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 La liberté

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Romane
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MessageSujet: Re: La liberté   Dim 18 Oct 2009 - 13:44

Citation:
Je pense que le moment où l'on n'est plus libre de penser, parce que l'on est plus maître de soi...

Est-on maître de soi un jour ? J'entends par là : sans influence, ni contraintes de quelque nature qu'elles soient ?

Quant aux SDF, à mon avis, le mec qui n'a pas de toit n'a peut-être pas choisi de se les geler dehors l'hiver au point que parfois il en crève. Et ça m'étonnerait qu'il pense à autre chose que se réchauffer les doigts et se remplir l'estomac en se demandant comment il va passer la nuit suivante. Peut-être refera-t-il le monde l'été prochain, s'il a passé le cap des moins X degrés...

Alors on pourra chipoter en citant l'exception ; celui qui a choisi cette vie, ou celui qui demeure cérébralement culminant, ou celui qui cumule les deux. Mais n'empêche... ce ne doit pas être la majorité, hein.

J'ai pas dit qu'ils ne pensent pas, entendons nous bien. Simplement le loisir, en certaines circonstances, n'est pas tellement à l'ordre du jour...
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Rosacée



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MessageSujet: Re: La liberté   Dim 18 Oct 2009 - 13:55

Décidément, je n'arriverai pas à me faire comprendre. Je dois vraiment pas savoir expliquer mes pensées ou alors je ne sais pas m'expliquer tout simplement.

Ce que j'entendais par "maître de soi", c'est quand on a encore la capacité de lutter, je ne l'entendais pas autrement et encore moins dans le sens absolu du terme.

Donc si je comprends bien, quand on a froid et faim on n'a plus la liberté de penser ?
Pour vous être libre de penser est un loisir ?
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Romane
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MessageSujet: Re: La liberté   Dim 18 Oct 2009 - 15:13

Rosacée a écrit:
Décidément, je n'arriverai pas à me faire comprendre. Je dois vraiment pas savoir expliquer mes pensées ou alors je ne sais pas m'expliquer tout simplement.

Ce que j'entendais par "maître de soi", c'est quand on a encore la capacité de lutter, je ne l'entendais pas autrement et encore moins dans le sens absolu du terme.

Donc si je comprends bien, quand on a froid et faim on n'a plus la liberté de penser ?
Pour vous être libre de penser est un loisir ?


Mais non, Rosacée tu t'exprimes bien, simplement je saisis un élément comme balle au bond, pour servir le débat et non pour transformer ce que tu dis.

Moi, je me demande ce qu'est "être maître de soi", parce que j'y vois comme dans la notion de liberté-bonheur etc. toujours la même ambiguité. On peut même y ajouter la notion du "moi" (ou du "je"), parce que tout ces mots ou expressions ne revêtent pas du tout le même sens si on les traite dans l'absolu (pureté de la définition), ou si on les traite en considérant qu'on n'est pas seul au monde, qu'on est empreint non seulement de ce que nos parents, notre éducation, notre culture et l'expérience de vie nous ont transmis, mais aussi par le fait que nous vivons dans une société faite de lois, règles, et ainsi de suite.

Pour raccrocher à ce que tu dis, je me demande si un SDF a encore beaucoup de capacité à se défendre... Il a tout perdu, il n'a pas tellement de moyens devant lui pour entamer une quelconque démarche, si ce n'est faire la manche et aller au restau du coeur ou quelque autre endroit où manger une soupe chaude.

Le loisir associé à la pensée n'est qu'une ironie pour imager l'état d'esprit dans lequel doivent se trouver les SDF. Que peuvent-ils d'autre, si ce n'est porter un regard cru sur la société irrespectueuse de l'être ?!

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Bianca



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MessageSujet: Re: La liberté   Dim 18 Oct 2009 - 15:14

À chacun sa sémantique …
Je rejoins Luca et Romane... d’ailleurs Luca la liberté dont tu fais preuve dans tes multiples interventions me régale Rêve

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
Le courage sera d’être soi, en toute indépendance...
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lucaerne



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MessageSujet: Re: La liberté   Dim 18 Oct 2009 - 17:25

Rosacée, en y réfléchissant bien je crois que nous disons à peu près la même chose à quelques nuances près.

Personne ne peut enlever à personne sa liberté de penser a priori. Par contre, cette liberté peut-être totalement écrasée par un tas de contingences sur lesquels nous n'avons parfois aucune prise : je pense aux personnes à la rue bien sûr, mais aussi aux personnes manipulées, humiliées, gravement dépressives...
La pensée EST là. Elle est belle et bien présente, mais elle est soit noyée, soit dysfonctionnelle.

Après, quand la situation change, elle revient. Ou pas. Ou pas tout à fait. Ou moins bien. Ou mieux. Il ne faut pas oublier qu'on pense avec son cerveau, et que le cerveau est un organe pouvant subir des dégâts. Je pense à un très beau livre expliquant les séquelles physiques provisoires ou définitives qu'engendrent certaines dépressions : Les Nuits de l'Âme, d'Henri Löo et David Gourion.

J'ai vu il y a quelque temps un reportage que je n'arrive pas à retrouver (sur Arte ou France 5 je crois, mais...) dans lequel un neuropsychiatre avait étudié une tribu de primates au niveau de leur gestion de stress. Les résutats étaient époustoufflants et très inquiétants. On y voyait à quoi pouvait conduire un stress prolongé et injustifié (à la mode en ce moment, n'est-ce pas ?). Ces primates finissaient par adopter des comportements complètement incompréhensibles et inefficaces. Incompréhensibles jusqu'à ce qu'on puisse autopsier les sujets décédés. Là on mesurait précisément les effets engendrés par le stress à haute dose (et je crois que pour un SDF, on est en plein dedans). Des séquelles irréversibles, sur TOUS les organes : les reins, le pancréas, le coeur, l'estomac... et bien sûr, le cerveau. Cette étude était menée en parallèle avec le suivi de personnes en hospitalisation psychiatrique aux USA ou en Angleterre et les concordances faisaient froid dans le dos.

La pensée est quelque chose de bien plus fragile qu'on ne voudrait le croire Rosacée. Crois-moi, j'en ai fait l'expérience et je ne pourrais jamais laisser dire que nous en sommes maîtres quoi qu'il nous arrive dans la vie.

Raison de plus pour être conscient que notre liberté peut nous être enlevée, ou peut être manipulée, et pour nous battre pour la protéger et pour qu'elle soit accordée à tous.

@ Bianca. Mille mercis pour le compliment, mais il me semble que si liberté il y a, elle est bel et bien uniquement ici, parce que dans la vraie vie... pfff...
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alejandro
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MessageSujet: Re: La liberté   Dim 18 Oct 2009 - 20:09

lucaerne a écrit:
alejandro a écrit:
Ce que j’essaie de dire, c’est que l’autre n’est pas nécessairement une limitation à notre liberté ; en revanche, ce qui est sûr, c’est qu’il en est la condition sine qua non.

Je veux bien aller me mettre des claques, mais j'ai rien compris ! grrrr09


Explique-moi ce que tu n’as pas compris.


Vic Taurugaux a écrit:


Et si la liberté était un devoir plus qu’un droit.




Cela peut être intéressant de détourner un mot de sa signification. Mais en dehors d’explications supplémentaires, j’avoue que je ne vois pas trop où tu veux en venir.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
Y a-t-il une vie avant la mort ?
--------------------------------------------------------------------
A quoi sert la sagesse dans un monde qui court vers la folie? (Blueberry)
---------------------------------------------------------------------
Les conditions de la chose font partie de la chose.
(entendu sur le tournage d'un documentaire)
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Rosacée



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MessageSujet: Re: La liberté   Dim 18 Oct 2009 - 20:14

Tu sais, Laurence, ce n'est pas que je n'adhère pas à ton discours, bien au contraire, je comprends bien ce que tu dis et on s'est comprise, là, cette fois, en effet. Quand je disais "liberté de penser" (je n'aurais même pas dû l'exprimer, ici), c'est qu'en matière de pensées, je n'étais pas allée aussi loin dans la logique. En ce qui me concerne, celle-ci restait tout à fait basique, voire primaire, c'est un peu pour ça que je disais "peu importe sa forme".
Je ne la pensais pas intelligemment sans doute parce que moi-même, dans ma liberté de penser, je suis entièrement manipulée par mes propres expériences vécues, car, oui, Laurence, je sais que la pensée est très fragile ; moi aussi et de trop même, je suis passée par des épreuves dévastatrices. Cependant, même si sur le moment on n'a pas toute sa tête pour penser intelligemment ou de façon sensée on peut tout à fait penser - cela peut-être sous la forme de ressentiment, de rancœur. Sur le moment ça fait du bien. Certes, le crier c’est encore mieux, en attendant, c'est pensé librement, c’est toujours ça. Après quand on ne pense jamais clairement, je pense que c’est qu’on a abandonné ou on s’est abandonnés dans son propre carcan. Abandonnés et perdus.
Cette liberté de penser, faut-il encore savoir la conserver, car je pense que c'est aussi celle-ci qui fait agir (je ne dis pas que ça marche à tous les coups et que cela se fait toujours intelligemment) ... Je n'ai pas toujours eu la chance d'être aidée comme beaucoup d'entre nous, d'ailleurs. Serait-ce vraiment possible d'aider tout le monde ? (ça, je n'y crois pas) – comme on dit : chacun sa vie, chacun sa merde – chacun sa voie.
Chaque cas est différent, pour ma part, il n'y a qu'elle qui m'a fait avancer et très souvent de façon intelligente (je ne parle de création, de littérature, je n’ai pas trop d’exemples à vous fournir) - je vous parle avec mes mots, avec ma façon de voir mon univers et dans mon univers, ce qui, et je le conçois fort bien, peut vous sembler impalpable, tout comme le votre l’est à mon regard. Toujours est-il que le fait de penser est ce qui m’a fait avancer, pourtant, j’ai eu très peu de repères ou des repères complètement incohérents, éclatés, chaotiques. Laurence, je n'ai pas été tuméfiée très longtemps par la rue, quelques mois seulement, il y a de cela très longtemps, quelques mois de trop dans cette vie de merde, et cela m'a amplement suffi pour penser et agir avant de sombrer dans le néant…
Alors, ma sémantique à moi, qu'on y adhère ou pas, elle est justifiée et se justifie à mes yeux, à mon cœur, à mes expériences vécues, à moi-même entièrement et exclusivement.
J’entends bien tout ce que peut provoquer le stress. Néanmoins, celui-ci n'a pas toujours gagne cause, sinon, je crois que je serais morte depuis longtemps (je prends la liberté de le dire au lieu de le penser.).


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Romane
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MessageSujet: Re: La liberté   Dim 18 Oct 2009 - 20:14

alejandro a écrit:
Vic Taurugaux a écrit:


Et si la liberté était un devoir plus qu’un droit.




Cela peut être intéressant de détourner un mot de sa signification. Mais en dehors d’explications supplémentaires, j’avoue que je ne vois pas trop où tu veux en venir.


Sympa comme idée. Plus que cela ; séduisant. Plus que cela : génial. Plus que cela : un but.
A ton avis, sous quelle forme, Alex ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Romane
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MessageSujet: Re: La liberté   Dim 18 Oct 2009 - 20:27

Je sens beaucoup de souffrance dans ton témoignage, Rosacée, et bien sûr la sensation que j'en retire me fait songer qu'on a tous des chemins de vie pas piqués des vers, même si les raisons diffèrent. Ça flanque les boules, hein...

En pensant à tout ça, j'ai refait en un éclair mon p'tit bout de vie, et tout à coup, pensée, liberté de pensée me rappelle une tranche importante de mon temps d'il y a longtemps ; la liberté de ne pas penser. C'est encore une autre paire de manches, une autre façon de faire, un autre choix, m'enfin je pense qu'il m'a sauvé la vie au moment où il le fallait.

Drôle d'expérience, quand j'y repense...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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Rosacée



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MessageSujet: Re: La liberté   Lun 19 Oct 2009 - 0:04

Romane a écrit:
la liberté de ne pas penser. C'est encore une autre paire de manches, une autre façon de faire, un autre choix, m'enfin je pense qu'il m'a sauvé la vie au moment où il le fallait.

Drôle d'expérience, quand j'y repense...


C'est carrément le contraire de ma façon de penser, mais aussi étonnant qu'il soit, j'adhère aussi à cette façon de voir.
Par ton message, j'entends dans "ne pas penser" : agir sans se poser de questions, agir un peu comme un automate, ou carrément s'effacer d'une réalité pour se préserver (peut-être que je me trompe, Romane, mais tu me reprendras ou m'expliqueras...)
Je me demande même, si dans le fait de ne pas penser, on ne finit pas par "accepter" ou se soumettre à la situation, peut-être que (justement) si tu avais pensé à ta condition de vie, à ce que tu subissais, tu ne serais pas là où tu en es. Comme tu le dis précédemment.
Parfois, cela m'est arrivé de ne pas penser, mais quand la situation devenait insoutenable, la pensée (la mauvaise - la plus destructrice qu'il soit) s'infiltrait en moi, c'était dangereux pour moi et pour autrui* dans ses instants, car si je l'avais écoutée, j'aurais tué et je serais en prison - alors oui, parfois, il est envisageable de ne pas penser à sa condition de vie - mais quand la condition humaine prend le dessus, c'est bien l'instinct qui commande.
Alors comment peut-on être objectif en pensant et/ou en ne pensant pas ?

Parallèlement, il faut bien que nos démons s'évacuent, et je me dis que moins on pense et plus on entretient le fiel mais je me dis aussi, plus on pense et plus celui-ci est entretenu. Là, toutes mes pensées s'en vont dans l'obscurité, car il est vraiment l'heure d'aller dormir avant que ce soit mes propres pensées qui finissent par m'occire. (lol)


Dernière édition par Rosacée le Lun 19 Oct 2009 - 8:20, édité 1 fois
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filo



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MessageSujet: Re: La liberté   Lun 19 Oct 2009 - 0:56

Heureux les simples d'esprit... Lorsqu'on ne pense pas, serait-on libre ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
Les fêlés sont précieux car ils laissent passer la lumière

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Romane
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MessageSujet: Re: La liberté   Lun 19 Oct 2009 - 1:20

filo a écrit:
Heureux les simples d'esprit... Lorsqu'on ne pense pas, serait-on libre ?


Non. Je réponds ici autant à Rosacée qu'à filo.
Non, on n'est pas libre, surtout quand on a la capacité, qu'on se sait cérébral. C'est même le contraire ; clac. On entend le verrou dans la tête. Sauf qu'on tient soi-même la clé. C'est terrible.

Et puis comme tout possède son contraire, on ne s'aperçoit pas qu'on est encore et malgré tout perméable. Qu'on continue à engranger malgré soi, à mûrir aussi. Comme si la vie voulait encore de soi.

Après, une fois qu'on sort de cette prison là, on s'aperçoit qu'on en porte des séquelles vachement bizarres. Inattendues.

Et qu'on est incroyablement fait.

Ce n'est pas une acceptation, Rosacée, mais tout le contraire. C'est une forme de refus, une mise en arrêt provisoire, l'attente du bon moment.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: La liberté   Lun 19 Oct 2009 - 8:47

filo a écrit:
Heureux les simples d'esprit... Lorsqu'on ne pense pas, serait-on libre ?


Cela dépend dans quel sens tu l'entends Filo, à mon avis tu vas beaucoup plus loin qu'on ne le pense en posant cette question...
Peut-être que tu es, justement, mieux placé que moi pour répondre.
Je pense que ne pas penser ne veut pas dire que l'on n'est pas libre. Certaines personnes arrivent à faire le vide dans leur tête, à être bien dans le corps et l'âme et ça n'est pas pour autant qu'elles ne sont pas libres, peut-être même qu'elles sont encore plus libres qu'on l'imagine...

Du coup, je me demande si le fait de penser n'entache pas la liberté ?

D'ailleurs, le moyen efficace mais difficile pour faire le vide dans son esprit est encore le zazen.
(mince quand je clique sur le zazen, la page que j'ai mise ne s'affiche pas.) Alors, je mets le lien, ici : http://www.zazen-liege.net/le_zazen.html

J'ai trouvé un petit article intéressant :

Citation:
D'abord, la nature de l'esprit est vide. Il n'y a rien de spécial à faire pour cela. Maintenant, si vous me demandez comment on vide son esprit de toute pensée ou de toute conscience, c'est autre chose. Dans la vie ordinaire, vous pouvez arrêter votre pensée par la volonté et si vous en prenez l'habitude, cela deviendra très facile.
Vous allez me demander : à quoi cela peut-il bien servir?
Et bien, si vous arrêtez votre pensée, vous pouvez, sans être gêné par la dispersion des pensées, concentrer votre esprit de manière beaucoup plus intense.
Par contre,pendant le zazen, on n'utilise pas la volonté pour arrêter ses pensées. On les laisse aller librement mais, bien sûr,on ne les entretient pas.
Si votre posture est bonne et votre respiration profonde, les pensées s'évanouiront d'elles-mêmes.

source : http://www.zen-deshimaru.com/FR/teaching/questions/question19.html

Avec la philo, on dit tout et son contraire ! C'est vraiment pénible LOL !!!!
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Romane
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MessageSujet: Re: La liberté   Lun 19 Oct 2009 - 10:36

Citation:
Du coup, je me demande si le fait de penser n'entache pas la liberté ?


A mon avis, la pensée mène à un tas de paradoxes pas faciles à faire cohabiter mais y'a pas le choix. Alors du coup, je dirais que penser amène à "une" sorte de liberté tout en donnant conscience de "la non liberté". Mais ça n'est que mon point de vue.

zutouille, j'peux pas cliquer sur le lien, d'ici, pour l'instant, pfff spc

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MessageSujet: Re: La liberté   Lun 19 Oct 2009 - 11:33

Tiens : un "petit" texte merveilleux sur la liberté, et bien plus :

Stig DAGERMAN
Notre besoin de consolation est impossible à rassasier [1952]


Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux. Je n'ai reçu en héritage ni dieu, ni point fixe sur la terre d'où je puisse attirer l'attention d'un dieu : on ne m'a pas non plus légué la fureur bien déguisée du sceptique, les ruses de Sioux du rationaliste ou la candeur ardente de l'athée. Je n'ose donc jeter la pierre ni à celle qui croit en des choses qui ne m'inspirent que le doute, ni à celui qui cultive son doute comme si celui-ci n'était pas, lui aussi, entouré de ténèbres. Cette pierre m'atteindrait moi-même car je suis bien certain d'une chose : le besoin de consolation que connaît l'être humain est impossible à rassasier.

En ce qui me concerne, je traque la consolation comme le chasseur traque le gibier. Partout où je crois l'apercevoir dans la forêt, je tire. Souvent je n'atteins que le vide mais, une fois de temps en temps, une proie tombe à mes pieds. Et, comme je sais que la consolation ne dure que le temps d'un souffle de vent dans la cime d'un arbre, je me dépêche de m'emparer de ma victime.

Qu'ai-je alors entre mes bras ?

Puisque je suis solitaire : une femme aimée ou un compagnon de voyage malheureux. Puisque je suis poète : un arc de mots que je ressens de la joie et de l'effroi à bander. Puisque je suis prisonnier : un aperçu soudain de la liberté. Puisque je suis menacé par la mort : un animal vivant et bien chaud, un cœur qui bat de façon sarcastique. Puisque je suis menacé par la mer : un récif de granit bien dur.

Mais il y a aussi des consolations qui viennent à moi sans y être conviées et qui remplissent ma chambre de chuchotements odieux : Je suis ton plaisir - aime-les tous ! Je suis ton talent - fais-en aussi mauvais usage que de toi-même ! Je suis ton désir de jouissance - seuls vivent les gourmets ! Je suis ta solitude - méprise les hommes ! Je suis ton aspiration à la mort - alors tranche !

Le fil du rasoir est bien étroit. Je vois ma vie menacée par deux périls : par les bouches avides de la gourmandise, de l'autre par l'amertume de l'avarice qui se nourrit d'elle-même. Mais je tiens à refuser de choisir entre l'orgie et l'ascèse, même si je dois pour cela subir le supplice du gril de mes désirs. Pour moi, il ne suffit pas de savoir que, puisque nous ne sommes pas libres de nos actes, tout est excusable. Ce que je cherche, ce n'est pas une excuse à ma vie mais exactement le contraire d'une excuse : le pardon. L'idée me vient finalement que toute consolation ne prenant pas en compte ma liberté est trompeuse, qu'elle n'est que l'image réfléchie de mon désespoir. En effet, lorsque mon désespoir me dit : "Perds confiance, car chaque jour n'est qu'une trêve entre deux nuits, la fausse consolation me crie : Espère, car chaque nuit n'est qu'une trêve entre deux jours."

Mais l'humanité n'a que faire d'une consolation en forme de mot d'esprit : elle a besoin d'une consolation qui illumine. Et celui qui souhaite devenir mauvais, c'est-à-dire devenir un homme qui agisse comme si toutes les actions étaient défendables, doit au moins avoir la bonté de le remarquer lorsqu'il y parvient.

Personne ne peut énumérer tous les cas où la consolation est une nécessité. Personne ne sait quand tombera le crépuscule et la vie n'est pas un problème qui puisse être résolu en divisant la lumière par l'obscurité et les jours par les nuits, c'est un voyage imprévisible entre des lieux qui n'existent pas. Je peux, par exemple, marcher sur le rivage et ressentir tout à coup le défi effroyable que l'éternité lance à mon existence dans le mouvement perpétuel de la mer et dans la fuite perpétuelle du vent. Que devient alors le temps, si ce n'est une consolation pour le fait que rien de ce qui est humain ne dure - et quelle misérable consolation, qui n'enrichit que les Suisses !

Je peux rester assis devant un feu dans la pièce la moins exposée de toutes au danger et sentir soudain la mort me cerner. Elle se trouve dans le feu, dans tous les objets pointus qui m'entourent, dans le poids du toit et dans la masse des murs, elle se trouve dans l'eau, dans la neige, dans la chaleur et dans mon sang. Que devient alors le sentiment humain de sécurité si ce n'est une consolation pour le fait que la mort est ce qu'il y a de plus proche de la vie - et quelle misérable consolation, qui ne fait que nous rappeler ce qu'elle veut nous faire oublier !

Je peux remplir toutes mes pages blanches avec les plus belles combinaisons de mots que puisse imaginer mon cerveau. Etant donné que je cherche à m'assurer que ma vie n'est pas absurde et que je ne suis pas seul sur la terre, je rassemble tous ces mots en un livre et je l'offre au monde. En retour, celui-ci me donne la richesse, la gloire et le silence. Mais que puis-je bien faire de cet argent et quel plaisir puis-je prendre à contribuer au progrès de la littérature - je ne désire que ce que je n'aurai pas : confirmation de ce que mes mots ont touché le cœur du monde. Que devient alors mon talent si ce n'est une consolation pour le fait que je suis seul - mais quelle épouvantable consolation, qui me fait simplement ressentir ma solitude cinq fois plus fort !

Je peux voir la liberté incarnée dans un animal qui traverse rapidement une clairière et entendre une voix qui chuchote : Vis simplement, prends ce que tu désires et n'aie pas peur des lois ! Mais qu'est-ce que ce bon conseil si ce n'est une consolation pour le fait que la liberté n'existe pas - et quelle impitoyable consolation pour celui qui s'avise que l'être humain doit mettre des millions d'années à devenir un lézard !

Pour finir, je peux m'apercevoir que cette terre est une fosse commune dans laquelle le roi Salomon, Ophélie et Himmler reposent côte à côte. Je peux en conclure que le bourreau et la malheureuse jouissent de la même mort que le sage, et que la mort peut nous faire l'effet d'une consolation pour une vie manquée. Mais quelle atroce consolation pour celui qui voudrait voir dans la vie une consolation pour la mort !

Je ne possède pas de philosophie dans laquelle je puisse me mouvoir comme le poisson dans l'eau ou l'oiseau dans le ciel. Tout ce que je possède est un duel, et ce duel se livre à chaque minute de ma vie entre les fausses consolations, qui ne font qu'accroître mon impuissance et rendre plus profond mon désespoir, et les vraies, qui me mènent vers une libération temporaire. Je devrais peut-être dire : la vraie car, à la vérité, il n'existe pour moi qu'une seule consolation qui soit réelle, celle qui me dit que je suis un homme libre, un individu inviolable, un être souverain à l'intérieur de ses limites.

Mais la liberté commence par l'esclavage et la souveraineté par la dépendance. Le signe le plus certain de ma servitude est ma peur de vivre. Le signe définitif de ma liberté est le fait que ma peur laisse la place à la joie tranquille de l'indépendance. On dirait que j'ai besoin de la dépendance pour pouvoir finalement connaître la consolation d'être un homme libre, et c'est certainement vrai. A la lumière de mes actes, je m'aperçois que toute ma vie semble n'avoir eu pour but que de faire mon propre malheur. Ce qui devrait m'apporter la liberté m'apporte l'esclavage et les pierres en guise de pain.

Les autres hommes ont d'autres maîtres. En ce qui me concerne, mon talent me rend esclave au point de pas oser l'employer, de peur de l'avoir perdu. De plus, je suis tellement esclave de mon nom que j'ose à peine écrire une ligne, de peur de lui nuire. Et, lorsque la dépression arrive finalement, je suis aussi son esclave. Mon plus grand désir est de la retenir, mon plus grand plaisir est de sentir que tout ce que je valais résidait dans ce que je crois avoir perdu : la capacité de créer de la beauté à partir de mon désespoir, de mon dégoût et de mes faiblesses. Avec une joie amère, je désire voir mes maisons tomber en ruine et me voir moi-même enseveli sous la neige de l'oubli. Mais la dépression est une poupée russe et, dans la dernière poupée, se trouvent un couteau, une lame de rasoir, un poison, une eau profonde et un saut dans un grand trou. Je finis par devenir l'esclave de tous ces instruments de mort. Ils me suivent comme des chiens, à moins que le chien, ce ne soit moi. Et il me semble comprendre que le suicide est la seule preuve de la liberté humaine.

Mais, venant d'une direction que je ne soupçonne pas encore, voici que s'approche le miracle de la libération. Cela peut se produire sur le rivage, et la même éternité qui, tout à l'heure, suscitait mon effroi est maintenant le témoin de mon accession à la liberté. En quoi consiste donc ce miracle ? Tout simplement dans la découverte soudaine que personne, aucune puissance, aucun être humain, n'a le droit d'énoncer envers moi des exigences telles que mon désir de vivre vienne à s'étioler. Car si ce désir n'existe pas, qu'est-ce qui peut alors exister ?

Puisque je suis au bord de la mer, je peux apprendre de la mer. Personne n'a le droit d'exiger de la mer qu'elle porte tous les bateaux, ou du vent qu'il gonfle perpétuellement toutes les voiles. De même, personne n'a le droit d'exiger de moi que ma vie consiste à être prisonnier de certaines fonctions. Pour moi, ce n'est pas le devoir avant tout mais : la vie avant tout. Tout comme les autres hommes, je dois avoir droit à des moments où je puisse faire un pas de côté et sentir que je ne suis pas seulement une partie de cette masse que l'on appelle la population du globe, mais aussi une unité autonome.

Ce n'est qu'en un tel instant que je peux être libre vis-à-vis de tous les faits de la vie qui, auparavant, ont causé mon désespoir. Je peux reconnaître que la mer et le vent ne manqueront pas de me survivre et que l'éternité se soucie peu de moi. Mais qui me demande de me soucier de l'éternité ? Ma vie n'est courte que si je la place sur le billot du temps. Les possibilités de ma vie ne sont limitées que si je compte le nombre de mots ou le nombre de livres auxquels j'aurai le temps de donner le jour avant de mourir. Mais qui me demande de compter ? Le temps n'est pas l'étalon qui convient à la vie. Au fond, le temps est un instrument de mesure sans valeur car il n'atteint que les ouvrages avancés de ma vie.

Mais tout ce qui m'arrive d'important et tout ce qui donne à ma vie son merveilleux contenu : la rencontre avec un être aimé, une caresse sur la peau, une aide au moment critique, le spectacle du clair de lune, une promenade en mer à la voile, la joie que l'on donne à un enfant, le frisson devant la beauté, tout cela se déroule totalement en dehors du temps. Car peu importe que je rencontre la beauté l'espace d'une seconde ou l'espace de cent ans. Non seulement la félicité se situe en marge du temps mais elle nie toute relation entre celui-ci et la vie.

Je soulève donc de mes épaules le fardeau du temps et, par la même occasion, celui des performances que l'on exige de moi. Ma vie n'est pas quelque chose que l'on doive mesurer. Ni le saut du cabri ni le lever du soleil ne sont des performances. Une vie humaine n'est pas non plus une performance, mais quelque chose qui grandit et cherche à atteindre la perfection. Et ce qui est parfait n'accomplit pas de performance : ce qui est parfait œuvre en état de repos. Il est absurde de prétendre que la mer soit faite pour porter des armadas et des dauphins. Certes, elle le fait - mais en conservant sa liberté. Il est également absurde de prétendre que l'homme soit fait pour autre chose que pour vivre. Certes, il approvisionne des machines et il écrit des livres, mais il pourrait tout aussi bien faire autre chose. L'important est qu'il fasse ce qu'il fait en toute liberté et en pleine conscience de ce que, comme tout autre détail de la création, il est une fin en soi. Il repose en lui-même comme une pierre sur le sable.

Je peux même m'affranchir du pouvoir de la mort. Il est vrai que je ne peux me libérer de l'idée que la mort marche sur mes talons et encore moins nier sa réalité. Mais je peux réduire à néant la menace qu'elle constitue en me dispensant d'accrocher ma vie à des points d'appui aussi précaires que le temps et la gloire.

Par contre, il n'est pas en mon pouvoir de rester perpétuellement tourné vers la mer et de comparer sa liberté avec la mienne. Le moment arrivera où je devrai me retourner vers la terre et faire face aux organisateurs de l'oppression dont je suis victime. Ce que je serai alors contraint de reconnaître, c'est que l'homme a donné à sa vie des formes qui, au moins en apparence, sont plus fortes que lui. Même avec ma liberté toute récente je ne puis les briser, je ne puis que soupirer sous leur poids. Par contre, parmi les exigences qui pèsent sur l'homme, je peux voir lesquelles sont absurdes et lesquelles sont inéluctables. Selon moi, une sorte de liberté est perdue pour toujours ou pour longtemps. C'est la liberté qui vient de la capacité de posséder son propre élément. Le poisson possède le sien, de même que l'oiseau et que l'animal terrestre. Thoreau* avait encore la forêt de Walden - mais où est maintenant la forêt où l'être humain puisse prouver qu'il est possible de vivre en liberté en dehors des formes figées de la société ?

Je suis obligé de répondre : nulle part. Si je veux vivre libre, il faut pour l'instant que je le fasse à l'intérieur de ces formes. Le monde est donc plus fort que moi. A son pouvoir je n'ai rien à opposer que moi-même - mais, d'un autre côté, c'est considérable. Car, tant que je ne me laisse pas écraser par le nombre, je suis moi aussi une puissance. Et mon pouvoir est redoutable tant que je puis opposer la force de mes mots à celle du monde, car celui qui construit des prisons s'exprime moins bien que celui qui bâtit la liberté. Mais ma puissance ne connaîtra plus de bornes le jour où je n'aurai plus que le silence pour défendre mon inviolabilité, car aucune hache ne peut avoir de prise sur le silence vivant.

Telle est ma seule consolation. Je sais que les rechutes dans le désespoir seront nombreuses et profondes, mais le souvenir du miracle de la libération me porte comme une aile vers un but qui me donne le vertige : une consolation qui soit plus qu'une consolation et plus grande qu'une philosophie, c'est-à-dire une raison de vivre.


* Henry-David Thoreau (1817-1862). Essayiste, philosophe, mémorialiste et poète américain, il est surtout connu pour Walden, ses réflexions sur une vie simple loin de la technologie, dans les bois, ainsi que pour La Désobéissance civile, où il argumente l'idée d'une résistance individuelle à un gouvernement jugé souvent injuste.
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MessageSujet: Re: La liberté   Lun 19 Oct 2009 - 13:02

Alex a écrit:
Vic Taurugaux a écrit:


Et si la liberté était un devoir plus qu’un droit.




Cela peut être intéressant de détourner un mot de sa signification. Mais en dehors d’explications supplémentaires, j’avoue que je ne vois pas trop où tu veux en venir.


Aujourd'hui, quand on est journaliste, la liberté d'expression en France consiste-t-elle seulement à polémiquer à longueur de papiers ou d'antennes sur Frédéric Mitterand ou Jean Sarkozy?

Il existe aussi et toujours comme point aveugle, une étudiante française sommée à résidence dans l'ambassade de France à Téhéran.

Cette jeune fille qui témoigna grâce à son portable de la révolte de ses amis étudiants irakiens contre la dictature qui régente leur pays me semble beaucoup plus libre que n'importe lequel des journalistes français actuels. Bien sur, physiquement elle est enfermée dans notre ambassade. Sarkozy ne souhaite pas l'échanger contre l'assassin de Shapour Bakhtiar et il a raison. Mais que pourront tous ces geôliers de la parole contre la fraîcheur de son esprit? : Filmer avec son téléphone le ras le bol des amis irakiens.

Quand on est français, il y a belle lurette que politiquement, financièrement, techniquement, la liberté est un droit. Cette jeune étudiante compatriote nous rapelle à tous par son combat que la liberté demeure depuis chez nous avant tout un devoir.

Suis-je plus clair?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
L'aurore s'allume,
L'ombre épaisse fuit;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit.
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La liberté

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