Il faut reconnaître qu’en matière d’11/9 , les questions d’ordre technique avancées par les sceptiques sont parfois troublantes. Mais …
Le
complotionniste dont je parlais dans mon dernier post était dissident non seulement dans le domaine qui nous avait rapprochés, il l’était en matière de météorologie, de biologie, de médecine, d’histoire, par rapport au 11/9 évidemment, et aussi dans un domaine où il était particulièrement difficile de l’écouter : les chambres à gaz nazies.
Le bonhomme n’avait rien à voir avec l’extrême droite, ni d’ailleurs avec la droite tout court. Il était même très apolitique au regard des clivages traditionnels*. Ce qu’il expliquait était que les chambres à gaz ne pouvaient pas avoir existé parce que techniquement, il n’était pas possible de faire parvenir jusqu’aux douches le fameux Zyklon B. C’est à la minute où il a commencé à m’expliquer cela que j’ai compris (ou du moins cru comprendre) le danger de faire excessivement confiance à son jugement dans des matières techniques que l’on ne maîtrise pas. Bien que les considérations d’ordre technique ont une allure factuelle, neutres et objectives, elles peuvent être des gros pièges pour la raison. Et ce d’autant plus que l’on apprendra volontiers ces concepts techniques de la bouche du dissident qui nous parle. Qui, avant le 11/9, s’était intéressé à la démolition contrôlée ?
S’il m’avait expliqué sa théorie là-dessus sans doute que j’aurais pu difficilement le contredire, car je n’ai strictement aucune idée de la manière dont convient s’y prendre pour propager du Zyklon B dans une tuyauterie, ou que sais-je encore quoi d’autre. Reste que ce que je sais sur le sujet par ailleurs, et la confiance que j’accorde à nombre de témoignages m’interdisent de prendre ce genre de théorie en considération. Pourtant, une approche disons, n’ayons pas peur du paradoxe, naïvement critique, devrait me pousser à écouter ces arguments, peser le pour et le contre, et me dire que
je ne me prononce pas tant que je n'aurai pas de preuves dans un sens ou dans l'autre. […] il est toujours utile de douter...Loin de moi, rassure-toi, Filo, d’assimiler les sceptiques en matière de 11/9 aux négationnistes en matière de Shoah. Il s’agit de dire que par la force de choses, on est amenés à chercher des réponses ailleurs que dans ce qui ressemble à des preuves palpables.
* Du danger, ou du moins, le risque, intellectuel, à vouloir se soustraire aux clivages politiques traditionnels.