2009 - 7:09

- Je n’en sais rien. Il ne veut pas parler. Mais comme vous le connaissez bien, dites-moi si vous savez ce que sont ses occupations. Que vous a-t-il dit ?
- En dehors du fait qu’il est représentant de produits diététiques, je ne crois pas qu’il ait d’autres activités. En tous cas, il ne m’a rien dit d’autre.
- Il vous a dit être représentant en produits diététiques ?
- Oui, pourquoi ? Ce n’est pas vrai ?
Roxane se demanda si elle devait répondre à cette question et préféra finalement dire qu’elle savait qu’il sortait beaucoup mais qu’elle ignorait totalement ce qu’il faisait.
Un très long silence plana entre les deux jeunes femmes. S’il n’y avait eu le bruit des volets agités par le vent d’autan violent, qui soufflait depuis deux jours, on aurait pu entendre les respirations de Claire et Roxane, tant la maison était calme..
Soudain, Jean fit irruption dans la pièce, et demanda à Claire de partir. Il s’engageait à parler dans huit jours, à sa sœur, ainsi qu’à Claire, mais demandait instamment, que d’ici là, on ne lui pose aucune question.
Claire se leva et regardant Jean droit les yeux, lui dit qu’elle voulait croire en lui, et que pour sa part, elle attendrait les 8 jours demandés avant de savoir la vérité. Puis, elle prit congé sans parvenir, malgré ses efforts, à cacher quelques larmes.
Jean remonta dans sa chambre, et Roxane retourna à ses occupations.
Lorsque Pierre rentra, en fin de matinée, sa femme le mis au courant de la curieuse visite qu’elle avait reçue, ainsi que de la prétendue profession exercée par Jean.
- Chouette ! Essaya de plaisanter Pierre, avec un beau frère représentant en diététique, notre chiffre d’affaires va doubler en un rien de temps.
Cette plaisanterie ne dérida pas Roxane, et le déjeuner qui suivit ne se déroula pas dans une ambiance très gaie. Heureusement, Pierre ne manquait pas de sujet de discussion avec ses abeilles, et il raconta, comment dans la matinée, il pensait avoir pu sauver une ruche orpheline, en la transportant hors du rucher, pour mettre sur l’ancien emplacement une ruche contenant un cadre de couvain frais, sur lequel les abeilles de vol, revenant à leur lieu habituel, allaient mettre en route un élevage royal.
Mais, ce jour là, Roxane avait la tête ailleurs, et ne contribua pas à alimenter la conversation qui s’éteignit, laissant planer un silence des plus désagréables.
Après s’être levé de table, et en sortant de la salle à manger, Jean confirma ce qu’il avait dit le matin aux deux jeunes femmes.
- Dans une semaine, donc, vendredi prochain, je vous expliquerai tout. D’ici là, ne vous mettez pas martel en tête : Mes activités ne sont pas illicites. Faites moi confiance pour quelques jours, et ne parlons plus de tout cela jusqu’à vendredi.
Jean une fois sorti de la pièce, Pierre s’employa à rassurer Roxane.
- Je suis persuadé que Jean nous dit la vérité. Il n’a pas une activité inavouable, et il nous en parlera dans une semaine. Pour l’instant, donc, n’y pensons plus, et attachons nous à régler nos propres problèmes.
Pierre avait décidé de créer 30 ruches nouvelles. Pour cela, il allait dans les jours qui viennent, mettre en route un élevage de reines. C'est-à-dire, que dans une ruche, orphelinée pour l’occasion, il allait offrir aux abeilles, des cupules fixées sur des baguettes, et dans lesquelles, sur une mini-goutte de gelée royale, il grefferait des larves d’origines quelconques, mais âgées de moins de 18 heures.
12 jours plus tard, il disposerait d’une trentaine de cellules de reines prêtes à éclore qu’il n’aurait plus qu’à introduire dans des paquets d’abeilles provenant des ruches les plus fortes.
C’était un travail minutieux mais que Pierre adorait faire, car cette opération lui donnait l’impression de dominer son sujet, de gérer et maitriser intelligemment son exploitation.
( A suivre)

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MessageSujet: SUR FOND D'ABEILLES   Lun 14 Sep 2009 - 7:34

Dans la semaine, Roxane faisait des courses chez Leclerc, lorsque son caddy fut très légèrement heurté par un autre, poussé par une jeune femme. C’était Claire, et le hasard ne devait pas avoir une grande part dans cette rencontre.
Roxane en eu d’ailleurs très vite la confirmation, car Claire lui dit :
- Je voulais vous voir. J’ai accepté d’attendre 8 jours pour savoir ce que Jean me cachait, mais, je l’avoue, c’est plus dur pour moi que je ne l’aurais cru. Savez-vous quelque chose de nouveau ?
Roxane lui raconta les brefs propos tenus par Jean à ce sujet. Ils étaient rassurants, puisque il était formel : Il n’exerçait aucune activité illicite. Il suffisait donc d’attendre, et comme l’on était déjà mardi, il n’y avait plus que trois jours, pour savoir.
Lorsque les deux femmes se séparèrent, Roxane put constater que ses paroles apaisantes n’avaient pas eu beaucoup d’effet, car, à bout de nerfs, Claire s’était mise à pleurer.


CHAPITRE 5


La veille de la grande explication, le jeudi, donc, Jean partit de bonne heure. Il avait toujours le bras en écharpe, et sa sœur, craignant qu’il n’ait des difficultés pour diriger sa bicyclette, avec le vent toujours extrêmement violent, lui proposa de l’amener en voiture où il le désirait.
Jean remercia mais préféra y aller seul. Il rassura sa sœur en lui disant avec un grand sourire, qu’il lui restait un très bon bras qui saurait maintenir fermement le guidon. Il est incontestable, et Roxane le remarqua, que le sourire n’avait pas duré très longtemps, et que malgré ses efforts pour ne pas le laisser paraitre, le jeune homme était très tendu.
A midi, Roxane avait préparé le repas pour deux puisque Jean avait prévenu qu’il ne rentrerait que le soir. A midi, contrairement à son habitude, Pierre n’était pas là. Elle regretta amèrement d’être une des rares personnes à ne pas posséder de téléphone portable, et elle se jura de remédier à cette véritable infirmité, très rapidement.
A partir de midi et demi, Roxane fut très inquiète, et comme elle savait que Pierre devait aller au rucher de Marinier, elle prit sa voiture pour aller le rejoindre.
A 100 mètres du rucher, elle aperçut la camionnette de son mari, et son cœur se mit à battre violemment. Il était anormal que Pierre soir resté au rucher à cette heure avancée.
La camionnette était vide.
Elle appela Pierre, mais personne ne répondit. En arrivant à proximité des ruches, elle vit Pierre couché sur le sol, face contre terre, et de nombreuses abeilles qui tournaient autour. Affolée, elle se précipita vers son mari. Insensible aux quelques piqures qu’elle reçut, elle tourna Pierre sur le dos, et se rendit compte qu’il était en vie, et avait gardé son voile d’apiculteur. Il battait des paupières, et finit par ouvrir franchement les yeux. Voyant Roxane, il fit un sourire et prononça les mots classiques : « Où suis-je ? »
- Au rucher, mon chéri, mais il faut partir, il y a beaucoup d’abeilles furieuses.
Pierre se releva avec peine, s’appuyant sur sa femme, et ils s’éloignèrent du rucher.
Débarrassés des abeilles, les deux jeunes gens s’assirent sous un pin, et Roxane demanda ce qui s’était passé.
- Je venais d’ouvrir une ruche, dit-il, lorsque j’ai eu la sensation d’une présence. Je me suis retourné, et j’ai vu un homme derrière moi, un bras en l’air, tenant un gourdin qu’il s’apprêtait à m’asséner sur le crâne. D’un pas de côté, j’ai pu échapper au coup, et je suis parti en courant.
J’ai immédiatement pensé que mes abeilles pouvaient me défendre. J’ai donc volontairement renversé une ruche, tout en courant, et aussitôt les abeilles, furieuses, se sont attaquées à nous. Moi, j’étais protégé par mon voile et habitué aux piqures. Mais l’homme complètement affolé, est parti en courant et en criant. Cependant, il n’avait pas lâché sa matraque, et, passant à côté de moi, il parvint à m’administrer un coup sur le crâne. Je ne me souviens de rien, depuis ce moment là, et je viens juste de me réveiller. A propos : Quelle heure est-il ?
- 1 heure 30 lui répondit Roxane.
- Cela fait donc plus de deux heures que cela s’est passé.
- Il faut absolument que tu ailles te faire examiner à l’hôpital. Tu es resté longtemps sans connaissance.
Avant de quitter le rucher, ils examinèrent les abords pour recueillir éventuellement des indices qui permettraient d’identifier l’agresseur de Pierre. Ils ne trouvèrent qu’une corde, solide et longue, qui semblait prouver que le, ou les agresseurs, voulaient seulement assommer Pierre, pour le ligoter, et sans doute l’emmener. Mais pourquoi ? Il était impossible de donner une réponse à cette question, quoique, l’un et l’autre, sans vouloir en parler, pensèrent aux activités encore inconnues de Jean.
Pierre était sans force, et c’est Roxane qui mit un voile et alla fermer la ruche sur laquelle travaillait Pierre lors de son agression, puis elle replaça la ruche renversée par Pierre sur son support. Ils laissèrent la camionnette au rucher, et Roxane, avec son véhicule, emmena directement Pierre à l’hôpital.
Il avait un violent mal de tête, mais ses idées étaient claires. Le médecin qui l’examina estima plus prudent, cependant, de le garder en observation jusqu’au lendemain.
( A suivre)

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MessageSujet: SUR FOND D'ABEILLES   Mar 15 Sep 2009 - 7:33

En fin d’après midi, avant qu’elle ne quitte l’hôpital, Pierre dit à Roxane de ne pas aller déposer une plainte à la gendarmerie avant d’avoir vu Jean.
Elle ne répondit pas mais le regard qu’ils échangèrent, prouvait qu’ils avaient les mêmes arrières- pensées.
De fait, lorsque Jean rentra et fut mis au courant par sa sœur de ce qui s’était passé, il pâlit et murmura : « Les salauds ! C’est de ma faute »
- Maintenant, tu ne peux plus te taire ! Tu dois nous dire ce qui se passe. Qui sont ces gens qui ont attaqué Pierre, et pourquoi ?
- Je ne peux pas tout te dire, mais tu sauras les grandes lignes.
Depuis 7 ans, je travaille pour les services spéciaux français. Je dois donc être disponible à tous moments. Pour cela, bien que cela m’ait été très difficile, surtout au début, j’ai du laisser s’accréditer l’idée que j’étais un incurable paresseux. J’ai du mentir à tout le monde, et passer pour un pauvre type, mais, c’est un désagrément que j’avais implicitement accepté en entrant dans les services secrets.
Je ne peux te parler de l‘affaire sur laquelle je me trouve actuellement, mais sache que je détiens un document depuis hier soir, et qu’un service étranger fait tous ses efforts pour me le reprendre.
Ils ont cru que Pierre devait être fatalement au courant de l’endroit où j’avais mis ce document, puisque j’habite chez lui, et ils ont voulu le kidnapper pour le faire parler. Nous allons nous enfermer dans la maison, et demain, il faudra que j’aille voir Pierre à l’hôpital pour le mettre au courant, et pendant ce temps, jusqu’à midi, je te demande de ne pas sortir, et de rester barricadée dans la maison. En fin de matinée je reviendrai, et nous aviserons. Je te demande pardon pour tous ces désagréments que je vous apporte, mais une fois cette affaire réglée, je te promets de partir, et vous n’aurez plus d’ennuis venant de moi.
Roxane était partagée entre la crainte de savoir que son frère exerçait une activité dangereuse, et l’immense joie de savoir que loin d’être un paresseux, il avait des occupations nobles, au service de son pays.
Le lendemain matin, après s’être assuré que sa sœur refermait bien la porte derrière lui, Jean se rendit à l’hôpital, où il eut du mal à voir Pierre, car les visites n’étaient autorisées que l’après-midi.
Il obtint un passe droit de 10 minutes, et révéla à son beau frère ce qu’il avait dit, la veille à Roxane, puis demanda :
- As-tu pu voir celui qui t’avait attaqué ? Peux-tu le décrire ?
- J’étais penché sur une ruche, lorsque j’ai senti une présence. Je me suis retourné, et comme j’avais la tête baissée, je ne sais même pas s’il était grand ou petit. Le seul petit détail que je peux te donner, c’est qu’il était blond, très blond, et c’est pourquoi j’ai pu voir cette caractéristique, mais je ne peux rien te dire d’autre, et je crains de ne pouvoir t’aider.
- Détrompe-toi. Je vois parfaitement de qui il s’agit. Merci. Si tu peux sortir dans l’après midi, téléphone-nous, et je viendrai te chercher. Je ne veux pas que tu coures d’autres risques.
- Sans te questionner sur ta mission elle-même, peux-tu me dire au moins si tu vas garder longtemps ce document qui nous met tous trois en péril.
- Ta question est bien normale. Ce soir, à 18 heures, deux envoyés de Paris viendront en prendre livraison.
- Et d’ici là, pas de risque ?
- Si, bien sûr, mais je vais les assumer seul. Ne crains rien. D’ailleurs, le document n’est pas vraiment chez toi.
- Qu’est ce que ça veut dire : » Pas vraiment chez toi »
Je ne peux pas t’en dire d’avantage. Excuse- moi !
A ce moment une infirmière entra pour dire à Jean qu’il ne pouvait rester plus longtemps, car le médecin allait passer, et Jean s’en alla.
Au moment où il s’apprêtait à franchir la sortie principale de l’hôpital, il s’immobilisa brusquement. Appuyé contre le capot d’une voiture, fumant une cigarette, un homme blond qui ne semblait pas se cacher, paraissait attendre quelqu’un.
Jean vérifia que son pistolet était bien en place, enleva le cran de sécurité et se dirigea d’un pas ferme vers l’homme blond.
- James, dit-il lorsqu’il arriva auprès de lui, mon beau frère et ma sœur ignoraient tout de mes activités jusqu’à hier soir. Ils ne savent rien de notre affaire, je t’en donne ma parole d’honneur, et il est donc inutile que tu t’attaques à eux.
Le dénommé James éclata de rire, et en un français correct mais un accent américain nasillard prononcé, répondit, que la parole d’honneur d’un espion en mission n’avait bien sûr aucune valeur ; Puis, il lui dit que son beau-frère lui avait joué un vilain tour avec ses sales bestioles qui s’étaient précipitées sur lui, l’avaient abondamment piqué, et qu’il avait un compte à régler avec lui.
- Je te conseille de lui ficher la paix, parce que je n’accepterai pas que tu t’attaques à quelqu’un de ma famille.
- Arrête de me faire rire ! répondit James. Depuis quand fait-on des sentiments dans notre métier ? Ma parole, si je ne te connaissais pas depuis des années, je pourrais penser que tu es un débutant. La partie n’est pas terminée et je la gagnerai, peu importe les moyens. Tu n’as pas hésité, toi, à faire des choses pas très jolies pour arriver à tes fins. Souviens-toi de l’affaire Brown. Alors pour les leçons de morale, tu t’adresseras à un autre.
( A suivre)

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MessageSujet: SUR FOND D'ABEILLES   Mer 16 Sep 2009 - 7:42

Jean s’éloignait déjà lorsque James lui cria qu’il avait un scoop pour lui : Le rendez-vous de 18 heures était annulé.
Comment James avait-il eu connaissance de ce rendez vous ? Etait-il exact que ce rendez vous était annulé, et dans ce cas, pourquoi avoir prévenu son adversaire ? Manœuvre psychologique volontaire pour montrer qu’il était le plus fort, à moins que James ait simplement commis une erreur humaine en voulant se venger de ne pas avoir réussi à capturer Pierre.
En tout état de cause, il fallait que Jean sache, si vraiment son rendez-vous était annulé, et il appela de son portable, son chef direct. Ce dernier lui dit qu’il allait justement l’appeler pour lui dire que le rendez vous de 18 heures n’aurait pas lieu, les deux envoyés spéciaux ayant eu un accident de la route, certainement provoqué.
Jean lui raconta qu’il venait d’être mis au courant par James, qui semblait diriger la mission adverse. Comment ce James avait-il pu être mis au courant de cette rencontre et de son annulation ? Il y avait sans doute une taupe dans le service et cette suggestion de Jean sembla recevoir l’approbation de son chef.
Il était normal qu’il soit au courant de l’accident automobile, s’il en était l’instigateur. En revanche, pour avoir eu connaissance de l’entrevue, de son heure précise, et des personnes qui devaient y assister, il fallait en effet que quelqu’un du service ait pu les renseigner.
- Il y a quelque temps déjà que j’ai des soupçons à ce sujet dit-il. Sur une autre affaire dont tu ne t’es pas occupé, Jean, il y a eu des choses très curieuses qui prouvaient que nos adversaires étaient au courant de nos plans. Pour notre affaire en cours, je t’envoie deux autres camarades, mais il faut que jusqu’à demain midi, tu trouves une cachette sûre, pour ce que tu possèdes.
- O.K. J’ai une petite idée. Demain 12 heures devant la mairie.
- J’espère qu’ils y seront…et toi aussi, avec…. le témoin à passer.
- Ca ira, Bob. Je suis sur mes gardes.
En arrivant à environ 200 mètres de la maison de Pierre, Jean aperçut un véhicule en stationnement immatriculé dans le 75. Ce fait n’était pas absolument exceptionnel, mais assez rare, même dans cette période de l’année, et Jean vérifia une nouvelle fois que son arme était prête au service. Au lieu d’entrer normalement par la cour devant la maison, il fit le tour, afin d’aborder la maison par derrière, en passant devant la miellerie.
Il ne vit rien de suspect, et comme la porte de la buanderie, la seule qui se trouvait à l’arrière de la maison, était fermée, il revint par devant et appela Roxane. Il n’eut aucune réponse, malgré de nombreux appels. La porte d’entrée était fermée, et il était certain que quelque chose s’était passé.
Au pas de gymnastique, il revint vers le véhicule immatriculé en 75. Elle était partie.
Il revint à la maison, et constata que sur le côté droit, une échelle posée contre le mur, avait du servir à pénétrer dans la maison en passant par la fenêtre d’un ancien grenier.
Jean monta à son tour, appelant toujours sa sœur par acquis de conscience, mais il savait déjà qu’elle avait été enlevée. Pourquoi dans ces conditions n’étaient-ils pas repartis par la porte normale ? Sans doute pour ne pas risquer de se retrouver face à lui, Jean, ce qui effectivement aurait bien pu arriver. Dans la salle à manger, quelques chaises étaient renversées, prouvant que Roxane avait essayé de se défendre, et sur la table, la feuille d’un cahier avait été arrachée, sur laquelle des mots en français avaient été tracés avec quelques fautes.
« On la tien, mon pote, et tu la revera vivante que si tu nous donne le papié, ce soir a 18 heures a l’endroi prévu . Fais attention, on ri pas. »
( A suivre)

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MessageSujet: SUR FOND D'ABEILLES   Jeu 17 Sep 2009 - 6:59

CHAPITRE 7





Jean mit au courant, sa sœur et Pierre, du nouveau développement de l’affaire. Ils allaient devoir rester sur leur garde quelques jours de plus, mais il suffisait de ne pas bouger, et d’attendre de nouvelles instructions de Paris. Quand au document, placé sous la vigilance des abeilles, il était certainement en sécurité.
Il était cependant probable, que les adversaires, eux, ne resteraient pas inactifs, et qu’ils prendraient des initiatives.
Cela s’avéra exact, mais Jean n’aurait pas pensé qu’en face, ils se manifesteraient de la sorte.
Le lendemain matin, Pierre était parti dans un rucher, armé d’un pistolet que lui avait confié Jean. Ce dernier et Roxane étaient à la maison, quand on frappa à la porte d’entrée.
Jean alla ouvrir, et trouva Claire sur le pas de la porte.
- Je suis heureuse que tu sois là. Je n’ai réalisé qu’après être parti l’autre jour, car ton accusation était tellement ridicule….Je n’ai pas rêvé, tu m’as bien dit que je faisais partie d’un service d’espionnage étranger ?
- Exact, et alors ?
- Alors ? C’est tout simplement débile ! Comment as-tu pu penser cela une seule seconde ?
- Plus d’une seconde. Je le pense encore.
- Mais enfin, qui a pu te mettre cette idée ridicule dans la tête ?
- Entre ! Nous allons nous expliquer.
Claire suivit Jean dans le salon, et après s’être assise, c’est elle qui attaqua.
- Je veux absolument tirer cette affaire au clair.
- Au clair ? Moi aussi. D’ailleurs, à propos de claire, pour commencer, Claire n’est pas ton vrai prénom.
- Mais c’est idiot ! Quel est mon prénom, selon toi.
- Dorothée.
Elle marqua nettement le coup, et dut faire un visible effort pour continuer à jouer son rôle.
- Je me demande qui a bien pu t’intoxiquer avec cette cargaison de mensonges. Je m’appelle Claire Marion. Veux-tu voir mes papiers ?
Elle fouilla dans son sac et en sortit une carte d’identité qu’elle tendit à Jean. Il la repoussa de la main.
- Je ne doute pas un instant que tu possèdes une carte d’identité au nom de Claire Marion. Mais tu n’as pas toujours eu cette identité. Alors inutile de poursuivre ta comédie.
Sortant son pistolet, Jean ajouta.
- Puisque tu as eu la bonne idée de venir ici, tu vas y rester, jusqu’au règlement définitif de notre problème.
Puis il appela sa sœur.
- Roxane, j’ai vu dans le hangar une corde assez longue. Peux-tu aller la chercher ? Nous allons garder notre visiteuse quelque temps.
Claire se leva, furieuse, et, protestant toujours de son innocence, elle dit ne pas vouloir rester une seconde de plus chez des fous.
Le claquement de la sureté enlevée, la ramena à plus de raison.
- Mais enfin, Jean, je t’aime, tu le sais ! Pourquoi ces accusations qui n’ont ni queue ni tête ?
- Lorsque je le jugerai opportun, je répondrai peut être à tes questions. Pour l’instant, tu vas rester avec nous.
Claire se débattit, mais Jean parvint à la ligoter sur une chaise, et comme elle poursuivait ses invectives, il lui posa un bâillon, en lui disant qu’il le retirerait quand elle serait devenue plus sage.
Une heure plus tard, le portable de Jean sonna.
- Allo ? C’est James. Je trouve que Claire met beaucoup de temps pour revenir de chez toi. Heureusement, j’ai pris mes précautions, et Pierre a eu la gentillesse de venir chez moi. Alors, les choses sont simples : nous allons faire un échange.
Il est évident, n’est-ce pas, que Pierre a plus de valeur que Claire, puisque c’est un homme (James eut un rire gras) Dans ses conditions, l’échange se fera sur les bases suivantes : Tu libères Claire, tu me donnes le document, et je te restitue Pierre en pleine forme. Comme tu penses sans doute que je bluffe, je vais te faire entendre Pierre.
- Allo ? Jean ? Ils m’ont eu, mais ne cède pas. Dis à Roxane que je l’aime.
James reprit l’appareil.
- Il est très courageux ton beau frère. Mais il ne sait pas, que dans notre métier, seul le but compte, et qu’à sa naissance, son fils risque d’être orphelin de père. Tu sais, toi, que je ne plaisante pas.
Je te laisse discuter avec ta sœur, et je te téléphonerai à 15 heures pour connaitre ton choix. A tout à l’heure.
Roxane, après que son frère lui ait fait part du coup de fil de James, était en pleurs.
- Ecoute, Jean, toutes vos petites histoires, j’en ai assez. Ce n’est pas notre affaire. Je veux que Pierre soit vite libéré. Donne à ce James ce qu’il te demande, qu’on en finisse !
- Je te comprends, Roxane, et si je pouvais me substituer à Pierre, je le ferais volontiers, mais je suis désolé, je ne peux pas céder.
Elle eut beau crier, menacer, prier, Jean resta inflexible, et lorsque James, téléphona à 15 heures, il lui répondit :
- Tu le sais James, dans notre milieu, la mission passe avant tout. Je ne céderai pas. Si tu exécutes Pierre, j’exécuterais Claire, et comme je conserverais mon document, cela fera deux morts pour rien. Pour rien du tout. Alors, faisons un échange de personne, et restons en là.
- Je te donne jusqu’à 18 heures pour réfléchir encore, et discuter avec ta sœur. Si à 18 heures, tu me confirmes ta position, j’exécuterai Pierre immédiatement. En ce qui concerne Claire, tu feras ce que tu voudras. Je n’ai pas de lien particulier avec elle. C’est mon dernier délai. A 18 heures.
La communication terminée, Jean sortit dans la cour pour téléphoner à Bob, hors la présence de sa sœur, et le mettre au courant de l’évolution de la situation.
Le rapport de Jean terminé, un long silence s’établit, puis Bob décida :
- Nous avons trop peu de temps devant nous. James doit te téléphoner dans 3 heures, il faut absolument que tu gagnes tu temps. En fait, tu vas discuter sur les modalités de l’échange, pour que ce dernier ne se fasse que demain matin.
Voici ce que nous allons faire. James veut un document authentique. Il l’aura. Je vais te faire parvenir un document concernant ce nouvel alliage, ultra léger et d’une résistance remarquable. Il est authentique, mais très incomplet. Je sais qu’ils en connaissent déjà quelques éléments, et je retirerai deux ou trois autres données qui paraissent secondaires et sont en faits primordiales.
Le document que tu détiens, lui, est complet, alors que celui que je te fais parvenir, n’est pratiquement pas utilisable.
Je fais immédiatement porter ce document qui arrivera dans la nuit chez Boyer, que tu connais, à Condom. Tu dois te débrouiller avec ça. Tiens-moi au courant des modalités et de l’heure que vous aurez arrêtées avec James, et peu après, tu remettras le vrai document secret à qui je te dirai. Ca marche ?
- O.K. Je vais essayer de gagner du temps.
Jean, rentra dans la maison et confia à sa sœur qu’il allait donner le document à James pour sauver Pierre. Il ne lui parla pas de la substitution du document. Il était inutile d’aviver les craintes de Roxane.
Avec une précision militaire, à 18 heures précises, James téléphona à Jean.
- Tu as gagné. Contre mon avis, mon chef, refuse de risquer une vie humaine qui ne fait pas partie de nos services. Le sens du service n’est plus ce qu’il était. Bien qu’il s’agisse de mon beau frère, moi, je n’aurais pas lâché.
Les choses étant ce qu’elles sont, nous allons mettre au point une procédure d’échange, mais dans ce domaine, j’ai carte blanche, et tu feras ce que j’ai décidé.
Mon beau frère n’était au courant de rien. Il ignorait tout, encore il y a quelques jours, de mes activités. En revanche, Claire fait partie de vos services et à encore des choses à m’apprendre.
Alors, bon ! J’ai perdu, mais je veux essayer de tirer quelques renseignements de ta collaboratrice.
Voici ce que je te propose. Ou du moins, ce que je décide.
L’échange aura lieu dans un lieu public. Je te donne rendez-vous demain matin à 8 heures, dans le hall d’arrivée de la gare d’Agen.
Tu viendras avec Pierre. Je viendrai avec Claire et le document. Le document sera dans la poche de Claire, et nous n’aurons qu’à échanger deux personnes. Pour que tu sois rassuré, je laisserai Claire prendre connaissance du document, et avant l’échange, elle pourra te confirmer que c’est le document authentique qu’elle aura dans sa poche.
James essaya d’obtenir que l’échange ait lieu plus tôt, le soir même, mais Jean se montra ferme.
- Ce n’est pas de gaité de cœur que je vais te remettre ce document pour l’obtention duquel je me suis battu depuis de longs mois. Mais dans un domaine où je suis le seul maître, c'est-à-dire la mise au point des conditions de l’échange, je te l’ai dit, je ne céderai pas.
James pensa qu’après tout, il n’était pas à quelques heures près, l’important était d’avoir le document, et il donna son accord sur la façon de procéder.
A deux heures du matin, Jean se leva pour aller chercher le document à Condom. Il ne prit pas la voiture et partit silencieusement par l’arrière de la maison à bicyclette.
La nuit était à son premier quartier, un petit vent désagréable soufflait de côté, le ciel était complètement dégagé et, en ce mois de Juin, la température nocturne, exceptionnellement basse, ne devait pas dépasser les 4 ou 5°.
- Quel métier ! Bougonna Jean par plaisanterie, car il pensait exactement le contraire. Il aimait cette vie pleine de risques, mais jamais monotone, avec des phases d’activité intense et des plages d’oisiveté.
Il se demanda quelle décision il aurait prise s’il avait dû, soit livrer le véritable document, soit abandonner Pierre à son sort. Honnêtement, il ne pouvait répondre à cette question, mais arriva vite à la conclusion qu’il était inutile de se mettre martel en tête, puisque Bob avait trouvé une solution intelligente. C’était heureux car Jean n’aurait vraiment pas su que faire.
Le document qu’il possédait, concernait donc un matériau extraordinaire découvert par un chercheur polonais de génie Kolosky. Il était parvenu à créer un alliage comprenant dans des proportions très précises, 7 minéraux et trois polymères. Il possédait deux caractéristiques : Il avait une résistance deux fois supérieure à celle de l’acier, et surtout, sa densité n’était que de 0, 540
L’inventeur avait appelé son produit le Kolonium, mais les services français l’avaient débaptisé, et du fait de sa principale caractéristique, la légèreté, l’avaient appelé le Légérium
Les Américains avaient eu vent de cette découverte. Ils étaient allés voir Kolosky, lequel, malgré le paquet de dollars qui lui était offert, ne voulait traiter qu’avec son propre gouvernement. Les Américains ont donc un peu bousculé le savant, qui, malheureusement, de santé fragile, mourut d’une crise cardiaque.
Ils cherchèrent la fameuse formule dans tous les coins où Kolosky était susceptible de l’avoir camouflée. Ils ne trouvèrent rien.
Bob, fut, Jean ne sait comment, au courant de l’existence de ce nouvel alliage, découvert en Pologne. Il lança ses propres agents et eut la chance dans un premier temps, d’avoir un petit aperçu de la formule, puis tout dernièrement d’avoir en totalité le compte rendu d’expérience, et la formule définitive. C’est ce compte rendu qui était en possession de Jean.
Le document tronqué expédié par Bob, arriva par avion spécial, et Jean, donc, le récupéra chez Boyer, un correspondant du service.
Tout comme l’aller, le retour s’effectua sans problème. James était persuadé avoir gagné la partie, et n’avait pas jugé opportun d’assurer la surveillance nocturne de Jean.
C’est avec un grand soupir de satisfaction qu’il retrouva son lit, au chaud, jusqu’à 6 heures 30.
Roxane s’était chargée de garder Claire. Elle savait qu’elle était la monnaie d’échange contre son mari, aussi prit-elle toutes les précautions pour que la jeune femme ne puisse pas s’enfuir, tout en la faisant bénéficier de sa gentillesse naturelle.
Jean avait apporté un matelas dans la chambre de Roxane sur lequel dûment ligotée, Claire fut couchée. Roxane veilla cependant à ce Claire puisse dormir assez confortablement.. Roxane ferma sa porte à clé, et mit cette dernière sous son oreiller.
Après le petit déjeuner pris ensemble, Jean confia à Claire, libre de ses mouvements, le document, en l’invitant à en prendre connaissance.
- J’y tiens, lui dit-il parce que James doutera sans doute de son intérêt et je veux que tu puisses le rassurer afin que l’échange de votre liberté contre celle de Pierre, puisse s’effectuer convenablement.
- Je ne te le cache pas, je suis un peu surprise que tu nous donnes ce document dit Claire, après l’avoir parcouru. Ce nouveau matériau va bouleverser toutes les économies, dans tous les domaines : l’aviation, la marine, l’automobile… . Je ne comprends pas. Et quand je ne comprends pas, je deviens très méfiante. Je sais que Pierre est ton beau frère, mais que pour le sauver, tu en viennes à nous donner ce document, c’est impensable. Il y a un truc.
- Quel truc veux-tu qu’il y ait ? Tôt ou tard, vous auriez eu connaissance de cette découverte, et nous aurons toujours l’avantage, d’avoir un peu d’avance sur vous. Alors pourquoi sacrifier des vies humaines, celle de Pierre, et la tienne.
Elle regarda Jean, visiblement surprise de ce souci avoué d’économiser des vies humaines. On sentait que la jeune femme ne parvenait pas à se faire une opinion : S’agissait-il d’une manœuvre, ou Jean était-il de bonne foi ?
A sept heures du matin, Jean, Claire et Roxane qui voulut à tout prix les accompagner, montaient dans l’automobile, pour se rendre à Agen.
Ils étaient encore dans la cour, lorsque James, accompagné d’un homme, l’arme au poing, surgirent par le portail. Ils furent suivis par un autre homme qui soutenait Pierre, lequel semblait bien mal en point.
En tenue d’apiculteur qu’il portait au moment du rapt, son visage était émacié, et du sang séché maculait ses joues. Il avait les mains liées derrière le dos. En le voyant, Roxane hurla et Pierre apostropha James.
- Salaud !! Qu’est ce que vous lui avez fait ? Tu sais parfaitement qu’il n’est pas dans le coup.
- Du calme ! Riposta James, ce n’est pas grave. Mais tu sais ce que c’est, j’ai un jeune qui vient d’arriver, alors quand on débute, on fait de l’excès de zèle, et il a voulu le faire parler. Comme ton beau frère ne pouvait rien dire, parce qu’il ne savait rien, il l’a un peu bousculé, mais il s’en remettra.
A ce moment, se produisit un fait inattendu.
Durant la conversation entre Jean et James, Claire avait vu que, sur la plage arrière de la voiture, il y avait un soudogaz et un briquet dont Pierre se servait pour allumer son enfumoir. Elle s’en était emparée, avait allumé le soudogaz, puis, après avoir sorti le document de son sac, elle se mit à crier à l’attention de James.
- Tu es un salaud. J’ai le document, et pour l’avoir lu, je peux te dire qu’il est d’une extrême importance. Il s’agit bien de ce nouveau matériau très résistant et extrêmement léger. Ils ont été très corrects avec moi, alors que toi, tu as agi comme un sauvage. Tu me dégoutes. Alors, si tu ne fiches pas le camp immédiatement toi et tes gars, en laissant Pierre ici, je brûle le document en moins de deux secondes. Tu veux courir le risque ?
Elle tenait le soudogaz et le document côte à côte, pour bien marquer qu’en une fraction de seconde, elle pouvait y mettre le feu.
Visiblement, James était pris de court par l’attitude de Claire, et il resta figé un instant, avant d’essayer de parlementer.
- Mais enfin, Claire, ne fais pas l’imbécile ! Que se passe-t-il ? Nous avons gagné. Nous allons libérer Pierre, ils vont te libérer et tout sera fini.
- Ils m’ont traité humainement, alors que vous avez brutalisé un homme qui n’y était pour rien. Ils m’ont confié le document et je ne suis même pas menottée. Je te jure que je brûlerai le document si tu fais un pas en avant, et je le brûlerai aussi si tu ne pars pas immédiatement. Dépêche-toi !
James essaya de s’adresser à Jean :
- Je ne sais pas ce que tu lui as fait, mais peu importe. Ce document, tu me le donnes, oui ou non.
Mais c’est Claire qui répondit.
- Le document, c’est moi qui le possède, ce n’est plus lui. Je te jure que si tu ne pars pas immédiatement, je le brûle.
Comme James ne bougeait pas, elle approcha la flamme du document qui commença à brûler.
- Non, non, hurla James, nous partons ! Mais je te revaudrai ça. Les trois hommes sortirent de la cour, et Roxane jaillit de la voiture pour se précipiter vers Pierre qui tenait à peine de bout.
Voyant la fuite de James, Claire avait éteint les flammes du document, sous son pied.
Jean, aidé par Roxane, soutinrent Pierre pour entrer dans la maison. Jusqu’à ce que les trois jeunes gens soient à l’intérieur, Claire avait gardé le soudogaz allumé, prête à remettre le feu au document, en cas de retour de la bande. Cette précaution s’avéra inutile.
Pierre fut allongé sur son lit, et Roxane, aidée par Claire, nettoyèrent les plaies sur le crâne, qui à vrai dire étaient plus spectaculaires que profondes ; En revanche, elles virent avec horreur, que le torse de Pierre était constellé de brulures de cigarettes, et il souffrait le martyr. Malgré l’opposition de Pierre, et l’attitude gênée mais neutre de Jean, qui, par profession n’aimait pas faire appel aux autorités légales(les médecins étant tenus de signaler les blessures suspectes qu’ils avaient eues à soigner) Roxane appela un médecin.
Le médecin arriva peu après, désinfecta les plaies, et fit une piqure antalgique.
Lorsqu’il partit, Jean l’accompagna, et eut une longue conversation avec lui. En revenant, il avait l’air soulagé et dit que le médecin ne signalerait pas les curieuses blessures de Pierre. Ce dernier commençait à moins souffrir après la piqûre et s’endormit très rapidement. Il n’avait pas fermé l’oeil durant les 24 dernières heures.
Ayant barricadé la maison, l’arme toujours prête à l’emploi, il téléphona à Bob, pour le tenir au courant du développement de la situation.
(A suivre)

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MessageSujet: SUR FOND D'ABEILLES   Ven 18 Sep 2009 - 7:10

CHAPITRE 8




Les problèmes qui se présentaient étaient multiples. Tout d’abord, James certainement doublement furieux, de son échec d’une part, et de la trahison de Claire d’autre part, n’était pas homme à passer à autre chose. Il allait mettre au point une contre attaque, pour récupérer le document.
Autre problème : Pierre était momentanément hors service, or c’est lui qui savait dans quelle ruche il avait mis le véritable document.
Enfin, il fallait éclaircir le problème de Claire. Avait-elle agit sous le coup de la fureur en constatant la sauvagerie de James, mais allait-elle revenir à sa place naturelle, ou plus exactement la place qu’elle avait choisie, auprès de James ? Ou avait-elle l’intention de changer du tout au tout, soit en se ralliant à Jean, soit en se retirant purement et simplement de toute cette histoire ?
Roxane, lorsque Pierre fut endormi, dit à son frère qu’elle devait absolument aller récolter le pollen pour le faire sécher rapidement et assurer sa conservation.
Jean poussa de hauts cris. Pas question que Roxane sorte alors que les autres pourraient la capturer de nouveau, mais, entêtée, la jeune femme ne céda pas, et après avoir confié la maison à Claire, à laquelle il avait décidé de faire confiance, Jean dut accompagner sa sœur, en lui prêtant un révolver. Avec deux armes, ils avaient de quoi se défendre.

Les abeilles ramassent le pollen des fleurs, c'est-à-dire l’élément mâle des plantes, qui leur sert à préparer la bouillie destinée à la nourriture des larves. Elles les stockent dans de petites cavités, sur leurs pattes arrières, et lorsqu’elles rentrent à la ruche, on dit qu’elles ont des culottes de pollen.
Pour récupérer une partie de ce pollen rapporté, on oblige les abeilles à entrer par une grille dont les trous font 4 millimètres et demi de diamètre. C’est en passant par ces trous, qu’elles perdent environ le dixième de leurs culottes, qui tombe dans un tiroir aéré. Ce sont ces tiroirs qu’il faut vider tous les deux jours, trois au grand maximum, car il importe de faire sécher le pollen rapidement dans une étuve thermostatée à 40°, afin d’éviter que le pollen ne moisisse.
La tournée des divers ruchers (seuls, ceux qui sont à proximité sont dotés de trappes à pollen, les ruches éloignées, comme celles dans les Landes entraineraient des frais de transport trop importants) cette tournée dura deux heures, et il ne se passa rien de particulier.
La seule chose vraiment nouvelle pour Roxane, c’était de voir son frère, qu’elle avait considéré durant des années comme un paresseux pathologique, travailler vite et bien.
A la maison non plus, il ne s’était rien passé. Pierre dormait encore, et Claire avait commencé à préparer un repas.
Pierre souffrait un peu moins. Mais il se faisait du mauvais sang pour son exploitation. On se trouvait dans une période de l’année que l’on appelle la haute saison, et qui détermine en grande partie les revenus annuels.
Rassuré de savoir que la récolte de pollen avait été faite, il demanda de participer aux discussions concernant l’affaire de Jean.
Ce dernier avait pris à part Claire pour essayer de déterminer dans quel camp elle se trouvait.
Après l’avoir remerciée pour son intervention efficace, il lui posa carrément la question. Elle lui répondit d’une façon aussi directe.
- Je ne sais si tu es au courant, mais j’ai été la femme de Bob, ton chef direct. Nous avons divorcé il y a 5 ans. J’ai fait la connaissance d’un membre important des Services de renseignements français, Max. J’ai été sa maitresse pendant quelques mois. Après notre rupture, Bob, que je continuais à voir, m’a dit exactement « qu’il n’avait pas confiance à 100 pour cent en Max »
- Mais James, comment l’as-tu connu ?
- Oh ! Il y a longtemps. Pas 10 ans comme tu l’avais suggéré souviens-toi, mais 5 ou 6 certainement. J’étais encore avec Bob, et nous nous sommes rencontrés dans une réception mondaine. C’est assez amusant, mais c’est Bob qui m’a présentée James Par la suite nous nous sommes revus…
- Et tu es devenue sa maitresse et sa collaboratrice ?
- Pas sa maitresse. Mais il m’avait demandé un petit service. Comme il connaissait Bob, et après avoir demandé conseil à mon ancien mari, je le lui ai rendu. Par la suite, comme je lui avais refusé un second service, il m’a dit que maintenant j’étais mouillée dans une affaire d’espionnage, et que j’étais obligée de continuer. C’est ce que j’ai fait. Il me tient toujours, mais je m’en fiche. Il arrivera ce qui arrivera mais je vais arrêter.
James m’avait beaucoup parlé de toi, et m’avait dit combien tu étais un homme peu intéressant, sans scrupule, soucieux seulement d’obtenir des résultats professionnels qui te serviraient pour obtenir des promotions. Il a fait tant et si bien, que j’ai accepté de travailler pour lui, contre toi.
Je dois dire que lorsque j’ai fait ta connaissance, j’ai failli refuser, car il me semblait que tu n’étais pas celui que m’avait décrit James, et puisque c’est l’heure de vérité, je ne te cache pas que tu ne m’étais pas indifférent. Sur ce point, je ne t’ai pas joué la comédie.
J’ai passé des journées très pénibles, me demandant toujours si j’avais raison de continuer à me battre contre toi.
Quand j’ai vu l’attitude sauvage, cruelle, de James, et que je l’ai comparée avec ta méthode professionnelle, mais humaine, j’ai compris en une seconde que j’avais fait fausse route, et je suis heureuse d’avoir pu t’aider.
Je vais continuer à te parler sincèrement. Avec James, ma collaboration est terminée, mais je n’ai pas l’intention de travailler pour toi. Je veux rester en dehors de toutes ces activités parallèles, pour lesquelles d’ailleurs, je ne suis pas faite.
Je me propose, d’avoir avec James, la même conversation franche qu’avec toi. Puis-je m’en aller ?
- Bien sûr, tu peux partir. Mais je pense que pour l’instant, il vaudrait mieux que tu ne coupes pas les ponts avec James. Tu risquerais de le rendre fou de rage. Je ne te demande pas de m’aider, mais simplement de rester neutre. J’espère que nous aurons l’occasion de nous revoir. A toi de décider.
- Je te ferai certainement signe un de ces jours.
Claire, alla embrasser Pierre et Roxane, puis partit.
Deux jours se passèrent avant que Pierre ne puisse reprendre une partie de ses activités.
La grande miellée arrivait à grands pas et il était temps de mettre des hausses supplémentaires sur les ruches. Pourtant, il était difficile de sortir de la maison, sans courir le risque de rencontrer James et sa bande, qui certainement devaient préparer quelque chose.
Il devenait urgent de se débarrasser du document, mais assez curieusement, Bob ne semblait pas pressé de le récupérer. Lorsque Jean lui demandait de terminer rapidement cette affaire, il répondait :
- Il faut laisser passer un peu de temps. James et sa bande vont se lasser, ils vont baisser leur garde, et nous pourrons faire venir ce document sans courir le risque d’être intercepté. Rien ne presse !
Le document que tu possèdes, est d’une telle importance, que nous devons accepter de perdre quelques jours, pour atteindre une sécurité complète.
- Tu en parles à ton aise ! Je suis chez ma sœur et mon beau frère, or, à cause de nous, ils sont condamnés à l’inaction alors que c’est le moment des gros travaux dans leur exploitation apicole.
- Ce sont de bons français. Ils comprendront.
Un matin, alors que Bob ne voulait toujours pas bouger dans l’immédiat, Jean se mis en colère et lui dit.
- Je regrette, il est impossible de continuer comme ça ! Puisque tu ne veux rien faire, je vais me débrouiller tout seul, et c’est moi qui vais te l’amener à Paris.
- Je t’interdis de faire ça !! Il faut que nous soyons assurés à 100 pour 100 que le document arrivera à Paris. Tu sais ce qu’il représente pour nous. Si tu venais seul, malgré toutes les précautions que tu prendrais, tu risquerais d’être intercepté. Il n’en est pas question.
- Comme il n’est pas question que j’oblige mon beau frère à ne pas faire son travail, nous sommes dans une impasse.
- Mais non, ce n’est pas une impasse ! Tu attends quelques jours, et c’est tout.
- 24 heures. Je te donne 24 heures pour que tu mettes sur pied une opération pour récupérer ce document. Si tu ne fais rien, je monterai seul à Paris, et je te remettrai à la fois le document et ma démission. Je te rappelle demain à la même heure.
Puis ne voulant pas entendre les récriminations de Bob, Jean coupa la communication.
Deux minutes plus tard, Bob le rappelait.
- Je t’interdis, tu m’entends bien, je t’interdis de m’apporter ce document, sans prendre les précautions indispensables. Je suis ton chef, ne l’oublie pas.
- C’est parce que je ne l’oublie pas que je te remettrai ma démission.
- Je la refuserai.
Allons, que se passe-t-il ? Nous nous connaissons depuis longtemps. Que t’arrive-t-il ?
- Ce qui m’arrive ne te regarde plus.
Et Jean, de nouveau, coupa la communication
( A suivre)

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MessageSujet: SUR FOND D'ABEILLES   Sam 19 Sep 2009 - 7:04

CHAPITRE 9



JEAN


Deux fois de suite, je viens de raccrocher au nez de Bob. Nous nous connaissons depuis longtemps et nous avons rempli ensemble des missions périlleuses. Mais il y a de vilaines pensées qui me tournent dans la tête.
Il est évident que je détiens un document d’une valeur incommensurable, et qu’il faut absolument que notre service puisse le posséder. Je ne peux pas tout laisser tomber, et je n’en ai d’ailleurs pas l’intention.
En menaçant de donner ma démission, je voulais enregistrer la réaction de Bob. Il n’est pas revenu sur sa position. Il ne veut pas que le document arrive à Paris trop vite. Pourquoi ?
Oui, pourquoi ? Un petit travail s’est fait dans mes cellules grises.
Tout d’abord, Bob m’a dit qu’il soupçonnait quelqu’un de nos services, de jouer le double jeu. D’après ce que m’a dit Claire, il doit s’agir du dénommé Max. Si c’est exact, pourquoi est-il encore en fonction ? Dans notre métier, il n’y a pas de place pour le doute. On ne garde pas un agent douteux.
Ensuite, Bob lui-même m’a dit que notre premier rendez vous, n’était connu que de lui, de moi, et des deux envoyés…….. qui ont eu un accident automobile. Si nous avons été trahis, ce ne peut être que par l’un de nous quatre.
Enfin, notre adversaire est James, dont l’alliée était Claire. James a été mis au courant du rendez vous. Or Claire m’a dit que c’était par Bob qu’elle avait fait la connaissance de James, au cours d’une réception. Ne peut-on penser à une connivence entre Bob et James ? Je commence à le croire.
Il faut avouer que tous ces éléments réunis sont troublants.
Pourtant, je veux remplir ma mission, et non seulement je suis seul, contre nos adversaires, mais il faut de plus, que je me méfie de mon chef direct.
Si j’ai vu juste, je sais que Bob ne fera pas de sentiment. Il va essayer de m’éliminer.
Je vais donc, dans un premier temps, faire un rapport concernant mes doutes. Je vais le confier à Pierre, avec pour mission, si je devais disparaitre d’une façon brutale, de le transmettre au général Janot, le grand patron de mon service.
Après quoi, je prendrai le risque de monter seul à Paris, pour remettre le document au général. Avec James et sa bande, plus Bob, contre moi, je suis réaliste : j’ai peu de chance de réussir, mais je ne peux pas faire autrement, je dois tenter ma chance. Je vais demander à Pierre de récupérer le document, et je vais partir immédiatement à Paris, avec la voiture de Roxane.
Après en avoir discuté pendant une heure, Roxane, Pierre et moi, nous avons décidé de faire les choses de la façon suivante.
Je ne voulais pas au départ que Roxane intervienne, mais elle a tant insisté, que Pierre et moi avons cédé.
Pierre et Roxane, partiraient donc en camion au rucher. Ils auront chacun un pistolet. C’est Roxane qui récupérerait le document dans la ruche, pendant que Pierre assurera sa protection avec son arme.
10 minutes après le départ du camion, je partirai avec le véhicule de Roxane. Au rucher, je prendrai le document au vol. Si James épiait dans les alentours, Pierre et Roxane, le temps qu’il rejoigne son véhicule j’aurais un peu d’avance, et partirais aussitôt sur Paris.
Pierre aurait voulu m’accompagner dans la capitale, mais j’ai tenu ferme. Ils avaient lui et ma sœur couru assez de risques, il fallait que cela se termine et qu’ils reprennent leurs activités normales.
Dans une heure, Roxane et Pierre partiront au rucher, et peu après, le temps de leur laisser le temps d’allumer l’enfumoir et de récupérer le document, j’irai les rejoindre. D’ici là, je vais me vider l’esprit et penser à autre chose que mon travail.
Lorsque la dernière fois, Claire et moi, nous nous sommes quittés, j’ai eu une sensation nouvelle pour moi. J’étais malheureux de la voir partir. Il est certain, que j’avais particulièrement apprécié son attitude, lorsqu’elle nous avait défendu contre James, en menaçant de brûler le document. Elle m’avait impressionné par son calme, son cran, sa détermination, qui en a imposé à trois hommes armés. J’ai donc pour elle, respect et admiration.
Est-ce suffisant pour expliquer ce trouble ressenti lors de notre séparation ? J’ai trop l’habitude de regarder les faits en face, pour le croire.
Je n’ai jamais eu de vie sentimentale. Tout simplement parce que je savais que je n’y avais pas droit. Un homme qui mène une vie aventureuse, instable, dangereuse, ne peut demander à une femme d’avoir un tel mari.
C’est aujourd’hui que je me rends compte, combien la raison derrière laquelle je m’abritais, était ridicule. Si je n’ai jamais eu de vie sentimentale, c’est tout simplement parce que je n’avais jamais rencontré une femme qui m’attire suffisamment pour que je me pose la question :
Suis-je prêt à abandonner ma vie actuelle pour mener une existence normale avec femme et enfants ?
Je l’ai dit, j’adore mon activité, mais, si Claire me demandait de l’abandonner, que ferais-je ? Le seul fait de me poser la question, est déjà extraordinaire. Mais il faut que je reste lucide : la question ne se poserait que si, de son côté, Claire se sentait vraiment attirée par moi. Je ne veux pas perdre de vue que, travaillant avec James, elle était dans son rôle en jouant à la femme amoureuse, pour essayer de recueillir des renseignements sur mon activité. Alors, je ne peux tenir compte des déclarations d’amour dont elle m’a abreuvé.
Bon. La petite séance sentimentale est terminée. Il faut maintenant que je finalise cette affaire en cours, et la conclusion n’interviendra, que lorsque j’aurais remis en main propre, ce foutu document au général.
Une seule chose est certaine. James ne restera pas inactif. Je ne peux me contenter de prendre le document au rucher, et tranquillement d’emprunter l’autoroute pour aller à Paris. Je ne me fais pas d’illusion. Le véhicule de Roxane est connu, et je serais vite intercepté par les correspondants de James. Il va falloir jouer serré. Je vais devoir changer plusieurs fois de véhicule. Par les sociétés de location de voiture, ils auront assez vite les caractéristiques du véhicule que je conduis, aussi, faudra-t-il que j’en change, avant qu’ils n’aient la possibilité de m’intercepter. J’envisage également de parcourir éventuellement des tronçons en train, pour les déstabiliser.
Il y a encore un autre élément, sur lequel je n’ai pas de certitude, mais……
Si Bob joue le double jeu, il aura senti mes réticences à son égard, quand j’ai donné ma démission. Alors, comme il me connait bien, il sait que je tenterai d’aller seul, porter le document à Paris, et James et lui vont peut être mettre leurs moyens en commun.
La situation est compliquée, mais je ne peux pas reculer.
Je vais prendre une carte, faire mon plan, et puis, le départ de Roxane et Pierre marquera le début de la fin de l’opération…..
( A suivre)

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MessageSujet: SUR FOND D'ABEILLES   Dim 20 Sep 2009 - 6:55

CHAPITRE 10



Une dernière fois, Pierre tenta de dissuader Roxane de venir au rucher avec lui. Il avait employé tous les arguments possibles, mais elle était restée inflexible : Attendre, seule, à la maison, pendant que son mari et son frère courraient des risques, était une épreuve qu’elle ne pourrait supporter.
En dernier ressort, Pierre avait bien essayé de lui dire, que s’il fallait fuir, ce serait beaucoup plus facile pour lui s’il était seul, plutôt qu’accompagné d’une femme enceinte. Rien n’y fit. Elle demanda seulement que Pierre lui explique bien le fonctionnement du pistolet.
Comme convenu, Pierre et Roxane partirent au rucher où se trouvait le document, et peu après, Jean, au volant du véhicule de Roxane, prit la même direction.
Arrivé près du rucher, il constata en souriant, que sa sœur, et son beau frère, tels de vrais pros, assis par terre, dos à dos, pour ne pouvoir être pris à l’improviste, le pistolet à la main, l’attendaient.
Jean ne descendit pas de la voiture, prit le document que lui tendait Pierre, et avant de redémarrer leur dit :
- Je laisserai le véhicule de Roxane sur le parking de la gare à Agen. Je mettrai dans le parcmètre ce qu’il faudra pour 4 ou 5 heures de stationnement. A plus tard.
Jean était à l’entrée de Condom, lorsqu’il vit Claire, au bord de la route qui lui faisait signe de s’arrêter. Il hésita un seconde, puis s’arrêta prenant vivement son pistolet à la main.
- Je te guettais. James a su, je ne sais pas comment, ton départ pour Paris aujourd’hui, et tu as un comité d’accueil, qui t’attend, à la sortie de Condom. Il faut que tu contournes la ville. Ne parle à personne de l’itinéraire que tu veux prendre. Même à ton service. Pars vite, Je t’aime. Bonne chance.
Jean n’avait aucune raison de mettre en doute les renseignements fournis par Claire, et fit un détour de 15 kilomètres, pour éviter la sortie de Condom.
Tout en conduisant, les sujets de réflexion ne manquaient pas. Entre la déclaration d’amour de Claire, et sa difficile mission en cours, il y avait de quoi alimenter ses cellules grises. Puis il se dit que les problèmes sentimentaux n’avaient aucune raisons de se développer s’il se faisait descendre avant son arrivée à Paris. Il concentra donc tous ses efforts sur la nécessité d’échapper aux pièges que James et sa bande allaient lui tendre.
Dans les quelques mots prononcés par Claire, quatre avaient particulièrement frappé Jean. « Même à ton service » avait elle dit en lui conseillant de ne parler à personne de son itinéraire. Aurait-elle aussi des doutes en ce qui concerne Bob ?
Jean ne fit jamais plus de 150 kilomètres dans le même véhicule, qu’il rendait à une agence de la société à laquelle il l’avait loué, pour ensuite, en louer un autre dans une société différente. Il ne prit jamais l’autoroute, et n’hésitait pas à négliger les itinéraires les plus directs, pour prendre le chemin des écoliers, et déjouer d’éventuels pièges de James.
Jean avait à Paris un camarade, Jacques, avec lequel il avait fait son service militaire, et il décida de descendre chez lui, s’il n’y avait pas d’impossibilité. Il lui téléphona, et entendit une voix féminine lui dire que son mari, Jacques, n’était pas encore rentré, mais qu’il serait certainement très heureux de revoir un vieux copain. Il était donc attendu, et le fait qu’il n’arriverait que vers 10 heures du soir n’était pas grave, puisqu’eux-mêmes se couchaient toujours assez tard.
Décidemment, les choses s’avéraient plus faciles qu’il ne l’avait craint, et il décida de s’arrêter dans un café pour boire une bonne bière fraiche.
Il prit une précaution, dont il avait l’habitude, puis appela le garçon pour lui passer commande.
Il calcula que dans une quinzaine d’heures, très tôt le lendemain, il pourrait mettre un point final à cette affaire, en remettant le dossier du Légerium au général, et il pourrait alors tourner ses pensées vers des horizons plus agréables, et plus pacifiques.
Il venait d’appeler le garçon pour lui régler sa consommation, lorsque derrière lui, James surgit, fit le tour de la table, et vint s’installer devant lui.
Il avait un large sourire, et après avoir, de son mouchoir, essuyé la sueur qui perlait sur son front, il lui dit :
- Mon salaud ! Tu m’en as donné du mal. ! Je croyais bien que tu allais m’échapper, et je m’en serais voulu toute ma vie.
Comme le garçon venait pour encaisser, James lui dit :
- Deux autres bières. Tout sera pour moi.
Lorsque le garçon se fut éloigné, James reprit
- Bon. Tu as perdu. Tu vas me remettre ce fameux document. Ne fais pas cette tête, la prochaine fois, c’est peut être toi qui gagnera. Il faut être beau joueur. Vois-tu, j’ai toujours pensé que tu étais très fort, mais qu’en définitive, je le suis plus que toi. Et aujourd’hui, j’en apporte la preuve. Je reconnais que tu m’as donné du fil à retordre, mais ce qui compte, c’est le résultat final, tu es bien d’accord ?
Pendant que James, tout heureux de l’avoir retrouvé, et d’avoir gagné la partie se laissait aller à une logghorée joyeuse, Jean avait eu le temps de réfléchir.
- Je ne fais pas la tête. Pas du tout même ! C’est vrai, je t’admire d’avoir pu me retrouver malgré toutes mes précautions, et les distances parcourues. Je t’adresse mes sincères félicitations.
- Merci. Tu te montres finalement beau joueur. Tu avoues avoir perdu. Maintenant, donne-moi ce fichu document.
- Attends, attends ! Je crois qu’il y a un quiproquo. Je t’ai félicité pour avoir su me retrouver, mais tu n’as pas gagné la partie. A vrai dire, tu l’as perdue, puisque tu n’as pas le document.
- Je ne l’ai pas, mais tu vas me le donner. Regarde !
De son index levé, il fit voir que le café où ils se trouvaient faisait également Hôtel.
- Je ne vais pas te demander de te foutre à poil devant tout le monde, pour me permettre de récupérer le document, mais tu vas prendre une chambre, et je saurai bien le trouver, soit sur toi, soit dans ta valise.
Il appela le garçon et demanda une chambre. Jean se taisait, et, il resta impassible lorsque le garçon répondit qu’il allait leur envoyer la réceptionniste.
( A suivre)

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Sur fond d'abeilles

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