A une gardienne mystérieuse et éternellement présente.

Cybèle, Isis ou Vénus…
Toi, la Grande, je sais que tu m’attends là-bas,
Au pays qui te ressemble et que j’ai fui,
Trop longtemps, trop souvent,
Enfin, plusieurs fois.
J’ai fui ce regard innocent si plein de ta substance,
Ce regard qui accuse mes absences,
Comme le reproche de cela qui ne se dit pas.
Pas avec des mots, pas avec des sons,
Juste avec les yeux, enfin ceux du cœur.
Un cœur qui oserait la chamade, l’abandon, le ridicule,
Oh, jamais il ne tua autre que lui-même
Il est si démuni.
Ensemble nous monterons le sentier, nous gravirons les degrés
Qui mènent au bassin de tes eaux profondes,
Enlacées de nos pleurs et de nos rires,
Nous parlerons des jours anciens ou de nos délires,
Défunts et à venir.
Un jour pourtant, et nous le savons déjà, quelqu’impie fort bel esprit,
Excédé par notre incurable futilité,
Prononcera un nouvel anathème
Alors nous retournerons vers les eaux vives,
Nous remonterons un autre cours,
Celui de nos vendanges tardives.
Là, dans le même éclat de rire,
Nous retrouverons la source malmenée par des butors,
Une nouvelle assomption fera jaillir,
Ouvrant ces bras si forts, doucement croisés sous ta poitrine,
Où niche la patience,
Le souffle qui délivre
Des culpabilités et de la mort.
Un nouveau cycle débutera,
Pour toi, pour moi, pour nous toutes.
Ce sera le fait d’un homme au cœur tendre,
Un de tes fils malmenés par ce temps qui ne le connaît pas.
Femme jumelle et si étrange à la fois,
Je sais que tu m’attends, solide, hiératique,
Immuable et monolithique.
Parmi les fleurs et les bourgeons
Ne désespère pas, j’arrive !
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"La vie c'est simple, c'est avec le vécu que tout se complique..."