Forums de Liens Utiles
Littérature, Théâtre, Peinture, Musique, Photos, Randos, Gastronomie, Débats, Informatique et tout ce qui peut encore s'inventer.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S’enregistrerS’enregistrer  ConnexionConnexion  
 Oraison pour un AngeVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Lilylalibelle




Age : 32
Inscrit le : 31 Oct 2007
Messages : 383
Localisation : Bretagne

MessageSujet: Oraison pour un Ange   Lun 5 Nov - 23:47

Romane m'a créé un espace "oeuvre en cours" pour mon bouquin, mais en fait c'est difficile de "choisir" ses relecteurs. Il y a l'intuition et des envies (pas indécentes - rires !) mais je crois que je vais tenter de poster ici mon premier chapitre.
Libres à vous de le lire et de le commenter... et ceux qui sont tentés de m'aider à corriger la suite pourront peut-être me rejoindre dans l'espace privé... s'ils en ont envie.
Je ne sais pas si c'est l'usage ici, mais je tente
tchin

ORAISON POUR UN ANGE
« J'apprends à voir. Je ne sais pas à quoi cela tient, mais tout pénètre plus profondément en moi, sans s'arrêter à l'endroit où d'ordinaire tout s'achevait. J'ai un intérieur que j'ignorais. Tout y entre désormais. »

Rainer Maria RILKE, Les Carnets de Malte Laurids Brigge


1

Le nez dans l'émeraude ouatée d'écume blanche, Caroline observait le manège des remous qui s'engloutissaient sous la double étrave en renchérissant sur le halètement poussif du moteur.
D'une main sur le front, la jeune femme piégea le vertige en fermant les yeux avec lassitude. Au même instant, le bateau prit la mer pour rallier l'île de Bréhat ; un vent frais, typiquement breton, ou marin - ou les deux - fouetta les passagers en secouant la vedette. Bien que ce fût la première liaison de la journée, le pont était presque plein.
« Tout va bien, mademoiselle ? »
Caroline sursauta et releva la tête vers le marin qui la questionnait. Habitué aux touristes mal amarinés, l'apparent malaise de la jeune femme ne lui avait pas échappé.
« Oui, merci. »
Le sourire pâle de Caroline ne convainquait pas l'homme d'équipage mais il hocha la tête, soucieux de ne pas insister, avant de retourner se coincer dans un coin du pont, près de la passerelle, sans cesser de l'observer.
Elle a beau dire, mais elle a tout de même mauvaise mine...
La douleur muette qu'il lisait sur son visage fin lui faisait même de la peine. Sans ses grands yeux d'or, elle aurait l'air d'un spectre incolore coiffé de filasse rêche.
Pourtant, c'est un joli brin de fille, ça oui, bien faite de partout, pas trop grande, plutôt fine mais avec c'qu'il faut où il faut... Ah, pour être fine, elle est fine ! Même trop, tiens… Je voudrais bien savoir pourquoi elle se laisse dépérir comme ça, cette belle plante. Tu parles d'un gâchis !
La voix du capitaine, annonçant l'arrivée à Port-Clos dix minutes après avoir embarqué, fit sursauter le marin. Il abandonna ses réflexions pour préparer la passerelle d'accès au pont, tandis que le bateau approchait du quai avec une lenteur de baleine.
Caroline releva les yeux et s'attarda sur les contrastes colorés dominés par le rose fané du granit qui couvrait toute cette partie du littoral breton. Port-Clos, à l'extrême sud de Bréhat, se tapissait au fond d'une toute petite crique de rochers roses. Caroline se leva et prit sa valise tandis que le bateau s'amarrait à la cale.
« A bientôt. Profitez bien de votre séjour, mademoiselle. »
L'homme d'équipage n'avait pu s'empêcher d'ajouter quelques mots aux traditionnelles politesses de fin de traversée. Caroline lui rendit le même sourire absent avant de descendre sur le quai. Au milieu de l'effervescence ambiante, sa placidité dénotait complètement.
La jeune fille plissa les yeux en envisageant d'un coup d'oeil circulaire l'endroit où elle se trouvait. Port-Clos enserrait le mouillage entre deux hauteurs rocheuses qu'il eût été présomptueux d'appeler « falaises » mais qui protégeaient néanmoins la crique de la houle.
Une sensation étrange, inédite, qu'elle mit un moment à définir, l'envahit.
Il fait chaud ici.
Curieusement, elle n'avait parcouru que trois kilomètres en mer et elle avait l'impression de se retrouver sous une autre latitude.
C'est peut-être un bon présage. Après tout, c'est ce que je veux : changer d'air.
Le port se réduisait à un quai de granit d'une vague couleur rosâtre recouvert d'algues et usée par le piétinement des chaussures. Après le muret délimitant le port, trois chemins grimpaient dans des directions opposées vers des hauteurs insoupçonnées. Là-haut, un hôtel à la belle façade vitrée dominait toute la crique.
Un homme avec une casquette bleue - pour faire couleur locale ? - chargeait les bagages sur la remorque d'un petit tracteur. Avec les bateaux et les quelques autres engins agricoles de l'île, c'était d'ailleurs le seul véhicule à moteur de Bréhat. Aucune voiture ne circulait sur les routes réduites à d'étroites sentes au même revêtement rose que le quai. Les gens ne se déplaçaient qu'à pieds ou à bicyclette - ce qui, sur les trois cents hectares de l'île, ne prêtait guère à conséquence. Cette absence d'autos procurait au contraire un charme supplémentaire à Bréhat, comme si on avait laissé la vie moderne derrière soi, là-bas, sur le continent - de l'autre côté, disaient les insulaires.
Caroline avait la très nette impression d'entrer dans une parenthèse, qu'elle se préparait à faire retraite, hors du monde. Et même hors du temps.
Le taxi cahotait entre les buissons de chèvrefeuille. La végétation foisonnait en poussant n'importe où. Sur les talus, les mimosas côtoyaient figuiers et eucalyptus impromptus. Même les géraniums – que Caroline avait tant de mal à faire pousser à force d'engrais dans ses jardinières - croissaient là, à même le sol, enlaçant les façades des maisons basses aux huisseries colorées. L'île collectionnait les espèces florales les plus diverses dans cette serre anarchique qui tolérait seulement la présence de l'homme.
Rien ne semblait se passer ici comme ailleurs ; tout prenait des allures démesurées : les fleurs, le temps, la mer... Cette profusion interpellait quelque chose que Caroline ne parvenait pas à définir. A peine un sursaut, tout juste un soubresaut, faible, intime, presque imperceptible, comme les images au ralenti du premier battement d'ailes du papillon sortant de sa chrysalide.
Caroline descendit du « taxîle » devant une grande habitation datant du dix-huitième siècle - du moins si elle en croyait les chiffres gravés sur le linteau de la porte d'une belle couleur grenat. Construite face au sud et coiffée d'ardoises entre deux têtes de cheminée en pignon, la bâtisse, indéracinable, trônait au milieu d'un parc ponctué de massifs d'agapanthes et d'hortensias pastels. Sur le pas de la porte, une dame aux cheveux blancs agitait la main dans sa direction.
Cordelia Wayne, américaine de naissance mais bréhatine depuis toujours, était un sourire, une figure, un personnage distribuant sans compter sa générosité et sa joie de vivre autour d'elle. Ses chambres d'hôtes ne désemplissaient pas et appartenaient aux monuments de Bréhat, comme ces lieux incontournables dont on se passait l'adresse entre initiés. Caroline y débarquait par un pur hasard pour la première fois mais une intuition lui souffla qu'elle se plairait chez Cordelia.
« Suivez-moi, je vais vous montrer votre chambre. »
Le regard de l'hôtesse, inquisiteur et bienveillant à la fois, s'immisça sans prévenir jusqu'aux tréfonds de son livre intime ; elle devinait, rien qu'en l'observant, ses plus noires pensées – et Dieu seul savait comme elle en avait en ce moment !
Cordelia sentit soudain qu'elle dépassait les limites du tolérable et, avec beaucoup de tact, elle rompit en saisissant la valise qu'elle avait sous la main pour prendre le chemin de l'étage.
A l'intérieur de la maison, le rez-de-chaussée procédait d'une immensité calculée : l'imposante table de noyer, la monumentale cheminée paysanne, le salon confortable, l'envolée de marches menant à l'étage en mezzanine où, là, au contraire, on ne trouvait que d'innombrables petits coins tout spécialement aménagés pour discuter, jouer au billard... et lire. Car il était injuste de dire qu'il y avait une bibliothèque dans la maison de Cordelia : en réalité, toute la maison était une bibliothèque où l'on trouvait des livres partout, savamment dérangés pour qu'ils soient à portée de main – à portée de tous.
Dans la chambre de Caroline, trois livres empilés sur la table de nuit l'attendaient. Du moins, c'était tout comme. La jeune fille posa son sac sur le lit et ne put s'empêcher de prendre le premier, de l'ouvrir, d'en toucher les pages.
« Vous aimez lire ? demanda Cordelia sans vraiment attendre de réponse. Tant mieux, si vous n'avez pas remarqué, ici aussi on aime lire ! »
Caroline sourit machinalement. Cordelia parlait d'une façon étrange ; bavarde impénitente, elle offrait pourtant ses mots comme des cadeaux, sans les gaspiller. Sa voix chaleureuse, calme, posée, inspirait instantanément confiance, mais sa silhouette sèche et nerveuse trahissait un tempérament dynamique qui étonnait toujours : Cordelia Wayne ne tenait pas en place mais, depuis quarante ans, elle n'avait jamais quitté son île.
Ses mains volubiles, soigneusement manucurées, écartaient les rideaux, ouvraient les fenêtres pour donner de l'air, bougeaient sans cesse en s'affairant. Caroline, dépassée par ce tourbillon, la regardait s'agiter, médusée, ne sachant que faire et ignorant même si elle devait faire quelque chose.
« Voila, tout est prêt ! dit enfin la vieille dame en se retournant vers elle. Que diriez-vous de m'aider à préparer le déjeuner ?
- Je... Je cuisine très mal, balbutia Caroline, prise de court.
- Eh bien, ce n'est pas grave, rétorqua l'hôtesse, déjà dans le couloir. Je vais vous apprendre ! »
Un rire échappa à la jeune fille. Elle ne savait pas si elle avait envie de cuisiner mais elle ne savait pas non plus si elle avait envie de contredire Cordelia.
Se laisser commander par cette vieille dame autoritaire, tiens, quelle bonne idée ! S'offrir le luxe de ne pas avoir à réfléchir sur ce qu'elle devait faire... et même sur ce qu'elle voulait faire.
Pas de questions à se poser... Se laisser manipuler, n'être qu'un objet, un pion, une poupée dans l'histoire des autres... Elle n'avait plus d'histoire, pas de réalité, pas d'avenir ; elle n'était rien, sans autre sens que celui que les autres voulaient bien lui donner... Oui, quelle bonne idée !
Cordelia regardait attentivement cette détresse échouée chez elle en essayant d'en percer le mystère, de savoir ce qui était éteint ; Caroline ne s'enthousiasmait pour rien, elle se laissait emmener, mener, sans réfléchir, sans protester, vivait sans désir, sans passion, sans plaisir. Quelque chose d'inconcevable pour Cordelia.
Elle en avait pourtant vu, des désespérés, des déprimés, des dépressifs, des gens qui avaient adopté le « à quoi bon ? » comme mot d'ordre, des vieux qui ne croyaient plus en rien, des jeunes qui ne savaient pas encore en quoi ils pouvaient croire... Ils avaient tous une raison, plus ou moins bonne, plus ou moins profonde, plus ou moins avouée. Caroline n'avait pas de raison valable, ou du moins recevable et cela rendait son malaise inacceptable. Pour les autres. Mais surtout pour elle-même.
De quoi peut-on se plaindre quand on a tout pour être heureuse ?
L'atmosphère étonnante de Bréhat, presque tropicale, incitait à la paresse. Cordelia agençait la table du déjeuner sous le tilleul de la terrasse ouest maculée d'ombres. L'air sentait bon les oignons cuisinés, le poivron, l'ail frais. On se croyait en Provence. Mise en appétit après avoir aidé à la préparation du repas, Caroline se rapprocha à pas lents, en admirant la simplicité recherchée du couvert.
Cordelia avait la manie du détail qui changeait tout : les têtes de marguerites surnageant parmi les photophores dans un saladier orange, la vaisselle translucide sur le rouge du bois exotique de la table, les serviettes d'un jaune soutenu entourées de bracelets tressés de paille... Tout donnait l'impression de n'être plus seulement client d'une chambre d'hôte, mais invité, attendu, presque un membre de la famille.
« Le grand air m'a donné une faim de loup, s'exclama Caroline en s'attablant.
- Ne vous en excusez pas, il ne manquerait plus que ça ! »
La jeune fille eut un sourire.
« Vous pouvez me tutoyer, Mme Wayne...
- Tu ne trouves pas assez vieille pour être vouvoyée ? plaisanta Cordelia.
- Oh, j'ai vingt-six ans, quand même.
- C'est bien ce que je dis. Profites-en, ça ne durera pas ! »
Ce furent les seuls mots que Caroline lâcha pendant le repas, au milieu des cinq autres convives. Elle se contenta ensuite d'écouter, n'ouvrant la bouche que pour avaler sa nourriture et refusant de prendre part à la conversation. Elle ignorait toutes les questions auxquelles il fallait répondre par autre chose qu'un mouvement de tête.
L'été, Bréhat se transformait en ruche et Cordelia voyait toujours du monde : un couple, une jeune mère et son bébé, ou un vieux monsieur solitaire, ou une famille turbulente remplissaient de leur présence les petits coins de la maison et du jardin. Cordelia aimait le changement des têtes qui habitaient ses chambres ; ce mouvement l'assurait d'avoir toujours de nouveaux visages, de nouvelles histoires, de nouvelles rencontres. Elle faisait ainsi le tour du monde plusieurs fois par an sans quitter son morceau de granit perdu en mer.
Les journées se déroulaient dans une quiétude qui fascina Caroline dès les premières heures. Les trois repas rythmaient la « vie à bord » comme autant de repères rassurants instaurés par l'hôtesse : on mangeait tous ensemble, autour de la table de douze couverts, sous le tilleul ou dans la salle à manger les jours de mauvais temps. Ensuite, libre aux habitants de la maison de s'éparpiller dans l'île, qui sur la placette circulaire du bourg, à la terrasse des cafés pour siroter une pression en attendant la fraîcheur du soir, qui a la plage, qui à pieds ou à vélo sur les petits sentiers. Certains lézardaient au soleil, les solitaires lisaient à l'écart, les mères bavardaient à l'ombre en surveillant les enfants qui jouaient dans le sable...
Les heures s'égrenaient sans bruit, la vie s'écoulait, douce, aimable, comme les scènes paisibles d'une collection de photos naïves. Le plaisir, simplement le plaisir, éclairait ces jours précieux d'une saveur nouvelle qui ne faisait qu'effleurer Caroline.
La jeune fille vivait à l'écart de ce petit monde trop bruyant, trop vivant, trop heureux pour elle. Attentive, Cordelia lui ménageait discrètement un espace à l'abri des autres, considérant qu'elle se mêlerait à eux lorsque le moment serait venu.
_________________
Savoir qu'on n'écrit pas pour l'autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimer de qui j'aime, savoir que l'écriture ne compense rien, ne sublime rien, qu'elle est précisément là où tu n'es pas - c'est le commencement de l'écriture.
Roland Barthes, Fragments du discours amoureux.
Textes, bribes et Braconnages sur http://espacedudehors.over-blog.net
Revenir en haut Aller en bas
antillaise




Age : 34
Inscrit le : 22 Juil 2007
Messages : 3034
Localisation : Sur le chemin de la route ;-)

MessageSujet: Re: Oraison pour un Ange   Mar 6 Nov - 11:49

Lilylalibelle a écrit:


ORAISON POUR UN ANGE
« J'apprends à voir. Je ne sais pas à quoi cela tient, mais tout pénètre plus profondément en moi, sans s'arrêter à l'endroit où d'ordinaire tout s'achevait. J'ai un intérieur que j'ignorais. Tout y entre désormais. »

Rainer Maria RILKE, Les Carnets de Malte Laurids Brigge


Tsssssssssiou !

Un pseudo qui m'en évoque un cher, un titre à tomber par terre, une citation, une évocation de mon pays breton et Ismael Lo en musique...

C'est beau comme l'antique !

Anti, breizh.
_________________
"Je ne suis pas belle, je suis vivante, c'est tout." Garance à Baptiste in Les enfants du Paradis
"De deux choses lune, l'autre c'est le soleil", J. Prévert.
«When love is in between, love is all around.» R. L. Douceur
Revenir en haut Aller en bas
Lilylalibelle




Age : 32
Inscrit le : 31 Oct 2007
Messages : 383
Localisation : Bretagne

MessageSujet: Re: Oraison pour un Ange   Mar 6 Nov - 16:11

Ben dis donc, anti, si ça te fait cet effet-là rien qu'au début, ouaw AngeR

ça va être dur de"confirmer" (ou transformer l'essai, pour rester dans la thématique Laporte :p).
_________________
Savoir qu'on n'écrit pas pour l'autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimer de qui j'aime, savoir que l'écriture ne compense rien, ne sublime rien, qu'elle est précisément là où tu n'es pas - c'est le commencement de l'écriture.
Roland Barthes, Fragments du discours amoureux.
Textes, bribes et Braconnages sur http://espacedudehors.over-blog.net
Revenir en haut Aller en bas
Romane
Administrateur



Inscrit le : 01 Sep 2004
Messages : 47085
Localisation : Kilomètre zéro

MessageSujet: Re: Oraison pour un Ange   Mar 6 Nov - 16:12

J'en profite pour poser ce lien, tout à fait approprié :
http://liensutiles.forumactif.com/a-propos-f36/correcteurs-volontaires-t13440.htm
_________________
"Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/
Revenir en haut Aller en bas
voiedoree




Age : 62
Inscrit le : 26 Oct 2007
Messages : 961
Localisation : Paradis. Saint Pierre

MessageSujet: Re: Oraison pour un Ange   Mer 12 Déc - 13:49

[quote="Lilylalibelle"]Romane m'a créé un espace "oeuvre en cours" pour mon bouquin, mais en fait c'est difficile de "choisir" ses relecteurs. Il y a l'intuition et des envies (pas indécentes - rires !) mais je crois que je vais tenter de poster ici mon premier chapitre.
Libres à vous de le lire et de le commenter... et ceux qui sont tentés de m'aider à corriger la suite pourront peut-être me rejoindre dans l'espace privé... s'ils en ont envie.
Je ne sais pas si c'est l'usage ici, mais je tente
tchin

ORAISON POUR UN ANGE
« J'apprends à voir. Je ne sais pas à quoi cela tient, mais tout pénètre plus profondément en moi, sans s'arrêter à l'endroit où d'ordinaire tout s'achevait. J'ai un intérieur que j'ignorais. Tout y entre désormais. »

Rainer Maria RILKE, Les Carnets de Malte Laurids Brigge


1

Le nez dans l'émeraude ouatée d'écume blanche, Caroline observait le manège des remous qui s'engloutissaient sous la double étrave en renchérissant sur le halètement poussif du moteur.
D'une main sur le front, la jeune femme piégea le vertige en fermant les yeux avec lassitude. Au même instant, le bateau prit la mer pour rallier l'île de Bréhat ; un vent frais, typiquement breton, ou marin - ou les deux - fouetta les passagers en secouant la vedette. Bien que ce fût la première liaison de la journée, le pont était presque plein.
« Tout va bien, mademoiselle ? »
Caroline sursauta et releva la tête vers le marin qui la questionnait. Habitué aux touristes mal amarinés, l'apparent malaise de la jeune femme ne lui avait pas échappé.
« Oui, merci. »
Le sourire pâle de Caroline ne convainquait pas l'homme d'équipage mais il hocha la tête, soucieux de ne pas insister, avant de retourner se coincer dans un coin du pont, près de la passerelle, sans cesser de l'observer.
Elle a beau dire, mais elle a tout de même mauvaise mine...
La douleur muette qu'il lisait sur son visage fin lui faisait même de la peine. Sans ses grands yeux d'or, elle aurait l'air d'un spectre incolore coiffé de filasse rêche.
Pourtant, c'est un joli brin de fille, ça oui, bien faite de partout, pas trop grande, plutôt fine mais avec c'qu'il faut où il faut... Ah, pour être fine, elle est fine ! Même trop, tiens… Je voudrais bien savoir pourquoi elle se laisse dépérir comme ça, cette belle plante. Tu parles d'un gâchis !
La voix du capitaine, annonçant l'arrivée à Port-Clos dix minutes après avoir embarqué, fit sursauter le marin. Il abandonna ses réflexions pour préparer la passerelle d'accès au pont, tandis que le bateau approchait du quai avec une lenteur de baleine.
Caroline releva les yeux et s'attarda sur les contrastes colorés dominés par le rose fané du granit qui couvrait toute cette partie du littoral breton. Port-Clos, à l'extrême sud de Bréhat, se tapissait au fond d'une toute petite crique de rochers roses. Caroline se leva et prit sa valise tandis que le bateau s'amarrait à la cale.
« A bientôt. Profitez bien de votre séjour, mademoiselle. »
L'homme d'équipage n'avait pu s'empêcher d'ajouter quelques mots aux traditionnelles politesses de fin de traversée. Caroline lui rendit le même sourire absent avant de descendre sur le quai. Au milieu de l'effervescence ambiante, sa placidité dénotait complètement.
La jeune fille plissa les yeux en envisageant (observant)d'un coup d'oeil circulaire l'endroit où elle se trouvait. Port-Clos enserrait le mouillage entre deux hauteurs rocheuses qu'il eût été présomptueux d'appeler « falaises » mais qui protégeaient néanmoins la crique de la houle.
Une sensation étrange, inédite, qu'elle mit un moment à définir, l'envahit.
Il fait chaud ici.
Curieusement, elle n'avait parcouru que trois kilomètres en mer et elle avait l'impression de se retrouver sous une autre latitude.
C'est peut-être un bon présage. Après tout, c'est ce que je veux : changer d'air.
Le port se réduisait à un quai de granit d'une vague couleur rosâtre recouvert d'algues et usée(usé) par le piétinement des chaussures. Après le muret délimitant le port, trois chemins grimpaient dans des directions opposées(différentes) vers des hauteurs insoupçonnées(inconnues). Là-haut, un hôtel à la belle façade vitrée dominait toute la crique.
Un homme avec une casquette bleue - pour faire couleur locale ? - chargeait les bagages sur la remorque d'un petit tracteur. Avec les bateaux et les quelques autres engins agricoles de l'île, c'était d'ailleurs le seul véhicule à moteur de Bréhat. Aucune voiture ne circulait sur les routes réduites à d'étroites sentes(,) au même revêtement rose que le quai. Les gens ne se déplaçaient qu'à pieds(pied) ou à bicyclette - ce qui, sur les trois cents hectares de l'île, ne prêtait guère à conséquence. Cette absence d'autos procurait au contraire un charme supplémentaire à Bréhat, comme si on avait laissé la vie moderne derrière soi, là-bas, sur le continent - de l'autre côté, disaient les insulaires.
Caroline avait la très nette impression d'entrer dans une parenthèse, qu'elle se préparait à faire retraite, hors du monde. Et même hors du temps.
Le taxi cahotait entre les buissons de chèvrefeuille. La végétation foisonnait en poussant n'importe où. Sur les talus, les mimosas côtoyaient figuiers et eucalyptus impromptus(sauvages). Même les géraniums – que Caroline avait tant de mal à faire pousser à force d'engrais dans ses jardinières - croissaient là, à même le sol, enlaçant les façades des maisons basses aux huisseries colorées. L'île collectionnait les espèces florales les plus diverses dans cette serre anarchique qui tolérait seulement(néanmoins) la présence de l'homme.
Rien ne semblait se passer ici comme ailleurs ; tout prenait des allures démesurées : les fleurs, le temps, la mer... Cette profusion interpellait (sous-entendait ?)quelque chose que Caroline ne parvenait pas à définir. A peine un sursaut, tout juste un soubresaut, faible, intime, presque imperceptible, comme les images au ralenti du premier battement d'ailes du papillon sortant de sa chrysalide.
Caroline descendit du « taxîle » devant une grande habitation datant du dix-huitième siècle - du moins si elle en croyait les chiffres gravés sur le linteau de la porte(parée) d'une belle couleur grenat. Construite face au sud et coiffée d'ardoises entre deux têtes de cheminée en pignon, la bâtisse, indéracinable,(majestueuse) trônait au milieu d'un parc ponctué(agrémenté) de massifs d'agapanthes et d'hortensias pastels. Sur le pas de la porte, une dame aux cheveux blancs agitait la main dans sa direction.
Cordelia Wayne, américaine de naissance mais bréhatine depuis toujours, était un sourire, une figure, un personnage distribuant sans compter sa générosité et sa joie de vivre autour d'elle. Ses chambres d'hôtes ne désemplissaient pas et appartenaient aux monuments de Bréhat, comme ces lieux incontournables dont on se passait l'adresse entre initiés. Caroline y débarquait par un pur hasard pour la première fois mais une intuition lui souffla qu'elle se plairait chez Cordelia.(bonjour, vous avez fait beau voyage?)
« Suivez-moi, je vais vous montrer votre chambre. »
Le regard de l'hôtesse, inquisiteur et bienveillant à la fois, s'immisça sans prévenir jusqu'aux tréfonds de son livre intime (coeur); elle devinait, rien qu'en l'observant, ses plus noires pensées – et Dieu seul savait comme elle en avait en ce moment !
Cordelia sentit soudain (avec son tact inné)(qu'il n'était pas nécessaire de poursuivre) qu'elle dépassait les limites du tolérable et, avec beaucoup de tact, elle (cessa l'entretien) en saisissant (et saisit)la valise qu'elle avait sous la main pour prendre le chemin de l'étage.
A l'intérieur de la maison, le rez-de-chaussée procédait(surprenait) d'une immensité calculée : l'imposante table de noyer, la monumentale cheminée paysanne, le salon confortable, l'envolée de marches menant à l'étage en mezzanine où, là, au contraire, on ne trouvait que d'innombrables petits coins tout spécialement aménagés pour discuter, jouer au billard... et lire. Car il était injuste(n'était pas juste) de dire qu'il y avait une bibliothèque dans la maison de Cordelia : en réalité, toute la maison était une bibliothèque où(et) l'on trouvait des livres partout, savamment dérangés (disposés)pour qu'ils soient à portée de main – à portée de tous.
Dans la chambre de Caroline, trois livres(ouvrages) empilés sur la table de nuit l'attendaient. Du moins, c'était tout comme. La jeune fille posa son sac sur le lit et ne put s'empêcher de prendre le premier, de l'ouvrir, d'en toucher les pages.
« Vous aimez lire ? demanda Cordelia sans vraiment attendre de réponse. Tant mieux, si vous n'avez pas remarqué, ici aussi on aime lire ! »
Caroline sourit machinalement. Cordelia parlait d'une façon étrange ; bavarde impénitente, elle offrait pourtant ses mots comme des cadeaux, sans les gaspiller. Sa voix chaleureuse, calme, posée, inspirait instantanément confiance, mais sa silhouette sèche et nerveuse trahissait un tempérament dynamique qui étonnait toujours : Cordelia Wayne ne tenait pas en place mais, depuis quarante ans, elle n'avait jamais quitté son île.
Ses mains volubiles(agiles? expressives?), soigneusement manucurées, écartaient les rideaux, ouvraient les fenêtres pour donner de l'air, bougeaient sans cesse en s'affairant. Caroline, dépassée par ce tourbillon, la regardait s'agiter, médusée, ne sachant que faire et ignorant même si elle devait faire quelque chose.
« Voila, tout est prêt ! dit enfin la vieille dame en se retournant vers elle. Que diriez-vous de m'aider à préparer le déjeuner ?
- Je... Je cuisine très mal, balbutia Caroline, prise de court.
- Eh bien, ce n'est pas grave, rétorqua l'hôtesse, déjà dans le couloir. Je vais vous apprendre ! »
Un rire échappa à la jeune fille. Elle ne savait pas si elle avait envie de cuisiner mais elle ne savait pas non plus si elle avait envie de contredire Cordelia.
Se laisser commander par cette vieille dame autoritaire, tiens, quelle bonne idée ! S'offrir le luxe de ne pas avoir à réfléchir sur ce qu'elle devait faire... et même sur ce qu'elle voulait faire.(et ne pas faire)
Pas de questions à se poser... Se laisser manipuler, n'être qu'un objet, un pion, une poupée dans l'histoire des autres... Elle n'avait (n'aurait)plus d'histoire, pas de réalité, pas d'avenir ; elle n'éta(ne serait)t rien, sans autre sens que celui que les autres voulaient(voudraient) bien lui donner... Oui, quelle bonne idée !
Cordelia regardait attentivement cette détresse échouée chez elle en essayant d'en percer le mystère, de savoir ce qui était éteint(s'était) ; Caroline ne s'enthousiasmait pour rien, elle se laissait emmener, mener, sans réfléchir, sans protester, vivait sans désir, sans passion, sans plaisir. Quelque chose d'inconcevable pour Cordelia.
Elle en avait pourtant vu, des désespérés, des déprimés, des dépressifs, des gens qui avaient adopté le « à quoi bon ? » comme mot d'ordre, des vieux qui ne croyaient plus en rien, des jeunes qui ne savaient pas encore en quoi ils pouvaient croire... Ils avaient tous une raison, plus ou moins bonne, plus ou moins profonde, plus ou moins avouée. Caroline n'avait (apparemment)pas de raison valable, ou du moins recevable et cela rendait son malaise inacceptable. Pour les autres. Mais surtout pour elle-même.
De quoi peut-on se plaindre quand on a tout pour être heureuse ?
L'atmosphère étonnante de Bréhat, presque tropicale, incitait à la paresse. Cordelia agençait la table du déjeuner sous le tilleul de la terrasse ouest maculée(tachée) d'ombres. L'air sentait bon les oignons cuisinés, le poivron, l'ail frais. On se croyait en Provence. Mise en appétit après avoir aidé à la préparation du repas, Caroline se rapprocha à pas lents, en admirant la simplicité recherchée du couvert.
Cordelia avait la manie du détail qui changeait tout : les têtes de marguerites surnageant parmi les photophores dans un saladier orange, la vaisselle translucide sur le rouge du bois exotique de la table, les serviettes d'un jaune soutenu entourées de bracelets tressés de paille... Tout donnait l'impression de n'être plus seulement client d'une chambre d'hôte, mais invité, attendu, presque un membre de la famille.
« Le grand air m'a donné une faim de loup, s'exclama Caroline en s'attablant.
- Ne vous en excusez pas, il ne manquerait plus que ça ! »
La jeune fille eut un sourire.
« Vous pouvez me tutoyer, Mme Wayne...
- Tu ne trouves pas assez vieille pour être vouvoyée ? plaisanta Cordelia.
- Oh, j'ai vingt-six ans, quand même.
- C'est bien ce que je dis. Profites-en, ça ne durera pas ! »
Ce furent les seuls mots que Caroline lâcha pendant le repas, au milieu des cinq autres convives. Elle se contenta ensuite d'écouter, n'ouvrant la bouche que pour avaler sa nourriture et refusant de prendre part à la conversation. Elle ignorait toutes les questions auxquelles il fallait répondre par autre chose qu'un mouvement de tête.
L'été, Bréhat se transformait en ruche et Cordelia voyait toujours du monde : un couple, une jeune mère et son bébé, ou un vieux monsieur solitaire, ou une famille turbulente remplissaient de leur présence les petits coins de la maison et du jardin. Cordelia aimait le changement des têtes qui habitaient ses chambres ; ce mouvement l'assurait d'avoir toujours de nouveaux visages, de nouvelles histoires, de nouvelles rencontres. Elle faisait ainsi le tour du monde plusieurs fois par an sans quitter son morceau de granit perdu en mer.
Les journées se déroulaient dans une quiétude qui fascina Caroline dès les premières heures. Les trois repas rythmaient la « vie à bord » comme autant de repères rassurants instaurés par l'hôtesse : on mangeait tous ensemble, autour de la table de douze couverts, sous le tilleul ou dans la salle à manger les jours de mauvais temps. Ensuite, libre aux habitants de la maison de s'éparpiller dans l'île, qui sur la placette circulaire du bourg, à la terrasse des cafés pour siroter une pression en attendant la fraîcheur du soir, qui a la plage, qui à pieds ou à vélo sur les petits sentiers. Certains lézardaient au soleil, les solitaires lisaient à l'écart, les mères bavardaient à l'ombre en surveillant les enfants qui jouaient dans le sable...
Les heures s'égrenaient sans bruit, la vie s'écoulait, douce, aimable, comme les scènes paisibles d'une collection de photos naïves. Le plaisir, simplement le plaisir, éclairait ces jours précieux d'une saveur nouvelle qui ne faisait qu'effleurer Caroline.
La jeune fille vivait à l'écart de ce petit monde trop bruyant, trop vivant, trop heureux pour elle. Attentive, Cordelia lui ménageait discrètement un espace à l'abri des autres, considérant qu'elle se mêlerait à eux lorsque le moment serait venu.

Comme je ne sais pas manipuler le rouge j'ai mis mes suggestions entre parenthèses, j'espère que tu t'y retrouveras
_________________
http://voiedoree.oldiblog.com
Revenir en haut Aller en bas
Romane
Administrateur



Inscrit le : 01 Sep 2004
Messages : 47085
Localisation : Kilomètre zéro

MessageSujet: Re: Oraison pour un Ange   Mer 12 Déc - 14:09

Citation:
Comme je ne sais pas manipuler le rouge


Pose la question dans "mode d'emploi du forum", voiedor,qu'on puisse t'aider par un fil explicatif qui pourra servir à tout le monde. Wink
_________________
"Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/
Revenir en haut Aller en bas
Lilylalibelle




Age : 32
Inscrit le : 31 Oct 2007
Messages : 383
Localisation : Bretagne

MessageSujet: Re: Oraison pour un Ange   Mer 12 Déc - 14:32

le Rouge, ça se boit, voiedor Mr.Red ! tchin

Merci pour la relecture, je vais regarder ça de près...
_________________
Savoir qu'on n'écrit pas pour l'autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimer de qui j'aime, savoir que l'écriture ne compense rien, ne sublime rien, qu'elle est précisément là où tu n'es pas - c'est le commencement de l'écriture.
Roland Barthes, Fragments du discours amoureux.
Textes, bribes et Braconnages sur http://espacedudehors.over-blog.net
Revenir en haut Aller en bas
Lilylalibelle




Age : 32
Inscrit le : 31 Oct 2007
Messages : 383
Localisation : Bretagne

MessageSujet: Re: Oraison pour un Ange   Mer 12 Déc - 15:18

Comme je l'expliquais dans "Le vent des lumières", le choix de certains mots, quand ils sont "extrapolés" de leur sens premier, n'est pas anodin : il est même volontaire. J'aime aussi utiliser les mots dans leur sens propre (alors que l'usage quotidien nous les fait souvent utiliser dans leur sens figuré).
Exemple : quand j'écris "La jeune fille plissa les yeux en envisageant (observant)d'un coup d'oeil circulaire l'endroit où elle se trouvait.", j'écris envisager dans le sens premier qui est "dévisager". Alors bien sûr dans ce cas, on "dévisage" pas un paysage... (mais pourquoi pas, après tout ?) En tout les cas, c'est le même sens que "observer avec acuité", mais avec un mot moins "commun".
Beaucoup d'expressions que tu as souligné participent de cette même intention, à savoir utiliser un mot un peu en dehors de son sens ou bien l'utiliser dans son sens "oublié". Mon ancienne prof de français donnait un nom à cela, mais je ne remets pas la main dessus, il faudrait que je le recherche !

Maintenant, la chose que j'aimerais savoir, c'est si ce "dada" empêche la compréhension du texte, est-ce que ça nuit vraiment à la lecture, etc ??

Votre avis la dessus m'intéresse grandement (beaucoup plus, à la limite et en poussant mémé dans les orties, que des corrections "mot à mot"... et bien que ces dernières soient nécessaires comem, hein !).

Tiens, je vais pitet ouvrir un fil la dessus, ça pourrait intéresser d'autres gens ! Mr.Red

En tout cas merci pour cette lecture, voiedorée !
_________________
Savoir qu'on n'écrit pas pour l'autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimer de qui j'aime, savoir que l'écriture ne compense rien, ne sublime rien, qu'elle est précisément là où tu n'es pas - c'est le commencement de l'écriture.
Roland Barthes, Fragments du discours amoureux.
Textes, bribes et Braconnages sur http://espacedudehors.over-blog.net
Revenir en haut Aller en bas
voiedoree




Age : 62
Inscrit le : 26 Oct 2007
Messages : 961
Localisation : Paradis. Saint Pierre

MessageSujet: Re: Oraison pour un Ange   Mer 12 Déc - 17:21

je me suis douté que certains mots étaient mis là "exprès" mais certaines phrases ou d'autres mots par contre ne me semblent pas totalement appropriés même employés dans leur sens "premier". Revois les et dis moi ensuite ce que tu gardes de mes suggestions.

En ce qui concerne le reste , le style je pense que je ne suis pas suffisamment apte à vérifier tes intentions mais pour l'instant je n'ai pas grand chose à critiquer.
_________________
http://voiedoree.oldiblog.com
Revenir en haut Aller en bas
Oraison pour un AngeVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forums de Liens Utiles :: Littérature :: Ecriture :: Atelier textes en prose : corrections, améliorations-