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Lettre ouverte aux écrivains *

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rizlabo
Saigneur des Grands Crus



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MessageSujet: Lettre ouverte aux écrivains *   Mar 17 Jan 2006 - 20:32

Une amie, Régine Espreux, dite "Uriel" (non inscrit), me demande de publier ce qui suit.
Ce que je fais volontiers.



Ce qui suit constitue un avis, l’expression d’une expérience, la mienne, et non l’énoncé de vérités absolues. Prenez-en, laissez-en, comme il vous plaira.


Lettre ouverte aux écrivains


Anonyme. Rien de pire, rien de plus douloureux pour l’écrivain que d’être anonyme. Un numéro, encore, a le mérite d’exister, pas un anonyme.

Nous sommes nombreux dans ce monde à coucher notre prose, nos rêves, nos colères, nos convictions comme nos ambitions sur le papier, de plus en plus nombreux. Tous, nous y croyons, trop même, si j’ose dire.

Bien sûr, chapeau bas à tous ceux qui, souvent après une longue période de recherches préliminaires, parviennent à mener leur œuvre à terme. Cependant, il ne faut pas s’y tromper, il ne s’agit pas là d’un exploit qui, sous prétexte de l’effort fourni, exige automatiquement l’attention des éditeurs. Encore faut-il que l’ossature, la trame, le style/la langue, le rythme soient à la hauteur du but recherché. Soyons francs, nous sommes la plupart du temps aveugles à nos faiblesses, nos failles, limites, manques.

(*) Pour info, ce monsieur, réputé comme grand découvreur de talents, m’a expliqué que, dans la profession, les lecteurs professionnels voient de suite si un tapuscrit a d’abord été rédigé à la main ou s’il l’a directement été sur ordinateur. Selon lui, ainsi que selon bon nombre de ses collègues éditeurs, les meilleurs sont en général « faits main ».

La dernière ligne du dernier chapitre écrite, déjà nostalgiques de celui qui fut notre compagnon de route, que faisons-nous, surtout quand il s’agit d’un premier livre? Nous poussons un grand ouf! de soulagement, fiers en particulier du travail accompli. Cette fierté est justifiée… jusqu’à un certain point, car c’est souvent d’elle que proviennent les déceptions qui s’ensuivent. Ils nous manquent encore l’objectivité propre au recul que l’on acquiert au bout de plusieurs années de labeur acharné. Un grand professionnel de l’édition aujourd’hui disparu, m’a dit un jour, voyant ma déception et mon découragement : C’est en écrivant que l’on devient écrivain. Ecrivez, encore, tous les jours. (*) A quoi il ajouta l’absolue nécessité de lire.

Ecriture et lecture font partie de l’apprentissage quotidien de tout écrivain, même confirmé. Je ne vous apprends rien, écrire impose un investissement colossal de soi, de son temps : rechercher, analyser, peaufiner, décortiquer, monter et démonter, recommencer, … et, le plus pénible pour beaucoup, raturer. Oui, raturer! enlever! jeter! et non mettre entre parenthèse, au cas où. Il n’y a pas de miracle, même le talent ne peut émerger que de l’effort, souvent même de la déchirure.

L’écrivain satisfait de son travail, les pieds plantés dans ses certitudes, ne se bonifiera pas. Au bout du compte, ce sera même le plus déçu, cette déception pouvant se muer en amertume, en aigreur.

Méfiez-vous de l’opinion de vos proches. Ils vous connaissent, ce qui ne peut qu’influencer, donc fausser, leur jugement. Comment avouer, si c’est le cas, à un fils, une sœur, un ami, un collègue de bureau : J’ai trouvé ton livre un peu lourdingue ou L’histoire me semble tirée par les cheveux ou J’ai vraiment ramé pour le terminer, etc. Même en prenant des gants, l’affaire est délicate. Evitez surtout de leur dire : S’il te plaît, sois franc avec moi. Non seulement, vous les mettrez très mal à l’aise, mais en plus, sachez que, de toute façon, ils se tairont, car ils savent toute l’énergie, toute la foi et l’amour que vous avez placés dans cette aventure. Sans compter que, même grands lecteurs, la plupart ne sont ni professionnels de l’édition, ni littérateurs. En conclusion, pour citer Racine, même si l’emploi de citations reflète une certaine impéritie, ou immaturité littéraire, Les amis sont aveugles aux défauts de leurs amis.

Anonyme donc, et seul! Seul pour écrire, seul pour s’autocensurer. Seul ensuite face aux lettres de refus des éditeurs, lettres types, froides, conformes. Votre entourage aura beau vous réconforter, la nuit, en attente d’un sommeil qui ne vient pas, vous serez à nouveau seul avec votre questionnement : Pourquoi? Qu’est-ce qui ne va pas dans ce livre? Recommencer? Oui, mais comment? Etc. etc. etc.
Découragement.

C’est vrai, il est très dur d’être seul face à son œuvre. Est-elle excellente, bonne, passable, mauvaise, pitoyable? Même les ateliers d’écriture ne pourront vous aider que partiellement dans cette quête de vérité (vérité qui plus est subjective, donc multiple), bien que je reconnaisse leur utilité ; ils sont en outre très précieux pour tous ceux qui ressentent le besoin d’être encadrés. On aura beau vous conseiller, on ne peut obliger une plume à devenir ce qu’elle n’est pas. L’écriture, sa personnalité, le choix des mots, leur place dans la phrase, la résonance qui s’ensuit, ne peuvent venir que de vous et de vous seul. Il faut que vous les ressentiez pour qu’ils vivent, s’épanouissent et vibrent au fil des phrases. Le mieux, me semble-t-il, est de juger (de) par soi-même. Pour cela, j’ai une petite recette. Elle n’est pas infaillible, mais je la crois efficace. Voici. Construisez la trame d’une nouvelle de douze, vingt pages, au choix. Ecrivez-la ensuite une quinzaine de fois, pas moins (!), en modifiant le style à chaque reprise. Comparez ensuite les premières aux dernières moutures. L’exercice est ardu, j’en conviens, mais le résultat est éloquent. Il n’est pas nécessaire que le changement de style soit complet, il peut se faire dans la finesse, la nuance. Moi-même, je viens à nouveau de m’atteler à cet exercice de style. Pourquoi pas vous ?

C’est un constat, le doute fait partie de notre lot. L’incertitude, les moments de déprime, les remises en question sont monnaie courante dans le métier et, je l’affirme, profitables à tous ceux qui désirent aller de l’avant.

Bien entendu, je n’oublie pas les moments de joie, tels trouver le bon vocable, la bonne tournure, l’information manquante, etc. et, avant tout, cet instant sublime, le plus fort d’entre tous, le jour où l’idée d’un nouveau roman surgit. Instant rare, fugace, mais ô combien jubilatoire! Rien que pour ces quelques heures d’exaltation, je ne pourrais abandonner l’écriture, ma profession de foi. Et même si elles venaient à ne plus reparaître, il me resterait les mots pour eux-mêmes. Ne sommes-nous pas légions à penser ainsi?

Il y a vingt ans, je me suis mise à taquiner la plume, écrivant de temps en temps nouvelles et poèmes. Voici dix ans, j’ai « attaqué » le roman, consacrant plus de la moitié de mes journées à l’écriture. Entre nous, c’est alors que je commençais à devenir insupportable : ruant dans les brancards dès que mon puit à idées se tarissait, piquant des colères si on venait à me déranger, l’humeur sombre lorsque je butais trop longtemps sur un mot, et j’en passe. Avec le temps, mes proches ont appris à accepter (contraints et forcés, je l’admets) mes absences et mes excès. Mon égoïsme aussi. Car, que l’on ne s’y trompe pas, créer est d’abord un acte égoïste, le partage ne venant qu’ensuite.

Et non, je ne suis toujours pas éditée! Et non, je n’ai pas remisé gommes et crayons! Pourquoi? Parce que j’ai constaté au fil des ans que les réponses des éditeurs différaient des premières. De plus en plus, j’ai droit à une lettre personnalisée. La raison? Mon travail les intéresse, même si, une fois en conseil de lecture, l’avis n’est pas unanime. Ainsi, je m’améliore.

Il faut au bas mot dix ans pour faire un écrivain, ou plutôt, un début d’écrivain. Il n’est donc pas question, pour vous comme pour moi, d’abandonner la plume sous prétexte de quelques refus, même s’ils se comptent par dizaines. Personne ne veut de votre …… ? Réécrivez-le! Vous n’en avez pas la force? Ecrivez-en un nouveau! Lancez- vous, changez de sujet, d’intrigue, de style ou de genre, offrez-vous une nouvelle plume, déplacez l’orientation de votre bureau ou peignez-le! Essayez-vous au tragique, comique, familier ou précieux, baroque, historique, épique, etc.! N’importe quoi, mais écrivez! Remettez-vous en question aussi souvent que cela s’avérera nécessaire, replacez-vous sur les rails et battez-vous!

Même seul! Même anonyme!
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Plutôt vintage que has been
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Fulminou
Futur Banni *



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MessageSujet: Re: Lettre ouverte aux écrivains   Mar 17 Jan 2006 - 21:14

rizlabo a écrit:
Une amie, Régine Espreux, dite "Uriel" (non inscrit), me demande de publier ce qui suit.


Tout ceci me parait très sensé.
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Romane
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MessageSujet: Re: Lettre ouverte aux écrivains *   Mer 18 Jan 2006 - 0:29

thumright
Un bon recul, une analyse fort honnête et éclairée.
Transmets à Régine mon chinois stp.
A mon avis, elle finira par être acceptée par un éditeur. Un bon bout de chemin parcouru, déjà.
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"Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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Xian




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MessageSujet: Re: Lettre ouverte aux écrivains *   Mer 18 Jan 2006 - 9:37

Hélàs voici Xian et ses humeurs noires...

Le bon sens comme le bon vouloir, le talent comme la compétence ne sont que des éléments d'un tout qui, en ce qui concerne l'édition publique, jouent un rôle peu déterminant, ( peu ne signifie pas qu'il faut manquer de tout cela et corrolairement, n'en pas avoir ferme toutes les portes, assurément ).

L'édition "publique" comporte aujourd'hui un certains nombres de paramètres qui la différencient de ce qu'elle était naguère ( disons avant 1970 ). L'édition est devenue à 99% un commerce tout comme un autre, celui des pièces détachées automobiles, celui des organes à greffer, celui des téléphones portables, celui de n'importe quel produit de consommation, c'est à dire tous les produits "commerçables".

Il en découle que l'objet à vendre que vous considérez comme un objet d'art doit répondre à des critères économiques, lesquels sont dictés par ces fameuses lois du marché contre lesquelles les dockers hier et les travailleurs en général le 11 février prochain à Strasbourg (anti Bolkenchose) se battent.

Que ceci ne décourage personne... j'ai publié un premier mot "payé" dans un hebdo pour jeunes ... quand j'étais jeune... ceux qui savent, merci de ne pas se moquer
et pour les autres conservez votre coeur, votre volonté, votre esprit de décision, la réussite n'est pas la "publication", mais d'être lu ( en ce qui concerne l'écrivain ) et aujourd'hui, cette machine sur laquelle vous lisez ce texte vous permet de "mettre votre texte en ligne", c'est une chance inespérée que nous n'avions pas, aujourd'hui des milliers de lecteurs peuvent vous lire, vous apprécier...

Et de toutes manières, les choses sont tellement relatives... un journaliste belge dont le papier est publié à 250.000 exemplaires espère être lu environ 400.000 fois... il est super heureux... le Japonais est prêt à se faire Hara Kiri s'il ne publie pas dans l'Asahi Shimbun qui tire chaque nuit du côté de 8.000.000 d'exemplaires ( soit environ 20.000.000 de lecteurs quotidiens )....


(Tout ceci n'enlève rien aux bonnes idée du texte de l'amie de Riz )
Curry Merci, je frappe moi-même Cauchemard
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Romane
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MessageSujet: Re: Lettre ouverte aux écrivains *   Mer 18 Jan 2006 - 13:28

L'un n'empêche pas l'autre, je veux dire que l'analyse de l'amie de rizou au sujet de l'écriture, n'empêche pas la confrontation avec le profil commercial du monde de l'édition d'aujourd'hui.
Je trouve qu'elle a un regard pas mal objectif sur tout le boulot qui précède.
Ensuite, bien d'accord avec toi, Xian, Edition = Requins...
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Xian




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MessageSujet: Re: Lettre ouverte aux écrivains *   Mer 18 Jan 2006 - 14:18

Citation:
bien d'accord avec toi, Xian, Edition = Requins


Hola, Hola, je n'ai pas dit ça ...

Oui Msieur Lagardère, c'est elle qui l'a dit Msieur, non, non non, moi, je pense que du bien de vous Msieur, les fossés de Caylus et tout l'bazar de Matra inginéries ...
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Romane
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MessageSujet: Re: Lettre ouverte aux écrivains *   Mer 18 Jan 2006 - 14:29

mdr mdr mdr
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Fulminou
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MessageSujet: Re: Lettre ouverte aux écrivains *   Mer 18 Jan 2006 - 15:10

Xian a écrit:
Citation:
bien d'accord avec toi, Xian, Edition = Requins


Hola, Hola, je n'ai pas dit ça ...


Ce ne sont pas vraiment des requins, tout juste des roussettes. S'ils étaient vraiment des requins, ils ne perdraient pas leur temps dans une activité aussi hasardeuse... ils vendraient des armes, par exemple. Une arme n'a pas besoin d'être traduite dans toutes les langues.
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rizlabo
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MessageSujet: Re: Lettre ouverte aux écrivains *   Mer 18 Jan 2006 - 16:53

Je peux vous filer l'adresse de l'opus "P90", l'éditeur est un voisin : "La Fabrique Nationale d'Armes" de Herstal.
Prononcez "F.N.".
Tirage à de nombreux exemplaires, reliure en sapin, brochage par perforations.
Editrice également dans la collection "FAL", elle distribue dans le monde entier.
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Xian




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MessageSujet: Re: Lettre ouverte aux écrivains *   Mer 18 Jan 2006 - 18:27

Font souvent les deux comme je l'ai d'jà dit à M'sieur Lagardère qui a compris le message...
quant à M'sieur Browning, bien qu'il soit en pré-retraite, il exerce lui aussi des deux côtés puisque la bien pensante région wallonne y a gardé quelques actions - peu solides, les moins solides d'ailleurs, mais tout de même, comment dire, à la charlot, un pied dehors, un pied deands, justement celui qui servira de pub pour Handicap international.

(pour rappel économique, la FN dite liégeoise est composées d'actionnaires français majoritaires, américains minoritaires et wallons minorisés)

Mais ceci n'est qu'une digression inopportune sur un fil qui n'en voulait tant. Revenons-y et parlons ici de ce que chacun croit être essentiel à la possibilité d'éditer ...
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François 8.28




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MessageSujet: Re: Lettre ouverte aux écrivains *   Dim 23 Avr 2006 - 20:07

Bonjour tout le monde,

Et bien moi je remercie cette personne qui a écrit cette lettre, et aussi celle qui l'a transmise ici.
L'amour rend aveugle, y compris envers soi-même je pense.
Or ici nous sommes exhortés à redescendre de ce nuage, pas tant pour bien vouloir reconnaître la loi du 1 pour 1000 manuscrits reçus, ça je crois qu'il faut s'en moquer, mais bien de vouloir reconnaître que l'écriture s'apprend. Et qu'il y faut du temps.
J'aime beaucoup ce constat qu'elle fait quant à l'évolution des réponses qu'elle a reçues des éditeurs. Car effectivement, c'est ça qu'il faut retenir : ce qui a progressé. Et non pas ce qui n'est toujours pas là, en l'occurence la publication. Et puis, entre nous, ça nous avancerait à quoi de plafonner à 3.000 exemplaires ?

Personnellement, j'ai la chance d'avoir reçu ce genre de lettre récemment, et ça m'a vraiment encouragé. J'en ai chaudement remercié l'éditeur (JCL, de Chicoutimi).

La deuxième chose qui m'encourage présentement, c'est d'avoir (re)découvert* les ouvrages de Louis Timbal-Duclaux, par exemple J'écris mon premier roman, J'écris mon premier polar, et Le travail du style littéraire. Excellents, très concrets, fournis d'exemples très précieux. Notez dans le dernier titre le mot "travail"...
Bref, je reprends mon courage à deux mains. Bien que, plus exactement, j'ai décidé de poser ma plume (sauf celle de mon journal) et de me faire une liste d'auteurs à lire, ceci pour les 6 prochains mois minimum. Car je vais les lire avec beaucoup plus d'attention je crois, après avoir étudié ces ouvrages de Timbal-Duclaux (qui conseille aussi, entre autres, de lire les guides d'écriture de Jean Guenot) et m'être essayé à l'écriture de 2 romans en 2 ans (de 150 pages de 1500 caractères).

* Je l'avais découvert il y a vingt ans, j'avais vingt ans, avec L'Ecriture créative.
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Romane
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MessageSujet: Re: Lettre ouverte aux écrivains *   Dim 23 Avr 2006 - 22:53

Ben moi je suis ravie que tu te sois arrêté sur LU.
J'apprécie ta manière de voir les choses. Ça change un peu de ce que je peux lire à droite à gauche. Tu as l'air de porter un juste regard sur tout ça.

Bienvenue François. Connaissant mes p'tits LU comme je les connais, je pense que ça ne serait pas mal si tu venais ouvrir un fil dans "Nos Membres" pour qu'ils te voient arriver. Si en plus tu dis un peu ce que tu aimes ou comment tu vis enfin bref, ce que t'as envie de dire, tu seras accueilli moins anonymement. On est une grande famille, ici... on se connaît tous plus ou moins quel que soit notre point d'horizon...
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jeanhardy




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MessageSujet: Re: Lettre ouverte aux écrivains *   Lun 28 Aoû 2006 - 22:50

rizlabo a écrit:
Une amie, Régine Espreux, dite "Uriel" (non inscrit), me demande de publier ce qui suit.
Ce que je fais volontiers.



Ce qui suit constitue un avis, l’expression d’une expérience, la mienne, et non l’énoncé de vérités absolues. Prenez-en, laissez-en, comme il vous plaira.


Lettre ouverte aux écrivains


Anonyme. Rien de pire, rien de plus douloureux pour l’écrivain que d’être anonyme. Un numéro, encore, a le mérite d’exister, pas un anonyme.

Nous sommes nombreux dans ce monde à coucher notre prose, nos rêves, nos colères, nos convictions comme nos ambitions sur le papier, de plus en plus nombreux. Tous, nous y croyons, trop même, si j’ose dire.

Bien sûr, chapeau bas à tous ceux qui, souvent après une longue période de recherches préliminaires, parviennent à mener leur œuvre à terme. Cependant, il ne faut pas s’y tromper, il ne s’agit pas là d’un exploit qui, sous prétexte de l’effort fourni, exige automatiquement l’attention des éditeurs. Encore faut-il que l’ossature, la trame, le style/la langue, le rythme soient à la hauteur du but recherché. Soyons francs, nous sommes la plupart du temps aveugles à nos faiblesses, nos failles, limites, manques.

(*) Pour info, ce monsieur, réputé comme grand découvreur de talents, m’a expliqué que, dans la profession, les lecteurs professionnels voient de suite si un tapuscrit a d’abord été rédigé à la main ou s’il l’a directement été sur ordinateur. Selon lui, ainsi que selon bon nombre de ses collègues éditeurs, les meilleurs sont en général « faits main ».

La dernière ligne du dernier chapitre écrite, déjà nostalgiques de celui qui fut notre compagnon de route, que faisons-nous, surtout quand il s’agit d’un premier livre? Nous poussons un grand ouf! de soulagement, fiers en particulier du travail accompli. Cette fierté est justifiée… jusqu’à un certain point, car c’est souvent d’elle que proviennent les déceptions qui s’ensuivent. Ils nous manquent encore l’objectivité propre au recul que l’on acquiert au bout de plusieurs années de labeur acharné. Un grand professionnel de l’édition aujourd’hui disparu, m’a dit un jour, voyant ma déception et mon découragement : C’est en écrivant que l’on devient écrivain. Ecrivez, encore, tous les jours. (*) A quoi il ajouta l’absolue nécessité de lire.

Ecriture et lecture font partie de l’apprentissage quotidien de tout écrivain, même confirmé. Je ne vous apprends rien, écrire impose un investissement colossal de soi, de son temps : rechercher, analyser, peaufiner, décortiquer, monter et démonter, recommencer, … et, le plus pénible pour beaucoup, raturer. Oui, raturer! enlever! jeter! et non mettre entre parenthèse, au cas où. Il n’y a pas de miracle, même le talent ne peut émerger que de l’effort, souvent même de la déchirure.

L’écrivain satisfait de son travail, les pieds plantés dans ses certitudes, ne se bonifiera pas. Au bout du compte, ce sera même le plus déçu, cette déception pouvant se muer en amertume, en aigreur.

Méfiez-vous de l’opinion de vos proches. Ils vous connaissent, ce qui ne peut qu’influencer, donc fausser, leur jugement. Comment avouer, si c’est le cas, à un fils, une sœur, un ami, un collègue de bureau : J’ai trouvé ton livre un peu lourdingue ou L’histoire me semble tirée par les cheveux ou J’ai vraiment ramé pour le terminer, etc. Même en prenant des gants, l’affaire est délicate. Evitez surtout de leur dire : S’il te plaît, sois franc avec moi. Non seulement, vous les mettrez très mal à l’aise, mais en plus, sachez que, de toute façon, ils se tairont, car ils savent toute l’énergie, toute la foi et l’amour que vous avez placés dans cette aventure. Sans compter que, même grands lecteurs, la plupart ne sont ni professionnels de l’édition, ni littérateurs. En conclusion, pour citer Racine, même si l’emploi de citations reflète une certaine impéritie, ou immaturité littéraire, Les amis sont aveugles aux défauts de leurs amis.

Anonyme donc, et seul! Seul pour écrire, seul pour s’autocensurer. Seul ensuite face aux lettres de refus des éditeurs, lettres types, froides, conformes. Votre entourage aura beau vous réconforter, la nuit, en attente d’un sommeil qui ne vient pas, vous serez à nouveau seul avec votre questionnement : Pourquoi? Qu’est-ce qui ne va pas dans ce livre? Recommencer? Oui, mais comment? Etc. etc. etc.
Découragement.

C’est vrai, il est très dur d’être seul face à son œuvre. Est-elle excellente, bonne, passable, mauvaise, pitoyable? Même les ateliers d’écriture ne pourront vous aider que partiellement dans cette quête de vérité (vérité qui plus est subjective, donc multiple), bien que je reconnaisse leur utilité ; ils sont en outre très précieux pour tous ceux qui ressentent le besoin d’être encadrés. On aura beau vous conseiller, on ne peut obliger une plume à devenir ce qu’elle n’est pas. L’écriture, sa personnalité, le choix des mots, leur place dans la phrase, la résonance qui s’ensuit, ne peuvent venir que de vous et de vous seul. Il faut que vous les ressentiez pour qu’ils vivent, s’épanouissent et vibrent au fil des phrases. Le mieux, me semble-t-il, est de juger (de) par soi-même. Pour cela, j’ai une petite recette. Elle n’est pas infaillible, mais je la crois efficace. Voici. Construisez la trame d’une nouvelle de douze, vingt pages, au choix. Ecrivez-la ensuite une quinzaine de fois, pas moins (!), en modifiant le style à chaque reprise. Comparez ensuite les premières aux dernières moutures. L’exercice est ardu, j’en conviens, mais le résultat est éloquent. Il n’est pas nécessaire que le changement de style soit complet, il peut se faire dans la finesse, la nuance. Moi-même, je viens à nouveau de m’atteler à cet exercice de style. Pourquoi pas vous ?

C’est un constat, le doute fait partie de notre lot. L’incertitude, les moments de déprime, les remises en question sont monnaie courante dans le métier et, je l’affirme, profitables à tous ceux qui désirent aller de l’avant.

Bien entendu, je n’oublie pas les moments de joie, tels trouver le bon vocable, la bonne tournure, l’information manquante, etc. et, avant tout, cet instant sublime, le plus fort d’entre tous, le jour où l’idée d’un nouveau roman surgit. Instant rare, fugace, mais ô combien jubilatoire! Rien que pour ces quelques heures d’exaltation, je ne pourrais abandonner l’écriture, ma profession de foi. Et même si elles venaient à ne plus reparaître, il me resterait les mots pour eux-mêmes. Ne sommes-nous pas légions à penser ainsi?

Il y a vingt ans, je me suis mise à taquiner la plume, écrivant de temps en temps nouvelles et poèmes. Voici dix ans, j’ai « attaqué » le roman, consacrant plus de la moitié de mes journées à l’écriture. Entre nous, c’est alors que je commençais à devenir insupportable : ruant dans les brancards dès que mon puit à idées se tarissait, piquant des colères si on venait à me déranger, l’humeur sombre lorsque je butais trop longtemps sur un mot, et j’en passe. Avec le temps, mes proches ont appris à accepter (contraints et forcés, je l’admets) mes absences et mes excès. Mon égoïsme aussi. Car, que l’on ne s’y trompe pas, créer est d’abord un acte égoïste, le partage ne venant qu’ensuite.

Et non, je ne suis toujours pas éditée! Et non, je n’ai pas remisé gommes et crayons! Pourquoi? Parce que j’ai constaté au fil des ans que les réponses des éditeurs différaient des premières. De plus en plus, j’ai droit à une lettre personnalisée. La raison? Mon travail les intéresse, même si, une fois en conseil de lecture, l’avis n’est pas unanime. Ainsi, je m’améliore.

Il faut au bas mot dix ans pour faire un écrivain, ou plutôt, un début d’écrivain. Il n’est donc pas question, pour vous comme pour moi, d’abandonner la plume sous prétexte de quelques refus, même s’ils se comptent par dizaines. Personne ne veut de votre …… ? Réécrivez-le! Vous n’en avez pas la force? Ecrivez-en un nouveau! Lancez- vous, changez de sujet, d’intrigue, de style ou de genre, offrez-vous une nouvelle plume, déplacez l’orientation de votre bureau ou peignez-le! Essayez-vous au tragique, comique, familier ou précieux, baroque, historique, épique, etc.! N’importe quoi, mais écrivez! Remettez-vous en question aussi souvent que cela s’avérera nécessaire, replacez-vous sur les rails et battez-vous!

Même seul! Même anonyme!


c trop long ! on n'a pas le temps ! la synthèse ! la synthèse que diable !
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les toiles de ULESKI ou la peinture contemporaine dans tous ses états !
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Romane
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MessageSujet: Re: Lettre ouverte aux écrivains *   Lun 28 Aoû 2006 - 22:52

Non. La lettre se lit entière. Chaque phrase a son importance.
Si on n'est plus capable de lire une lettre, quand lira-t-on un livre ?
Non !
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jeanhardy




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MessageSujet: Re: Lettre ouverte aux écrivains *   Lun 28 Aoû 2006 - 22:57

Romane a écrit:
Non. La lettre se lit entière. Chaque phrase a son importance.
Si on n'est plus capable de lire une lettre, quand lira-t-on un livre ?
Non !


oui ben ! qu'elle écrive un roman alors....

(ah m.... si on peut plus plaisanter !)
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Lettre ouverte aux écrivains *

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