Opaque
Opaques les regards croisés
Aspirés vers le néant d’un abîme
Intérieur, indéchiffrable
Le temps n’existe plus
C’est un mal trop ancien
La nouvelle vérole
La folle densité
A effacé jusqu’au soupir
Et la pulsation forcenée dissout dans l’éther
Le souffle qui portait ta voix
L’orgue lui-même a perdu sa période
L’illusion annihile les velléités de l’inspir
La boite imbécile pompe l’air et bouffe la part du feu
Je n’est plus
Qu’un ion fou
Sur le magma
Nulle étincelle ne vient allumer un sourire
Tout au plus des rictus
Entendus
Et incrédules
D’être encore là, de figurer encore
Dans le décor interchangeable
Des aérogares aux parloirs des désabonnés
Chaque main tendue
Menottée se referme sur l’aumône
D’une monnaie de singe
Ou d’un contrat bidon
Des magiciens imberbes
Aux voix d’outre monde
Psalmodient les louanges
D’un suaire fanfaron
Nous n’allons plus au bois
Il y fait bien trop d’ombre
Et la mousse qui nous reçoit est celle de tapis
Où glissent les souris
Colorées ou blanches
Qu’importe puisqu’un pied sur le damier
Chacun est déjà Mat
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"La vie c'est simple, c'est avec le vécu que tout se complique..."