Je suis un peu une gourde, j'ai découvert aujourd'hui cette section du forum qui parle d'édition... Ness, très tête en l'air.
Je viens apporter ici mon petit grain de sel, même si cette information ne sera pas utile à grand-monde.
Lors de mon sympathique voyage à Romans dans le cadre du Festival de la création sur internet, j'ai eu l'occasion d'assister à une intéressante conférence donnée par deux éditeurs et un de leurs auteurs.
Je vous épargne les détails mielleux et les tournures de phrases qui ne servaient qu'à enjoliver la chose, mais en gros, leur méthode était la suivante (sous-entendue, bien sûr) :
- trouver un auteur de blog vachement connu, genre qui génère 10'000 visiteurs uniques par jour (ça se trouve, si si)
- le contacter pour lui proposer d'écrire un livre
- éditer ce livre, sachant que la majorité des lecteurs du blog l'achèteront, vu que l'auteur en fera la promotion sur son blog.
Ainsi, l'éditeur peut éditer de la merde (ou pas) et vendre un paquet de bouquins sans même lever le petit doigt.
Bon, je dis ça, mais ça ne devrait être une surprise pour personne.
Mais je trouve ces méthodes un peu scandaleuses, car elles privilégient le commerce au réel talent. C'est un peu comme les stars qui vendent leur autobiographie : les éditeurs en sont très friands, car même si c'est nul, il y a aura toujours des fans pour l'acheter.
Ces éditeurs sont, bien sûr, des éditeurs standards, donc à compte d'éditeur, et non pas à compte d'auteur, ni même en souscription.
C'est de plus en plus fréquent.
Il y a même des maisons d'édition spécialisée dans la recherche de "talents sur internet" (entendre par-là "blog à haute fréquentation").
A mon avis, le rôle premier d'un éditeur devrait être le coup de coeur sur le manuscrit et le talent d'un auteur et la promotion de celui-ci pour le faire connaître, parce qu'il est "fier" de présenter cet ouvrage dans sa maison d'édition à lui (j'utopise certainement, mais il me semble bien que c'est à ça que sert la ligne éditoriale).
Or, maintenant, c'est plus "j'édite Untel parce que je suis sûr que comme c'est la Fille de / le mec qui est sorti de la Star Ac' / un homme politique / un bloggeur célèbre, je vais vendre plein de bouquins. Tant pis s'ils sont nuls, ils seront achetés de toute manière".
Il y a déjà plusieurs personnes qui ont tenté de profiter de ma notoriété relative sur internet pour me proposer des contrats d'édition (sous-entendus, bien sûr, car ce n'était pas "bonjour Ness, nous vous avons envoyé ce contrat, signez ici", mais plutôt "Nous sommes très intéressés par votre roman, nous sommes une nouvelle maison d'édition très avantgardiste, nous aimerions beaucoup que vous nous envoyiez votre manuscrit *hint hint hint*"). A chaque fois, je les ai envoyé bouler.
Les gens, il faut vous rendre compte d'une chose : si vous êtes un tant soit peu connus sur le net, vous aurez immanquablement une nouvelle maison d'édition ou une petite structure qui vous contactera pour vous offrir une alléchante collaboration. Vous êtes libre de dire oui ou non, évidemment. Mais il faut savoir que la promotion est aussi inexistante que le compte d'auteur, même si ces maisons se donnent du mal, que leurs livres sont chers à cause du faible tirage, que leurs employés sont bien souvent de sympathiques bénévoles qui font ça à côté de leur boulot (et parfois très efficacement), et que, somme toute, c'est une expérience sympa à faire, si votre seul but est d'être édité par une vraie maison d'édition à compte d'éditeur.
Si comme moi, ce que vous souhaitez, c'est être lu, il faut soit faire sa propre promo, danser nu dans les bars, raconter sa vie sexuelle trépidante sur son blog et inclure si possible des expériences à plusieurs et / ou avec des objets (attention, tout ce que j'ai dit, c'est que je voulais être lue, pas que je faisais tout ça ^^) et devenir super connu, être invité dans les émissions de télé, passer à la radio, etc. etc. etc., ou bien tenter sa chance auprès de ces charmants éditeurs si sympathiques qui, la plupart du temps et il faut le dire, ne lisent pas les manuscrits et en reçoivent une vingtaine par jour.
Ayant une ex-amie qui a bossé dans une très célèbre maison d'édition en temps qu'éditrice (OMG, j'ai une amie éditrice !!! le scoop ^^), j'ai pu connaître un peu le revers de la médaille : manuscrits utilisés pour caler le pied de la table, piles de manuscrits qui partaient direction poubelle parce que trop à faire, pas assez de personnel et pas de lettre pré-affranchie pour le renvoyer, manuscrit du fils du concierge du directeur de la maison d'édition qui passe direct en deuxième comité alors que c'est une merde totale, prenant la place d'un "vrai" manuscrit, etc. etc.
Mais d'un autre côté, j'ai aussi vu des exemples de ce qui passait la première sélection, et honnêtement, il ne faut pas désespérer. Il faut arriver à toucher la bonne personne, et là, il y a des chances. Si on a vraiment du talent, je pense que rien n'est perdu.
Voilà, c'était le blabla de la Ness
