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 La Perle du Pacifique

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Mena



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MessageSujet: La Perle du Pacifique   Mar 6 Mai 2008 - 19:03

Quand Benjamin Subercaseaux nous parle de la géographie chilienne, il le fait avec le regard et le ton d'un amoureux. Personne d'autre que lui n'a pu connaître, inspecter, humer le Chili jusqu'aux derniers de ses recoins, comme lui. Moi, je ne suis pas Benjamin, je ne suis qu'une chilienne exilée, une fille née et qui a grandi dans le plus beau port de l'Amérique du Sud, Valparaiso. Et malgré mon admiration pour l'historien et géographe qui fut Benjamin, je suis en désaccord complet avec lui sur un point. UN seul. Il affirme que les habitants de Valparaiso ne comprennent rien, et mieux, ne regardent pas leur ville, il dit: "sa beauté n'est admirée que par celui qui ne fait que passer, ses habitants sont "horriblement provinciaux", ils me font penser aux habitants turcs du port d'Istambul, qui ne rentrent jamais à Sainte Sofia, mais ils s'extasient devant l'affiche qui représente un cow boy dans le cinéma voisin". Alors là! mon cher Benjamin où que tu sois maintenant, dans n'importe quel endroit que tes os se trouvent enfouis, là, je te dis que NON! Tu as tort! Valparaiso a été la première chose que j'ai vu, visité et revisité pendant toute mon enfance et mon adolescence. Je l'aimais avant de le quitter et plus encore quand je me suis éloignée. Pire encore, à Paris il est devenu une obsession. J'ai dû me faire soigner et laisser convaincre par mon amour du moment, que la France, Paris, méritaient bien mon port, mon Pancho. Et j'ai osé faire un premier poème en français pour le chanter, mieux encore, pour me l'enlever de la tête. J'ai fait ma valise, j'allais tout quitter, et Pinochet est arrivé!
Peut-être bien qu'en m'éloignant je l'ai un peu trop magnifié ? Va savoir...Mais je n'en suis pas convaincue. Quand je suis partie, je l'ai fait avec l'idée et l'intention de revenir, jamais de rester...et j'ai dû rester. Paris vaut bien une messe, mais pas mon Pancho.
Valparaiso a une longue histoire, qui date de la découverte et la conquête, depuis 1536; du temps où Almagro découvrit le Chili. Mais il abandonna l'idée de le conquérir, car déjà les indiens y veillaient jalousement, il s'agissait des actuels mapuche, qui étaient montés jusqu'à sa hauteur pour repousser l'avance des guerriers incas, qui visaient la conquête du Chili pour étendre leur empire, et ces indiens, nommés les "picunches" (picun = nord - che= gens (gens du nord) occupèrent le territoire jusqu'aux débuts de la conquête par Valdivia et ses conquérants.
(Don Pedro de Valdivia, selon mon livre d'histoire que je conserve encore)
Quand Almagro essaya de pénétrer le territoire chilien, il fut donc, repoussé par les indiens qui l'occupaient et y veillaient jalousement. Un des capitaines d'Almagro, qui se nommait Don Juan Francisco de Saavedra, découvrit la mer ou mieux l'Océan qui s'étendait de l'autre côté des collines qui lui barraient la route. Voici un extrait d'un de mes textes où je parle de Valparaiso.
(Valparaiso, au moment de la découverte, toujours sur mon livre d'histoire!)
Le Mythe de Valparaiso[center]
Quand naquit le mythe de Valparaiso?
Pour répondre à cette question, nous devons d'abord nous tourner vers le passé, c'est-à-dire jusqu'à ce jour lointain de 1536, où Don Juan Francisco de Saavedra (l'un des capitaines de Diego de Almagro) découvrit cette baie cachée derrière les collines qui bordaient l'océan Pacifique. L'histoire raconte que le capitaine resta bouche-bée devant le panorama qui s'étendait devant lui, puis s'agenouillant sur le sol, s'écria: je te baptise "Valle del Paraíso" (Vallée du Paradis).
Pourquoi Vallée quand il s'agit d'un port? Don Juan de Saavedra était probablement arrivé jusqu'à la mer en passant par des vallées et des gorges. Il avait traversé, sans aucun doute, les vallées de Limache et de Villa Alemana, grimpé à cheval les côtes de Quilpué, il était passé au galop entre les hêtres raulis et les buissons de myrtes et s'était désaltéré sur les versants de Quillota et de Belloto et peut-être même avait-il dressé le camp vers Olmué, juste au pied de la Colline de la Campana. mais cela, l'histoire ne le raconte pas, car personne ne le sait. Il faut alors imaginer que, au moment où Don Juan de Saavedra aperçut enfin la mer, se rappelant toutes les chevauchées, sans oublier les montées et les descentes, il ne put que se mettre à genoux et donner un nom à ce conglomérat de collines, de vallées et de gorges qui se terminaient sous la caresse des vagues. Et c'est ainsi que l'histoire commença...
Si nous regardons une carte du Chili, nous remarquons que ce port se situe sur le 33ème parallèle et ceux qui connaissent l'influence des parallèles sur les régions qui les bordent, comprennent que son climat est "tempéré", les français diraient dans leur belle langue "il fait très doux". En hiver, le thermomètre ne descend pas au-dessous de 12° et en Été il ne dépasse pas les 30°. Température idéale, et qui dit température idéale dit aussi ville idéale.
D'aucun se demanderont: mais alors pourquoi parle-t-on de tempêtes, de pluies torrentielles, de tremblements de terre qui détruisent tout et des incendies dignes d'un savant pyrotechnique? Je leur réponds: parce que cette étroite frange de terre qu'est le Chili est un phénomène de la nature. Il y a tout et tout arrive...quand on s'y attend le moins.
La terre tremble et selon la magnitude du séisme ou bien l'on continue à vaquer à ses petites affaires ou bien l'on sort en courant. La tempête fouette les arbres, massacre les escaliers, dénude les façades des maisons, bon... il faut planter à nouveau et repeindre tout. Les pluies torrentielles emportent les misérables baraques accrochées là-bas sur le haut des collines...il faut se reconstruire une maison avec de murs en planches et un toit en zinc. Une fois passé le moment de grande frayeur, on recommence. L'habitant de Valparaiso est ainsi fait, il est habitué à "se coltiner" son destin. mais ceci n'est pas particulier à ce dernier, c'est aussi l'un des traits de caractère du chilien: quand tout est fini...on recommence, sans plaintes ni larmes.
D'autres demanderont: pourquoi a-t-elle parlé des incendies? Il est certain que le phénomène de l'incendie est quelque chose de particulier à Valparaiso. Tout est calme et soudain la sirène des pompiers déchire l'air. De porte à porte, de fenêtre à fenêtre, d'un coin de rue à l'autre, courent le nom de la rue, l'emplacement de la maison ou de la boutique et jusqu'au nom de ceux qui y habitent... ou qui y habitaient.
La fumée noire qui succède aux flammes et les murmures de la foule qui s'est regroupée quelques rues plus bas (ou plus haut) pour profiter du spectacle, transforment cet instant en une vision chaotique et fellinienne. L'ange de la mort passe sur nos têtes. L'incendie éteint, la foule se disperse, le spectacle est terminé, quel dommage! dans le fond de chaque habitant de Valparaiso, il y a un pyromane qui sommeille. Les indiens qui habitaient là, quand Don Juan de Saavedra est arrivé, appelaient cet endroit Aliamapa, le pays brûlé. Sans commentaire!"


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Mena



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MessageSujet: Re: La Perle du Pacifique   Mar 6 Mai 2008 - 21:22

Quand la Perle du Pacifique gouvernait toute la mer Océane

Valparaiso connut une ère de développement qui fit de lui l'une des plaques tournantes de l'économie Chilienne. Il fut pendant des décennies le premier port du Chili et de l'Amérique Latine, jusqu'à l'ouverture du Canal de Panamá. Il était l'escale obligée des bateaux de toute sorte qui traversaient l'Atlantique, remontant par le Cap Horn, pour se diriger vers le nord du continent. Alors il n'y a rien d'étonnant lorsque on connaît un peu de son histoire que de voir toutes les collines qui l'entourent représenter un peu ou beaucoup de son passé, du temps de la colonisation jusqu'aux débuts du xxe siècle, jusqu'à ce que le glas sonne pour arrêter son envol.
Bien avant les années qui marquèrent l'indépendance du Chili il était déjà convoité par les pirates anglais qui écumaient les mers du sud et subit les attaques de Drake et d'autres corsaires. Il continua son petit bonhomme de chemin et après l'indépendance, l'Espagne voulut faire une reconquête du pays, s'attaquant encore à cette artère indispensable à l'économie chilienne. Une fois que le Chili devint complètement indépendant, commença son escalade dans la richesse et la population augmenta se mêlant davantage aux indigènes et peuplaient les collines et quartiers adjacents.
Valparaiso compte 59 collines, selon moi, d'autres sont plus modestes dans ces comptes et ne lui attribuent que...46! mais il est sûr, par contre qu'il possède 14 ascenseurs, presque tous installés au début du vingtième siècle, à côté des escaliers qui s'étaient créés pour aider la population dans cette ascension périlleuse et en même temps magnifique. Je vous en parlerai par la suite des collines et leurs noms.
Il faut savoir aussi que du fait de sa position exceptionnelle, jusqu'à l'ouverture du Canal de Panama, un Darwin, un Caruso* et d'autres célébrités foulèrent son sol et contemplèrent ses collines. Le port vit débarquer le premier gramophone, et ensuite le premier téléphone, drôle d'appareil avant de pouvoir installer la première ligne téléphonique! Des voitures arrivées du Nord de l'amérique sillonnèrent ses rues, c'était le progrès et l'immigration anglaise, allemande et italienne marquèrent le caractère de ses maisons et de ses ruelles. Les marins du monde entier repartent pour mieux y retourner. Ses collines se sont peuplées jusqu'aux sommets leur architecture est un peu folle. Mon compagnon regarda les maisons des collines vues de différents angles et demandait incrédule "et comment est-ce qu'elles tiennent en l'air?" Mystère de Valparaiso, par magie, elle tiennent par magie, tout est magique.
(Un panorama vu du haut d'une colline)
*Caruso débarque à Valparaiso en 1916 pour aller faire une représentation au théâtre Victoria, un théâtre d'opéra miniature, qui trouve son emplacement en plein centre, dans la avenue Pedro Montt. Lieu magique aux temps de mon enfance où l'on rentrait dans un grand théâtre avec des dorures et d'épais rideaux en velours rouge. Parfois aussi il servait de cinéma qui projetait les "nouveautés" arrivées d'Europe, dont les films de "la nouvelle vague française".


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MessageSujet: Re: La Perle du Pacifique   Mer 7 Mai 2008 - 1:19

Tu as bien raison de tant l'aimer ta perle (Valparaiso) et tu nous la raconte si bien qu'on ne peut que l'aimer nous aussi...merci Mena.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
On s'en promet...hein les filles!!!
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MessageSujet: Re: La Perle du Pacifique   Mer 7 Mai 2008 - 14:37

Laquelle c'est ta réisidence secondaire sur la photo? On va tous y aller danser, faire la fête!
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Mena



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MessageSujet: Re: La Perle du Pacifique   Jeu 8 Mai 2008 - 9:53

L'envoûtement des collines


Si Valparaiso c'est d'abord le port et la baie. C'est aussi et surtout les collines. La chaîne montagneuse de la cordillère de la côte forme une muraille qui arrive jusqu'à la mer. Aucun port au monde ne possède autant de collines que Valparaiso. De leur sommet on peut contempler l'infini, qui s'étend bien au delà de l'horizon. Cette échine de centaure entoure le port, l'habille, le protège. Les gorges qui séparaient les versants sont devenues des chemins qui n'en finissent pas de monter. Là s'échouèrent les illusions des bateaux qui cherchaient la route vers le Cap Horn. Là se réfugia le marin fatigué de bourlinguer; le commerçant prospère y édifia sa maison, l'artiste illuminé se vêtit d'étoiles et lança son poème à la mer dans une bouteille pour que le monde entier fit sa connaissance. Et Valparaiso, fils prodigue, marin désenchanté, accueilli ses hôtes avec le même sourire moqueur. Il les observa, les jaugea, tendit son échine et laissa le pinceau le teinter aux couleurs de l'arc-en-ciel.
Maisons en bois et maisons en brique voisinèrent. Toits d'ardoise et toits de zinc se sourirent. Les étoiles s'installèrent à la cime des arbres et scintillèrent jusqu'au delà de la mer.
Ses collines portent des noms de baptême dictés par les métiers, par le devoir, par la vie quotidienne, ou par les désirs et les rêves de tout un chacun. Ce sont des noms qui rappellent la présence de femmes, qui ont des parfums de fleurs d'antan. Des noms qui portent redingote et montre de gousset. De noms qui résonnent de l'immense tumulte des évènements survenus. Qui donna tous ces noms à ces collines qui regardent vers la mer? Il y a cinquante neuf collines et donc cinquante neuf noms. Il faudrait une vie entière pour les explorer et remonter au premier souvenir. Ce souvenir que la première calligraphie imprima pour les laisser gravés à jamais dans l'âme des habitants de Valparaiso.
Cerro Los Placeres (Colline Les Plaisirs): Qui nomma ainsi cette colline qui sépare Valparaiso de Viña del Mar? Probablement quelqu'un qui apprécia ce lieu. Les mauvaises langues racontent que ce fut à cause de tous les Plaisirs que les marins trouvaient là lorsqu'ils débarquaeint.
Cerro Esperanza (Colline Espérance) : Nom d'une femme ou expression d'un sentiment? Les deux à la fois, sans aucun doute.
Cerro Barón (Colline Baron): Une forteresse appelée le Baron se dressait sur sa cime autrefois. C'était à l'époque de la conquête, quand il fallait protéger les armes, les chevaux et les hommes de la colère des indiens de l'endroit. [pour la petite histoire, il a servi de cadre à mon premier conte, avec lequel j'ai gagné le fameux concours, j'ai fait évoluer mes personnages dans la rue où j'habitais, puis nous descendions dans les gorges pour aller jouer dans un terrain vague où de temps en temps, des garçons de notre âge venaient jouer au cerf-volant, mais je vous raconterai ça une autre fois. Par la suite j'ai écrit une histoire nommée "Castro 514" (Rue Castro 514), c'était le nom de ma rue]
(L'un des 14 ascenseurs)
(Une ruelle en haut d'une colline)
Je continue dans ma lancée, je mettrai d'autres photos plus bas
Cerro Larraín (Colline Larrain) : Elle doit son nom à l'un de ses premiers propriétaires qui, comme le patronyme l'indique, était d'origine basque.
Cerro Alegre (Colline Joyeuse) : Ce fut l'une des premières peuplées par les anglais. Les commerçants prospères y édifièrent leurs maisons y aménagèrent leurs domaines et leurs jardins. Il reste encore des vestiges des belles maisons de l'époque coloniale.
Cerro mariposa (Colline papillon): Les fleurs sauvages qui y poussaient et l'éternel printemps du port permettaient la présence continuelle de papillons sur son sommet et dans ses vallées.
Cerro Polanco (Colline Polanco) :Une famille Polanco fut propriétaire de ces terrains jusqu'au milieu du dixhuitieme siècle.
Cerro del Hospital (Colline de l'hôpital) : Sur cette colline fut construit le premier hôpital de Valparaiso, grâce aux jésuites. Les jésuites en furent expropriés en 1772. [size=9](Pour la petite histoire, ma grand-mère y habita une maison au début de son mariage, mon père était une gamin âgé d'un an et la soeur aînée de mon grand père vint leur rendre visite, ma grand mère a dû s'absenter et laissa mon père avec sa tante, à son retour celle-ci lui raconta qu'elle cherchait mon père qui s'était caché sous le lit, la bougie à la main, l'une des chambres aménagées pour recevoir la famille de temps en temps, était un vrai bunker, et la bougie s'était éteint parce que quelqu'un lui avait soufflé dessus, elle appela vainement "carlitos, carlitos", (mon père s'appelait Carlos) et le vit rentrer à quatre pattes par la porte. Ton grand-père condamna cette chambre et plus jamais nous ne mîmes les pieds!
Mais ma grand mère racontait tellement des histoires...
Cerro de la Mesilla (Colline de la Mesilla : Ce fut l'un des premiers endroits où les équipages qui débarquaient des cargos en provenance d'Europe, accouraient pour étancher leur soif de vin et d'amour. On ouvrit une gargote qui s'appela "Mesilla", du nom de son propriétaire probablement.
Cerro de la Rinconada (Colline du coin perdu): L'endroit habité le plus escarpé et le plus reculé vers 1700, mais de nos jours des lieux plus élevés le sont.
Cerro de la lobería (Colline du repaire des loups) : Qui accueillit de préférence les "chasseurs de loups de mers", équipages des baleiniers, connue pour ses maisons où l'on cultivait "l'art d'aimer".
Cerro de las Jarcias (Colline des Agrès):Les habitants de cette colline se consacraient à la pêche. Elle doit son nom à tous les attirails de pêche que l'on pouvait voir dans les cours et jardins.
Cerro de las Alfareras (Colline des Potières): Comme son nom l'indique, quelques femmes y habitaient qui se consacraient à l'art de la poterie (presque toutes appartenant à l'ethnie des "picunches")
Cerro de los chaparros (Colline des chaparros): Le chaparro est une espèce de chêne.
Cerro de la calahuala (Colline de la fougère du Pérou): Il doit son nom à l'herbe médicinale dont la médecine populaire s'en sert pour soigner les tumeurs. (Il touche, par une rue qui monte très haut, la colline du Baron, où j'habitais, et cette montée, quand la nuit tombait devenait un vrai territoire coupe-gorge. Je me rappele l'avoir parcourue en courant avec un copain qui m'accompagnait de retour d'une fête "malón" ( dans notre langage d'étudiants), il avait pris la précaution de siffler 5 fois et cinq sifflements lui avaient répondu, parce qu'il connaissait les "cogoteros" et ils nous laissaient passer sans nous toucher Vrai de Vrai!)
Cerro del litre (Colline du térébinthe): A cause des arbres typiques qui y croissaient. Le térébinthe est un arbre de la famille des anacardiacées dont les feuilles sont vénéneuses.

Cerro del Molino (Colline du Moulin): Comme le dit son nom, il y avait un moulin à vent.
Cerro del Almendral (Colline de l'Amandaie): Son premier propriétaire y planta des amandiers. C'est l'une des premières collines habitées de Valparaiso. Son propriétaire s'appelait Martín García et il reçut ces terres en donation pour les services accomplis auprès de Pedro de Valdivia vers 1550. La partie basse de cette colline, plantée aussi d'amandiers, fut appelée "El Almendral"(L'Amandie) et c'est l'un des quartiers les plus anciens de Valparaiso.
Cerro de los Pequenes (Colline des Pequenes): Le "pequén" est le nom chilien du corbeau.
Cerro de los Chercanes (Colline des Chercanes): Chercán es le nom d'un petit oiseau typique du Chili. On l'appelle ainsi à cause de son cri: chercán-chercán-chercán...
Cerro de Acevedo (Colline d'Acevedo): Les Acevedo furent une vieille famille qui posséda des terres par là-bas.
Cerro del Pajonal (Colline des Chaumes): Colline où abondait l'icho ou chaume, espèce de grosse paille haute des jachères.
Cerro la Cárcel (Colline de la Prison): Comme son nom l'indique, on y construisit la prison. Dans un premier temps on l'appela Colline du Bagne.
Cerro de las Zorras (Colline des renards): On raconte que ces petits animaux y abondaient. On raconte aussi qu'abondaient également les femmes de mauvaise vie (zorra: grue, prostituée).
Cerro de doña Elvira (Colline de Doña Elvira): Un dame de haute lignée y fit construire une demeure dont il ne reste rien aujourd'hui.
Cerro de San Esteban (Colline de Saint-Etienne): A cause de la chapelle édifiée là en l'honneur de ce saint.


Dernière édition par Mena le Jeu 8 Mai 2008 - 15:33, édité 6 fois
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Romane
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MessageSujet: Re: La Perle du Pacifique   Jeu 8 Mai 2008 - 12:12

Si je pouvais un jour aller au Chili, Valpaiso l'incontournable, m'y attendrait. Avec la maison de Neruda, que je rêve, rêve, rêve de venir caresser.

Mena, je n'interviens pas souvent, je ne veux pas abîmer tes fils ils sont magnifiques. Mais je te lis. Merci pour ce travail qui mérite d'être remarqué. chinois

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour je suis Roulotte alors je m'appelle Roulotte, c'est pour ça que mon pseudo c'est Roulotte." (Jean Vilain)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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MessageSujet: Re: La Perle du Pacifique   Jeu 8 Mai 2008 - 13:39

Pareil. On n'a pas trop envie d'intervenir et de briser ce cheminement mais n'oublie pas Mena qu'on le fait avec passion, que c'est un pur délice...
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Mena



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MessageSujet: Re: La Perle du Pacifique   Jeu 8 Mai 2008 - 15:56

Et ce n'est pas fini, il en reste encore 33!


Cerro de los Astorga (Colline des Astorga): De la famille Astorga.
Cerro Esmeralda (Colline Émeraude): A cause de la couleur de l'eau que l'on pouvait voir de là quand on regardait la mer, d'un vert émeraude.
Cerro Rodríguez (Colline Rodríguez): A cause du nom du guérillero, Don Manuel Rodríguez, héros de la guerre lors de la tentative de reconquête de l'Espagne. La légende raconte qu'il avait là son repaire d'où il sortait déguisé pour tromper les espagnols.
Cerro Artillería (Colline Artillerie): C'est là qui se trouve l'École Navale et l'artillerie de la Marine Nationale. Cette École servit aussi de centre de torture lors du Coup d'Etat de Pinochet.(Pour la petite histoire)
Cerro de los lecheros (Colline des laitiers): Comme son nom l'indique, vivaient là des commerçants qui possédaient des laiteries. En 1948, lorsque Neruda dut se cacher pour échapper aux poursuites de González Videla, il se cacha dans ce "cerro" où il fut accueilli dans la maison d'un marinier. De la petite fenêtre d'une cave, il pouvait regarder la mer et guetter le passage des bateaux. Des amis avaient bricolé une grande porte toute blanche avec un gros cadenas, qui dissimulait l'entrée, en collant dessus WC.
Cerro Concepción (Colline Concepción) : Du nom de la chapelle érigée en honneur à la Vierge de la Conception.
Cerro del Cementerio (Colline du cimetière) : ‘C’est là qui fut installé le premier cimetière.
Cerro del Cardonal (Colline du Champ aux chardons) : Peut-être à cause de la plante broméliacée qui y abonde ?
Cerro del árbol copado(Colline de l’arbre touffu) : Peut-être y avait-il autrefois un de ces géants millénaires qui abondent sur tout le continent américain ?
Cerro la palmera (Colline le palmier) : Il y eut beaucoup de palmiers, à l’origine, et le palmier chilien est aussi haut que le cocotier, si bien que l’on pouvait voir de loin sa cime ébouriffée battue par les vents.
Cerro Reina Victoria (Colline Reine Victoria) : Près de la colline joyeuse, devinez…
Cerro Carvallo (Colline Carvallo) : Du nom de la famille.
(Maison que l'on voit en descendant par un ascenseur, il passe tout près de ses fenêtres)
Cerro San Juan de Dios(Colline Saint-Jean de Dieu): Les jésuites édifièrent une église, appelée aussi Saint Jean de Dieu, à côté de la Gorge de Don Elias et près de la Colline de l'Hôpital.
Cerro Pocuro (Colline Pocuro): Elle a gardé son nom indien, qui signifie "lieu de glaise jaune" ou "pierre jaune", utilisée pour teindre les manteaux de laine.
Cerro de la Caleta (Colline de la Crique) A ses pieds s'étendait la crique des pêcheurs.
Cerro de la cabritería Colline des marchands de Maïs Grillé): Là se trouvaient des marchands qui faisaient cuire les grains de maïs sur la braise. Les "cabritas" c'est le maïs grillé, le "pop-corn" des américains du nord.
Cerro de la Biscaya (Colline de la Biscaye): Ou colline des Biscayens, habitée en majorité par des basques de la région de Bilbao.
Cerro de Don Elías (Colline de Don Elias): Avec la gorge du même nom, cette colline fut l'une des plus anciennes, avec celle de l'Amandaie, à être habitée par un noble de l'époque de la conquête.
Cerro Cabo de las Cañas (Colline du Cap des Roseaux): Pourquoi du Cap? parce qu'elle se termine dans la mer par une pointe. Pourquoi des Roseaux? parce qu'il y poussait des massettes.
Cerro Atalaya (Colline Vigie): Parce que, depuis ses hauteurs, on pouvait voir jusqu'aux confins de l'horizon.
Cerro de la Parra (Colline de la Treille): On y planta l'une des premières vignes apportées par les conquistadores.
Cerro del membrillo (Colline du Coing): Parce qu'on y planta des cognassiers.
Cerro Toro (Colline du Taureau): A cause de sa forme, qui de loin rappelait cet animal.
Cerro Florida (Colline Fleurie): A l'origine, c'était un vrai jardin. Là se trouve "La Sebastiana" la maison de Pablo Neruda, qu'il a voulu construite comme un bateau(Je ferai une rubrique à part sur Neruda et ses maisons, ainsi que sur sa passion pour Valparaiso)
(La Sebastiana, la maison de Pablo Neruda sur el Cerro Florida)
Cerro Las Monjas (Colline Les Réligieuses): A cause du couvent qu'on y édifia pour les héberger.
Cerro de la Cruz (Colline de la Croix): Sur sa cime on avait élevé un monument avec la croix du Christ Crucifié.
Cerro Bellavista (Colline Bellevue): Son nom est implicite.
Cerro Panteón (Colline Panthéon): A cause de l'édifice qui rappelait le célèbre temple grec.
Cerro Arrayán (Colline Myrte): A cause de ces arbustes qui y abondaient.
Cerro Santo Domingo (Colline Saint-Domingue): Il existe toujours l'église du même nom.
Cerro Cordillera (Colline Cordillère): Car c'était celle qui semblait la plus élevée.
Cerro Yungay (Colline Yungay): Il fallait bien baptiser quelque chose qui rappellerait la bataille qui mit fin à la guerre civile pendant le gouvernement de Portales.
Cerro Playa Ancha (Colline Vaste Plage): A cause de la vue, d'où l'on pouvait admirer une étendue de plage dans toute son ampleur. C'ést aussi la colline où se situait le lycée qui m'a formée, qui existe encore. Toutes les salles de classe portaient le nom d'un pays du continent Américain tout entier, Nord et Sud, et la mienne, celle de ma classe de Terminale, se nommait Brasil.
Valparaiso a eu des vies multiples qui sont restées gravées dans le nom de ses collines.
Valparaiso est classé Patrimoine de l'Humanité par l'Unesco.

Bon quand j'aurais gagné au loto peut-être que j'irai soudoyer quelqu'un afin de m'amparer de sa bicoque, pour recevoir les copains.
Voici mon cadeau:


Valparaíso de noche

Regardez la vidéo avec fond musical: http://www.dailymotion.com/lapislazulis/video/8998804
Et voici un autre lien où Palmenia Pizarro chante les collines de Pancho:
http://www.youtube.com/watch?v=99w74v8j7e8
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