Le Chien Glouton
Le chien, depuis toujours, rongeait,
Machait, mangeait, rognait son voisin,
Celui-ci était fait de vis, de rivets,
Une machine sans éclats, ne ressemblant à guère plus que le commun :
Une pâle copie d'une urne abimée par le temps,
Par le temps passé à assister à son ingestion accidentelle.
Il pense un jour qu'il aura finit son démembrement,
Alors il pourra s'envoler par delà le miel.
Le chien avalait goûlument des tonnes de feraille,
D'étain, d'acier, de plomb, de plutonium,
Mais une fois repus, il ne pourra que recracher la marmaille,
Qui répendra des cours de restriction du continuum.
Scheindorf Herljòs et Who
--
L'alpha et le bêta
Voyageur apeuré, sens-tu tes veines se glacer ?
Dans cet étroit couloir où s'émiette ton esprit,
Crois-tu pouvoir, en ton âme égarée,
Obtenir un instant l'espoir d'un répit ?
Où cours-tu dans le noir, toi, pauvre débris ?
Dans cette étrange prison où perle le passé,
Cette cage suintant les restes de ta folie,
Gardera en son sein l'agonisante vérité.
Misérable créature, penses-tu donc t'échapper ?
De cet abime sans fond emplis d'hypocrisie.
Car c'est ce gouffre qui, un jour, te donna la vie,
Et c'est ce gouffre qui, toujours, voudra la garder.
Où te caches-tu, pitoyable esprit ?
Dans cet horizon sans limites discernées,
Où crois-tu donc pouvoir te garder,
De l'infâme courroux qui déjà t'envahit ?
Effaçable existence, songes-tu à t'occulter ?
De ces yeux perçants tout autant qu'effrayant.
Tout tes pas, sans erreurs, ne font que t'approcher,
D'ineffables langueurs qui te prennent doucement.
Qui fuis-tu, vulgaire chenapan ?
De ces monstres qui te hantent, vas-tu enfin avouer,
La morbide existence de leur hymne méprisant,
Leurs actions désinvoltes en ton sommeil troublé ?
Explorateur souillé, parviens-tu à te contrôler ?
Dans ce lieu périlleux, deviendrais-tu dément ?
Comprendra-tu que tu luttes vainement,
Alors qu'inexorablement s'écoulent les éternités ?
Qui méprises-tu, périssable revenant?
Dans ces immondes cachots où tu t'es emmuré,
Y-a-t-il un hôte, malgré toi, que tu peux accuser,
des souffrances que t'inflige ton propre inconscient ?
Pauvre fou, pourras tu te réveiller ?
De ces oubliettes éternellement vides.
Pourra-tu alors, par ta simple volonté,
Remplacer tout un monde torturé par un autre insipide ?
Scheindorf Herljos et Who
--
BlitzkriegLongues sont les pensées qui s'amenuisent
Quand vient enfin le temps de l'aurore
Longues sont les routes qui vite s'enlisent,
Quand vient enfin l'arrivée des renforts
Le Soleil loin des tranchées,
voit filer les premières balles du jour
La Lune près des marées,
voit s'affoler les troupes tour a tour.
Pourtant défilent les rangs des cohortes
Qui vont tour à tour côtoyer la mort
Pourtant filent les pierres des places fortes
Qui vont jour après jour subir les efforts
De ceux qui l'assiègent, de ceux qui la gardent,
Qui échangent, chaque nuit, leurs positions,
De ceux qui se terrent et meurent par mégarde,
Ou sur les barricades font tonner les canons.
Les chants de l'acier, des débris fracassés,
Maintenant font tonner le rythme du temps
Les chants des condamnés, des hommes concassés,
Maintenant font chanter le rythme des tambours.
Ourdi le plan de la tragédie
Ouragan des mondes, fomente leur fin
Grandi le nombre de ceux qui se sacrifient
Grandi pour que d'autres arrivent à leur fins
Se ferment les portes peu à peu
Des hautes forteresses et larges casernes
Se ferment les yeux peu à peu
Des soldats morts au fond des cavernes
Herljos et Who