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 L'amour en trois dimensionsVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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filo




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MessageSujet: Re: L'amour en trois dimensions   Jeu 15 Mai - 2:50

Complètement d'accord avec toi, Ro... (post de 2h36)
Initiation et expérience sont nos amis, et ils nous récompensent bien. Bise
Mais surtout : l'écoute et le feeling.


Quant à ta deuxième question... à mon avis tout ce qui tourne autour du désir, qu'il soit attente passive ou course buttée, participe à et vient de notre besoin instinctif.
Je ne pense pas qu'on puisse dire que les femmes calculent tout, plus que les hommes, du moins peut-être pas sur les mêmes centres d'intérêt.


(bon ça fait trois fois que tu postes alors que j'écrivais une réponse, alors troisième édit [parce que moi j'aime pas faire 3 posts à la suite])

Les parades amoureuses (ressemblant chez les humains parfois à celles d'animaux à plumes) sont des rites comme d'autres. Une autre façon de "normaliser" les instincts en les incluant dans le sacré.


(4e édit) Bon, maintenant Ronron, là j'abandonne, vous allez trop vite.
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Les fêlés sont précieux car ils laissent passer la lumière

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Romane
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MessageSujet: Re: L'amour en trois dimensions   Jeu 15 Mai - 2:54

Edith, ça suffit ! Cauchemard
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Romane
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MessageSujet: Re: L'amour en trois dimensions   Jeu 15 Mai - 2:56

filo a écrit:
Je ne pense pas qu'on puisse dire que les femmes calculent tout, plus que les hommes, du moins peut-être pas sur les mêmes centres d'intérêt.


Je parlais du caractère cérébral de la femme par rapport à l'homme, avant, pendant et après l'amour. Y penser comme ceci ou comme cela, revient forcément à échafauder quelque chose dans sa tête, et encore une fois, je ne parle que de l'acte sexuel, pas d'autre centre d'intérêt.
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ronronladouceur




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MessageSujet: Re: L'amour en trois dimensions   Jeu 15 Mai - 3:01

Romane a écrit:
Je parlais du caractère cérébral de la femme par rapport à l'homme, avant, pendant et après l'amour.

Tu parles de jeux imaginaires, de scénarios de plaisirs?
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Romane
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MessageSujet: Re: L'amour en trois dimensions   Jeu 15 Mai - 3:08

Oui. Je ne peux parler que de moi, évidemment, mais je suppose que je ne suis pas unique en mon genre. Je confirme donc avant, pendant et après l'acte sexuel.

Avant, l'anticipation de ce qui va se produire dans X temps (trois semaines, trois jours, trois heures ou trois minutes) et qui s'assimile aux fantasmes.

Pendant est vraiment très particulier. Une sorte de dédoublement de la pensée, qui inclue à la fois ce que je pense moi et qui suppose ce que pense/vit/ressent l'homme avec lequel je fais l'amour. C'est vraiment très particulier et difficile à décortiquer, je crois que j'y trouve tout. Absolument tout. Un centre-fusion.

Après est encore autre chose qui mêle à la fois pendant et quelque chose qui ressemble à la satisfaction (bien-être plénitude) d'avoir transgressé toutes les règles de bienséance inculquées dans toutes les formes d'éducation que l'on reçoit.
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LylaTsB




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MessageSujet: Re: L'amour en trois dimensions   Jeu 15 Mai - 4:38

Citation:
qui sera cuvé par les hôtes
AngeR Alex, j'ai pas pu m'empêcher...

Concernant l'amour 'instinct/animal", après vous avoir lu attentivement, j'en conclus qu'une question en appelant une autre, il ne me sert à d'attendre un quart de demi-réponse à l'idée de ma presque première question ; donc, plus légère, je me contenterai de laisser venir comme ça veut...
Idem pour le "cérébral/réfléchi", me semblant indissociable au précédent, vu mon état "humain" ; deux fois plus légère, même si moins court-vêtue rapport à mon grand-âge extérieur, me précipitant moins mais laissant venir encore...
Quant à l'amour "virtuel" (pas amical), non dénié mais bémolisé par l'insatisfaction physique de l'individu, je pencherais pour "à tenter" s'il passe le cap d'un certain nombre d'années, facteur variable selon les personnes, multiplié par X fois la distance et la situation familiale ; allégée au possible, je me penche sur les enfants.

Il a été évoqué plus haut l'instinct de femme-mère. Je reste persuadée que si l'homme avait pu enfanter, on ne parlerait ici que d'instinct parental. Et là encore, où est la part de l'instinctif, et celle de l'atavisme.

Par contre, je me questionne toujours quant au désir d'enfant, pour l'avoir ressenti différement à chacune de mes grossesses. La première, comme "survie"; La deuxième, comme "cadeau offert"; La troisième, comme "cadeau reçu"; mais à chaque fois, ce désir viscéral (l'appel du ventre vide ?), me semble induit par mon état psychologique du moment... alors parler ici de reproduction de l'espèce me parait invraissemblable...
Bien qu'en y réfléchissant mieux, le corps peut-il programmer lui-même le moment propice ? Peut-on dans ce cas parler d'instinct ? Mais comment parler d'animalité sans évoquer la chimie hormonale ?

La femme est-elle plus "cérébrale" que l'homme ? Là aussi je m'interdirais une telle affirmation, je crois sincèrement que les deux sexes se valent. La maturité différencie les sentiments et les pratiques. Je dirais simplement que la manifestation du sexuel est plus "visible" chez le mâle, animal et humain confondu.

Si le départ est : "le corps est une merveilleuse machine", qu'il soit humain ou animal, il me suffit d'en observer le fonctionnement, rodé par des siècles d'évolution. Le vivant né, vit et meurt. Pour cela, il a besoin d'air, d'eau, de substances nutritionnelles. Il absorbe, il rejette, il se reproduit. Point.

Lorsqu'il a faim un animal "sauvage" mange tout ce qu'il trouve, un animal "élevé" mange ce qu'il sait être consommable, un animal "éduqué" choisit ce qu'il lui plait. Remplacer le mot "animal" par "humain", ou "manger" par "aimer" n'y change pas grand chose... sauf si le sentiment s'en mêle.

Si à celà se rajoute la réflexion, tout se complique.
Pourquoi, chez certains, les sentiments prévalent alors que, chez d'autres, ce sont les actes ? "L'éveil des consciences" et "l'instinct" sont-il inversement proportionnels ? Ou contraires ? Ou égalitaires ?
Là aussi, autant de questions que de vécus.

Ce qui me ramène à mon idée de départ, laisser venir comme ça veut/peut, en essayant du mieux que je peux de stopper ma liberté là où commence celle de l'autre...

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Selmer
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MessageSujet: Re: L'amour en trois dimensions   Jeu 15 Mai - 11:02

Citation:
Pourquoi serait-il pitoyable que d’apprendre à plaire aux femmes ?

Ce n’est pas pitoyable en soi quand il s’agit d’apprendre à montrer au mieux ce qu’on éprouve en se préoccupant de respecter la prévenance ou quand il s’agit de se rapprocher de ce qu’on sait être l’attente d’une femme pour essayer d’y correspondre.
Mais c’est pitoyable quand il s’agit de se faire passer pour un autre en apprenant par cœur des répliques de livres afin de simuler une culture qu’on ne possède pas.
Ce serait touchant si un garçon s’estimant trop peu cultivé par rapport à la fille qui l’attire faisait des efforts maladroits pour lui plaire mais ce n’est manifestement pas à cette situation qu’Alejandro pensait. Il s’agissait, comme il le dit, d’amener la fille dans son lit, objectif pour lequel tous les moyens sont bons. Enlever son alliance pour apparaître en célibataire, promettre qu’on va divorcer alors qu’on sait que ça n’arrivera pas. Je ne vois pas l’utilité d’utiliser tous ces détours reposant sur le travestissement de la vérité quand il suffit de faire comprendre ce dont on a envie. Si l’autre en a envie aussi, beaucoup de choses deviennent très secondaires.
Ce que nous décrit Alejandro, c’est la course à la baise du jouisseur narcissique pour qui n’importe quelle femme remplace n’importe quelle autre. Ce n’est pas un échange, c’est une prédation. Il se peut d’ailleurs que la femme approuve ce comportement. A vous de nous le dire.
Par exemple, avec admiration et reconnaissance : purée, celui-là, il m’a bien eu avec ses citations. Il est fort quand même !
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Romane
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MessageSujet: Re: L'amour en trois dimensions   Jeu 15 Mai - 11:11

Selmer a écrit:
Ce que nous décrit Alejandro, c’est la course à la baise du jouisseur narcissique pour qui n’importe quelle femme remplace n’importe quelle autre. Ce n’est pas un échange, c’est une prédation. Il se peut d’ailleurs que la femme approuve ce comportement.


Non merci. AngeR

Le genre de truc qui me fait fuir.
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Dernière édition par Romane le Jeu 15 Mai - 11:29, édité 1 fois
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Lum




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MessageSujet: Re: L'amour en trois dimensions   Jeu 15 Mai - 11:22

Selmer a écrit:

Mais c’est pitoyable quand il s’agit de se faire passer pour un autre en apprenant par cœur des répliques de livres afin de simuler une culture qu’on ne possède pas.

Certes, mais nous (les femmes) c'est pire ! Nous simulons en nous maquillant pour cacher les imperfections du visage, nous mettons des wonderbra pour cacher notre poitrine tombante etc... L'homme, à force d'apprendre des répliques de livres finira peut etre par obtenir la culture qu'il ne possède pas... Pour les femmes, le wonderbra, culturellement parlant, c'est plutot limité et assez pitoyable le matin au réveil pour l'homme qui l'accompagne !

Selmer a écrit:

Ce que nous décrit Alejandro, c’est la course à la baise du jouisseur narcissique pour qui n’importe quelle femme remplace n’importe quelle autre.!


Je pense, et c'est juste mon avis de femme, que le jouisseur narcissique, même si par définition n'aime que lui, ne considère pas que n'importe quelle femme remplace n'importe quelle autre. Je crois justement qu'il considère chaque conquête comme différente et donc irremplaçable. Sinon, pourquoi se fatiguerait-il à chasser de nouvelles proies ?
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alejandro
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MessageSujet: Re: L'amour en trois dimensions   Jeu 15 Mai - 12:30

@ selmer

Il ne s’agit pas de se faire passer pour un autre.
Il s’agit pour commencer de savoir quoi dire. Il ne t’est jamais arrivé de vouloir aborder une femme mais de ne pas savoir quoi dire ou de te sentir ridicule en t'entendant bafouiller n’importe quoi ? Il s’agit de savoir de quoi parler. La plupart d’entre nous faisons un métier pas franchement passionnant, or la question « qu’est-ce que tu fais dans la vie ? » surgit généralement assez vite quand on parle avec des inconnus, mais est-ce que parler des finesses du logiciel au bureau est très intéressant ? Non, évidemment, et pourtant, c’est un travers dans lequel on peut facilement tomber si on n’a pas préparé un minimum son approche. Beaucoup d’hommes essayent d’impressionner la fille qu’ils abordent ; s’ils ont de l’argent, ils ont tendance à mettre ça en avant ; or, contrairement à ce que beaucoup ont l’air de croire, ça agace les femmes que l’homme qui les aborde essaye de les impressionner. Si elles sont de sortie, elles veulent s’amuser. Voilà quelques uns des trucs auxquels je faisais référence.

Quant à Un monde sans pitié auquel je pensais est un film. Ca a peut-être été adapté d’un roman, je ne sais pas. Là, il ne s’agit pas de se la jouer cultivé mais de s’inspirer des scènes de séduction qu’il y a dedans. J’ai vu ce film mais il y a vraiment trop longtemps pour me souvenir d’une scène précise. Je peux citer en revanche un James Bond, Meurs un autre jour. Bond se trouve à une plage et observe une île. Et voilà que surgit de l’eau une fille magnifique qui vient s’installer entre Bond et l’île, à quelques mètres de lui. Il fait : « Wouaouh ! Magnifique paysage ! » Ca désarçonne totalement la fille qui a l’air de se dire « non mais, quel culot ! c’est qui ce mec ? » Voilà une approche bien plus prometteuse que de s’amener en disant : « vous avez des yeux ravissants, mademoiselle, puis-je vous offrir un verre ? » C’est une scène qui a dû beaucoup se reproduire sur les plages un peu partout.

Tout cela constitue des moyens de séduction valables aussi bien pour collectionner que pour chercher la mère de nos futurs enfants ; ce dont il s’agit est de faire naître en la femme le désir. Le pote de qui je tiens cette histoire de film est quelqu’un de très romantique, et paraît-il particulièrement doux au lit. Lui comme tout le monde a connu des histoires d’amour, des grandes et des petites, qui sont nées comme ça, et pas en parcourant le catalogue de Meetic ou par l’entremise d’un ami qui se la joue marieur. A titre tout à fait personnel, je trouve que le jeu de séduction avec son coté jeu du chat et de la souris est beaucoup plus beau que des rencontres où, certes, les cartes sont sur table de part et d’autre, mais qui ressemblent à des entretiens d’embauche.

Je disais qu’il s’agissait de faire naître en la femme le désir. Permet-moi de citer à mon tour le grand Charles : « Vaste programme ! »
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Selmer
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MessageSujet: Re: L'amour en trois dimensions   Jeu 15 Mai - 13:35

LylaTsB a écrit:
Par contre, je me questionne toujours quant au désir d'enfant, pour l'avoir ressenti différement à chacune de mes grossesses. La première, comme "survie"; La deuxième, comme "cadeau offert"; La troisième, comme "cadeau reçu"; mais à chaque fois, ce désir viscéral (l'appel du ventre vide ?), me semble induit par mon état psychologique du moment... alors parler ici de reproduction de l'espèce me parait invraissemblable...

S’il existe une force de l’espèce par delà l’individu et qui incite l’espèce à se perpétuer, elle n’est ni magique, ni surnaturelle. Il faut bien qu’elle s’exprime par des caractères biologiques et psychologiques qui la mettent en œuvre. Cette force n’est pas localisée quelque part dans les limbes, à diffuser ses rayons dans notre direction. Elle est en chacun de nous, dans notre constitution, intimement liée à chacun de nous. Interpréter ces signes comme strictement personnels et sans rapport avec les signes identiques éprouvés par les autres, c’est cela qui est invraisemblable.

On dirait que ça heurte les sensibilités de penser que l’homme, dans une part de lui-même, est aussi l’individu d’une espèce et le maillon d’une chaîne. On dirait que quand il nous arrive quelque chose, il faut que ce soit absolument original et unique, comme si ce n’était pas aussi la ènième répétition d’un cas vu à des milliards d’exemplaires, comme si l’histoire personnelle de chacun, dans tout ce qu’elle a d’identique avec l’histoire personnelle des autres, était sans rapport avec cette histoire commune. Bien sûr, pour un couple, l’arrivée d’un enfant est unique, pour deux êtres qui s’aiment rien n’existe à part eux et tout le monde se moque bien de la survie de l’espèce quand il s’agit de sa vie personnelle. Quand on s’alimente, on ne le fait pas avec l’idée de survivre mais simplement parce qu’on a faim. Comme dans le sexe, on y introduit du raffinement, de la recherche de plaisir, on y ajoute des rites culturels et sociaux variés mais fondamentalement, partout et toujours, manger ça sert d’abord à ne pas mourir.

De la similitude du comportement individuel, répétitif et immuable dans le temps, se dégage un comportement qui peut légitimement être attribué à l’espèce. Il y a deux échelles d’analyse. Elles ne sont pas contradictoires.
La différence entre l’homme et l’animal est que l’homme a la capacité de s’interroger sur tous ces phénomènes, s’interroger jusqu’à maîtriser ou modifier les comportements, dans certains cas on peut même dire détourner. C’est son lot d’être la seule espèce à devoir se débrouiller avec sa faculté de comprendre le monde, lui-même inclus. Aucun pigeon n’a jamais été confronté à l’angoissante question de se regarder le nombril mais aucun pigeon n’a jamais fabriqué un lanceur capable de le propulser sur la lune ni monté d’expédition d’urgence pour aller sauver d’autres pigeons à l’autre bout du monde.

Personnellement, ça ne me gêne pas de savoir que je porte des caractères, des désirs qui me sont propres et d’autres qui me dépassent. Il me paraît totalement absurde de nier cette réalité au lieu de la prendre en compte. Cela ne signifie pas qu’il faille être l’objet docile et consentant d’instincts non maîtrisés. L'harmonie est envisageable et c'est, comme toujours, une affaire d’équilibre.
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Selmer
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MessageSujet: Re: L'amour en trois dimensions   Jeu 15 Mai - 13:44

Lum a écrit:
Sinon, pourquoi se fatiguerait-il à chasser de nouvelles proies ?

Parce que son objectif n'est pas de trouver une femme pour rester avec elle mais de multiplier les conquêtes. Ce n'est pas la femme qui l'intéresse, c'est la confirmation de son pouvoir de séduction. Ça s'appelle le donjuanisme et c'est généralement considéré comme le signe d'un manque de confiance en soi.
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alejandro
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MessageSujet: Re: L'amour en trois dimensions   Jeu 15 Mai - 16:55

Dieu dit: Que la lumière soit! Et la lumière fut.
Genèse 1.3


Essayons d’être un peu précis avec le sens et la signification des termes qu’on utilise et notamment avec celui d’« instinct ». Pour plus de clarté, permettez-moi une comparaison avec un autre terme, celui de « gravité. »

Avant Galilée, on pensait que le monde était constitué d’un « haut » et un « bas », et qu’il était dans la nature des choses d’aller vers le bas ; c’était l’explication au constat universel que les choses, eh bien elles tombent.

La notion de gravité a été introduit par Galilée par un cheminement qu’il est inutile d’évoquer ici. A retenir que si pour Galilée il y avait gravité, la notion était extrêmement floue. Plus tard, Isaac Newton a conçu toute une théorie avec une modélisation mathématique où apparaît le concept de « force de gravité » qui est proportionnel aux masses des objets en présence et inversement proportionnel au carré de la distance entre ces deux objets. Pourquoi les objets s’attirent ? Eh bien, c’est à cause de la gravité. Comment on sait ça ? Eh bien toutes les expériences sont concordantes avec l’équation qui rend compte de la force de gravité. Ce concept de « gravité » s’est avéré tellement fructueux qu’il a permis des prédictions auxquelles Newton lui-même n’avait pas pensé, et aujourd’hui, elle permet toujours de calculer avec précision les mouvements des astres et les trajectoires des sondes spatiales.

Maintenant, si on se pose la question de savoir ce qu’est concrètement la gravité, alors là, il y a un blanc. Pourquoi, concrètement, les objets s’attirent en fonction de leur masse et de la distance qui les sépare, on ne sait pas.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que « gravité » est un mot, un terme, un concept, une abstraction, une invention de l’esprit humain. La gravité n’existe que dans la mesure où il a été décrit par l’être humain ; il fait partie de l’outillage intellectuel qui lui permet de décrire le monde et d’agir sur lui, mais ce n’est pas le monde.

Le concept d’« instinct » se trouve dans la même situation. Le comportement des animaux est suffisamment répétitif – il faut dire chez certains plus que chez d’autres – pour que l’on puisse attribuer comme cause à ce comportement quelque chose qu’on a appelé « instinct. » Maintenant, si on se pose la question de savoir ce que concrètement est cet instinct, comme pour le concept de gravité, silence radio. Peut-être qu’un jour on découvrira quelque chose de clairement identifiable que l’on pourra appeler « instinct. » C’est ce qui est arrivé avec le concept de « gène. » Celui-ci a été inventé à une époque où c’était tout juste si on parvenait à voir des grosses cellules dans ce qui faisait office de microscope, il a été postulé que les caractéristiques biologiques – et comportementales – des êtres vivants étaient empaquetées dans quelque chose qu’on a appelé « gène. » Mais « gène » ne recoupait aucune réalité identifiable, c’était une abstraction destinée à servir de cause à des effets, eux, identifiables. Progrès de la biochimie aidant, on a découvert la molécule d’ADN formée de nucléotides qui, a-t-on remarqué, étaient regroupés et que chacun de ces groupes correspondait à une protéine (enfin, c’est-ce qu’on a cru découvrir). C’est comme ça que le concept abstrait de « gène » a été récupéré pour nommer ces regroupements de nucléotides. Mais, jusqu’à nouvel ordre, « instinct » est une abstraction, il n’existe que dans l’esprit humain. Notez bien que ce n’est pas parce qu’un concept est abstrait qu’il est inutile. On a vu que celui de gravité est extrêmement puissant.

Maintenant, appliqué à l’être humain, quels sont donc les comportements à ce point répétitifs qui justifieraient de leur attribuer comme cause cette abstraction qu’on appelle « instinct » ? Ben j’en vois pas trente-six. La respiration, la tétée du nourrisson, l’instinct de survie (encore que là, ça prête à discussion, mais admettons pour la clarté de l’exposé), quelques autres, peut-être.

Mais lorsqu’on parle de séduction, c’est autre chose. Pour voir une analogie entre la parade amoureuse du pigeon et le comportement d’un homme en présence d’une femme qu’il convoite, il faut oublier que l’homme parle, avec toute la charge émotive et symbolique charriée par le langage, il faut oublier qu’il a des émotions, son histoire, sa parure, avec toutes ce que cela peut signifier ; sa socialisation, sa compréhension de ses semblables, son regard sur lui-même, son psychisme, sa culture, son tempérament, son rang social, ses goûts, … en un mot comme en cent : il faut oublier tout ce qui dans cet être humain fait que cet être humain est un être humain. Ou dit autrement : tout ce qui fait qu’un être humain se comporte en être humain. Tout ce qui sans quoi, un être humain n’est plus un être humain.

On comprendra que, dans ces conditions, parler d’un instinct de reproduction chez un être humain relève de la plus pure spéculation.
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Romane
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MessageSujet: Re: L'amour en trois dimensions   Jeu 15 Mai - 17:43

Citation:
Il ne s’agit pas de se faire passer pour un autre.
Il
s’agit pour commencer de savoir quoi dire. Il ne t’est jamais arrivé de
vouloir aborder une femme mais de ne pas savoir quoi dire ou de te
sentir ridicule en t'entendant bafouiller n’importe quoi ?


M'enfin !! Je rêve ! J'ai jamais lu/entendu un truc pareil ! Quand tu convoites une femme, ou quand une femme convoite un homme, il y a des milliards de choses à dire, et pas besoin de se forcer pour parler, ni même d'avoir recours à des subterfuges !
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Selmer
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MessageSujet: Re: L'amour en trois dimensions   Jeu 15 Mai - 20:17

alejandro a écrit:
Il ne t’est jamais arrivé de vouloir aborder une femme mais de ne pas savoir quoi dire ou de te sentir ridicule en t'entendant bafouiller n’importe quoi ?

Si je devais conseiller une méthode à un ami trop seul, je lui recommanderais de multiplier la fréquentation des mêmes endroits le même jour aux mêmes heures. Déjeuner tous les jours dans le même self, prendre son jus à la même cafétéria, choisir une ou deux activités de loisir hebdomadaires (ce n'est pas ce qui manque, sport, art, apprentissage, collection, associations de tout poil, selon ses goûts personnels) sortir le soir dans les mêmes endroits, prendre le même bus, etc. Et surtout, se consacrer à l'activité de l'endroit en oubliant soigneusement qu'il cherche le contact. Rester décontracté. Ça viendra tout seul. Et ce sera beaucoup plus naturel.

Je me souviens d’une femme qui avait écrit un livre sur la timidité. Interrogée à la radio, elle disait : Blanche Neige n’aurait jamais dû épouser le prince charmant, elle aurait dû se marier avec le nain Timide, sa vie aurait été beaucoup plus intéressante. Quand on bafouille, elles nous trouvent désarmants. Ce n’est pas le bredouillement qu’elles voient, c’est l’intérêt qu’on leur porte, et nos faiblesses les intéressent. Il ne faut pas être avide, les correspondances surgissent toujours. Les femmes aussi sont en quête. Heureusement.

A t’entendre, on a le sentiment que le pauvre mâle doit s’efforcer de convaincre à tout prix en forçant l’indifférence. Ça me fait penser à ce mot, de Jean Yann je crois : l’amour est un combat, surtout quant un des deux n’est pas d’accord.
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