Romane Administrateur

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 | Sujet: Pour l'art - Alexandre Legrand Mer 30 Mai 2007 - 0:59 | |
| Depuis son plus jeune âge, il dessine. De simples gribouillages, il reproduit, sans le savoir, ce qui lui tient à cœur. Papa, maman, lui puis, dans la foulée, la maison, l’école, la voiture. Au fur et à mesure de son exploration, il ajoute des personnages, des paysages. Le voilà qui voyage à coups de crayons de couleurs.
Il se rend compte, assez rapidement, qu’il manque quelque chose dans ses dessins. Il faut qu’il fasse en sorte que l’on reconnaisse les personnages. Il s’applique, dessine ces visages jusqu’à la possible identification puis…et puis, il décide de leurs imprimer des expressions, il le peut ! Il manipule désormais, crée des scènes en fonction de sa pensée, de ses vœux.
Il franchit un autre pas, décide de se mettre à la peinture. Ces couleurs là donnent une meilleure approche du réel. Dans la foulée, il choisit les environnements, les saisons, les éclairages en fonction d’une ambiance qu’il imagine, qu’il veut restituer.
Il a son thème de prédilection, l’exploitera à fond. Jamais satisfait, il fignole son œuvre dans les ombres, les équilibres et tant de choses qui prennent naissance dans ses pensées.
Ses pensées qui, justement, commencent à prendre des libertés, commencent à prendre possession du corps. Ainsi, lentement peut-être, changent les tableaux qui, d’apparence et en première lecture, représentent toujours une scène mais à y regarder de plus près, on entre dans un monde qui nous surprend, nous envahit.
On est pour ou contre. Nos fibres ont été touchées, l’objectif atteint…Peut-être même sans en avoir conscience, le petit dessinateur est devenu artiste.
Et puis, il y a toi, toi qui a appris à lire et à écrire comme tout un chacun mais qui, plus que d’autres, tu aimais les mots. Tu ne savais pas pourquoi mais tu les aimais. Alors, pour parer au plus simple, tu lisais, tu t’abreuvais de mots pour mieux parler, être plus exact dans des discutions et puis, bien que tu te rendais compte que ce que tu lisais t’entraînait dans des espaces sans limites, ton imagination se permettait d’aller au-delà des suggestions de l’histoire. Dans ta tête, les mots prenaient une certaine indépendance, construisant ainsi des histoires dans les histoires que tu lisais. Ce contrôle devenait presque magique, il te permettait de faire des dénouements à ta convenance. Pris par cette maîtrise, aventures, voyages, paysages, personnages et autres sentiments changeaient, devenaient ta version jusqu’à ce que tu prennes ton indépendance totale et décida d’écrire tes propres histoires.
Bizarrement, quelque part tu rejoins le peintre. Lentement, avec les mots, tu peins des paysages, y décris des personnages, les fais vivre, penses pour eux, réagis pour eux, souffres pour eux. Tu as tous les droits, même ceux te permettant de mettre fin à leur existence. L’exaltation se refroidit quelque peu lorsque tu te relis. Tu trouves qu’entre penser et écrire un texte, il y a un fossé. Bien que l’histoire tienne, il n’en demeure pas moins qu’elle te semble linéaire, conventionnelle, technique dans sa conception. C’est dû au fait que tu as fais réagir tes personnages et utilisé des environnements en fonction d’un schéma préétabli, prémédité en quelque sorte.
Il te faut autre chose. Alors tu joues avec le feu, puises dans ta propre vie. Les mots deviennent plus incisifs, plus personnels. Dans tes histoires on commence à te deviner, t’entrevoir, te voir. Tu commences à perdre le contrôle, tu ne le sais pas, alors tu pousses plus loin tes limites. Tu prends en support tout ce que tu veux oublier et qui te torture. Des jours et des nuits, tu mixes tout cela et broies du noir. Comme lors d’un amoncellement de nuages tu sens une oppression en toi, tu transpires, n’en peux plus et soudain, comme un orage, c’est le jaillissement. Tu ne commandes plus rien. Ta main devient l’instrument de ton âme qui crie sa souffrance. Elle tord le trait, le débite, forge les lettres, les agence pour en faire des mots qui eux même font des phrases, des pages…ta vie, couchée là, sur le papier. Le vomi de tes souffrances, ta mal vie tu as expulsé. Un exorcisme en quelque sorte.
Tu ressors épuisé de cette crise, je sais. Je souhaite seulement que grâce aux mots, tu es soulagé de tes maux.
Fin
Alexandre Legrand _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
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