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| D'écrits vains à romancier (Zéno) | |
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Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 47284 Localisation : Kilomètre zéro
| Sujet: Re: D'écrits vains à romancier (Zéno) Lun 26 Mar - 19:09 | |
| Fulmi :
| bertrand-môgendre a écrit: | A moins que Darien n'est protégé son texte, il appartient désormais à Réginelle, jusqu'à ce que d'autres morts s'en suivent. (J'aime bien la notion de transmission des savoirs). |
En termes de propriété littéraire et artistique, Darien a protégé ses textes, puisqu'ils sont publiés. Mais là n'est pas la question. Lorsqu'on écrit, si l'on reprend une expression qu'un écrivain a rendue remarquable en l'insérant judicieusement dans son œuvre, on ne peut empêcher le lecteur cultivé de faire référence à cet écrivain. On n'est pas ici dans le registre de la propriété, mais dans celui de la référence. Ton ancêtre n'a pas laissé de trace de son usage de l'expression, Darien, oui, au point qu'elle est passée dans le langage courant. La petite brioche apelée madeleine existe indépendament de Proust, mais la mentionner évoque irrésistiblement cet auteur.
Écrire n'est pas un acte anodin. C'est un mode d'expression ancré dans une tradition, en longue symbiose avec l'ensemble de l'humanité, dans sa composante la plus noble : les lecteurs. Un texte, écrit Stephen King, qui s'yn connaît un peu, appartient autant aux lecteurs qu'à son écrivain. Or les lecteurs sont parfois cultivée et connaissent leur affaire. On ne leur fait pas toujours gober n'importe quoi.
Donc commencer un récit par une citation de Darien, volontaire ou non, implique que l'on assume cet atavisme. Or Darien n'est pas un auteur anodin. |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 47284 Localisation : Kilomètre zéro
| Sujet: Re: D'écrits vains à romancier (Zéno) Lun 26 Mar - 19:11 | |
| Ré :
bon le temps que tout se mette bien en place et je vais essayer de pondre ça !
et je n'ai pas pensé à Darien !
juste un cri de haine lancé dans la nuit contre quelqu'un que l'on voudrait voir mort... ou qui est mort ou qui va mourir ça c'est déjà dans l'histoire, je vais pas le dire maintenant vous n'auriez plus de suspense "crève charogne" a plus d'impact que "meurs salaud !"
davantage de rage, de douleur rentrée, de haine, de mépris... ça claque ... ça heurte les sons "cr" sont comme autant de coups cr cr cr et en même temps vrai qu'ils me font penser à quelqu'un qui "crache"... ça donne l'image d'expulser ainsi toute la noirceur qui accompagne ces sentiments de haine et qui empoisonne l'esprit exactement comme la bile qui empoisonne le corps.. . |
|  | | Romane Administrateur

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| Sujet: Re: D'écrits vains à romancier (Zéno) Lun 26 Mar - 19:12 | |
| Fulmi :
Si ton idée, c'est de nous faire la surprise du sujet de cet exercice, c'est raté.
En faitk, il ne faut pas, dans le cadre de ce jeu, attendre que tout soit en place pour écrire le résumé : il faut construire le résumé à partir des éléments qu'on a décidé : personnages, situations, actions, etc.
Le but, c'est de ne pas faire comme on a l'habitude. |
|  | | Romane Administrateur

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| Sujet: Re: D'écrits vains à romancier (Zéno) Lun 26 Mar - 19:13 | |
| Ré :
sauf que le résumé ne va pas demander deux pages et pas question de surprise de sujet vous l'avez déjà dans ce que j'ai dit
Personnages :
Elle : belle, mais sans plus... je compte la situer dans un univers artistique... peintre, sculpteur, musicienne... quoique je préfèrerais opter pour la peinture ou la sculpture... Pourquoi ? parce que j'aime créer des personnalités et celle-ci je la veux à fleur de peau... fragile aussi. et je crois que dans la vie des créateurs, il y a des périodes de fragilité psychique
le méchant : une sorte de Pygmalion. Un homme dur... possessif. dominateur et destructeur. Qui va aider "elle" à avancer... mais qui en même temps va l'asservir. "Elle" au début, est pétrie d'admiration pour cet homme... l'admiration est une forme d'asservissement, qui pousse à l'acceptation, et finalement à une docilité qui peut conduire à l'oubli de soi.
le gentil : le grain de sable qui grippe le fonctionnement de ce duo qui vit en "vase clos"... qui va amener 'elle" à sortir de cet enfermement physique et psychique.
il m'est difficile de discipliner mon esprit... tu as lancé l'idée de cette écriture. Et zou... y a tout un enchaînement qui s'est constitué dans ma tête... on peut dire que la trame y est déjà ...
ici je donne les personnages. pour les situations, dans le premier chapitre :
cette femme est là, debout, raide et visiblement à bout. Elle crache sa haine à la face de la nuit. le gentil l'accompagne mais... il a du mal à calmer... et il est dans l'ignorance des évènements qui ont amené "elle" à cet état... Là... on part dans le flash back... on part au début de l'histoire...
Elle est donc un peintre ou un sculpteur qui se cherche encore... elle rencontre (ou elle est choisie par) Pygmalion... s'instaure alors entre eux une relation qui commence normalement... mais au cours de laquelle l'emprise de Pygmalion se dénonce peu à peu possessive, absolue. Je veux démonter le processus d'un asservissement mental, mais également physique. Pas du tout enrichissant dans sa finalité. Elle, se réfugie dans son art... et la création est là. exutoire de tout ce qu'elle "sent" sans vraiment le définir...
celui qui va la réveiller, c'est le gentil... La réveiller dans le sens où il va lui ouvrir d'autres "portes". Et aussi, par lui, elle va petit à petit "revenir" à elle-même.
Sauf que ceci bien entendu ne se fait pas sans affrontements de plus en plus violents. Avec des doutes, des terreurs, des violences.
Finalement le gentil, c'est le rire, la douceur, c'est la vie... simplement la vie au soleil, à une terrasse de café, c'est évidemment la vie hors d'un atelier mais en même temps c'est la conduire à s'ouvrir à d'autres sources d'inspirations... finalement repousser les parois d'un espace clos... le faire plus grand, plus riche, plus lumineux. Qu'il ne soit plus uniquement centré sur son intérieur.
C'est ainsi... par ce changement dans l'inspiration d'une oeuvre quelconque que Pygmalion va deviner qu'il se passe quelque chose. Que "sa chose", sa "propre création" lui échappe un peu...
Elle le tuera... pour se défendre, elle sera obligé de le tuer. mais on ne le sait qu'après être rvenue à la scène première... pour des mains et des vêtements tâchés de sang.
Et elle décidée à disparaître.
Sauf que le gentil peut-être la persuadera ou pas de n'en rien faire.
Les dernières phrases
le flic... et où est-elle maintenant le gentil... elle est partie... par là.
et il désigne le garde-fou (ou le rocher)... et le vide
on peut arrêter là
ou alors un dernier clin d'oeil...
avec le gentil qui marche dans une rue de la ville... un avion passe dans le ciel... il sourit... à deux pas : une agence de voyage.
je vous ai dit : suis pas encore arrivée à 'tuer' un de mes gentils. |
|  | | Romane Administrateur

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| Sujet: Re: D'écrits vains à romancier (Zéno) Lun 26 Mar - 19:13 | |
| Ré : Bon... l'exercice pour moi est surtout de bien "construire" mes personnages. de leur donner une vérité...
ensuite les étapes de l'asservissement et celles de la délivrance... qu'il y ait cohésion, une logique... toujours une vérité.
et l'affrontement... les affrontements. les dualités. QU'elles soient aussi authentiques que possible, aussi bien dans des situations "noires" que dans l'exubérance d'un bonheur de vivre. Et là aussi, une justesse dans les dialogues... dans les mots, les attitudes.
voilà, ce que j'aime quand j'écris, en fait c'est ça : "les êtres" et les faire aussi vrais que vous et moi...
Fulmi : Donc le jeu, c'est d'abord d'écrire l'histoire (par opposition au scénario). l'histoire, c'est le récit exact des événements advenus. Ensuite, viendra le scénario, ou le résumé du roman : la situation de départ, puis le flashback, etc.
L'idée de tout cela est qu'en commençant par une analyse de l'intrigue (et non l'intrigue elle-même), on peut découvrir des choses qui passent inaperçues si on procède de la manière qui nous est habituelle (mais on peut aussi buter sur des difficultés qui peuvent même mener à abandonner le jeu - c'est sans importance). |
|  | | Romane Administrateur

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| Sujet: Re: D'écrits vains à romancier (Zéno) Lun 26 Mar - 19:14 | |
| Ré : ben c'est pas bon comme résumé alors ?
ensuite on peut procéder étape par étape chapitre par chapitre
tracer la ligne du chapitre dans la ligne du résumé de l'histoire et voir au fur et à mesure quels chemins ce chapitre ouvre l'analyse globale est là
et ensuite l'analyse se poursuivra chapitre par chapitre et je crois que on peut ainsi aussi découvrir des "choses"... |
|  | | Romane Administrateur

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| Sujet: Re: D'écrits vains à romancier (Zéno) Lun 26 Mar - 19:14 | |
| Fulmi :
| reGinelle a écrit: | | ben c'est pas bon comme résumé alors ? |
C'est une ébauche. Vois, par exemple, ce résumé du Père Goriot. Il n'est pas parfait (trop long) et il contient une citation du livre, à la fin, ce n'est donc pas vraiment un résumé. Mais si l'on remplace l'extrait de la fin par une simple phrase : "Après l'enterrement, Rastignac se lance dans la conquête de Paris", cela va. http://www.alalettre.com/balzac-goriot.htm
Bon, je vais pécher par orgueil. Voici le résumé du Temps…, tel que je l'ai écrit, en mai dernier, pour le concours :
Cet homme dans la quarantaine sans qu’il soit rien arrivé se rend compte subitement qu’il ne sait pas quelle heure il est. La nuir a passé à travailler et alors que le jour se lève, il veut consulter sa montre qui lui indique une heure fauss.e. L’horloge de son portable aussi est faussée, et l’horloge parante raconte n’importe quoi. pas un parcmètre dan sla rue ne donne l’heure exacte, c’est à rien n’y comprendre. Ses tentatives pour répondre à cette question se heuretent à une curiuse constatation : l’heure est devenue, pour lui, instable. C’est très gênant car il doit aller chercher son amie à la gare à midi.
1) Soudain, sans qu’il ait eu le temps de ne rien faire, elle est là à côté de lui ett c’est déjà le soir tandis qu’il se lave les dents et s’apprête à s’habiller car c’est le matin. très troublé, il décide de n’en rien dire à son amie qu’il doit chercher à la gare en fin d’après-midi.
2) La situation se complique car il se retrouve le soir même en même temps au lit avec son amie et plusieurs années plus tôt avec sa femme qu’il croyait avoir quittée. Curieusement, lui reviennent à l’esprit, et c’est comme si les scènes se déroulaient dans la pièce d’à côté, les petites amies qu’il a connu dans sa jeunesse. Il est très troublé.
Son amie doit hélas repartir. Elle a remarqué de dramatiques absences chez lui mais n’en dit rien : il a certainement des soucis. En même temps qu’elle prend le train, il la voit descendre d’un autre train, sur le quai d’en face, elle accourt et se jette dans ses bras, exactement comme elle a fait deux jours avant en arrivant. Il vit un second week-end d’amour qui se déroule exactement comme le premier. il décide de ne pas la raccompagner à la gare mais sans qu’il sache comment, il la raccompagne. Elle descend encore du train alors qu’il la regarde monter sans son wagon. Épouvanté, il fuit. Elle lui court après mais soudain il s’arrête et réfléchit. Le temps ne se déroule plus : il ne sait plus quand il amangé ni quelle heure il est. D’ailleurs son amie n’est plus sur le quai de la gare. Il a froid, c’est l’hiver. Il la rencontre. Elle ne le reconnaît pas. Elle vient de sa povince pour visiter Paris. Il se souvient. Il revit sa rencontre avec elle : il la suit et lui propose un ticket d emétro pour échapper à la queue qui rend le guichet inaccessible. Elle accepte un café. Il sait tout d’elle, et elle rien de lui. Le soir elle est dans son lit.
3) Il songe à la curiosité de sa situation. Il lui suffit de songer à une époque pour la revivre. Et s’il tentait de voir plus loin dans le temps. Il tombe du lit, car le locataire précédent n’avait pas arrangé la pièce de la même façon. Le couple, deux obèses, s’gite dans une furieuse partie de jambes en l’air. Impossible de remonter plus avant, les distances temporelles sont trop importantes. De l’autre côté, il voit dans le futur qu’il sera bientôt dans ce même lit en compagnie d’une autre, ou... non, c en’est pas lui, bien que ses meubles n’aient pas changé. Que se passe-t-il ? Il peut lire le journal du lendemain pour connaître les résultats du loto.
Il veut voir plus loin et cherche le moyen d’y parvenir. Comment parcourt-on les grandes distances , En auto ou en avion; il doit trouver ce que serait un avion, dans la quatrième dimension. Comment aller loin dans le temps, comme on va loin en surface?
4 )il vit sa mort, qui est très douloureuse et très cruelle, une fois, deux fois, et tente, pour y échapper de mourir dans un accident. Il y réussit et voit que, dans cette hypothèse-là, il ne meurt pas de la maladie, mais en revenant en arrière, il change encore son destin. et ne meurt plus de l’accident. Il a désormais quatre-vingt ans et lorsqu’il se rend à la gare chercher son amie, elle ne le reconnaît pas : il a mélangé les époques. Autour de lui, un monde absurde composé d’éléments anachroniques évolue en dépit du bon sens. Elle s’asseoit sur un banc et pleure. Un autre homme s’approche. Lui, tente de revenir à l’époque de leur rencontre, mais elle n’est pas là. La système temporel semble s’être détraqué. Désespéré, il achète des livres sur la relativité et cherche qui pourrait lui expliquer tout cela.
5)Évidemment, il ne trouve pas. Son aventure est hors de la raison. Il est désormais né en 1930. Il, va bientôt mourir. Il n’ose plus parcourir le long chemin qui mène à sa jeunesse, de peur de reculer encore plus dans le temps. En 1943 il se retrouve en camp de prisonniers, dont il s’échappe en revenant à 1945. Là il danse à Saint-Germain des Prés, le jazz est étourdissant, mais il revit en même temps son arrestation par la police de Pétain et son enfance au collège Stanislas. Il voit bien jusqu’à la fin du gaullisme, mais il ne conaît personne là-bas. Puis, de proche en proche, il revient vers la fin du siècle, Mai 68, le 11 mai 81, tout se mélange, et il parvient à la maternité où son amie est née. Là il ne sait plus à quelle époque il vit, tout se mélange, le temps est définitivement perdu. Aors qu’il se réfugie dans un appartement pour échappzer à la police, c’est mai 68, il est accueilli par son amie : que fait-elle à, à cette époque ? Elle a vingt ans, elle ne le reconnaît pas mais porte bien le même nom. C’est un cauchemar. Comment revenir à la réalité ?
6) Soudain, alors qu’il règne une atmosphère extraordinaire dans les rues, on dirait une éclipse de soleil, mais ce n’en est pas une, il en est certain, qu’il erre comme un âme en peine dans les rues de Paris, il entrvoit l’immensité du temps, plus rien ne lui échappe : dans les rues de Paris se superposent les dinosaures et les avions-taxis, les grognards défaits de Napoléon et les Vikings remontent la Seine.
Il se dirige vers la Sorbonne. Maître Abélard le reçoit. Dans l’éternité, il n’y a pas de temps, lui dit-il. Aujourd’hui, c’est demain et les morts ressuscitent. Il n’y a ni jour ni nuit et le temps ne s’écoule pas. D’ailleurs l’air est gris pâle, on ne voit aucune ombre, les rues s’emplissent de gens de toutes époques qui vaquent à leurs occupations sans se soucier de la situation. Une fête médiévale se prépare sans doute car on s’active dans la cour. son amie passe et lui saute au cou : quelle joie de te voir là ! Il l’embrasse et la serre dans ses bras : mais que fais-tu là au Moyen-Âge ? Elle ne répond pas et l’entraîne vers la danse. Elle est habillée comme en 1950. il est encore estomaqué. Depuis combien de temps tout-ceci dure-t-il ? Impossible de savoir , Quand a-t-il quitté le vingtième siècle. Il se retourne car il a entendu une cloche sonner : un signe du temps. Les cloches sonnent le temps ! Qui maîtrise le temps règne sur la terre ! Alors qu’il se retourne, il voit le XXe siècle : mais comment peut-on voir ce qui n’est pas encore advenu ? Quel âge a-t-il lui-même ? Il réalise qu’il ne s’est même pas posé la question depuis l’instant où il a eu quatre-vingt ans ! Et son amie a de nouveau disparu...
7) Une troupe de Gaulois entre dans un cyber-café. Là, il tique, tout de même, l’anachronisme est trop fort. Tout serait normal, il serait au XXIe siècle et les Gaulois seraient égarés ? Ce serai plausible, mais l’horloge de l’angle de la rue Soufflot n’est pas à l’heure. Mais où sont donc les dispositifs qui permettent de contrôler le temps ? Il a faim, mais n’a pas un sou en poche ; et, d’ailleurs, quelle monnaie serait la bonne, ici ? Il gagne sa vie comme voyant, en prédisant l’avenir immédiat, mais doit fuir lorsqu’un prêtre l’accuse de sorcellerie.
8 Alors qu’il court le temps défile autour de lui à grande vitesse, sans qu’il puisse le contrôler, lorsqu’il s’arrête, il a une vision d’ensemble de l’histoire du monde. Le Big Bang lui aparaît clairement, ainsi que l’explosion du soleil. Les événements innombrables sont parfaitemment hiérarchisés. Son cerveau est comme une résille immense dont chaque intervalle serait un instant de temps. Il vit tout en même temps, sans hiérarchie ni ordre chronologique. Il décide alors de se diriger dans une direction, toujours la même, et quitte Paris par le nord. pourquoi ? Il ne sait. Parce que, peut-être, sur les cartes du XXe siècle, le nord est en haut, et que les nombres les plus grands figurent en haut des échelles. or ce qui lui manque, c’est un système de repérage. Si le temps est lié à la rotation d ela terre, au pôle nord, le temps doit s’arrêter, puisqu’à cet endroit-là, on est à toutes les heures en même temps. Il parcourt le boulevard Saint-Michel, la rue Saint-Denis, etc. vers le nord. Dans sa folie, il ne perçoit pas l’insignifiance de sa course. Il croise des véhicules de toutes les époques, sans bon sens. Lorsqu’il s’arrete, il est presque midi. Il arrive à la gare du nord. Son amie descend du train de Londres et lui saute dans les bras. Il est heureux. Il fait beau et elle l’aime. Il l’emmêne se promerner le long du canal Saint-Martin, tout proche et lui raconte : sans toi, j’étais perdu, c’est comme si le temps n’existait plus...
Tu remarques que le roman que tu as lu ne corresponde pas au résumé, c'est normal, il y a le travail d'écriture, après. Ce n'est pas non plus un résumé simple, il y a déjà une ébauche de découpage en chapitres. Cela m'a convenu, pour Le Temps, mais chacun a ses propres besoins et va adapter le principe à sa manière.
Je n'ai jamais encore tenté d'écrire en respectant la méthode habituellement conseillée.
| Citation: | | ensuite on peut procéder étape par étape chapitre par chapitre |
Voire en même temps, les deux documents s'alimentant réciproquement. |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 47284 Localisation : Kilomètre zéro
| Sujet: Re: D'écrits vains à romancier (Zéno) Lun 26 Mar - 19:15 | |
| En fait, je viens de découvrir que j'avais dfait une deuxième version de ce résumé, celle que j'ai envoyée au concours :
L‘action se déroule entièrement à Paris, à toutes les époques. Aujourd’hui, en 2006, un homme dans la quarantaine, sans qu’il soit rien arrivé, se rend compte subitement qu’il ne sait pas quelle heure il est. L’incident intervient alors qu’il se rend à la gare chercher son amante qui vient de Bruxelles chaque week-end. Les événements de l’après-midi, puis des jours suivants se déroulent dans le désordre la plus total. Par le simple fait de désirer voir un moment d’un autre temps, il s’y trouve. Il se retouve ainsi confronté, dans sonapartement, à sa femme dont il est divorcé, aux locataires précédents et même à de parfaits inconnus. Il se retrouve vingt ans en arrière et tente de maîtriser le temps.
Il revit alors, pour son plus grand bonheur, une fois, puis deux, le premier week-end qu’il a passé avec elle, lors de leur rencontre. Les choses se déroulent, jusque dans les moindres détails, exactement comme la première fois. Après qu’il ait raccompagné la jeune femme au train, il s’élance volontairement dans le temps et voit le commencement et la fin du monde. Un peu sonné, il décide de consulter un psychiatre à qui il raconte son aventure. De fait, le temps pour lui ne se déroule plus linéairement et à sens unique. Par imprudence, il vit sa mort, qui le terrifie par sa violence et son injustice. Il décide alors d’intervenir dans son propre avenir pour éviter cette terrible déchéance. Il y résussit et constate la modification qu’il a apporté à sa destinée. Ce faisant il a introduit une anomalie dans son temps, qui se manifeste par l’absence de son amante à la gare alors qu’elle devrait y être : sa tentative pour revenir à la bonne époque, en 2006, échoue. Il a perdu le contrôle du temps et mélangé le temps. Autour de lui, un monde absurde composé d’éléments anachroniques évolue en dépit du bon sens. Alors qu’il reconnaît son amante à proximité de la gare, elle ne le reconnaît pas : il n’est pas de son monde. Il se procure des livres, mais comme il n’est pas scientifique, soit il n’y comprend rien, soit il n’est guère avancé. Il revit, en accéléré, des événements dramatiques du XXe siècle : un camp de prisoniers, mai 68, tout ceci dans le désordre le plus troublant.
Dans une manifestation de rue, alors qu’il tente d’échapper à la police qui le pourchasse, il rencontre des vikings, des gaulois, et d’autres personnages historiques. À la Sorbonne, Pierre Abélard le reçoit. Il lui annnonce l’Apocalypse et lui explique le dérèglement temporel : les morts vont ressusciter. Le temps n’existe plus. D’ailleurs l’air est gris pâle, on ne voit aucune ombre, les rues s’emplissent de gens de toutes époques qui vaquent à leurs occupations sans se soucier de la situation. Il vit des aventures dramatiques et rocambolesques dans ce monde en folie. Plusieurs fois il rencontre son amie qui ne le reconnaît pas.
En gand manque de repères, il décide de donner un axe au temps, puisque le temps est ce qui organise le monde et que, sans lui, rien ne va droit. Cet axe sera nord-sud, comme l’axe terrestre. il se dirige vers le Nord, remonte ce qui sera plus tard le boulevard Sabastopol, À midi, il est gare du Nord. Elle se dresse fièrement devant lui. il fonce au quai du train de Bruxelles. Son amante est là, qui saute dans ses bras. — Sans toi, j’étais perdu, dit-il c’est comme si le temps n’existait plus... |
|  | | Romane Administrateur

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| Sujet: Re: D'écrits vains à romancier (Zéno) Lun 26 Mar - 19:17 | |
| Ré :
et la différence ... tu la situes où ? Là, je ne saisis pas...
l'histoire n'est pas là même
je veux dire que les "sujets" n'ont pas de rapport
il me semble que le résumé y est ensuite c'est chapitre par chapitre que l'on peut poser les étapes de l'histoire
dans le résumé, je pourrais dire : elle rencontre Pygmalion à tel endroit (où ? ça reste encore à voir) il lui ouvre les portes de la renommée mais il la brise moralement il la viole, en fait sa chose elle se recroqueville sur elle-même puis elle rencontre à tel ou tel endroit le gentil (encore un détail qui est peu important... ça peut être n'importe où, sur un bord de plage ou à la terrasse d'un café... et qui peut tout à fait être fixé en cours de rédaction)
elle aime ce gentil et ce gentil l'aime et cet amour va lui donner les forces de briser les chaines sinon que Pygmalion ne l'entend pas de cette oreille dès cet instant leur dualité va évoluer vers une autre sorte d'horreur la contrainte les menaces
Elle, entre deux feux : la peur de Pygmalion et la crainte que cet aspect de sa vie ne détourne d'elle le gentil...
et ainsi ... jusqu'à la... délivrance mais une délivrance qui en même temps la condamne
pour moi, les grandes lignes du résumé sont là... reste à "nourrir" toutes ces étapes |
|  | | Romane Administrateur

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| Sujet: Re: D'écrits vains à romancier (Zéno) Lun 26 Mar - 19:18 | |
| Fulmi :
Le résumé n'y est pas encore car le lecteur du résumé n'a pas une idée précise de ce qui est raconté, mais ça progresse. Donc, oui, tout ce que tu pourrais dire, eh ! bien, il faut le dire !
Ça ne t'empêchera pas de changer, ensuite, en cours de route. |
|  | | Romane Administrateur

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| Sujet: Re: D'écrits vains à romancier (Zéno) Lun 26 Mar - 19:18 | |
| Ré :
juste un extrait... (presque le même que je t'ai envoyé Ro)
Tu ne sais pas ce que c’est. Etre là, allongée dans la nuit, avec « son » souffle à ton oreille. Et la peur de bouger qui te paralyse. Parce que tu sais que si tu bouges « il » va le sentir, et alors…alors… Alors un mouvement et c’est sa main qui s’anime ! Un autre et elle te saisit. Et si tu bouges davantage elle s’ancre en toi, te retient, te force. Et le cri vient, que tu ravales! Tu le ravales, ce cri, pour ne pas éveiller la colère. Pour ne pas appeler l’horreur. Et ce cri, il t’étouffe ! Il t'étrangle !
Et ça aussi : tu ne sais pas ce que c’est, être là, seule, enfin, allongée dans la nuit. Mais voilà cette force qui te pousse à te lever ! T’en sais rien d’où elle vient, mais elle est puissante. Et tu te retrouves devant ces maudits blocs de pierre. Et tes mains s’arment… couteaux, burins, marteaux… tu as le choix ! Et tu tapes tu tapes ! Et voilà des éclats qui fusent ! Des cris, autant de cris ! Un éclat un morceau de peur un éclat une larme retenue un éclat un lambeau de haine un éclat une blessure un éclat une humiliation un éclat un coup ! Et éclat après éclat, elle prend forme cette horreur qui te bouffe de l’intérieur. Et non seulement elle prend pleine réalité mais en plus, elle te fixe de ses yeux aveugles. Elle te fixe ! Et puis, c’est une œuvre d’art ! Ne jamais oublier que c’est une œuvre d’art, presque parfaite ! Oui… presque ! Parce que, vois-tu, toute cette horreur que tu as vomie, que tu as projetée hors de toi, il te faut encore la peaufiner. Jusque dans ses moindres détails. Sauf que là, tu triches ! Toutes ces aspérités, tu vas en arrondir les angles, et ainsi arrondis ils en deviennent moins agressifs. En fait, ils en deviennent supportables ! Tu vois ? Là, tu commences à mentir ! Et tu vas également adoucir l’angle des coups, les estomper, les faire lisses. Comme ceux qui marquent ta peau. On ne les sent pas sous la main ceux-là, non ! On ne les sent pas, et pourtant ils sont là !
Oui, tu mens. Parce que, ces aspérités, si tu les laissais, ce serait comme te livrer nue aux regards des autres. Ces aspérités, si tu ne les gommais pas, tous ceux qui y promèneraient simplement les doigts dessus, pourraient y ressentir chacune de tes propres blessures. Alors tu gommes, tu polis, tu effaces. Jusqu'à ce qu'il ne reste que l’œuvre ! Dans laquelle tu ne te reconnais plus et qui n’a plus pour âme que la sienne.
Et pourtant, "elle" est toi ! Elle est ce "toi" que tu refuses, ce "toi" qui t'effraie, ce "toi" que tu caches... Elle est ce "toi" qu'il assassine. |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 47284 Localisation : Kilomètre zéro
| Sujet: Re: D'écrits vains à romancier (Zéno) Lun 26 Mar - 19:19 | |
| Anna :
Quelle force, quellle âme dans ta façon d'écrire, Ré... Je suis totalement admirative de la puissance, de la profondeur et en même temps de la simplicité de tes mots. Personne ne sait mieux que toi décrire les blessures du coeur et les tourments qui l'habitent.
(oui, j'ai lu un peu plus haut sur ce fil qu'admiration = soumission mais tant pis j'assume! devant ce que tu écris, je me soumets avec bonheur)
Petit mot pour Fulmi aussi: je suis très impressionnée par le thème de ton livre Le Temps et la façon dont tu le décris dans ce fil. Je ne suis pas passée souvent par ici ces derniers temps (désolée pour la répétition) alors pardonne-moi si j'ai loupé un épisode mais j'aimerais bien te commander un exemplaire de ton livre quand ce sera possible. |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 47284 Localisation : Kilomètre zéro
| Sujet: Re: D'écrits vains à romancier (Zéno) Lun 26 Mar - 19:19 | |
| Zéno :
je suis déjà revenu sur ma première idée, ça devenait un peu trop compliqué pour moi (je m'arrachais les cheveux pour que ce soit cohérent et ... je n'y arrivais qu'à moitié). La clé qui débloquait la situation finale était un roman qui était remis au héros par quelqu'un qu'il rencontrait au début. Du coup, je me retrouvais avec un roman dans le roman, ainsi que 4 personnages principaux et 2 secondaires dans le sous-roman, alors qu'il y avait déjà 7 personnages principaux et un secondaire dans le roman, le tout avec des liens qui nécessitait une grande cohérence … que je n’arrivais pas trop à trouver. Bon, j’ai gardé le principal et j’ai revu le tout pour que la situation finale se résolve avec une clé plus simple ; en plus le déverrouillage de la situation finale sera plus basée sur un combat intérieur que sur de la logique et c’est peut-être mieux comme ça. |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 47284 Localisation : Kilomètre zéro
| Sujet: Re: D'écrits vains à romancier (Zéno) Lun 26 Mar - 19:20 | |
| Fulmi : L'intérêt du jeu, c'est le jeu lui-même. À la limite, on peut ne pas écrire ce roman qu'on cherche à résumer et composer ici. L'intérêt, c'est d'essayer d'écrire avec méthode et non au fil de l'inspiration.
Si tu as une idée de roman qui te tient à cœur, ne te lance pas dedans en premier essai. Attends dix ans. Apprends le métier, d'abord. Il faut, dit-on, et je le crois, dix ans d'efforts pour apprendre à écrire.
En plus, tu devrais bientôt te retrouver à lire le guide Guenot, si j'ai bien compris. Ça occupe quelques soirées… |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 47284 Localisation : Kilomètre zéro
| Sujet: Re: D'écrits vains à romancier (Zéno) Lun 26 Mar - 19:22 | |
| Ré : s'agit pas d'écrire au fil de l'inspiration mais quand tu es "dans l'idée d'un bouquin" tu ne peux pas obturer ton esprit à tout ce qui s'y présente ton livre... qu'il s'écrive avec "méthode", suivant un plan ou tout ce que tu veux, il est en toi et il "vit"... il te "parle"....
Fulmi : Prends des notes, écrits des bouts tant que tu veux. Peut-être que la méthode ne marche pas, c'est ce qu'on verra. Peut-être vaudrait-il mieux, pour expérimenter, prendre un sujet auquel on ne tient pas. Après tout, il s'agit, si on y pense bien, de devenir son propre nègre littéraire…
Zéno :
| Fulmi a écrit: | L'intérêt du jeu, c'est le jeu lui-même. À la limite, on peut ne pas écrire ce roman qu'on cherche à résumer et composer ici. L'intérêt, c'est d'essayer d'écrire avec méthode et non au fil de l'inspiration.
Si tu as une idée de roman qui te tient à cœur, ne te lance pas dedans en premier essai. Attends dix ans. Apprends le métier, d'abord. Il faut, dit-on, et je le crois, dix ans d'efforts pour apprendre à écrire.
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En fait, dans les grandes lignes l’idée semblait bonne, mais quand j’ai commencé à développer l’idée de roman dans le roman, qui apporte la clé qui débloque la situation amoureuse, je me suis rendu compte que c’étais trop compliqué pour moi. Peut-être qu’un jour en effet …
| Fulmi a écrit: | | En plus, tu devrais bientôt te retrouver à lire le guide Guenot, si j'ai bien compris. Ça occupe quelques soirées… |
Oui, je ne l’ai toujours pas reçu mais bon, j’ai mon Timbal-Duclaux qui m’ouvre déjà des portes. Surtout, que je suis en train de lire la méthode de Propp, et qu’elle se prête vraiment bien à l’exercice qu’on a commencé ici …
| reGinelle a écrit: | | Fulmi a écrit: | | [ Peut-être vaudrait-il mieux, pour expérimenter, prendre un sujet auquel on ne tient pas. Après tout, il s'agit, si on y pense bien, de devenir son propre nègre littéraire… |
ben là... j'ai un prob et sérieux... parce que j'ai sérieusement mordu au sujet
je sais pas ce que ça va donner, mais je le fais à fond |
Je te suis Même si me mettre à fond aujourd’hui, risque de ne pas répondre complètement à mes attentes … Après tout, c’est rare qu’on se casse une jambe lors de ses premiers pas, c’est plutôt ceux juste après, quand on prend de l’assurance, qui sont dangereux : « Je t’avais bien dit, ma fille, qu’il ne fallait pas tenter un salto arrière sur le canapé … Aïe ! »  |
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