Jeevusk Moitié d'orange, bonne poire, centre ville

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| Sujet: Publi-reportage Dim 24 Juin - 9:26 | |
| Les Enfants de Saint Laurent (Publi-reportage).
Un peu d’histoire.
La Communauté fait partie des nombreux sous-produits de la catastrophe de St Laurent des Eaux, mais elle compte sans conteste parmi les plus intéressants d’entre eux. Elle a été fondée environ deux mois après l’accident par une partie des techniciens et des ouvriers chargés de la stabilisation de ce qui restait de la centrale. Malgré la durée réduite de leur intervention sur site par roulement, la plupart des hommes de terrain avait reçu des doses massives de radiations. Après un court séjour dans des hôpitaux militaires, ils étaient priés de répondre de manière « consensuelle » aux questions des médias, avant de repartir sur le chantier. Il faut savoir que leurs familles étaient gracieusement prises en charge par les XMIN, organisation maffieuse bien connue. A l’époque, avant que les données de l’accident soient déclassifiées « Secret-défense », les procédés de cette technomafia en matière de persuasion étaient particulièrement efficaces. En fait, puisque tout allait pour le mieux, du fait de l’efficacité du plan Orsec-Rad, il était préférable, pour des raisons de discrétion et d’efficacité, que cette communauté de travailleurs, admirables mais à fort taux de mortalité, soit isolée du reste de la Société. C’est ainsi qu’ils se sont installés à demeure dans la zone évacuée, qui en outre présentait l’avantage, au moins au début, d’être totalement isolée en matière de moyens de communication. Ces fondateurs se sont appelés entre eux « les châtelains », en référence aux habitations où ils choisirent de s’installer. A défaut d’information officielle, il est très difficile d’estimer leur nombre, même encore aujourd’hui. Même leur espérance de vie moyenne est inconnue. On s’accorde généralement à l’évaluer en deux mois et un an. La population des châtelains a été renouvelée pendant les travaux de stabilisation des tranches fonctionnelles de la centrale. On se souvient d’ailleurs qu’à l’époque, les sarkotats africains avaient été sensiblement augmentés. Dès l’achèvement des travaux, la population des châtelains a naturellement périclité rapidement, mais des bruits courent qu’un petit nombre de ces fondateurs serait toujours vivant. Cela ne fait d’ailleurs qu’ajouter au prestige de ces héros, quasi déifiés à la fois par les instances gouvernementales, les technomafias concernées par le drame, et les écoterroristes, tous réunis pour l’occasion dans un consensus sans mélange. Peu après l’installation des châtelains, d’autres personnes se sont intégrées à la communauté. Essentiellement certains tourangeaux dont le mal du pays était plus fort que la peur des radiations. Ces autochtones sentimentaux étaient d’autant plus nombreux qu’une campagne de rumeurs discrètement orchestrée par les XMIN et mollement démentie par le gouvernement de l’époque laissait supposer que les radiations résiduelles n’étaient pas si fortes qu’on voulait le faire croire. Que des thérapies très efficaces étaient prêtes ou en cours de finalisation. Et que de vastes opérations de spéculation immobilière en zone sinistrée se préparaient dans certains milieux « informés ». Bien sûr, les nouveaux arrivants ne tardaient pas à se rendre compte des conséquences de la radioactivité réelle des lieux. Bien sûr, ils étaient libres de revenir se faire soigner en zone non contaminée. Mais malheureusement pour eux, ils s’aperçurent qu’ils n’avaient plus ni travail ni couverture sociale. En effet, les mutuelles privées les avaient radiés pour « attitude suicidaire », et la sécurité sociale publique, exsangue depuis des décennies et aux prestations très limitées, ne pouvait se permettre de les prendre en charge de manière significative. Les plus riches purent grappiller à prix d’or quelques années d’existence supplémentaires, les plus pauvres retournèrent en zone contaminée, et les plus réalistes se suicidèrent. La communauté prit très vite sa forme, son organisation actuelles grâce aux limites étroites de sa survie immédiate. Se nourrissant d’elle-même, son but premier fut de se renouveler en permanence. Les réparations de la centrale et le retour des autochtones lui permirent d’assurer sa croissance initiale. Mais il lui fallut bientôt trouver d’autres moyens. On aurait pu croire que cela lui serait impossible ; la perspective de vivre quelques mois, quelques années au mieux d’une vie souvent diminuée se terminant dans d’atroces souffrances n’était pas spécialement vendeur. L’accroche marketing s’imposa pourtant d’elle-même : le suicide. Mais pas n’importe quel suicide. Un suicide civilisé, sophistiqué. Un suicide d’esthète. L’infrastructure nécessaire existait ; le gouvernement avait mis en œuvre un système de soins palliatifs visant à maximiser la période opérationnelle des travailleurs de la centrale. Mélanges complexes de psychotropes et d’analgésiques puissants, ces substances furent très vite fabriquées puis conçues sur place pour simplifier la logistique, en utilisant les équipements industriels pharmaceutiques de la région. Les ouvriers et techniciens bénéficiaient ainsi d’un période de survie de plus en plus confortable, jusqu’à une fin inexorable mais acceptée et décidée sereinement. Les autochtones bénéficièrent bien sûr de ces soins et de ces techniques de mise à mort contrôlée. Le fonctionnement de la communauté se trouva profondément transformée par l’industrialisation du suicide. L’évolution de l’échelle des valeurs sociales et morales fut très rapide et peut se résumer par le slogan bien connu : «Vivre moins mais vivre mieux». La violence diminua jusqu'à disparaître presque totalement, puisqu’elle ne constituait plus un moyen de pression efficace sur des individus qui avaient accepté leur fin prochaine et pouvaient se soustraire quasiment instantanément aux contingences de l’existence. L’amour de l’argent était entré dans le domaine des nouvelles excentricités. L’art et le jeu se développèrent dans des proportions sans commune mesure avec l’importance démographique de la communauté, et dans des directions complètement improbables, ouvertes par la grâce de l’autodérision fondamentale de ces survivants en sursis. Les vidéoblogs des membres de la communauté se répandirent sur la Toile, une fois les communications rétablies malgré les efforts du gouvernement local pour maintenir la région sous la loi martiale. Des livres sur papier végétal furent édités de manière artisanale. Ces publications bénéficièrent d’ailleurs d’une diffusion exceptionnelle quand elles furent censurées par le Clergé Vert Européen. Des colons pèlerins convergèrent de toute l’Europe et de l’Asie pour s’installer dans la zone contaminée. Des sarkotats furent décrétés par la Mairie Communautaire pour endiguer l’immigration. La Communauté entrait dans l’âge adulte.
Qui sommes-nous ?
Les Enfants de Saint-Laurent sont une structure caritative autonome vis à vis des technomafias et du Vatican. Cette autonomie nous permet d’avoir des frais de fonctionnement raisonnables et de proposer des produits financiers avec des rendements parmi les plus élevés de ceux proposés dans notre secteur d’activité. Notre comité de direction est composé paritairement d’irradiés et de non irradiés. Nos objectifs stratégiques consistent dans le développement pérenne de la Communauté par un financement faisant appel au marché financier international. Les produits financiers que nous vous proposons sont à même de couvrir l’ensemble de vos attentes en matière de placement : des produits d’épargne rémunérés à taux fixes ou révisables non spéculatifs pour protéger votre trésorerie à court ou moyen terme, aux produits hautement spéculatifs à composantes industrielles ou immobilières, gérés selon les modèles d’ingénierie financière les plus récents. Nous vous donnerons ainsi la possibilité de développer votre patrimoine, tout en participant à une dynamique de revalorisation des zones contaminées dans le monde et surtout en permettant à une partie de la population d’accéder aux techniques de mise à mort volontaire les plus sophistiquées. N’hésitez pas à vous connecter sur notre site (www.lesEnfantsdeSaintLaurent.com) où nos conseillers virtuels se feront une joie d’établir un diagnostic personnalisé de vos besoins en matière de placement. |
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