Dernière croisade
Crumble Avenue - J'y suis, numéro 15.
Je vois le sigle du club " Le serpent Menschen", je frappe à la grande porte en bois.
Le gardien m'ouvre et me demande d'une voix désabusée : "- Mot de passe ?"
Je me racle la gorge et décline les vers que m'a appris mon vénéré maître germanique :
" - Va, creuse et crache
Le long du couloir sanglant
Accompli ta lourde tâche
Libère tes frères du Néant"
" - Entrez."
A peine avais-je pénétré dans l'Antre précieuse que je tombai sur mon ami et compagnon " - Bigre ! Abou Simbé !" Oui, nous nous appelons tous par nos noms de code, même dans l'Antre, c'est un réflexe de sécurité.
Et là, je vois qu'il n'est pas dans son état normal ; d'ailleurs, sa huppe magnifique qu'il aborde généralement avec tant de prestance lors des cérémonies, est toute défraîchie.
Il lève des yeux hagards vers moi et balbutie une phrase incompréhensible : " - On est quel jour là ? Amen." Et il se signe alors à la façon du cercle, puis s'enfuit en courant vers la sortie.
Mais que se passe t-il ? Je perçois d'ici le haussement de sourcil en Forêt Noire, il y a des remous dans la Force et mon maître doit le sentir, il est si puissant.
Un jour il m'a dit me parlant de mon ami : " - John, il explique beaucoup mieux le taclé que toi !"
"..." Cela m'avait un peu désorientée sur l'instant.
Puis je compris ce qu'il voulait dire : John était un tendre, un sentimental. Un jour il m'avait écrit :
A chacun son étoile de firmament
La mienne frissonne au coeur du vent
Tenant ta main obstinément
Et dans l'Amour, infiniment
Ce soir, John avait craqué. Le maître le saurait.
Rien ne serait plus comme avant.
Ce soir, je venais de perdre un ami.
Ce soir, une huppe disparaissait sur les murs du "Serpent Menschen".
*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Tous ceux qui errent ne sont pas perdus..."