Je suis venue en train dit Océane, ça ne m’arrangeait pas trop, je n’aime pas porter les valises mais tout est bien qui finit bien, elle n’avait pas de bagages.
Dans le train qui l’emmenait, Sylvie pensait que décidément elle serait toujours troublée par des idées qui feraient peut-être sourire le colonel mais que Pierre n’approuvait pas. Où était-il, Pierre devenu quelques jours son complice d’agence et son amant. Comme ils s’étaient merveilleusement entendus ! Cela va sans dire mais comme cela allait mieux encore en le disant :
-J’aime Pierre.
Pierre qui avait brusquement tiré le peignoir, ce soir-là, venu à l’improviste avec un grand Bordeaux, pour fêter son départ… vers où, il ne pouvait le dire. Le peignoir avait dénudé des épaules mordorées, et les bras de Sylvie avaient été emprisonnés d’une puissante étreinte. Elle s’était sentie papillon épinglé, palpitante et immobile, prise au piège. Elle avait pensé qu’une culotte de femme, cela ne sert pas à grand-chose, qu’elle avait les seins un peu trop ronds, et quand les caresses s’étaient précisées, quand ses reins s’étaient cambrés, elle avait seulement dit : Viens.
(Nouvelles filles) (L’ensemble des nouvelles sera disponible sur Cdéros dans quelques semaines)
Ce vendredi là, je terminai les cours plus tôt au bahut. J'allais pouvoir regagner ma province et m'éloigner le temps d'un week-end de cette grand’ville folle. Gare du Sud, on va toujours vers le Sud, n’est ce pas, lorsque l’on se sent bien – il n’y a que les inquiets qui se rendent vers le Nord, je marchai, je courus même le long du quai. Formidable ! Un compartiment vide pour moi seul.
Avant que le convoi s’ébranle, je vis circuler dans le couloir, un curé, une famille africaine, des étudiants, deux bidasses éméchés, un homme d'affaires distingué fatigué. Le train se secoue, une femme entre dans le compartiment, alors que je commençais déjà à somnoler. Une voix douce, profonde, sensuelle me demande : "Pardon, jeune homme, ça ne vous dérange pas si j'occupe une place dans votre compartiment ?" J’ai hésité à répondre. J’avais choisi l’endroit pour sa solitude. La France dans un wagon à la clim' dérisoire, ça pue sans artifice. Le loubard en poncho n'hésite pas à vous envoûter l'haleine d'aisselles incandescentes, le représentant en pâté de foie y va de son bouillon de onze heures. Ça schlingue, ça renifle, ça craint, ça dégage de tous les pores. La France pue des pieds. Peut-être que les étrangers aussi puent des pieds chez eux, l’Europe est en marche ! La clim' est cassée.
La banlieue grise et froide est devenue un petit rideau vert à interstices, je vois une route, un gros industrieux y mène une BMW entre les poteaux.
Je ferme les yeux et la voix sensuelle me dit merci.
(à suivre)
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Ici et maintenant
Il se passe tous les jours quelque chose de nouveau chez
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