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| | L'amour en trois dimensions | |
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Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 49269 Localisation : Kilomètre zéro
| Sujet: Re: L'amour en trois dimensions Lun 19 Mai - 16:23 | |
| Sauf que moi je le connais Alex. 
Si on vient mêler l'ego, à mon avis on ne peut pas dissocier le réel du virtuel. Des rouleurs de mécaniques réels, ça court les rues, quel que soit leur sexe, leur âge et tout le Saint Frusquin. L'ego est ni plus ni moins humain, nous en sommes tous pourvus et le jeu consiste à se montrer sous son avantage, sauf si on est un peu débarrassé de ce parasite paravent, somme toutes ce qui est assez rare. De toute manière il en restera toujours un peu, puisqu'il est incontournable.
Je dis toujours que l'ego, c'est comme le cholestérol. Y'a le bon, y'a le mauvais. A chacun de savoir faire la part des choses. _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
|  | | Selmer Perturbateur de masses en fils

Inscrit le : 13 Aoû 2005 Messages : 4282 Localisation : Est
| Sujet: Re: L'amour en trois dimensions Mar 20 Mai - 9:35 | |
| | alejandro a écrit: | | D’expérience je sais que Wikipédia est extrêmement utile lorsqu’on cherche des renseignements qui ne prêtent pas à discussion. |
Sans doute et j’ai commencé par dire que je n’étais pas un inconditionnel de Wiki mais à ce degré de concordance entre ce qu’on te disait et ce que dit Wiki, à ce degré de démenti de tout ce que tu affirmais, c’est quand même frappant ! D’autant qu’il n’y a pas que Wiki. Les autres ouvrages de référence disent à peu près la même chose mais celle de Wiki, en allant dans le même sens que les autres, utilise avec une remarquable concision des termes tellement adaptés à notre discussion qu’on pourrait croire qu’elle s’en est inspirée spécialement pour te répondre en te donnant tort… Tu ne vas tout de même pas partir en guerre contre toute la science.
A force de te voir récuser des truismes, je me demandais s’il n’y avait pas quelque chose de gravement fondamental qui m’échappait. Le rafraîchissement par les ouvrages de référence m’a rassuré.
| alejandro a écrit: | On aimerait donc savoir comment on connaît l’existence de cet instinct chez l’homme, parce que voilà ce qu’on trouve un peu plus loin : « Ainsi, on observe une "atrophie" comportementale chez certains singes isolés, privés des relations sociales qu'ils auraient entretenues avec leurs congénères pendant la période de leur développement. Arrivés à maturité sexuelle et mis en présence les uns des autres, il apparaît qu'il leur manque quelque chose d'essentiel qui favorise la rencontre sexuelle. Les mâles se comportent comme s'ils ne savaient comment pratiquer l'intromission ; la femelle de son côté ne prend pas la posture adéquate. Le comportement de ces sujets traduit un trouble auquel ils ne savent pas donner la réponse appropriée. » Bref, ils n’ont pas appris … et on parle de singes. |
Il se peut que l’apprentissage par l’enseignement ou l’exemple fasse AUSSI partie de la panoplie destinée à servir l’instinct de survie. Les adultes apprennent aux petits à chasser pour qu’ils aient les moyens de se nourrir et de survivre mais ils ne leur apprennent pas à avoir faim. Pourquoi chaque génération enseigne-t-elle les mêmes choses essentielles à la suivante qui les répète et les enseigne à son tour, inlassablement ? Les mâles se comportent comme s’ils ne savaient pas comment pratiquer l’intromission : si on l’observe, c’est qu’ils essaient sans y arriver ou au moins qu’ils en manifestent l’intention, sinon on ne pourrait pas être aussi précis. On ne dit pas que les mâles se désintéressent des femelles. Ils sont maladroits devant l’intromission mais ils y sont poussés. On a tous vu un chien s’escrimer vainement sur la jambe d’un malheureux humain. Personne ne lui a appris à s’agiter comme ça par saccades et, s’il se trompe de cible, on voit bien où il il veut en venir. Tes singes isolés ont égaré le mode d’emploi mais n’ont pas perdu l’intention. Ils ne savent pas exactement comment se servir des outils mais voudraient bien les utiliser. Moi, ça me suffit. Que l’instinct soit assorti d’une part d’apprentissage plus ou moins grande selon le stade d’évolution de l’espèce ne change rien à la présence de l’instinct à l’origine ni à sa persistance par la suite. Même enfoui sous la culture voire contrarié par elle, il est toujours là. |
|  | | Selmer Perturbateur de masses en fils

Inscrit le : 13 Aoû 2005 Messages : 4282 Localisation : Est
| Sujet: Re: L'amour en trois dimensions Mar 20 Mai - 11:28 | |
| Quelques réponse à date de péremption un peu avancée :
[A propos de la pyramide des âges et de la naissance d’enfants mâles après les guerres.]
| alejandro a écrit: | | Je t’accorde que c’est surprenant, mais je ne vois pas bien où tu veux en venir. Que je sache, le sexe de l’enfant ne dépend pas du comportement de l’homme qui a fait la cour à la femme ni de la façon qu’ils ont fait l’amour. Que ce comportement soit dû à l’instinct ou qu’il soit dû à la culture, cela n’a strictement aucune influence sur le sexe de l’enfant. |
Où je veux en venir est clairement indiqué à la fin du post que tu cites : un phénomène qui se produit à l’échelle de l’espèce, concept que tu sembles tenir pour inimaginable, et un phénomène qui va, en plus, dans le sens de la survie de l’espèce, concept que tu voudrais nier. Un phénomène qui ne peut pas relever d’une intention humaine, individuelle ou collective, consciente ou inconsciente, et qui pourtant se produit nécessairement par une voie individuelle (la femme enceinte) et collective (l’ensemble des femmes enceintes aux dates concernées). Un mystère biologique qui semble indiquer l’existence d’un lien entre l’échelle de l’espèce et celle de l’individu, sur une durée qui dépasse celle d’une vie humaine. Comme si l’espèce était une sorte de personne morale, avec ses propres lois dépassant celles des individus qui la composent. Quelque chose qui rappelle les insectes sociaux (abeilles, fourmis, termites).
| alejandro a écrit: | | J’aurais pas cru que pour toi, la seul façon de remplir une vie serait d’accumuler des biens de consommation. |
Pour moi, non, mais pour toi, apparemment oui : une maison, une voiture, des voyages, des vacances, présentés comme tu le faisais, ce sont des biens de consommation, non ? Tu nous annonces tranquillement qu’au bout d’un moment c’est trop léger pour remplir une vie, alors les gens font des enfants ! C’est une idée que je trouve tellement sidérante parce qu’elle signifie précisément que les enfants arrivent comme un nouveau bien de consommation. Chérie, y’en a marre de la maison, de la piscine, des week-ends à Prague et des Seychelles, si on faisait des enfants ?... Non ?... Tu veux d’abord un chien ? |
|  | | Selmer Perturbateur de masses en fils

Inscrit le : 13 Aoû 2005 Messages : 4282 Localisation : Est
| Sujet: Re: L'amour en trois dimensions Mar 20 Mai - 11:40 | |
| | alejandro a écrit: | | Au départ de cette discussion, je disais que l’on ne pouvait pas parler de parade amoureuse (nuptiale) à propos de l’homme dans la mesure où cette expression renvoie au caractère constant de ce comportement et à son caractère instinctif qui ne peut être mis en évidence chez l’homme |
Eh bien, de mon côté, je dis que l’agitation incontrôlée qui s’empare de l’homme et qui le pousse, sous toutes les latitudes, à se faire remarquer quand passe une femme, et que le déclic à partir duquel une femme choisit un matin de se présenter sous telle ou telle apparence afin d’attirer les regards masculins, sont des caractères constants et universels mis en évidence, relatifs au désir commun, convergeant et instinctif de faire ensemble les galipettes pour lesquelles ils sont programmés, à tel point que s’il ne s’agissait pas d’êtres humains et si on ne s’adressait pas à toi, on pourrait presque parler de parade amoureuse. |
|  | | JPJ

Age : 98 Inscrit le : 08 Mai 2008 Messages : 100 Localisation : Suivre mon panache blanc
| Sujet: Re: L'amour en trois dimensions Mar 20 Mai - 12:18 | |
| J'approuve Selmer... Sachez que dans moins de 100 ans, on ne conservera que les cerveaux, car nourrir 1,5 Kg au lieu de 80, c'est d'une efficacité redoutable pour éviter l'extermination qui nous guette. Et là, les cinq sens, le côté bio, terminé (on conservera quelques bocaux de X et de Y au frais, cependant).. Fini les machistes bandants et les lolitas nombril à l'air Pour comprendre, lire entièrement ma novella "Les jumeaux du Fantasme" dans ma signature. _________________ http://anticipation-jpj.fr/Test.aspx |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 49269 Localisation : Kilomètre zéro
| Sujet: Re: L'amour en trois dimensions Mar 20 Mai - 17:32 | |
| | Selmer a écrit: | | Eh bien, de mon côté, je dis que l’agitation incontrôlée qui s’empare de l’homme et qui le pousse, sous toutes les latitudes, à se faire remarquer quand passe une femme, et que le déclic à partir duquel une femme choisit un matin de se présenter sous telle ou telle apparence afin d’attirer les regards masculins, sont des caractères constants et universels mis en évidence, relatifs au désir commun, convergeant et instinctif de faire ensemble les galipettes pour lesquelles ils sont programmés, à tel point que s’il ne s’agissait pas d’êtres humains et si on ne s’adressait pas à toi, on pourrait presque parler de parade amoureuse. |
Selmer, je t'aime !  _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
|  | | Selmer Perturbateur de masses en fils

Inscrit le : 13 Aoû 2005 Messages : 4282 Localisation : Est
| Sujet: Re: L'amour en trois dimensions Mar 20 Mai - 18:57 | |
| Attends !... Je trouve plus mes plumes!...
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|  | | LylaTsB

Age : 49 Inscrit le : 21 Mai 2006 Messages : 3676 Localisation : Entre Wizzzzzzzz & Fizzzzzzzz
| Sujet: Re: L'amour en trois dimensions Mer 21 Mai - 0:43 | |
| | Selmer a écrit: | Il y a bien plus surprenant que cela. La pyramide des âges, outil de base des démographes, démontre sans équivoque qu’après chacune des deux guerres mondiales, donc après la mort de nombreux hommes, le taux de natalité des enfants mâles marque une très nette augmentation alors que celui des filles reste stable. Voilà un phénomène insolite et digne d’intérêt qu’aucune intervention humaine consciente, aucune recherche de plaisir ne peut expliquer. Pour être clair, cela se présente comme si la nature compensait la disparition massive d’éléments mâles par un apport massif nouveau. Par quelles voies biologiques passe cette sélection, j’ignore si quelqu’un le sait. S’il y avait seulement davantage de naissances, sans distinction de sexe, on pourrait faire des suppositions sur un besoin conscient ou inconscient de projéniture ou de présence, ressenti après les frustrations de la guerre, ou sur un regain d’activité sexuelle dû aux mêmes raisons mais comment expliquer ce tri en faveur des garçons ? A part un phénomène à l’échelle de l’espèce, je ne vois pas | Oui, j'ai tout relu, je comprends mieux à ce point "l'instinct" tel que tu l'expliques. Et juste après, ton coup de galipettes, m'amène à : Est-ce également cet instinct primaire qui, au vieillissement du corps, associe la diminution de pratique sexuelle/reproduction ? ou l'inverse ? De même que la théorie d'Alex selon laquelle il se découvrait lui-même en regardant grandir ses enfants me semble pertinente ; l'instinct, moins canalisé à l'adolescence, nous permettant "d'oublier" tous les excés dus à cet âge sur un période plus ou moins importante, puis de les "retrouver" en miroir filial, parait là aussi jouer un rôle, non ? | JPJ a écrit: | | Sachez que dans moins de 100 ans, on ne conservera que les cerveaux | Euh... un cerveau emplumé ?
PigeonnantSourire _________________ "Le con est à la terre ce que le couillon est à la lune." R.Ramade |
|  | | Selmer Perturbateur de masses en fils

Inscrit le : 13 Aoû 2005 Messages : 4282 Localisation : Est
| Sujet: Re: L'amour en trois dimensions Mer 21 Mai - 14:29 | |
| | LylaTsB a écrit: | Oui, j'ai tout relu, je comprends mieux à ce point "l'instinct" tel que tu l'expliques. Et juste après, ton coup de galipettes, m'amène à : Est-ce également cet instinct primaire qui, au vieillissement du corps, associe la diminution de pratique sexuelle/reproduction ? ou l'inverse ? |
Comme je ne suis ni médecin ni biologiste, je ne peux donner qu’un avis de profane. A l’échelle de l’individu, le vieillissement est une lente dégradation inévitable qui débouche sur la mort. Les facultés se modifient et s’altèrent, différemment selon leur nature et selon les individus mais l’issue est toujours la même. L’activité sexuelle est conditionnée par les hormones, dont la production, comme le reste des fonctions, se modifie avec l’âge.
On néglige trop souvent la grande influence des hormones. J’ai eu l’occasion d’expérimenter tout à fait involontairement dans mon entourage l’effet d’une prise d’hormones pour raisons médicales. L’influence sur le comportement est stupéfiante ! A se demander si nous sommes autre chose qu’une formule chimique !
A l’échelle de l’espèce, il me semble que le vieillissement de l’individu est une fatalité qui n’a d’importance que si elle risque de compromettre la survie. Autrement dit, il faut que la capacité de reproduction du groupe soit supérieure au taux de mortalité afin que le renouvellement l’emporte sur l’extinction. Quand tout se passe bien, il y a suffisamment de jeunes pour assurer la descendance et le sort des plus vieux est indifférent. Chez beaucoup de mammifères, le mâle le plus vigoureux élimine ou dissuade ses concurrents, féconde les femelles, dirige et défend le groupe. Son statut est constamment remis en cause et au moindre affaiblissement il est supplanté par plus vigoureux que lui, de sorte que l’avenir immédiat et génétique du groupe (et donc de l’espèce) est toujours confié au plus fort. Il arrive même que le mâle dominant tue la portée d’un autre. Un œil humain pourrait y voir l’expression cruelle d’une jalousie alors que ce n’est qu’une forme de sélection naturelle, le remplacement de la progéniture d’un plus faible par celle d’un plus fort.
Le fait que l’homme, dans son évolution, ait modifié une part importante du comportement amoureux au profit de son plaisir et de son bien-être affectif et qu’il essaie de retarder les effets du vieillissement l’incite et lui permet de prolonger sa vie sexuelle au-delà de ce qui est nécessaire à l’espèce. Le propre de l’homme est d’avoir dépassé (ou détourné) la nécessité sans être allé, pour l’instant, jusqu’à s’y soustraire. |
|  | | Selmer Perturbateur de masses en fils

Inscrit le : 13 Aoû 2005 Messages : 4282 Localisation : Est
| Sujet: Re: L'amour en trois dimensions Mer 21 Mai - 14:31 | |
| | LylaTsB a écrit: | | De même que la théorie d'Alex selon laquelle il se découvrait lui-même en regardant grandir ses enfants me semble pertinente ; l'instinct, moins canalisé à l'adolescence, nous permettant "d'oublier" tous les excés dus à cet âge sur un période plus ou moins importante, puis de les "retrouver" en miroir filial, parait là aussi jouer un rôle, non ? |
Pertinente sur la constatation, à moi aussi, dans la mesure où j’ai fait exactement la même expérience. L’arrivée d’enfants dans la vie d’un adulte est un bouleversement à plus d’un titre. Elle va toucher des profondeurs inconscientes et modifier le statut intime de l’individu qui devient père ou mère. J’ai constaté, comme Alex et avec le même étonnement, l’éclairage nouveau que l’observation de mes enfants jetait sur ma propre vie, mon passé personnel, et je témoigne aussi de ce que ce n’est pas quelque chose d’anodin. J’ajoute ou je confirme que l’éclairage s’étend au comportement de nos propres parents et modifie la compréhension qu’on peut avoir des mécanismes qui, dans nos rapports avec eux, nous ont construits. Ce n’est pas sans effets, positifs ou négatifs selon le cas, et ce n’est pas pour rien que les grands événements de la vie (mariage, parenté, décès d’un proche) sont parfois le point de départ de troubles psychiques, non qu’ils les provoquent mais qu’ils les révèlent.
En revanche, j’ai du mal à suivre Alex lorsqu’il propose d’imaginer que cete conséquence de la parenté puisse être à l’origine du désir d’enfant. D’abord parce que, comme il le dit, c’est quelque chose dont on n’a aucune idée avant que cela nous arrive. Il faudrait donc supposer qu’une sorte d’appel inconscient nous pousse à avoir des enfants pour que s’accomplisse ce mécanisme de compréhension profonde de notre propre personne. Ensuite parce que les lois naturelles de la vie me semblent aller toujours dans le sens de l’avenir, c’est-à-dire du maintien et du renforcement de l’espèce. Dans ce sens le géniteur est au service de la progéniture et non l’inverse. Je ne crois pas que l’épanouissement personnel de l’individu soit inscrit dans les préoccupations de l’espèce en tant qu’objectif profond, et, en tant qu’objectif intermédiaire visant à la procréation, cette forme me semble trop complexe, trop indirecte et trop secondaire pour être instinctive. |
|  | | gudule

Age : 61 Inscrit le : 11 Avr 2008 Messages : 40 Localisation : maine et loire
| Sujet: Re: L'amour en trois dimensions Mer 21 Mai - 17:29 | |
| Je viens de prendre connaissance de ce débat fort intéressant. L’amour, l’amour, comme les Français aiment ce mot et comme il semble sonner faux. Les français ont créé avec ce mot un certain style, une certaine forme de l’amour : et ils y ont cru, ils se sont obligés à le vivre d’une certaine manière, tandis qu’ils l’auraient vécu tout autrement, s’il n’y avait pas eu toute cette littérature qui va d’Andromaque à l’Education Sentimentale. Ce n’est qu’en France, je crois, que La Rochefaucould a pu dire «qu’il y a beaucoup de gens qui n’auraient pas aimé s’ils n’avaient pas entendu parler d’amour ». On confond presque toujours la nécessité pour notre espèce de se reproduire ce qui entraîne le rapport sexuel et on lui attribue le mot amour. La nature a bien fait les choses et petit à petit le désir s’atténue quand les années s’écoulent sauf pour quelques irréductibles qui veulent braver notre dame nature et aussi pour suivre la « mode » si on peut parler ainsi qui consiste à vouloir être toujours jeunes, donc aptes à la reproduction. Hélas, cela ne fonctionne bien que chez les animaux. Ils ont une belle supériorité sur nous. Je préfère attribuer au mot amour le sentiment profond de tendresse pour une créature, quelle qu’elle soit, qui partage notre existence de près ou de loin (ce qui peut faire référence aux relations par le biais d’Internet). Il peut s’agir d’un lien charnel ou non, mais toujours sensuel, même si l’on veut s’en défendre, mais la sympathie prend toujours le pas sur la passion. Il faut peut être aussi faire une distinction entre la passion et l’amour. La passion évoque le désir de se satisfaire, de s’assouvir, quelquefois de diriger, de manipuler une autre personne. L’amour évoque l’abnégation. La passion est de l’ordre de l’agressivité alors que l’amour est de l’ordre de l’abnégation. Et pourtant étymologiquement c’est tout le contraire. La passion, c’est « pâtir », c’est un état passif. Ainsi parle-t-on de la « Passion » du Christ, au sens ou Jésus a subi la flagellation et la croix. L’Amour est un état actif. |
|  | | alejandro Hors catégorie

Inscrit le : 30 Jan 2005 Messages : 972 Localisation : Au sud du Nord, au nord du Sud, à l'est de l'Ouest et à l'ouest de l'Est.
| Sujet: Re: L'amour en trois dimensions Jeu 22 Mai - 3:14 | |
| | JPJ a écrit: | J'approuve Selmer... Sachez que dans moins de 100 ans, on ne conservera que les cerveaux, car nourrir 1,5 Kg au lieu de 80, c'est d'une efficacité redoutable pour éviter l'extermination qui nous guette. Et là, les cinq sens, le côté bio, terminé (on conservera quelques bocaux de X et de Y au frais, cependant).. |
@ selmer
Eh ben, ce genre de co-équipier de débat, je te le laisse bien volontiers.
| JPJ a écrit: | Fini les machistes bandants et les lolitas nombril à l'air
|
C’est que tu as l’air de t’en réjouir, en plus ! Tu sembles partager avec selmer la même aversion pour les hommes qui aiment séduire les femmes. Il y a dans la leçon de morale une jouissance qui m’échappe. Quant aux filles qui se promènent le nombril à l’air, je ne sais pas ce que selmer en pense ; moi, pour ma part, je trouve ça plutôt sympathique.
| Selmer a écrit: | Pour moi, non, mais pour toi, apparemment oui : une maison, une voiture, des voyages, des vacances, présentés comme tu le faisais, ce sont des biens de consommation, non ? Tu nous annonces tranquillement qu’au bout d’un moment c’est trop léger pour remplir une vie, alors les gens font des enfants ! C’est une idée que je trouve tellement sidérante parce qu’elle signifie précisément que les enfants arrivent comme un nouveau bien de consommation. Chérie, y’en a marre de la maison, de la piscine, des week-ends à Prague et des Seychelles, si on faisait des enfants ?... Non ?... Tu veux d’abord un chien ? |
Ce qui est sidérant c’est toute la mousse que tu arrives à faire monter avec si peu. Tu m’as demandé ce qui, en absence de l’instinct, poussait un couple à avoir des enfants. Je t’ai répondu qu’il y avait certainement une multitude de raisons, et lancé en vrac plusieurs idées tout en précisant que la liste n’était pas exhaustive. Sur ce point en particulier l’idée était qu’après s’être occupé de choses superficielles (maison, voyages, voiture) il pouvait arriver un moment où le couple voulait quelque chose de plus sérieux, ou profond, un enfant. Je ne peux pas croire que ce n’est pas ce que tu as compris dès le départ.
Maintenant, puisque tu tiens à mettre les points sur les i, il est intéressant de noter qu’un habitat reflète l’univers mental de celui qui y vit, et que cet habitat nourri en retour cette personne. Une maison n’est pas juste un bien de consommation. De façon générale, il n’y a pas dans la vie les choses matérielles, consommables, qui s’achètent, beurk !! et de l’autre les causes nobles, la procréation, alléluia !! C’est un peu un tout.
| Selmer a écrit: | Wiki, en allant dans le même sens que les autres, utilise avec une remarquable concision des termes tellement adaptés à notre discussion qu’on pourrait croire qu’elle s’en est inspirée spécialement pour te répondre en te donnant tort…
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Je ne suis pas d’accord. Wikipédia à l’entrée « instinct » commence par dire que l’instinct de reproduction existe chez les animaux et chez l’homme, mais ne montre pas cet instinct chez l’homme. Ce qu’il fait, c’est montrer la difficulté à montrer cet instinct chez un singe, ce qui n’est pas un argument en ta faveur. Je t’ai déjà fait cette remarque, je ne vois pas comment tu peux la récuser. Je te rappelle en plus que je t’ai mis des liens toujours vers wikipédia où il apparaît que « parade nuptiale » s’applique uniquement aux animaux, ce qui était le point de départ de notre discussion.
| Selmer a écrit: | Il se peut que l’apprentissage par l’enseignement ou l’exemple fasse AUSSI partie de la panoplie destinée à servir l’instinct de survie. |
Oui. Et le pilotage d’un Mirage 2000 c’est aussi l’instinct de survie, n’est-ce pas ? parce que si le type ne pilote pas l’engin comme il faut, il s’écrase et il meurt.
| Selmer a écrit: | Les mâles se comportent comme s’ils ne savaient pas comment pratiquer l’intromission : si on l’observe, c’est qu’ils essaient sans y arriver ou au moins qu’ils en manifestent l’intention, sinon on ne pourrait pas être aussi précis. On ne dit pas que les mâles se désintéressent des femelles. Ils sont maladroits devant l’intromission mais ils y sont poussés. […] Tes singes isolés ont égaré le mode d’emploi mais n’ont pas perdu l’intention. Ils ne savent pas exactement comment se servir des outils mais voudraient bien les utiliser. Moi, ça me suffit. Que l’instinct soit assorti d’une part d’apprentissage plus ou moins grande selon le stade d’évolution de l’espèce ne change rien à la présence de l’instinct à l’origine ni à sa persistance par la suite. Même enfoui sous la culture voire contrarié par elle, il est toujours là. |
On va essayer de procéder par ordre et déjà commencer par le début : ce qui veut dire, ce sur quoi on est, en principe, d’accord :
Le pigeon mâle exécute, en vue de copuler la femelle, une suite de gestes stéréotypés, appelé « parade nuptiale » ou « amoureuse. » La parade amoureuse du pigeon et la copulation ont pour cause l’instinct de reproduction.
Les capacités cognitives de l’être humain sont supérieures à celle du pigeon.
L’acquis (apprentissage) s’oppose à l’inné (instinct, biochimie) ; plus un comportement est dû à l’acquis, moins il l’est à l’inné, et inversement ; la capacité à apprendre est liée à la capacité cognitive.
Un singe, quel qu’il soit, a des capacités cognitives supérieures à celles du pigeon, et inférieures à celles de l’être humain.
La question est de savoir si l’approche ou la réaction d’un homme à la vue d’une femme relève de l’instinct et si cela peut être qualifié de parade nuptiale, et si les relations sexuelles des humains sont dus eux aussi à l’instinct.
Prenant en considération que l’inné/acquis est lié aux capacités cognitives, que les capacités cognitives du signe sont supérieures à celle du pigeon et celles de l’humain à celles du singe ; si on trouve un comportement chez le singe qui relève de l’acquis, alors on peut supposer que ce même comportement chez l’homme relève de l’acquis. En revanche, si un comportement chez le singe se révèle de l’inné, alors le même comportement chez l’homme peut révéler aussi bien de l’acquis que de l’inné.
Concernant la parade amoureuse, wikipédia, en parlant de cette étude sur des singes, ne dit pas clairement la façon dont les singes isolés durant leur développement on été réintroduits. Mon sentiment est qu’ils ont été introduits dans tout un groupe, et non pas mis en présence d’une femelle seule, ce qui fait qu’on peut très bien imaginer que le comportement qui consiste pour le mâle d’aller vers la femelle relève du mimétisme. On ne peut rien conclure concernant la parade amoureuse.
En matière de sexe, en revanche, il apparaît que le geste qu’ils doivent exécuter, ils ne le connaissent pas ou ils n’ont pas l’habileté nécessaire pour le faire, ce qui tendrait à dire qu’il relève de l’acquis. Et donc, du coup, on est autorisés d’avancer qu’il en va de même pour l’homme.
Que tu y voies un argument en ta faveur échappe à l’entendement.
| Selmer a écrit: | Où je veux en venir [A propos de la pyramide des âges et de la naissance d’enfants mâles après les guerres.] est clairement indiqué à la fin du post que tu cites : un phénomène qui se produit à l’échelle de l’espèce, concept que tu sembles tenir pour inimaginable, et un phénomène qui va, en plus, dans le sens de la survie de l’espèce, concept que tu voudrais nier. Un phénomène qui ne peut pas relever d’une intention humaine, individuelle ou collective, consciente ou inconsciente, et qui pourtant se produit nécessairement par une voie individuelle (la femme enceinte) et collective (l’ensemble des femmes enceintes aux dates concernées). Un mystère biologique qui semble indiquer l’existence d’un lien entre l’échelle de l’espèce et celle de l’individu, sur une durée qui dépasse celle d’une vie humaine. Comme si l’espèce était une sorte de personne morale, avec ses propres lois dépassant celles des individus qui la composent. Quelque chose qui rappelle les insectes sociaux (abeilles, fourmis, termites).
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En présence d’un mystère, la méthode scientifique veut que l’on propose des hypothèses testables et donc falsifiables. Par « falsifiable » on entend qu’en la testant, il soit possible que les faits contredisent la théorie. En l’espèce, je peux au pied levé imaginer deux hypothèses à proposer pour expliquer le phénomène :
Hypothèse #1 : la probabilité qu’un embryon soit de sexe masculin (ou féminin) est proportionnelle à la proportion d’individus de sexe féminin (ou masculin) fréquentées par la mère au cours des trente derniers jours précédant la conception.
Hypothèse #2 : la proportion de spermatozoïdes X (ou Y) dans le sperme d’un homme est proportionnel à la proportion d’individus de sexe féminin (ou masculin) fréquentés par l’homme au cours des trente derniers jours.
Le chercheur qui se sera donné pour tâche de résoudre ce mystère essayera de cette façon, hypothèse par hypothèse, d’arriver à établir une corrélation entre le sexe des bébés et une condition donnée, et l’infériorité numérique d’un sexe ou un autre dans un groupe. Armés de ces hypothèses (et d’autres), il est parfaitement concevable de mettre sur pied des protocoles d’expérimentation qui diront si ces hypothèses se vérifient ou pas.
Ta théorie pourrait s’énoncer comme suit : « il existe une entité à échelle de l’espèce humaine qui comptabilise le nombre d’individus d’un et de l’autre sexe et qui procède aux corrections nécessaires pour arriver à un rapport numérique d’un homme pour une femme. »
Va tester ça. _________________ Y a-t-il une vie avant la mort ? -------------------------------------------------------------------- A quoi sert la sagesse dans un monde qui court vers la folie? (Blueberry) --------------------------------------------------------------------- Les conditions de la chose font partie de la chose. (entendu sur le tournage d'un documentaire) |
|  | | alejandro Hors catégorie

Inscrit le : 30 Jan 2005 Messages : 972 Localisation : Au sud du Nord, au nord du Sud, à l'est de l'Ouest et à l'ouest de l'Est.
| Sujet: Re: L'amour en trois dimensions Jeu 22 Mai - 4:14 | |
| Mon sentiment – mais là, je ne te demande pas d’être d’accord avec moi – est que nous commençons à tourner en rond et que ne tiens compte que des arguments où tu estimes pouvoir opposer un contre-argument qui, de mon point de vue, ne me contredit pas. Je vais essayer de résumer ton propos :
Chez les animaux comme le pigeon, le mâle exécute une suite de mouvements stéréotypés afin de pouvoir copuler avec la femelle, comportement qualifié de parade nuptiale, qui a pour cause l’instinct de reproduction nécessaire à la survie de l’espèce. Le même instinct de reproduction est la cause de la copulation qui suit éventuellement la parade nuptiale.
Chez l’être humain, on observe également un comportement équivalent ou analogue à celui du pigeon, qui peut être aussi qualifié de parade nuptiale, car ce comportement est également stéréotypé et a pour cause, comme chez les animaux, l’instinct de reproduction nécessaire à la survie de l’espèce. Le même instinct de reproduction est la cause des relations sexuelles qui suivent éventuellement la parade nuptiale. Les différences que l’on peut constater entre l’homme et l’animal, en particulier sa capacité de s’interroger sur tous ces phénomènes, s’interroger jusqu’à maîtriser ou modifier les comportements, dans certains cas on peut même dire détourner ; n’entrent pas en considération ici car elles ne sont pas significatives pour décrire la parade nuptiale humaine ni les relations sexuelles, qui s’expliquent, encore une fois, fondamentalement, par l’instinct de reproduction.
La suite des mouvements de la parade nuptiale humaine se caractérise par des manifestations involontaires de force physique, de bonne santé, d’intelligence, de culture, d’expérience, de force de volonté, de sagesse, de richesse, de maîtrise de soi et d’humour (éventuellement d’autres encore), qui sont perceptibles de façon constante, identique et répétée quelque soit le lieu et l’époque du moment que des hommes sont mis en présence d’une femme perçue comme belle, et que l’individu considéré n’est pas un « psy ».
Il n’est pas concevable que la parade nuptiale humaine ou qu’aucune démarche visant à convaincre ou séduire la femme puisse être apprise ; ou si cela devait être le cas, cela constitue un comportement pathologique et moralement condamnable car cela revient à abuser la femme.
Il existe une force de l’espèce par delà l’individu et qui incite l’espèce à se perpétuer qui n’est ni magique, ni surnaturelle et qui s’exprime par des caractères biologiques et physiologiques, et l’instinct. Cette force est en chacun de nous, dans notre constitution, intimement liée à chacun de nous, chaque individu de l’espèce, humaine ou animale, n’est finalement qu’un maillon d’une chaîne. Cette force peut être mise en évidence par les études démographiques portant sur l’évolution démographique après les deux guerres mondiales qui démontrent un accroissement considérable du nombre de nouveaux nés de sexe masculin par rapport à ceux de sexe féminin alors que la population souffrait d’un déficit grave du nombre d’hommes par rapport au nombre de femmes. Les choses se présentent comme si cette force, ou la nature, compensait le déséquilibre démographique induit par la guerre. Ce phénomène que ne peut expliquer aucune intervention humaine ne peut s’expliquer que par la présence de cette force, ou par l’intervention de la nature. Cette force de l’espèce peut également être comparée à une personne morale dotée de son propre règlement, statuts ou lois qui dépassent les individus et auxquels ces derniers sont soumis. Les écarts constatés dans la conduite des hommes au regard des lois de l’espèce ou de la nature, notamment en matière sexuelle, doivent être considérés comme un détournement des lois de l’espèce destinées notamment à la perpétuer.
Concernant les deux premiers points, il y a quelque chose qui semble confus, et il convient de dissiper cette confusion. Parlant de parade amoureuse chez le pigeon, indépendamment du rôle de l’instinct, je pense exclusivement aux mouvements visant à se faire accepter par la femelle, qui sont l’enflemment du gosier, et le fait tourner autour de lui-même et de la femelle. Il se peut qu’à la vue de la femelle le mâle réagisse, en secouant les ailes par exemple, mais ça, ça ne va pas convaincre la femelle de le choisir lui en particulier, et ça ne fait donc pas partie de la parade amoureuse.
Quand on parle des réactions d’hommes à la vue d’une belle femme, que cette réaction soit due à l’instinct ou pas, on ne peut pas dire que ce soit une « parade amoureuse », pas plus que les (éventuels) battements d’ailes du pigeon à la vue de la femelle. Si on veut parler éventuellement de parade amoureuse humaine il faut considérer la démarche active d’aller vers la femme et essayer de la séduire. Maintenant, est-ce que cette réaction est due à l’instinct ?
J’ai déjà dit que si la réaction d’hommes à la vue d’une femme dotée de certaines caractéristiques était instinctive, on s’attendrait de voir ces réactions à la vue des mêmes caractéristiques quelque soit la culture envisagée. Or, ce n’est clairement pas le cas. Je n’ai pas eu de réponse à cette remarque.
Aujourd’hui j’ai été dans le métro, au parc du Luxembourg, pour les non-parisiens, c’est un très grand parc ; puis dans le RER. J’ai croisé multitude de belles femmes et, en pensant à ce débat, je me suis efforcé à regarder ce qui se passait autour. Je n’ai vu aucun homme qui ait essayé d’aborder une femme, j’ai vu quelques rares hommes se retourner, d’autres, plus nombreux, regarder expressément la fille, certains de la tête aux pieds, d’autres à hauteur de poitrine, d’autres le visage, d’autres les jambes ou encore les fesses. L’enfant devant la vitrine de magasin de jouets, en somme. Mais à vrai dire, l’immense majorité des hommes ont fait comme si elle n’existait pas. Pas de démonstration de force ou d’aucune autre sorte, rien qui puisse être considéré comme répétitif, identique ni constant. Aucune manifestation d’instinct.
Puis, je te rappelle que si l’on suit les études sur les homosexuels, 5 à 10 % de la population masculine est indifférente, de façon permanente, à la présence de femmes, en tout cas, comme objet de convoitise sexuel. Qu'est-ce qui se passe avec leur instinct ?
Concernant l’hypothétique parade amoureuse humaine équivalente à celle du pigeon, on se serait attendu à une suite de gestes, ou à un comportement donné, qui soit effectivement répétitif, constant et identique ; un comportement qui sans être une garantie d’avoir des relations sexuelles avec la femme convoitée, soit un passage obligé. Que tout homme qui vient de coucher avec une femme ait manifesté ce comportement. Tu ne m’en a pas montré et j’ai vraiment beaucoup, beaucoup de mal à imaginer ce que ça pourrait être.
Se pose encore la question des homosexuels. Puis, il y a encore quelque chose dont on n’a pas parlé : la prostitution, dont je n’irais pas jusqu’à dire qu’il est le plus vieux métier du monde ni que ça se manifeste en tout lieu. Mais c’est quand même présent dans beaucoup, beaucoup de lieux et à beaucoup, beaucoup d’époques. Il est difficile d’y voir un instinct de reproduction. S’ajoute encore le fait qu’il y a des sociétés où la femme peut prendre l’initiative. C’est paraît-il le cas dans les boites de nuit allemandes, c’est le cas, d’après le témoignage de plusieurs membres de ma famille, partout en Islande. Il y a quelques années a été publié un article dans une revue sociologique danoise qui rendait compte d’une étude en Norvège, où il apparaissait clairement que désormais, l’initiative de relations sexuelles venait plus souvent des femmes que des hommes. J’ai énormément du mal à voir comment on peut concilier ces faits et bien d’autres qu’on pourrait rapporter avec l’idée que l’instinct imposerait à l’homme une attitude ou un comportement donné en vue d’avoir des relations sexuelles et procréer.
Sauf …
Sauf si tout ce cela, comme tu l’affirmes, c’est à dire, le sexe pour le plaisir, l’homosexualité, la prostitution, une répartition des rôles où c’est la femme qui séduit et l’homme qui est séduit, est un détournement – particulièrement poussé – de la nature profonde de l’homme.
J’ai du mal à comprendre qu’il soit si difficile d’admettre que l’être humain soit un animal fondamentalement différent des autres. L’homme n’est pas juste un animal avec un gros cerveau, le cerveau n’est pas juste une sorte d’ordinateur qui ferait que celui de l’homme serait plus performant, avec des capacités de calcul supérieur à celui des autres animaux. L’homme ne fonctionne pas comme les autres animaux. L’invention par la vie du mode de reproduction sexué a été une révolution dans l’évolution des espèces, l’apparition de l’homme en a été une autre. Il fait partie biologiquement parlant du règne animal, la biochimie de son organisme est à quelques détails près identique à celui des autres animaux – en tout cas, des plus proches dans l’évolution –, comme tous les autres animaux, il né, il se nourri, il fait pipi et caca, il mûri, il se reproduit, il vieilli et il meurt. Mais si le comportement des animaux dépend de la niche écologique dans laquelle ils ont échoué, celui de l’homme dépend de l’environnement qu’il s’est constitué et, plus important encore, de l’univers mental qu’il se construit. Ce qui le forme, c’est bien sûr l’éducation mais aussi les croyances, les rites, l’art et la culture, les jeux, etc.
L’homme n’est bien évidemment pas arrivé sur terre d’un claquement de doigts ; il est comme tous les autres le fruit de l’évolution et la plupart des choses qui semblent caractériser l’homme se trouvent déjà au moins à un état embryonnaire chez les animaux les plus proches. J’ai déjà signalé la sexualité si particulière des bonobos, qui entretiennent des rapports sexuels plus pour des raisons sociales que pour des raisons de procréation (notamment des relations sexuelles entre femelles), mais il n’en reste pas moins qu’un individu humain se constitue à partir de l’environnement artificiel créé par ses semblables ; ce qui n’est pas le cas des animaux.
En m’appuyant sur la psychanalyse, j’ai avancé l’idée – qui ne m’est évidemment pas originale – que le socle fondamental du psychisme humain était les sensations de plaisir et de déplaisir. Par un chemin diamétralement opposé, on peut arriver à une conclusion équivalente. Jusqu’à dans les années 1990 il était généralement admis, aussi bien par les scientifiques, les philosophes que tous les autres, que l’émotion et la raison étaient antinomiques. Si le niveau des émotions augmente, alors la raison se détériore, et inversement. Roberto Damasio, neurologue, a montré qu’en fait non, et que non seulement les émotions n’étaient pas antinomiques avec la raison, mais que les émotions et les sentiments étaient chez l’humain la condition sine qua non de sa raison ; et le premier de ces sentiments : la souffrance physique. Autant dire que le plaisir et le déplaisir ne sont pas loin. La raison humaine ne peut pas se déployer, dit Damasio, sans l’expérience du corps, et va jusqu’à affirmer que nous ne pensons pas uniquement avec le cerveau, mais avec tout notre corps, jusqu’au dernier des orteils. Par « raison », Damasio n’a pas l’air de penser à la raison logique ou scientifique, mais à la capacité à se comporter en adéquation avec la situation dans laquelle on se trouve. En un mot comme en cent, à vivre.
Alors, je conçois parfaitement que de notre condition d’animal nous ayons hérité des instincts, mais pas pour piloter ce qui touche au sexe et tout ce qui tourne autour, et pas pour ce qui touche plus généralement au plaisir. Lorsque nous cherchons à séduire au sens très large, et lorsque nous faisons l’amour, nous ne sommes pas en train de jouer la partition imposée par la nature, nous jouons une partition inventée par l’homme.
Même si les considérations éthiques et morales ne devraient pas entrer en considération dans ce genre de discussion (mais je ne suis pas le premier à avoir soulevé ce genre de considérations), je dois dire que je suis plutôt satisfait de défendre une position qui m’amène tout droit à considérer le plaisir notamment sexuel comme quelque chose de fondamental et non comme un détournement, et à considérer l’homosexualité et la bisexualité comme une orientation sexuelle ni plus ni moins légitime que l’hétérosexualité - en fait, à rendre la question sans objet -, et non comme une déviation qu’il s’agirait d’accepter ou pas.
NOTE : Il se fait vraiment tard et je dois me lever tôt. Je voudrais encore discuter de cette histoire d’entité de l’espèce ou d’une nature qui agirait en déposant des instincts ici et là. Je le ferai à mon retour ou si j’ai le temps ces jours-ci au boulot. Je verrais alors si le résumé de ton propos que j’ai fait correspond bien à ta position. _________________ Y a-t-il une vie avant la mort ? -------------------------------------------------------------------- A quoi sert la sagesse dans un monde qui court vers la folie? (Blueberry) --------------------------------------------------------------------- Les conditions de la chose font partie de la chose. (entendu sur le tournage d'un documentaire) |
|  | | almalo

Age : 33 Inscrit le : 19 Aoû 2007 Messages : 2666 Localisation : en train de percer les nuages
| Sujet: Re: L'amour en trois dimensions Jeu 22 Mai - 6:58 | |
| eeeeeeeeeeeeeeeh bé. Quelle analyse !!  _________________ Un jour après l'autre. |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 49269 Localisation : Kilomètre zéro
| Sujet: Re: L'amour en trois dimensions Ven 23 Mai - 10:30 | |
| | almalo a écrit: | eeeeeeeeeeeeeeeh bé. Quelle analyse !!  |
Bah ! Alex, je t'ai vu faire plus précis.  _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
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