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Zeno Sillaa

Age : 32 Inscrit le : 06 Jan 2007 Messages : 308 Localisation : Près de Toulouse
| Sujet: Re: Formation Mer 20 Juin - 19:59 | |
| Ça y est j'ai envoyé ma 2e nouvelle à ma tutrice. Est-ce que j'ose la poster ici avant d'avoir sa correction  _________________ "Faites que le rêve dévore votre vie, afin que la vie ne dévore pas votre rêve" Antoine de Saint-Exupery - et pour les curieux : wesra.free.fr |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 49149 Localisation : Kilomètre zéro
| Sujet: Re: Formation Mer 20 Juin - 20:54 | |
| Ben OUI. tant qu'à faire : autant avoir l'avant et l'après. C'est vachement parlant. Si ça se trouve, après correction elle sera moins bien qu'avant. Bon je blague, bien sûr, mais je trouverais intéressant oui. _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
|  | | chemindeplume

Age : 29 Inscrit le : 13 Mai 2007 Messages : 43 Localisation : Dans le sud
| Sujet: Re: Formation Jeu 21 Juin - 21:20 | |
| Coucou Zeno je viens de recevoir le corrigé du devoir numéo 3 ET le fasicule 5 en format pdf. Concernant "j' écris...." j'avoue l'avoir un peu délaissé ces derniers temps, mais ce n'est que temporaire.
Je trouve que les corrections arrivent assez vite, moins de deux semaines à chaque fois.
Je commencerai le ch 4 quand j'aurai fini L.T.D et que j'aurai complèter les fiches.
A+. _________________ http://chemindeplume.over-blog.com |
|  | | Gérard FEYFANT

Inscrit le : 26 Mar 2007 Messages : 1338 Localisation : 45.12 N - 0.41 E
| Sujet: Re: Formation Jeu 21 Juin - 22:16 | |
| | Zeno Sillaa a écrit: | Ça y est j'ai envoyé ma 2e nouvelle à ma tutrice. Est-ce que j'ose la poster ici avant d'avoir sa correction  |
Oui ose ! _________________ Vau mai peta en companhiá que creva solet. |
|  | | reGinelle

Age : 57 Inscrit le : 23 Fév 2006 Messages : 5953 Localisation : au plus sombre de l'invisible
| Sujet: Re: Formation Jeu 21 Juin - 22:29 | |
| de l'audace, encore de l'audace et toujours de l'audace ! alors ose ! _________________ Je suis ce que je suis... point barre ! Bzzzzzzz Bzzzzzzz Bzzzzzzz !!! Ne touchez pas à l'abeille ! |
|  | | Gérard FEYFANT

Inscrit le : 26 Mar 2007 Messages : 1338 Localisation : 45.12 N - 0.41 E
| Sujet: Re: Formation Jeu 21 Juin - 22:34 | |
| Et ce pourrait-être intéressant pour toi de juxtaposer des commentaires de communs mortels avec ceux de ta tutrice. _________________ Vau mai peta en companhiá que creva solet. |
|  | | Zeno Sillaa

Age : 32 Inscrit le : 06 Jan 2007 Messages : 308 Localisation : Près de Toulouse
| Sujet: Re: Formation Ven 22 Juin - 0:01 | |
| | Gérard FEYFANT a écrit: | | Et ce pourrait-être intéressant pour toi de juxtaposer des commentaires de communs mortels avec ceux de ta tutrice. |
Euh... Il y a déjà la première nouvelle en page 1 et 2 de ce fil, s'il y en a qui veulent réagir qu'ils n'hésitent pas.
| reGinelle a écrit: | de l'audace, encore de l'audace et toujours de l'audace ! alors ose ! |
Ok, je prépare la 2e nouvelle en bbcode pour la poster vite fait demain soir.
++ _________________ "Faites que le rêve dévore votre vie, afin que la vie ne dévore pas votre rêve" Antoine de Saint-Exupery - et pour les curieux : wesra.free.fr |
|  | | Zeno Sillaa

Age : 32 Inscrit le : 06 Jan 2007 Messages : 308 Localisation : Près de Toulouse
| Sujet: Re: Formation Ven 22 Juin - 0:14 | |
| | chemindeplume a écrit: | Coucou Zeno je viens de recevoir le corrigé du devoir numéo 3 ET le fasicule 5 en format pdf. Concernant "j' écris...." j'avoue l'avoir un peu délaissé ces derniers temps, mais ce n'est que temporaire.
Je trouve que les corrections arrivent assez vite, moins de deux semaines à chaque fois.
Je commencerai le ch 4 quand j'aurai fini L.T.D et que j'aurai complèter les fiches.
A+. |
Cool ! Moi, comme un imbécile, j'ai fait une fausse manip et j'ai supprimé la correction de mon devoir n°2 où elle me donnait le sujet du devoir n°4. Donc du coup il faut que je lui redemande...
Pour L.T.D je suis enfin arrivé à la dernière partie du livre. Les deux premières parties traitaient du scénario et la dernière traitera de la rédaction et de la correction d'un manuscrit.
J'ai mis à jour mes notes au format pdf ici : http://liensutiles.forumactif.com/Litterature-c12/Ecriture-c3/Ecrire-un-roman-f106/Notes-sur-J-ecris-mon-premier-roman-de-Louis-Tim-t11172.htm
Et j'ai posté mes notes sur le chapitre 9 : "comment préciser votre message" là : http://liensutiles.forumactif.com/Litterature-c12/Ecriture-c3/Ecrire-un-roman-f106/Notes-sur-J-ecris-mon-premier-roman-de-Louis-Tim-t11172-30.htm
J'espère que ton L.T.D t'apporteras d'autres techniques et que tu feras toi aussi un fil dessus. Comme ça on pourra fusionner nos notes ensuite 
Sinon, c'est un peu dommage quand même qu'on reçoivent les cours au format pdf après le ch4. Je pensais qu'on recevrait de nouveaux livret...
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|  | | Zeno Sillaa

Age : 32 Inscrit le : 06 Jan 2007 Messages : 308 Localisation : Près de Toulouse
| Sujet: Re: Formation Ven 22 Juin - 20:57 | |
| L’éveil d’Ambroise [1/7]
« Tout beau, tout propre !», qu’elle lui avait sorti. C’était à se demander si elle avait seulement jeté un coup d’œil sur lui. Lui, en tout cas, malgré lui, il s’était vu. En passant devant le miroir, son esprit avait eu beau essayer un Qui c’est celui-là ?, il savait pertinemment que c’était lui. Depuis, le monologue de l’infirmière hyperactive qui lui posait des questions - sans attendre, ni écouter les réponses - lui était passé au-dessus de la tête. Enfin, jusqu’au « Tout beau, tout propre !», qu’elle avait osé lui sortir avant de quitter la chambre. Il avait eu l’impression de voir Le cri, d’Édouard Munch, sur le mur de la salle de bain, avant de relativiser et de conclure, dans une ultime tentative d’humour, que même si son corps avait adopté la même forme élancée et la même couleur jaunâtre, il ne fallait pas qu’il se prenne pour une œuvre d’art. Décharné, voilà le seul mot qui ne glissait pas sur son corps. Lui, qui faisait un bon quatre-vingt kilos pour ses un mètre quatre-vingt-cinq, était tombé à soixante kilos, comme il l’apprendrait plus tard en montant sur la balance. Alors, comme le personnage du même tableau d’Édouard Munch, il prit la tête dans ses mains ; mais au lieu de crier, il pleura.
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|  | | Zeno Sillaa

Age : 32 Inscrit le : 06 Jan 2007 Messages : 308 Localisation : Près de Toulouse
| Sujet: Re: Formation Ven 22 Juin - 20:58 | |
| L’éveil d’Ambroise [2/7]
Il ne pouvait pas s’endormir comme ça. Pas avec cette image de lui qui lui flottait dans la tête. C’était comme si son propre fantôme, en quête de vengeance, s’évertuait à le hanter. Alors, pour se changer les idées, il alluma la télé de sa chambre d’hôpital. Et il se vit, lui ; avant… « ─ Bonsoir à tous, et bienvenue à Lumières sur, l’émission qui met en lumière des inconnus extraordinaires.» La caméra passe du présentateur à un gros plan sur le visage d’Ambroise, le montrant en train de faire la moue, l’air gêné. « ─ Si si, Ambroise, vous êtes inconnu je vous le jure… » Rires. Zoom arrière de la caméra qui montre Ambroise rire et commencer à se détendre ; puis cadrage sur le présentateur et Ambroise. « ─ Bon, alors sérieusement, mettons en lumière en quoi Ambroise est extraordinaire. Alors qu’on estime la puissance du cerveau d’un individu normal à deux virgule dix exposant seize, soit vingt-et-un millions de milliard instructions élémentaires par seconde, certains calculs nous paraissent impossibles à réaliser sans calculatrice ou ordinateur… Ambroise y parvient cependant avec une rapidité et une facilité déconcertante… On peut leur donner un exemple Ambroise ? ─ C’est la première fois que je fais ça devant autant de personnes, mais je veux bien essayer. » Zoom sur le présentateur qui prend à parti les téléspectateurs en parlant plus doucement, sur le ton de la confidence. « ─ Je tiens à vous préciser que bien sûr, comme d’habitude, notre invité a déjà été soumis à de nombreux tests par notre équipe, afin de s’assurer qu’il soit bien extraordinaire. Il se peut que sous l’effet du stress, l’expérience rate. À ce moment-là, elle sera retentée plus tard dans l’émission, lorsque notre invité sera plus détendu. Mais, entre nous, il s’agit vraiment de quelqu’un d’extraordinaire et je lui fais toute confiance… » Le présentateur se tourne vers Ambroise et la focalisation remontre les deux occupants de la scène. « ─ Êtes-vous prêt Ambroise, je fais venir l’huissier pour décacheter la lettre ? ─ Je suis prêt, Bertrand. » Un homme de bonne prestance, la cinquantaine, cheveux courts poivre et sel, vêtu d’un costume noir, d’une chemise bleu et d’une cravate rouge sombre, s’avance sur scène d’un pas dynamique, avec une lettre à la main. « ─ Bonjour Monsieur De La Tour, quelle épreuve se cache sous votre sceau dans cette enveloppe ce soir ? »
Souriant, l’huissier décachette l’enveloppe et tend la lettre au présentateur qui s’en saisit. Il disparait alors du champ de la caméra, pour s’effacer définitivement de la scène. « ─ Allons-y, c’est le moment Ambroise, toujours prêt ? ─ Prêt !» Plus un bruit dans la salle. Ambroise ferme les yeux. « ─ Quatre-millions-deux-cent-cinquante-six-mille-sept-cent-dix-huit virgule neuf-mille-trois-cent-cinquante-sept, moins, un-million-neuf-cent-douze-mille-cinq-cent-quatre-vingt-treize virgule quatre-cent-vingt-deux, plus, sept-cent-mille-cent-quarante-cinq virgule dix-sept. ─ Trois-millions-quarante-quatre-mille-deux-cent-soixante-dix virgule six-mille-huit-cent-trente-sept. » Ambroise ouvre les yeux, au moment où la caméra le sort de son champ pour faire un gros plan sur le présentateur, qui tourne le dos à Ambroise et lève les yeux au ciel, avant de s’avancer vers le public. « ─ Vous avez vu ça ! » Cris et sifflements. « ─ Houa ! Attendez, attendez …» Le présentateur se retourne vers la scène et regarde en hauteur, en direction d’une grande fenêtre à vitres teintées, puis demande d’un air grave : « ─ Pouvez-vous nous dire si la réponse est bonne, là-haut ? ─ La réponse est bonne Bertrand, il s’agissait bien de Trois-millions-quarante-quatre-mille-deux-cent-soixante-dix virgule six-mille-huit-cent-trente-sept », confirme une voix féminine sortant d’on ne sait où. « ─ Hallucinant… » Lâche le présentateur vers le public avant de se rediriger vers Ambroise. « ─ Mais comment avez-vous fait ? Je ne suis même pas capable de vous redonner le premier chiffre sans regarder mon papier… ─ A vrai dire, moi non plus Bertrand… ─ Comment ça ? ─ Je n’ai retenu aucun des chiffres que vous m’avez donnés, j’ai juste le résultat en tête. ─ Mais, comment avez-vous fait pour calculer le résultat d’une telle opération si vous n’avez pas retenu les chiffres à additionner et à soustraire ? ─ Je n’ai rien calculé du tout ! Comment voulez-vous que je puisse calculer aussi vite ? ─ C’est bien ce qu’on se demande Ambroise… » Réagit le présentateur, le regard glissant de son interlocuteur à la caméra, montrant un visage souriant et plein d’interrogations. « ─ Et maintenant, on se demande encore plus comment vous avez trouvé le résultat sans calculer… ─ Je l’ai vu… ─ Pardon ? » S’exclame Bertrand en se retournant vivement vers Ambroise. « ─ Je l’ai vu ! ─ Expliquez-nous, je vous en supplie… ─ En fait, dans mon esprit, un nombre représente une image ; tout part de là. Ensuite, l'opération à effectuer va confronter cette image à l'autre nombre, c'est-à-dire à une autre image. De cette rencontre naît instantanément une autre image, qui représente le résultat. Quand, tout à l’heure, vous avez donné le premier chiffre, celui-ci m’a inspiré une image, que je ne pourrais pas dessiner et qui vous paraîtrait sûrement très abstraite. Lorsque vous m’avez donné le second chiffre, après m’avoir précisé qu’il fallait faire une soustraction, une seconde image m’est apparue. Cette seconde image, s’est liée à la première image pour ne former plus qu’une image, qui était le résultat de la première opération et dont je me souviendrais sûrement si vous n’aviez pas fait entrer en jeu un troisième chiffre en me disant de l’additionner. À ce moment-là, ce troisième chiffre s’est lié à l’image résultant de la rencontre entre les deux premiers chiffres, pour former la dernière image. Celle qu’il me reste en tête et que j’arrive à interpréter, afin de vous donner le résultat de l’opération. C’est comme une séquence filmée pour moi. Je suis capable de vous dire qu’au début de ce mini film la personne est pensive et qu’à la fin elle sourit, mais je suis incapable de vous décrire image par image le mouvement des lèvres qui aboutissent au sourire. ─ Mouais, bon, faites un effort s’il-vous-plait, Ambroise. On est à la télévision là, alors si vous nous parlez d’images abstraites… ça ne nous avance pas beaucoup. Vous ne pouvez pas être plus clair ? ─ Ok, ok, je vais essayer d’imager en prenant un exemple simple. ─ Bonne idée, si vous imagez pour nous vos images abstraites, on arrivera peut-être à comprendre ! » Rires. « ─ Grossièrement, voilà ce qui se passe. Fermez les yeux. ─ Quoi ? Vous voulez que, moi, le présentateur de l’émission, je ferme les yeux pendant que, vous, vous animez la soirée, c’est ça ? » Rires. « ─ J’invite tous ceux qui veulent comprendre à fermer les yeux… ─ Très bien, Ambroise, nous fermons les yeux. ─ Imaginez le chiffre huit. ─ Oui... ─ Imaginez maintenant, que ce chiffre huit a la couleur rouge. Ensuite, pensez à un chiffre six de couleur bleu, tout près de lui. ─ Je les vois. ─ Espacez-les un peu, vous devez bien voir un huit rouge et un six bleu ; pas un quatre-vingt-six. ─ C’est bon, un huit rouge et un six bleu. ─ Maintenant, approchez-vous du chiffre huit et imaginez que sa texture soit de la laine. Vous voyez les fils de laine qui forment le chiffre huit ? ─ Oui, j’arrive à me les imaginer. ─ Alors imaginez, maintenant, que le chiffre huit s’effiloche et que les fils de laine rouge partent à la rencontre du chiffre six. ─ Oui… ─ Imaginez que le chiffre six s’effiloche également et que ces fils bleus aillent à la rencontre du chiffre huit. Et annoncez l’opération… ─ Soustraction ! ─ Observez les chiffres s’effilocher de plus en plus, jusqu’à ne plus distinguer ni le huit, ni le six. Vous ne voyez plus qu’un amas de fils de laine bleu et rouge en mouvement. ─ Oui, j’arrive à le voir. ─ Maintenant, imaginez que cet amas de fils se redresse, en prenant appui à sa base qui s’aplatie. Puis, imaginez qu’une fois redressé, son dos se courbe légèrement, afin qu’il puisse se retourner et vous voir en train de l’observer. ─ Oh là, où nous embarquez-vous là, Ambroise ? ─ Vous avez peur ? Reculez-vous un peu et regardez cette forme. La base aplatie servant de point d’appui, le dos courbé pour permettre à la tête de vous regarder : c’est un deux ! ─ Magnifique ! C’est vraiment ainsi que ça se passe dans votre tête ? ─ J’ai beaucoup imagé, afin que vous ayez tous des images nettes en tête. Mais, le principe des fils de couleur qui partent à la rencontre les uns des autres et de la forme qui prend vie pour donner le résultat est exactement l’expérience que je vis à chaque "calcul". ─ Ça alors ! On peut vraiment dire que vous êtes extraordinaire… Qu’est-ce que vous en pensez ? Peut-on dire qu’Ambroise est extraordinaire ? » Oui hurlés, cris et sifflements. « ─ Allé, un dernier calcul avant de passer au candidat suivant : trois-millions-quatre-cent-quatre-vingt-trois-mille … »
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|  | | Zeno Sillaa

Age : 32 Inscrit le : 06 Jan 2007 Messages : 308 Localisation : Près de Toulouse
| Sujet: Re: Formation Ven 22 Juin - 21:01 | |
| L’éveil d’Ambroise [3/7]
Survolté. Quelle soirée ça avait été ! Il avait pénétré dans les studios de télévision quelques heures auparavant : stressé, et il en ressortait survolté. Ça n’était pas si terrible en fin de compte… Quand il y repensait, lui qui avait toujours eu peur de se faire remarquer, lui qui avait toujours eu peur d’aller au-devant des gens, que de temps il avait perdu. C’était simple en fait, c’est ce vieux Raymond qui avait raison. Quand il était passé chez le vieux Raymond pour lui tailler sa haie et lui tondre la pelouse, le mois dernier, il avait eu la surprise de sa vie : Raymond lui avait appris qu’il l’avait inscrit à Lumière sur et qu’il avait été retenu. Sur le coup, il avait eu envie de lui faire tailler sa haie avec les dents sur un air de Mais de quoi je me mêle. Mais c’était Raymond, et à ce petit vieux là, il pouvait tout pardonner. Quand il avait acheté Au bois joli – la maison à la campagne dont il avait toujours rêvée – au début, c’était pour y fonder une famille avec Lucie. Mais, le soir où il l’avait invitée au restaurant pour lui annoncer la nouvelle, elle lui annonçait qu’elle voyait quelqu’un d’autre depuis six mois et qu’elle le quittait. Et voilà comment sept ans de vie commune avaient volés en éclat. Sept ans de perdus. Sept ans et déjà la fin de leur histoire, alors qu’il croyait que ce n’était que le commencement. Il s’était précipité Au bois joli pour se retrouver seul, pour y broyer du noir, jusqu’à vomir son désespoir. Mais, en chemin, il avait rencontré Raymond en travers de sa route. Vraiment en travers de sa route. Raymond avait eu un malaise alors qu’il rentrait à vélo d’une soirée bien arrosée. Il l’avait aidé et depuis, Raymond avait tout fait pour lui : il lui avait fait sentir qu’il pouvait être utile à quelqu’un. Alors, il avait aidé Raymond en s’occupant de son jardin et en faisant quelques courses pour lui. Puis, Raymond avait parlé de lui aux "petits vieux du pays", comme il disait, et il s’était retrouvé l’homme à tout faire du coin. Grâce à lui, il ne pensait plus à Lucie que le soir, au moment de se coucher ; alors oui, vraiment, à ce petit vieux là, il pouvait tout pardonner. Oui, c’est Raymond qui avait eu raison, il était capable de sortir et de s’ouvrir aux autres. Il l’avait prouvé en se rendant à cette émission de télé. Il se sentait un homme neuf maintenant, prêt à affronter la vie.
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|  | | Zeno Sillaa

Age : 32 Inscrit le : 06 Jan 2007 Messages : 308 Localisation : Près de Toulouse
| Sujet: Re: Formation Ven 22 Juin - 21:02 | |
| L’éveil d’Ambroise [4/7]
Le cri lui avait fait tourner la tête dans leur direction. Encore perdu dans ses pensées, Ambroise jeta un regard distrait dans la ruelle qui partait sur sa gauche, tout en continuant à avancer. C’est cinq mètres plus loin, alors que la ruelle était derrière lui et qu’il était à nouveau caché par un immeuble, qu’il prit conscience de ce qu’il était en train de faire : un cas typique de non-assistance à personne en danger. ─ Non mais t’as vu la gueule de la non-assistance à personne en danger ? Ça fait longtemps que tous ceux qui le croisent font des cas typique de non-assistance à personne en danger ! Et voilà, toujours à refaire surface dans les pires moments cette petite voix intérieure. Elle était toujours là pour l’enfoncer, toujours là pour lui montrer qu’il avait tort ou pour le tourner en ridicule. ─ Oui, j’ai bien vu que c’était un pauvre type par terre dans son duvet, je sais bien que ça doit être un SDF … et alors ? Ce n’est pas une raison pour le laisser se faire tabasser. ─ Ah, Ok … alors Monsieur est passé à la télé et il se prend pour un héro maintenant, c’est ça ? Allé, vas-y, vas leur casser la gueule, maintenant que t’es un héro ; ils ne sont que trois après tout ! Là, elle venait de marquer un point. Ambroise devait bien reconnaître qu’avec la meilleure volonté du monde, il n’était pas de taille. La seule fois de sa vie où il s’était battu remontait au collège ; si on pouvait encore considérer qu’il s’était battu, puisqu’aucun de ses coups n’avait touché l’adversaire… ─ Alors, t’es pas encore en train de leur rentrer dedans pour sauver Princesse SDF, John Wayne ! Ne me dis pas que tu te dégonfles ? Déjà ? Eh bah … il n’aura pas duré longtemps le nouveau toi ! Ambroise retroussa les manches, entrouvrit son blouson, rassembla tout son courage et dégaina son téléphone portable pour composer le numéro de police secours. ─ La ville a un nouveau héro ! Pfff …
Ambroise venait de raccrocher, après avoir donné toutes les indications sur les lieux de l’agression à la standardiste du commissariat de police, quand il prit conscience qu’il n’entendait plus de bruit dans la ruelle. ─ Et voilà, je t’avais bien dit qu’il fallait foncer dans le tas, maintenant c’est trop tard, Princesse SDF doit déjà être mort et tout ce que t’auras gagné c’est une nuit au poste de police à répondre à leurs questions … Surtout que - pour qu’une fois dans sa vie ce pauvre type ait les mêmes droits, que n’importe quel autre citoyen - Ambroise n’avait pas précisé à la police que c’était un SDF qui était en train de se faire agresser. Il avait décidé de rester pour attendre la police. Il n’avait peut-être pas le courage d’intervenir directement, mais il voulait connaître la suite de l’histoire : savoir si la police arriverait à temps, grâce à lui, pour sauver le pauvre homme et arrêter les agresseurs. ─ Merde, pourquoi il n’y a plus de bruit ? ─ Ah, bah il est joli le héro … S’il-vous-plaît messieurs, pouvez-vous reprendre où vous en étiez, afin que notre héro profite du tabassage de Princesse SDF ? ─ Ce n’est pas ce que je voulais dire ! Je m’inquiète pour lui, c’est tout ! ─ Si ça te rassure d’entendre qu’on lui tape dessus, à mon avis, lui, il aime autant que tu t’inquiètes, tu sais ? ─ Oh, c’est bon, tu sais très bien ce que je veux dire… Ambroise prit une longue inspiration. Il avait passé trente ans à avoir peur des autres, pour finir par se rendre compte, ce soir, que sa blemmophobie n’avait eu d’autres effets, que de lui faire perdre son temps. Ce soir, quelqu’un avait besoin de lui et il fallait qu’il soit à la hauteur. Il s’approcha de l’angle de la rue, afin de voir pourquoi il n’entendait plus rien. Le SDF gisait au sol et ses agresseurs étaient en train de fouiller dans ses affaires. ─ Agresser un SDF pour le voler, quand même, il faut le faire… ─ Bah oui, on est en début de mois gros nigaud, c’est jour de paye ! ─ Jour de paye ? Mais, c’est un SDF ce type, il n’a rien ! ─ Presque rien, ce n’est pas rien. Les SDF touchent le RMI, tu sais … alors si le type a commis l’erreur de tout retirer, ou d’en retirer une bonne partie, ça peut faire le bonheur de quelques junkys… ─ Merde ! Ambroise se plaqua rapidement contre le mur de l’immeuble. Un des agresseurs s’était redressé et avait regardé dans sa direction. ─ Pourvu qu’il ne m’ait pas vu… ─ Mais barre-toi, qu’est-ce que tu attends ? ─ Mais, qu’est-ce qu’ils font les flics ? Ambroise leva les yeux au ciel en soupirant, comme pour faire une prière, lorsque ses yeux se figèrent et que son souffle se coupa. ─ Il ne peut pas ne pas m’avoir vu… ─ Qu’est-ce que tu racontes ? ─ Je suis sous un réverbère, merde ! Ambroise eu juste le temps de se rendre compte que ses jambes ne lui obéissaient plus et qu’il n’arrivait pas à se mettre à courir, lorsqu’il se fit agripper et emmener dans la ruelle.
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| Sujet: Re: Formation Ven 22 Juin - 21:03 | |
| L’éveil d’Ambroise [5/7]
Blanc. Ambroise n’y voyait que du blanc. Ses yeux entrouverts s’évertuaient à soulever ses paupières, comme un bodybuilder s’efforcerait à tordre les barreaux de sa prison pour se frayer un passage vers la lumière. Cette même lumière, aveuglante, qui ne lui laissait pas une chance de rendre moins abstrait le tableau laiteux, composé de murs pâles et de formes blanches qui s’animaient sous ses yeux. Piquant. Ses papilles olfactives s’affolaient, perdues, à la recherche d’un indice qui aurait été négligé au milieu de ces odeurs aseptisées. Assourdissant. Le cri aigue et monotone du monitoring, semblait rythmer le balais des silhouettes qui s’agitaient autours de lui. Lancinant. Le flux et reflux de son sang, se griffait aux tuyaux qui l’avaient maintenu pendant tout ce temps à la vie. ─ Tout ce temps…Combien de temps cela fait-il exactement ? Une journée ? Une semaine ? Un mois ? Un an ? Depuis combien de temps suis-je inconscient ? Alors que le monochrome vivant prenait peu à peu du relief, il renonça. Il était encore trop tôt. Il devait se reposer avant. Avant d’affronter la lumière, les cris, la douleur, et les odeurs de détergents.
***
Il savait enfin le secret que révélait l’expression « un sommeil de plomb ». La nuit qu’il venait de passer - entre le moment où il avait renoncé à se réveiller et maintenant - lui semblait la meilleure nuit de sa vie. Sauf, qu’il avait du mal à s’extirper de ce sommeil, si chaleureux. Telle une bille de plomb subissant une apesanteur excessive, il avait eu l’impression de rejoindre le centre de la terre, le cocon originel ; et il s’y était lové. « ─ Bonjour Monsieur Morin… » Il n’eut même pas le temps de faire semblant de s’intéresser à la personne qui venait d’entrer dans sa chambre. Ce fut comme s’il venait de se faire happer. Tout ce qui, en lui, aspirait à se réfugier dans le doux cocon protecteur, le prit par le col pour l’attirer hors de la veille. ─ Non, pas encore, pas tout de suite ; je ne suis pas prêt… pas encore.
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|  | | Zeno Sillaa

Age : 32 Inscrit le : 06 Jan 2007 Messages : 308 Localisation : Près de Toulouse
| Sujet: Re: Formation Ven 22 Juin - 21:04 | |
| L’éveil d’Ambroise [6/7]
« ─ Quand me suis-je réveillé exactement ? ─ Vous voulez parler de votre sortie du coma ? Cela fait quatre jours. ─ Et combien de temps … ─ Combien de temps êtes-vous resté dans le coma ? Vingt-deux jours. » Ambroise pouvait lire L. Fontaine sur le badge du médecin qui se tenait près de son lit. Le docteur Fontaine, la quarantaine, les cheveux bruns clairsemés, avait réussi à le mettre à l’aise dès le premier regard, même s’il ne savait pas vraiment pourquoi. Il n’était pas vraiment souriant, ne s’était pas spécialement présenté et n’avait pas essayé d’échanger quelques banalités pour le mettre à l’aise. Il s’était tout bonnement planté devant lui en lui lançant un regard franc et ouvert qui l’avait incité à la confidence. « ─ Et mes jambes … ─ Vous remarcherez, soyez sans crainte. Il vous faudra de la rééducation fonctionnelle pendant deux ou trois mois et beaucoup de persévérance, mais vous remarcherez. ─ Est-ce que je vais rester encore longtemps à l’hôpital ? ─ Non, ce n’est pas nécessaire. ─ Mais comment vais-je faire en attendant de pouvoir remarcher ? ─ Vous vous déplacerez en fauteuil roulant. » Ambroise se mordillait la lèvre inférieure et regardait tour à tour le sol et le regard médecin ; cherchant à la fois à échapper à son attention pour réfléchir et à ne pas paraître impoli. « ─ Avez-vous de la famille, ou connaissez-vous quelqu’un qui puisse vous aider une fois à votre domicile ? ─ Non… mes parents sont morts et ma famille, que j’ai perdue de vue depuis la mort de mes parents à vrai dire, habite loin d’ici. Quant aux personnes que je connais assez bien dans mon voisinage, comment dire… disons que, d’habitude, c’est plutôt moi qui les aide parce qu’ils sont assez âgés. En plus, ma maison est isolée et ça fait un petit bout de temps que la plus jeune de mes voisines n’a pas sorti du garage la CX de son défunt mari… Vous voyez ce que je veux dire ? » Le docteur Fontaine parti d’un petit rire et garda un sourire bienveillant lorsqu’il répondit à Ambroise : « ─ Je vous posais cette question parce que personne n’est venu vous voir pendant votre coma. ─ Oui, le contraire m’eut étonné. ─ Alors vous n’avez plus qu’à prendre une aide à domicile. Vous vous sentirez moins seul en plus comme ça ; et c’est très bon pour ce que vous avez… Vous avez d’autres questions ? ─ Oui euh … comment puis-je faire pour me laver ? ─ Ne vous en faites pas, on s’occupe de vous… » Lança le médecin qui franchissait déjà la porte de la chambre. Et en effet, quelques minutes plus tard, une infirmière était arrivée, transpirante de dynamisme et de bonne humeur. C’est à ce moment-là qu’il avait enfin pu se laver et se changer. Et c’est à ce moment-là qu’il avait affronté le miroir. « Tout beau, tout propre !», qu’elle lui avait sorti, avant de quitter sa chambre. C’était à se demander si elle avait seulement jeté un coup d’œil sur lui. Lui, en tout cas, malgré lui, il s’était vu… Ce soir-là, l’émission de télévision qu’il avait regardée l’avait ramené à son agression et loin de lui changer les idées, Lumières sur avait fini de l’assommer.
*** _________________ "Faites que le rêve dévore votre vie, afin que la vie ne dévore pas votre rêve" Antoine de Saint-Exupery - et pour les curieux : wesra.free.fr
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|  | | Zeno Sillaa

Age : 32 Inscrit le : 06 Jan 2007 Messages : 308 Localisation : Près de Toulouse
| Sujet: Re: Formation Ven 22 Juin - 21:05 | |
| L’éveil d’Ambroise [7/7]
Tout était prêt. Le fauteuil roulant était dans le coffre du taxi, avec les bagages et on lui avait dit qu’une auxiliaire de vie viendrait lui rendre visite en fin de matinée Au bois joli. Il prit une longue inspiration et monta dans le taxi. Une heure de route, et il serait chez lui. Il s’imaginait déjà, s’avachir dans le canapé du salon et mettre la sonate pour piano numéro quatorze de Beethoven en boucle : Clair de Lune et son canapé, c’était tout ce qu’il demandait. Le taxi s’arrêta à un feu rouge et il sortit un instant de sa rêverie. C’est alors qu’il le vit. Il était au sol, sur le béton froid de la petite cour qui menait de la rue à la maison. Face à lui, un dessous de tasse à café rempli d’eau. Sonné, le corbeau restait là, à soulager comme il pouvait son aile cassée pendant qu’un petit garçon tentait ce qu’il pouvait pour l’aider. Ambroise referma les yeux pour retrouver Beethoven et son canapé. Au moment où il s’aperçut que le corbeau était là, le taxi repartait et il ouvrit de nouveau les yeux. Il eu juste le temps d’apercevoir un autre corbeau se poser près du corbeau blessé. Tu es blessé toi aussi, mais au moins tu n’es pas seul. Et il referma les yeux. La quatorzième sonate pour piano de Beethoven baignait toujours la pièce dans une douce mélancolie, mais cette fois-ci, les deux corbeaux étaient sur son canapé. Il s’approcha d’eux et vit des fils qui commençaient à se détacher de leur corps. Ambroise regardait le spectacle, comme hypnotisé. C’était la première fois que des êtres vivants provoquaient en lui cette réaction : la même, que celle qui était d’habitude causée par les chiffres. Depuis toujours, il avait fasciné les gens par sa rapidité de calcul, alors qu’il se contentait de voir les résultats apparaître. Quel résultat allait apparaître, alors que cette fois-ci il s’agissait d’êtres vivants et non plus de chiffres ? Il regarda les fils du corbeau blessé partir à la rencontre de ceux de l’autre corbeau pour se mélanger. Il pensa alors à l’aile cassée du corbeau et les deux oiseaux prirent leur envol. Ambroise ouvrit les yeux et regarda le ciel ; comme ça, pour voir. Comme un petit garçon qui ouvre les yeux, après avoir imaginé très fort quelque chose, et qui espère voir son fantasme prendre vie. Mais il ne vit aucun oiseau dans le ciel.
***
Le petit garçon était à genoux. Sa maman avait eu raison de lui apprendre à prier. À peine avait-il eu fini sa prière, que Dieu avait pris la forme d’un corbeau pour venir y répondre. Il s’était posé à côté du corbeau blessé et l’avait guéri avant de s’envoler avec lui. Oui, c’est sa mère qui avait raison : « les miracles, ça existe ! ». _________________ "Faites que le rêve dévore votre vie, afin que la vie ne dévore pas votre rêve" Antoine de Saint-Exupery - et pour les curieux : wesra.free.fr |
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