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| | Poèmes à forme fixe (Théorie) | |
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Alf Plumoversificateur

Age : 59 Inscrit le : 23 Juin 2005 Messages : 12747 Localisation : TDCDM : Landes
| Sujet: Poèmes à forme fixe (Théorie) Sam 23 Juil - 8:43 | |
| À ceux qui souhaitent essayer de composer des « musiques » anciennes, médiévales, en respectant les règles de Clément, Joachim, François, Monfaucon, Voiture… Sans prétention aucune, voici le modeste guide né de l’expérience d’un petit mais riche atelier d’écriture du fin fond de la Navarre… _________________ Quid novi ? |
|  | | Alf Plumoversificateur

Age : 59 Inscrit le : 23 Juin 2005 Messages : 12747 Localisation : TDCDM : Landes
| Sujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie) Sam 23 Juil - 8:48 | |
| Poèmes d'une strophe
Le sens doit finir avec elle et ne point appeler d’autres strophes. Il sont la plupart du temps composés en alexandrins mais peuvent être bâtis sur la une autre métrique de votre choix.
Le distique : Deux vers rimant ensemble
Pour plate qu’elle fut, sa rime vint de moi Et sa richesse fit de sa faim de « Vous », « Toi ».
Le tercet : Trois vers rimant ensemble
Plongeant sous les sourcils aux lueurs de lampyre, Ma plume dans vos yeux, encriers de porphyre, Puise sa sève bleue en poésie de lyre…
Le quatrain : Il se construit sur deux rimes croisées ou embrassées (ABAB ou ABBA)
Le parchemin gaufré de votre peau de myrrhe Offre à ma plume émue un air de cantilène ; Aux plis de votre cou, que sa césure admire, S’abreuve mon vers nu, assoiffé de sa veine…
Le quintain ou quintil : Trois rimes masculines et deux féminines ou inversement, entremêlées (AABAB)
Ma plume, en rimes de diamant, Un poétique enjambement, En vous rêvant, apprend à dire, Des anacoluthes d’aimant Et de doux vers decachemire…
Le sixain : Il ne se construit que sur trois rimes. Deux vers à rimes plates suivis de quatre vers à rimes croisées ou embrassées. (AABCBC ou AABCCB)
Six vers pour vous : preuve par six… Le faut-il ? Repetita bis ! Six fruits cueillis dans ma coudraie : Pieds menus, rimes d’hirondelle, En sixain pour votre prunelle, Six fleurs du cœur de mon ivraie…
Le huitain : Il se construit sur trois rimes, dont l’une est répétée quatre fois. Ce sont deux strophes de quatre vers unies par le fait que le quatrième et le cinquième vers ont obligatoirement la même rime. (ABABBCBC)
Si je n’eusse point écrit Tout cela pour vous que j’aime, Enjambements en doux cris, Acrostiches en diadème, Embrassements en poème, De mon lundi à mon dimanche, Ma feuille fut restée et mon front en est blème, Désespérément blanche !
Le dizain : Il se construit de deux strophes de cinq vers liées. Il a quatre rimes différentes. Le premier vers rime avec le troisième, le second avec le quatrième et le cinquième. Les rimes de la seconde partie sont placées dans l’ordre inverse (ABABBCCDCD).
Fleuve de vers, tercet, villanelle, odyssée, Madrigal, virelai, sonnet, pantoum, ballade, Rondel d’alexandrins, musique entrelacée, Acrostiches en flux, césures en croisade, Stances, strophes, couplets, triolets en cascade, Sextines oubliées, ïambes, lais, chants royaux : L’arbre de poésie me perd dans ses rameaux ! Mais pourquoi psalmodier en un discours-poème Ce que je veux vous dire et qui tient en trois mots ? Mon dizain médiéval vous chante : « Je vous aime ! » _________________ Quid novi ? |
|  | | Alf Plumoversificateur

Age : 59 Inscrit le : 23 Juin 2005 Messages : 12747 Localisation : TDCDM : Landes
| Sujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie) Sam 23 Juil - 8:57 | |
| Poèmes à strophes multiples…
Il sont bien sûr les plus nombreux et chacun possède ses règles de construction.
Le lai : Il s’appelait également « arbre fourchu » à cause de l’aspect typographique de ses vers. Il se compose de vers de sept, cinq trois ou deux syllabes et est construit sur deux rimes entremêlées à volonté, pourvu que l’une soit dominante et féminine. Essayons cinq et deux… Le schéma est fort simple, même si trouver de telles rimes ne l’est (lai !…) pas forcément… AAB AAB AAB...
J’écris pour ma Muse Car elle ne m’use Jamais ! Son poème fuse, Ma plume diffuse Son jet ! À ceux qu’elle amuse, Émeut qu’on m’excuse, Je plais ! Celui qui m’accuse, Disant que j’abuse, Est laid !
Le virelai : Il se construit comme un lai mais, au choix du poète, la rime « vire » et la dominante devient masculine... Simple n’est-ce pas ? AAB, AAB, AAB, BBA, BBA, BBA.
À Monsieur Voiture, Je donne en pâture, Mes vers. Qu’il n’ait point de dure Dent pour l’écriture Qui perd Ma plume et l’épure. Mon encre est eau pure De mer... (Je vire !!!) Si Virgile en perd Son latin d’hier Et jure, Si Marot, pas fier, En a un triste air, J’assure : Ma plume de fer N’écrit qu’un éther Nature ! _________________ Quid novi ? |
|  | | rizlabo Saigneur des Grands Crus

Age : 99 Inscrit le : 05 Avr 2005 Messages : 7868 Localisation : Poireaux et blaireaux, it's my way
| Sujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie) Sam 23 Juil - 9:32 | |
| Merci Alfred ! Classification. Est-ce que s'astreindre à tel ou tel système est un pur jeu de virtuosité, ou bien certaines formes ont-elles un intérêt objectif, du point de vue rythmique, au service de texte ? _________________ Plutôt vintage que has been |
|  | | Alf Plumoversificateur

Age : 59 Inscrit le : 23 Juin 2005 Messages : 12747 Localisation : TDCDM : Landes
| Sujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie) Sam 23 Juil - 9:53 | |
| Salut Riz... Voici ce que dit mon petit livret de versification au chapitre Poèmes à forme fixe: " Ils remontent pour certains aux premiers temps de notre littérature. La pluplrt sont aujourd'hui oubliés mais quelques ont ont eu un regain au XIX° siècle. Presque tous ne comportent pas grand chose de plus qu'une stricte observation des règles, parfois compliquées, de la facilité et, à l'occasion, de l'esprit. Ce sont surtout des poèmes de circonstance, et nos grands poètes se sont rarement astreints à enfermer leurs pensées dans ces cadres étroits. certains, pourtant n'excluent pas la poésie, particulièrement ceux dont la longueur n'est pas limitée." Nous nous y sommes essayés dans notre ateleir d'écriture. Romane m'a demandé dans le fil "Moyenâgeusement vôtre" que j'ai ouvert récemment, d'en expliquer les règles techniques de versification, au cas où cela intéresserait quelques uns d'entre nous. Tu penses bien que j'en ai écrit une foule !! Je puis donc faire "profiter" de ma petite expérience. _________________ Quid novi ? |
|  | | Alf Plumoversificateur

Age : 59 Inscrit le : 23 Juin 2005 Messages : 12747 Localisation : TDCDM : Landes
| Sujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie) Sam 23 Juil - 10:00 | |
| La villanelle : Elle se compose de tercets (trois vers) en nombre impair et d’un quatrain (quatre vers). Elle est construite sur deux rimes, une masculine et une féminine. La rime masculine revient au deuxième vers de chaque tercet et du quatrain final. En outre, pour corser (ou « corseter » diront certains...) le tout, le premier et le troisième vers du premier tercet reviennent tour à tour à la fin de chaque autre tercet. Le quatrain final se compose d’un vers féminin et d’un vers masculin, suivis du premier et du deuxième vers du premier tercet... Perdu ?...
1A 2B 3A
A B 1A
A B 3A
A B 1A
A B 3A.... etc... jusqu’au quatrain final :
A B 1A 3A
Villanelle d’hirondelle et autres oiseaux...
Chanson rustique, ô, villanelle, Donne-moi tes oiseaux cachés Au cœur des frondaisons si belles !
J’écrirai une ritournelle Pour celle que je recherchais Chanson rustique, ô, villanelle,
Tout près du nid de l’hirondelle Et du pigeon sur le clocher, Au cœur des frondaisons si belles !
Prête-moi ton bec de crécelle Pour répéter sans la fâcher, Chanson rustique, ô, villanelle,
Qu’un jour je volerai vers elle, Sur un alexandrin perché, Au cœur des frondaisons si belles !
Et j’aurai du pinson les ailes Et du milan, sous le bréchet, Chanson rustique, ô, villanelle,
Un cœur tendre. La tarentelle, Pour lui chanter, j’irai chercher, Au cœur des frondaisons si belles !
D’un cou de héron, pour icelle Que j’aime tant, j’irai pêcher, Chanson rustique, ô, villanelle,
Des vers luisants où s’entremêlent Des mots d’amour. Sur les rochers, Au cœur des frondaisons si belles,
Si tu me prêtes l’hirondelle, Le rossignol, j’irai lâcher, Chanson rustique, ô, villanelle,
Mes rimes en pluie, douce grêle, Pour rafraîchir son cœur mâché, Au cœur des frondaisons si belles !
Donne-nous des pigeons fidèles L’amour vrai, pour l’aller nicher, Chanson rustique, ô, villanelle,
Sur l’antenne du toit, sur le frêle Rameau du genêt, le clocher, Chanson rustique, ô, villanelle, Au cœur des frondaisons si belles ! _________________ Quid novi ? |
|  | | Alf Plumoversificateur

Age : 59 Inscrit le : 23 Juin 2005 Messages : 12747 Localisation : TDCDM : Landes
| Sujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie) Sam 23 Juil - 11:14 | |
| Le triolet : Exemples dès le XIII ème siècle en vogue à la Renaissance. Huit vers sur deux rimes et construit de telle sorte que le premier vers revient comme quatrième, et que le septième et le huitième sont la répétition du premier et du deuxième. La rime dominée n’apparaît qu’aux deuxième, sixième et huitième vers. Une pièce peut être constituée par n seul triolet ou bien par une suite de triolets. (1ABA1AAB1A2B)
Mes vers aux siens sont identiques. Je les lui offre. Ils sont printemps. Ils chantent les pavots magiques. Mes vers aux siens sont identiques. Et notre amour des mots uniques, Confondu, bravera le temps. Mes vers aux siens sont identiques. Je les lui offre. Ils sont printemps. _________________ Quid novi ? |
|  | | Alf Plumoversificateur

Age : 59 Inscrit le : 23 Juin 2005 Messages : 12747 Localisation : TDCDM : Landes
| Sujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie) Sam 23 Juil - 11:47 | |
| Le rondel : tout comme le rondeau (voir plus loin), le rondel a eu sa période d’éclat entre le 14° et le 16° siècle. Abandonné par la suite, il a été repris par quelques poètes modernes. Il en est de 9, de 10, de 12, de 13 et de 15 vers. Celui de 13 vers est le plus fréquent. Deux quatrains et un quintil sur deux rimes, dont le « genre » est indifférent. Le premier et le deuxième vers reviennent comme « refrain » après le sixième vers, et le premier vers constitue de nouveau, par un refrain final, le treizième vers. (1A2BBA AB1A2B ABBA1A)
Elle est ma muse Polymnie ; Elle est ma Clio et encore, Mon Érato, ma Terpsichore ; Elle embellit mon insomnie.
Elle inspire ma nuit, ma mie Et se fait Calliope au cœur « flore » ; Elle est ma muse Polymnie ; Elle est ma Clio et encore,
En mon rêve devient Thalie Et Melpomène et moi, j’adore Chanter Euterpe et l’hellébore Dans les yeux au ciel d’Uranie. Elle est ma muse Polymnie. _________________ Quid novi ? |
|  | | Alf Plumoversificateur

Age : 59 Inscrit le : 23 Juin 2005 Messages : 12747 Localisation : TDCDM : Landes
| Sujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie) Sam 23 Juil - 11:56 | |
| Le rondeau : Il se compose de 13 vers sur deux rimes, deux quintils entourant un tercet. Le tercet et le dernier quintil sont agrémentés d’un refrain qui, hors rimes, est constitué par la reprise des premiers mots (ou sonorités) du premier vers. (AABBA AABR AABBAR)
À cet endroit, pensent les fous, Il s’y perdrait souvent des coups De pieds... Et les malotrus disent Des pinçons... Ce sont des bêtises ! Le dos en son bas est fort doux.
Qu’il se dandine avec courroux Ou qu’il se tortille par goût, Qu’il se trémousse par surprise, C’est cet endroit
Qui, dans nos baignoires s’ébroue, Qui, nos fauteuils et chaises loue Pour que nous ayons notre assise ! Puis, disons-le avec franchise, La caresse lui plaît beaucoup, À cet endroit ! _________________ Quid novi ? |
|  | | Alf Plumoversificateur

Age : 59 Inscrit le : 23 Juin 2005 Messages : 12747 Localisation : TDCDM : Landes
| Sujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie) Lun 25 Juil - 12:00 | |
| Le rondeau redoublé : Il est construit sur deux rimes croisées, en octosyllabes, et se termine par un refrain qui reprend les premiers mots (ou sonorités) du premier vers. Il se compose de six strophes de quatre vers. Chacun des vers du premier quatrain devient, à son raang, le quatrième vers des quatrains suivants. Le dernier quatraoin a ses vers nouveaux suivis du refrain.
1A2B3A4B BAB1A ABA2B BAB3A ABA4B ABABR
Que fais-je là ? Qu’ouïs-je ? Qu’entends-je ? Le temps présent, est-il , pardi, Aussi présent qu’on dit, mon ange ? L’histoire a-t-elle un aujourd’hui ?
Tu prends ta plume et me l’écris, Aussitôt, en passé se change ! Le futur était-il prédit ? Que fais-je là ? Qu’ouïs-je ? Qu’entends-je ?
Serait-ce, ma mie, qu’il se venge, En rappelant les faits enfuis, De son hier qui le dérange ? Le temps présent, est-il, pardi,
Annonciateur de l’aujourd’hui, Qui est le demain que l’on range, Une fois passé, dans l’oubli, Aussi présent qu’on dit, mon ange ?
Tu me demandes pourquoi prends-je Ce ton badin et réjoui Pour te questionner, mon ange : L’Histoire a-t-elle un aujourd’hui ?
N’aies point de crainte : pour étrange Que soit le discours que voici, Ce double rondeau est louange : Et au Moyen-Âge un merci Que je sois là ! _________________ Quid novi ? |
|  | | Alf Plumoversificateur

Age : 59 Inscrit le : 23 Juin 2005 Messages : 12747 Localisation : TDCDM : Landes
| Sujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie) Lun 25 Juil - 12:02 | |
| La ballade : Elle comprend trois « couplets » et un « envoi » composés sur les mêmes rimes. Elle est construite en vers de huit ou dix pieds. Chaque couplet comporte autant de vers que le vers a de pieds (huit ou dix). J’ai « testé pour vous » l’octosyllabe… L’envoi ou adresse au Roi, au Prince, à Dieu, à une Égérie, Muse, une Fée (c’est mon cas…) reproduit la forme de la seconde moitié d’un couplet. La ballade est également une pièce à refrain puisque le dernier vers du premier couplet revient comme dernier vers des autres couplets et de l’envoi On appelle chant royal une ballade composée de cinq couplets de onze vers (au lieu de trois) et l’envoi de cinq, six ou sept. Mais restons « en ma ballade ».
ABABCDC8D ABABCDC8D ABABCDC8D CDC8D
Ma plume alerte, emplie du sang De mon encre, part en ballade, Sur la feuille monte et descend, En expédition d’Alcibiade : Au sanctuaire de Nymphée, Les vagues d’une Océanide Vous diront en accords d’Orphée Qu’elle est maintenant Hispéride,
Une nymphe des fleurs versant Le doux parfum d’Hamadryade Sur mon parchemin bleuissant Au soleil d’une noire arcade… Est-ce ma plume de Morphée Qui, sur vos marbres d’Argolide, En écrit de cette bouffée Qu’elle est maintenant Hispéride ?
Si mon vers se fait caressant, C’est à cause de l’Oréade Qui le nourrit d’un doux accent Montant de la blême esplanade Des rives d’une blanche Alphée. Ma ballade devient abside : C’est par la Naïade assoiffée Qu’elle est maintenant Hispéride.
Envoi
Ô Nymphes du Jardin, ô Fées, À ma Mie qui mon cœur préside, Chantez en chœur, ô coryphées Qu’elle est maintenant Hispéride ! _________________ Quid novi ? |
|  | | Alf Plumoversificateur

Age : 59 Inscrit le : 23 Juin 2005 Messages : 12747 Localisation : TDCDM : Landes
| Sujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie) Lun 25 Juil - 12:03 | |
| La terza-rima : D’une longueur illimitée, ce poème d’origine italienne puise son intérêt dans la disposition des rimes de ses alexandrins. Il est composé d’une suite de tercets (trois vers) Le premier vers rime avec le troisième, le deuxième avec le quatrième et le sixième, le cinquième avec le septième et le neuvième… ainsi de suite jusqu’au… cent dix millième… Plus un : le dernier vers qui demeure isolé (le pauvre !) Toutes les rimes, en effet, sont répétées trois fois sauf la première et la dernière qui riment ensemble… ABA BCB CDC DED EFE… XYX… A !
Ô pieds entrelacés, d’où vient votre chaleur ? De la terza-rima au parfum d’Italie ? Qui invente des sons aux accents cajoleurs ?
La lyrique Érato ? La comique Thalie ? Pour qui sont ces tercets et leur rythme au levant ? Pour le savoir, Amour, point de didascalie :
Écoutez Uranie : elle embellit le vent ! Dans l’éther, au dessus de votre tête accorte Oyez ma Polymnie et son hymne en rêvant…
Pour qui est l’hémistiche et ses pieds en cohorte ? L’histoire de Clio vous donnera sans doute L’indice qui vous manque et que la note apporte,
Celle qu’Euterpe joue et que le cœur écoute. Suivez la danse aux pas qu’esquisse Terpsichore Au son qu’offre, pincé, sa lyre sur la voûte.
Suivez-moi dans les cieux : Melpomène ou encore Calliope à l’éloquent lyrisme s’y surpasse ! Ma plume vous dira la fleur qu’elle picore.
Vous saurez, tout là-haut, enfin ce qui se passe ! À toutes vos beautés poétiques je dis : « Muses, une Égérie avec vous a sa place :
Elle ! En terza-rima j’atteins un paradis. _________________ Quid novi ? |
|  | | Alf Plumoversificateur

Age : 59 Inscrit le : 23 Juin 2005 Messages : 12747 Localisation : TDCDM : Landes
| Sujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie) Lun 25 Juil - 12:05 | |
| Le pantoum : Il s’appelle aussi « chant malais » et est écrit en strophes de quatre alexandrins à rimes croisées (ABAB). Mais il est construit de telle sorte que le deuxième et le quatrième vers de chaque quatrain passent dans le suivant pour en former le premier et le troisième vers. Le premier vers de la pièce doit revenir à la fin comme dernier vers.
1A2B3A4B 2B3C4B5C…
L’onde de l’océan roule son flot immense, Peuplé d’êtres vivants aux nageaoires d’argent… Dans la mer de papier à la blancheur intense, L’encre se fait azur houlant des mots, nageant.
Peuplé d’êtres vivants aux nageaoires d’argent, Le fond mystérieux nous livre son trésor. L’encre se fait azur houlant des mots, nageant En bancs d’alexandrins, nés d’une plume d’or.
Le fond mystérieux nous livre son trésor : L’épave d’un bateau, vestige des vieux âges. En bancs d’alexandrins, nés d’une plume d’or, Les sentiments écrits deviennent un coquillages.
L’épave d’un bateau, vestige des vieux âges Résonne étrangement pour ne pas qu’on l’oublie ; Les sentiments écrits deviennent coquillages Accrochés à son mât : Un vers de poésie
Résonne étrangement pour ne pas qu’on l’oublie ; Le passé des marins, dans le pesant silence Un poète, en rimant, en mots bleus s’en écrie : « L’onde de l’océan roule son flot immense ! » _________________ Quid novi ? |
|  | | Alf Plumoversificateur

Age : 59 Inscrit le : 23 Juin 2005 Messages : 12747 Localisation : TDCDM : Landes
| Sujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie) Lun 25 Juil - 12:06 | |
| L’ïambe : Poème sans limite particulière, l’ïambe alterne les alexandrins et les octosyllabes. Ses rimes sont en principe croisées et forment des stophes de quatre vers (ABAB CDCD EFEF…). La violence du contraste entre douze et huit pieds qui alternent continuellement demande d’un bout à l’autre même violence dans les idées exprimées…
Volez, pigeons !
Le gris pigeon, pensif, méditait sur la tour... Il songeait au ciel bleu que ceux Qui l’avaient reconquis lui promettaient : vautour, Aigle brun, au bec pernicieux...
Les rapaces avaient leur vrai duvet paré D’un ramage doux et factice. Le pigeon insouciant, à l’envol préparé, Assoiffé d’azur, la malice
Des nouveaux rois des cieux n’avait point aperçue... Mais quand il fut trop tard, son bec, D’un roucoulis amer dit : « Si je l’avai perçue ! » Ils s’en est réveillé avec
Un goût d’inachevé dans le cœur ; car la règle Qu’il s’était soudain imposée, Était de côtoyer soit le vautour, soit l’aigle Dans le ciel du futur ! Posée
Sur l’antenne du toit la pigeonne pensait : Il faudra redoubler d’amour, De celui qu’un cœur vrai pourra seul dispenser ; Pour pouvoir s’envoler un jour,
Vers des cieux plus sereins où son pigeon et elle Auront aux pigeons de demain Montré le noir péril que cache certaine aile, Qui promet un lointain chemin !
De l’antenne au clocher et des arbres aux tours, Bannissant aigles et vautours, Les oiseaux amoureux en quêtant leur été, Retrouveront leur liberté ! _________________ Quid novi ? |
|  | | Alf Plumoversificateur

Age : 59 Inscrit le : 23 Juin 2005 Messages : 12747 Localisation : TDCDM : Landes
| Sujet: Re: Poèmes à forme fixe (Théorie) Lun 25 Juil - 12:06 | |
| Le sonnet : Originaire d’Italie, le sonnet n’est rentré dans notre poésie qu’au 16 ème siècle. Il est composé de quatorze alexandrins, divisés en deux strophes de quatre vers sur deux rimes et deux qstrophes de tois vers sur trois rimes.
ABBA ABBA CCD EED ou EDE
Ô, Muse, prends ma plume et verse-lui ton encre, Que ma main, en ce flux, guérisse tous ses maux, Pose un cautère doux sur ses calleux rameaux, Que ton divin parfum rassérène leur chancre !
Il est un bleu séjour que le corail échancre, Embarque pour l’ailleurs, loin des frimas hiémaux, Mes vers voilés de noir. Ô, fais-en des ormeaux ! Leur nacre veut jaillir... Ma Muse, levons l’ancre !
Ô, Muse, entre mes doigts, dissimule un baiser, Sa rime abreuvera, dès lors, sans biaiser, Le vélin qu’a jauni l’absence d’hémistiche.
Ô, Muse, par ce don, que mon cœur soit pur-sang, Fasse son amble fou virevolter mon sang Vers les alexandrins d’une ode en acrostiche ! _________________ Quid novi ? |
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