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LEGRAND

Inscrit le : 26 Mar 2007 Messages : 42
| Sujet: La gifle Jeu 29 Mar - 0:11 | |
| LA GIFLE
Sept heures, tu perds encore quelques minutes en allant-venant dans le vestibule. Les clés ? Quelle heure est-il ? Oui ! Plus d’excuse, tu fermes la porte derrière toi. Ton épouse dort toujours, les enfants également. Jour férié, jour normal, tu n’en sais rien, d’ailleurs, tu t’en fiches. Tu devais sortir, c’était presque vital.
Le vent froid t’assène ta première gifle de la journée. Glacée, elle occupe tes pensées pendant que tu traverses le jardinet avant de claquer la portière derrière toi.
Dans l’air saturé d’humidité, le journal pend ses nouvelles en se retenant à la boîte aux lettres. Tu l’as remarqué sans état d’âme particulier. Les infos, tu les avais suivies aux vingt heures, la veille et les nouvelles locales ne t’intéressent pas. Oui, tu as assez de problèmes toi-même, inutile de rajouter ceux des autres. Alors, pourquoi achètes-tu le journal ? Tu n’en sais rien, c’est ainsi, un point c’est tout.
Tu progresses tête baissée dans le passage capillaire bordé de maisons semblables à la tienne. Quelques corbeaux croassent désagréablement sur des cimes dévêtues, t’insultent peut-être.
Pour te réchauffer, d’un geste brusque, tu remontes le col de ton caban avant de souffler dans tes mains. Il t’a vu, le doberman qui, dressé sur ses pattes arrière, silencieux, t’attendait. Il aboie subitement, c’est à te faire dresser les cheveux sur la tête. Fils de P… ! Lances-tu en sautant de coté. Qu’en sais-tu du pédigrée de l’animal ? Ce sont tes premières paroles de la journée. Une pensée libérée à haute voix au milieu du tumulte intérieur.
Tu sors de la ramification, t’engages dans une rue veine, plus large, plus vivante. Des moteurs de véhicules toussent, refusent de démarrer.L’humidité, la nuit glacée, même la mécanique le ressent mais aux hères on ne pense.
Quelques pare brise pleurent les brumes, un humain sort de chez lui en sifflotant, sautillant léger comme s’il était monté sur des ressorts. Cela t’étonne. Il se retourne, tu suis son regard. Là haut, derrière la fenêtre, son épouse, sa maîtresse, la traîtresse (tu deviens désagréable) lui fait signe. Un au revoir, un à bientôt, un reviens, tu t’en fiches, chez toi, tu en es sûr, ils dorment encore.
Bonjour ! T’a-t-il dit en te croisant. Tu as bien émis quelques sons mais…bon ! Ce n’est pas en détestant les autres que ça ira mieux pour toi. Tu traverses la rue, manques te faire renverser par une voiture. C’est de ta faute et tu regardes le chauffeur d’un air aussi glacial que celui du matin. Tu ne peux pas comprendre comment ce chauffard n’a pas remarqué que tu ne l’as pas vu. Pour toi, il devait faire attention, toi, non. Oui comme pour ta vie, toujours la faute des autres, c’est commode.
Un bruit infernal de volets roulants tu entends. La rue se réveille au milieu des cliquetis, cognements de pistons, toussotements, éclats de voix. Tu ne sais pas pourquoi, mais tu te sens mieux, du moins libéré de cette oppression qui te serrait la gorge.
Tu entres dans le café habituel. Bonjour habituel, café rhum habituel, conversation habituelle. Tu ne penses même pas ce que tu dis, tu réponds machinalement, consommes de même avant d’ouvrir les yeux sur le trottoir. Il fait moins froid constates tu en avançant vers l’artère de laquelle tu entends sa rumeur, son effervescence.
Il t’a fallu dix minutes de plus pour enfin ! côtoyer le flux mécanisé, clignotant, agressif. Tu bifurques, entres dans le crachin mazouté, les émanations saturées de gaz carbonique, les décibels, sans t’en rendre compte.
Tu es presque arrivé au centre ville. Il fait beau mais de soleil, il n’y en a point. Les hautes façades de béton et de verre canalisent le trafic, canalisent tes pensées qui traînent dans l’ombre humide des noirs trottoirs.
Finalement tu arrives au cœur de la ville. Immense fourmilière pour moitié dans l’ombre, l’autre au soleil. Point, repère, tout afflux, tout reflux de cet endroit. Flot continuel de transports qui chargent et déchargent les sentiments gris.
Tu t’arrêtes, t’appropries un espace de hasard pour un temps en bordure du flux anonyme et tu soupires en attendant.
Le trois est passé, le sept, le douze également. D’yeux vides, tu regardais ces têtes derrière les fenêtres passantes. Pas de sourires, rien ! Rien d’autre que les battements trépidants de zombis perdus dans leur purgatoire.
Un bambin, soudainement, s’exprime ; laisse aller sa révolte. La mère use de tous ses moyens pour le calmer, sans y parvenir. « Le monsieur va se fâcher, si tu continues » avait-elle lancé en te regardant d’yeux désolés. Quelqu’un enfin, t’a regardé. Tu baisses tes yeux sur cet avenir turbulent. Il reprend de plus belle, faisant fi de ta présence et voilà que, lentement, tu sens monter un bouillonnement. Déjà tu tiques, allumes une cigarette pour faire quelque chose. On s’écarte de toi, tu incommodes. Oui ! Tu incommodes. Noyées dans la pollution, tes volutes dérangent.
Une vieille femme misère passe en traînant un chariot. Elle fume aussi, tousse, postillonne, tu l’as senti sur ta main avant qu’une roue de sa charrette ne te passe sur les pieds. La vieille s’arrête à la secousse, tourne, lentement la tête et te fixe. Tu déglutis et lances un Pardon ! Elle tire deux fois sur son mégot et t’oublie, tu fais tout pour l’oublier. Le sept est revenu, ton bus ! Tu t’en fiches. Tu ne le prendras pas aujourd’hui, tu ne rentreras chez toi non plus. Il est huit heures trente et de la journée, tu en a ta claque. |
|  | | LEGRAND

Inscrit le : 26 Mar 2007 Messages : 42
| Sujet: La gifle..2 Jeu 29 Mar - 8:58 | |
| Curieusement, comme si tu venais de sortir d’un temps arrêté, tu lèves la tête, clignes des paupières en t’étonnant du ralentissement notable du flux des piétons. Deux bus arrivant en même temps, captent, inutilement ton attention.
Les portières pliantes s’ouvrent, les chauffeurs se rencontrent, grillent une cigarette sur la place avant de remonter dans leur engin et démarrer. Et le bruit monotone des moteurs qui accélèrent, décélèrent, des coups de klaxons, revient t’agresser au milieu des odeurs des gaz de combustion.
Brusquement, tu entends des pleurs coléreux qui ne te semblent pas inconnus. Tu te retournes, il est là bas, sur le banc de pierre, ce petit morveux qui n’en fait qu’à sa tête. Tu l’écoutes, oui ! Mais tu regardes sa mère, enfin ! C’est ainsi que tu le penses avant de, doucement glisser, sans savoir pourquoi, vers d’autres suppositions. Ce pouvait être une parente autre que la mère, une nurse…n’importe qui mais pas sa mère parce que là, elle te fixe. Te voit-elle seulement ? Et puis d’ailleurs, pourquoi veux-tu qu’elle te voie ?
Voilà que tu commences à fantasmer, à déverser tous tes désirs inassouvis sur cette vision. Pour faire quelque chose, tu déboutonnes ton caban, tu ne t’en rends pas compte mais tu as subitement chaud, malgré les cris et autres gestes énervants de ce petit écervelé qui ainsi te tronque tes scènes imaginées. Mais, bon ! Ce n’est pas cette boule de nerfs qui va…qui va quoi ?
Tu n’as pas le temps d’y songer que déjà les sujets tabous endiguent le flot de tes idées libertines. Il faut faire vite alors, comme si tu venais de tomber à l’eau, tu prends comme bouée le premier prétexte qui te passe par la tête.
Déjà tu lui as souhaité le bonjour, sans chercher à comprendre comment tu es arrivé face à elle. Bien sûr, pour faire bonne figure, tu tires sur les deux pans de ton pantalon, histoire de t’accroupir pour dire bonjour au…pauvre gosse !
Tu ne l’as pas vue venir, mais tu l’as sentie cette gifle que cette peste t’administre de sa petite main. Tu as mal à l’œil mais tu souris quand même. Et voilà que la femme, confuse sans doute, mais pour toi contrariée, se lève pour secouer ce…ce pantin pendant que toi, tu évalues certaines mensurations.
Oui ! Tu ne regrettes pas d’être sorti de bonne heure, tu trouves même un bien dans l’indifférence chez toi, même…même qu’ils devraient dormir cent ans. Non ! Tu vas trop vite, tu dois savoir avant. Alors tu demandes si tu peux aider, si la dame est désorientée. La ville est grande ! Clôtures-tu d’un geste circulaire qui bute contre un bras, le bras de la pauvre vieille au chariot. Misère ! Encore elle ?...Pour la seconde fois tu lui demandes pardon.
« T’as des tiges ? » te demande t-elle. « Des tiges ! Ah ! Des cigarettes ! » T’exclames-tu intérieurement avant de lui remettre ton paquet en ajoutant « Tout ! C’est de bon cœur ». Elle regarde la jeune femme, te scrute en plissant ses yeux usés et reprend son chemin en riant rauque. Le démon ! Penses-tu aussitôt. A ce moment, tu perds le fil de tes projections. Longtemps, tu suis cette silhouette traînant son chariot. Puis quand elle disparaît, tu tournes la tête et tes yeux rencontrent ceux du bambin. Il sourit.
Décidément, l’atmosphère te semble de plus en plus opaque, voir dangereuse. Pourquoi rit-il ? Penses-tu en flash avant de regarder autour de toi. Tout est normal. Pas de signes spéciaux sinon ! Ah ! Les gens te fixent maintenant, tous ceux qui passent, jettent un œil sur toi. La ville connaît tes intentions, du moins c’est ce que tu crois voir, crois comprendre. La situation se tend, devient gênante. Et voilà que tu sursautes, la femme soulève l’enfant et s’en va d’un pas pressé. Une nouvelle fois tu te retournes, tu ne fais que tourner depuis le début.
A trois pas de toi, elle remet l’enfant à un homme. Il s’en suit des éclats de voix. Celui là, également, te regarde, tu dois être pris dans un tourbillon de colères. Tu veux intervenir, tu ne veux finalement rien, car la femme revient vers toi. L’autre t’insulte, tu ravales ta salive et voilà que tu entends « Retourne chez ta pétasse !... ». Tu baisses la tête. Tu n’as rien vu, rien entendu mis à part cette gifle qui cingle sur le visage de la femme. |
|  | | LEGRAND

Inscrit le : 26 Mar 2007 Messages : 42
| Sujet: La gifle 3 Jeu 29 Mar - 9:03 | |
| Tu n’as rien compris à la scène qui s'est déroulée sous tes yeux. D’ailleurs, tu ne comprends jamais rien. Elle te le dit à longueur de temps, qui ?...Ton épouse bien sûr et même tes enfants, depuis peu. Oui ! A y penser, là ! Maintenant ! Cela t’arrange. Il faut bien que tu te trouves des excuses pour justifier tes égarements du moment.
Tu hésites, entends en toi les mêmes paroles mais, prononcées par ton épouse. Seulement, il y a un hic ! Tu ne te vois pas lui administrer une telle raclée, tu n’oserais pas lever la main sur elle, finalement, tu n’y songerais même pas.
Tu allais regretter de ne pas avoir pris le bus quand la femme, pour une raison qui, déjà, te dépasse, te tombe dans les bras. Ta poésie à toi est de t’exclamer intérieurement « Merde ! Si je m’attendais à cela ! » Comme cherchant à te leurrer. Bien sûr que tu souhaitais te trouver dans cette situation. Pas suite aux causes passées, pas en cet endroit non plus mais ainsi, quand même. Des années que tu rêves à un instant pareil, un instant véridique.
Stop ! Ne cherche pas à te faire bonne conscience, depuis le début, tu vises Oh ! Bien plus loin. Pourquoi ? Ah ! Tu n’en sais rien. Attention, là, tu ne t’en rends pas compte mais tu la serres contre toi. Ton geste lui fait croire à un consentement. Mais tu consens à quoi ? Etes vous dans un même état d’esprit ? Réveille toi bon sang !
Deux parfaits inconnus se serrant l’un contre l’autre sur la place publique, ça ne te gêne pas ? On vous regarde ! Au cas où tu ne l’as pas remarqué. Ah ! Tu t’en fiches, maintenant. Le mal gagne du terrain, je te le garantis.
Tu ne penses plus rationnellement. Là, tu lui caresses les cheveux en lui disant « ça va aller ! » Continuellement. C’est, pour le moment, le seul discours que tu développes. Essaie d’approfondir, de voir à qui tu adresses ces paroles car, à voir tes yeux, tu n’as pas l’air rassurant. En un mot, tu crains ! Quoi ? Tu n’en sais rien, c’est si flou, n’est-ce pas ? Cela peut être une peur de l’autre énergumène qui pourrait revenir ou une peur du regard des passants, peur que l’on te reconnaisse, qu’on se paie ta tête. Une nouvelle fois tu allais regretter de ne pas avoir pris le bus quand la femme se détache de toi sur un « Excusez moi ! » En reniflant une dernière fois, involontairement.
Que peux-tu rétorquer ? Rien ! Tu souris tout en fouillant tes poches, cherchant tes cigarettes, histoire d’en allumer une pour, crois-tu, te donner de l’assurance. Et voilà que la « martyrisée » a tout compris puisqu’elle t’offre une des siennes en te disant « ne cherchez pas, vous en avez fait cadeau à… »
Tu n’écoutes pas la suite, il te revient le rire rauque, le démon. Sans savoir pourquoi, il monte en toi des idées vicieuses qui, rapidement, envahissent ton cerveau. Tu n’y vas plus par quatre chemins, tu veux « te la faire » Maintenant.
Alors tu prends la cigarette, l’allumes fébrilement avant de tirer une longue bouffée que tu expires en allongeant ton cou et levant les yeux au ciel. Dans le geste, un parfait dindon mais tu ne peux te voir. Elle ! Elle tout comme toi, n’a pas l’air tranquille non plus. Elle tire sur sa cigarette trop vite et se gratte la paume de sa main en regardant sans cesse autour d’elle.
Prétentieux comme tu es, sans y paraître, tu laisses ton regard peser sur elle, histoire de la déstabiliser définitivement. Et voilà qu’elle te propose de prendre un café…là bas ! A-t-elle montré d’un signe de tête. Oui, bien sûr, ce n’est pas ton scénario alors tu tombes en chute libre, tu tousses, interloqué. Tu te reprends en vacillant une seconde avant de répondre bêtement « Pourquoi pas ! »
Quelque part tu es contrarié, car dans l’état d’esprit qui est le tien à ce moment, tu as déjà brûlé toutes les étapes. Aller au fait sans fioritures est ton credo. Penser ce sera, ensuite.
Dans un bref instant de lucidité, tu t’étonnes toi-même. Tu dois être en manque, ton équilibre psychique est affecté. Ton réflexe à cette analyse te fait ouvrir grands les yeux sur…rien. Pourquoi ? Parce qu’aussitôt tu te neutralises en te disant que, jamais tu ne pourras lui faire part de tes intentions.
Et te voilà assis à cette table, face à elle, en te désolant, intérieurement, sur l’impossibilité d’aller de l’avant. Mais bon ! Elle est toujours là, trop présente même tant elle parle, elle déverse, elle te fatigue déjà, tu en as une nouvelle fois ta claque, mais tu dois tenir…tenir, parce que tu veux vivre la suite. |
|  | | LEGRAND

Inscrit le : 26 Mar 2007 Messages : 42
| Sujet: La gifle 4 Ven 30 Mar - 9:44 | |
| Tu la trouves tout de même charmante et cela jusque dans sa voix. Tu finis par simplifier en te disant qu’elle a tout pour rendre quelqu’un heureux avant de l’écouter à nouveau.
Voilà que tu apprends que la brute qui l’avait giflée est son ex…mari ! Précise t-elle quand elle voit tes yeux s’ouvrir plus grands. Il lui a pris son enfant, droit de garde ! Pour la semaine. Ah ! Rétorques-tu avant de prendre une gorgée de café refroidi. Les enfants sont en vacances alors le petit va chez son père, la justice en a décidé ainsi.
Les vacances ! Tu n’y avais pas songé, c’est pour cela que, chez toi, ils dormaient encore. Enfin, c’est sans importance maintenant car tu te demandes pourquoi est-elle là à te raconter sa petite vie et bien sûr, te ne retiens que ce qui t’intéresse soit : ex-mari, donc divorcée, un enfant pour une semaine absent. Cela te fait déduire qu’elle a probablement un appartement où elle sera seule ce temps et où tu aimerais bien mettre tes pieds. Tu veilleras à être le plus doux possible car, pour l’instant, elle t’a à la bonne sinon, elle ne t’aurait pas invité à lui tenir compagnie.
Voilà qu’il te vient, en passant, que tu n’as pas assez d’argent en poche pour l’inviter à déjeuner et tu es déçu par cette poisse qui te colle à la peau. Pensée des plus saugrenues à laquelle tu crois si fort qu’elle se reflète sur ton visage puisque tu entends « Vous ne devez pas voir la vie en rose tous les jours, n’est-ce pas ? » Là, il s’opère comme un arrêt brutal dans ta longue chute. Tu émets un hoquet et adoptes aussitôt un profil chevaleresque, ce qui n’est pas un trait de ton caractère.
En somme, tes peines ou plutôt déboires, rectifies-tu pour lui mettre « la puce à l’oreille », n’ont pas d’importance. Tu veux juste qu’elle redevienne sereine et…tu hésites, tu te lances…qu’elle croie en la vie, que peut-être lui fallait-il ce mal pour un meilleur. Toi !
Tes lèvres ont encore bougé quelques fois mais tu n’as pas entendu les mots, tu les as ravalés, d’ailleurs tu déglutis à en avoir les yeux vitreux quand elle te répond « Vous, au moins, vous savez parler aux femmes » Et tu trouves, subitement, ce « vous » gênant, paralysant. Tu inspires un bon coup, te dégonfles aussitôt. « Cœur qui soupire…. » Tu n’as pas écouté la suite, tu t’es concentré sur la vieille au chariot qui passe devant la baie et tu penses, pourvu qu’elle ne te voie pas, en incantations muettes comme pour te préserver du malin. Et il faut qu’elle s’arrête juste à ta hauteur. Tu es, sans savoir pourquoi, tétanisé. Les secondes deviennent interminables. Va-t-elle tourner la tête ? Non ! Elle reprend son chemin sans motif apparent d’arrêt.
Ton coude glisse et te réveille. Un instant tu te sens comme un pantin désarticulé et tu reviens au présent avec un culot qui t’étonne toi-même « Vous pouvez me tutoyer, si vous le voulez » Lances-tu sans réfléchir. Et pendant que tu t’attends à un Waterloo, elle te sourit avec une pointe de malice.
Holà ! Penses-tu intérieurement, je dois me tromper, je prends, sans doute, mes désirs pour des réalités.
Alors pour faire quelque chose, tu vides ta tasse de café en grimaçant, refouilles tes poches, abandonnes…la vieille ! Tu jettes un œil sur l’extérieur, non ! Tu ne la vois pas. Malgré cela, tu te sens comme assis sur des charbons ardents. Il faut que tu quittes absolument cet endroit au plus vite.
Tu prends n’importe quel prétexte pour te défiler. Tu n’es pas préparé à une suite avec elle, tu ne pensais pas arriver si loin bien que ce soit dans tes souhaits, n’est ce pas ? Alors, maintenant les autres te gênent, la vieille t’intrigue et la femme devient trop entreprenante, te dis-tu, pour être honnête. Bien sûr au fond de toi, tu évites d’y penser et tu lances, comme une bouteille à la mer, ton « Bon ! Je vois que ça va mieux, alors… » Tu n’as pas le courage de terminer. Tu regardes ses lèvres en te disant « Mais, dis le ! » Quoi ? Tu n’en sais trop rien mais tu pries les cieux pour que ce soit, ça !
Tu sais que la réserve féminine l’empêchera de « se découvrir » Que, par principe, par convention, par…ah ! Tu sais qu’elle ne peut pas faire le premier pas. Cela te rassure et te désole en même temps. Ton mental est devenu « brouillon ». Tu ne sais plus ce que tu veux. Indécis, tu baisses les yeux que tu laisses « traîner » sur la table et ailleurs en cherchant TA solution. A un moment, tu regardes ce long cheveu blond qui s’accroche encore à ton caban. Et il te revient qu’elle était déjà dans tes bras, que tu l’avais même serré et es allé jusqu’à lui caresser ses cheveux. Cela ne semblait pas lui déplaire, à ce moment là.
Tu n’attends plus de réponse. Tu la regardes et lui proposes un déjeuner ensemble en précisant dans la foulée que tu connais un petit restaurant sympathique où l’on y sert des plats qui en valent la peine. Evidement, tu passes sous silence que le coin est intime, qu’il t’arrange parce que tu y es étranger, qu’il se trouve en dehors de risques de rencontres gênantes et que tu as des problèmes d’argent. Une fuite en avant en quelque sorte.
Elle sourit à nouveau, tu ne te rends pas compte mais tu viens de changer d’avis. Elle a compris. Contre toute attente, elle te répond « Merci ! C’est gentil mais, (elle aussi pense, fait peut-être durer les instants d’équilibre, hésite, te fait souffrir ; la honte ! Tu regrettes déjà d’avoir osé quand elle met fin à son silence)…j’ai mieux à vous proposer…à te proposer. »
Tu te dis qu’elle a la folie des grandeurs, qu’elle va te mettre sur la paille avec son idée. Elle cherchera un endroit où elle pourrait, éventuellement, t’exposer à sa galerie enfin, tu penses à tout sauf la discrétion. Mon œil, dans ton fort intérieur, la première idée qui t’est passé par la tête c’est une invitation chez elle. Et tu marches parce qu’elle t’a tutoyé. « Tu ne dis rien, tu me suis… » A t-elle conclu.
Te voilà dans ce bus que depuis le matin tu refuses de prendre et, pensif ou non, tu fixes, à l’inverse des vaches regardant passer les trains, le paysage défilant. Finalement, quand, enfin ! Tu reviens à la réalité de l’instant, elle ferme une porte derrière vous. Tu es dans un couloir d’appartement. Tu es chez elle. Elle dont tu ne connais même pas le prénom. |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 49149 Localisation : Kilomètre zéro
| Sujet: Re: La gifle Mer 30 Mai - 0:30 | |
| Après avoir fait deux pas, tu t’arrêtes, mets les mains dans les poches et t’exclames « C’est pas mal chez vous ! » Sans savoir pourquoi puisque, dans la pénombre, tu ne distingues que les encadrements de portes, un guéridon supportant une plante en pot, des manteaux suspendus à une patère, une paire de bottes que tu ne vois qu’après l’avoir « bousculée » en lançant un "Oh ! Pardon !" Qui fait rire la jeune femme.
Il faut que tu songes à parler intelligemment car ton « Pas mal chez vous ! » Suppose qu’il y a mieux. Avec en plus ce « vous » Qui te sert sans doute comme un bouclier, tu es mal parti pour une suite telle que tu la souhaites.
Bien sûr, étant chez elle, elle est moins gênée que toi. Heureusement d’ailleurs sinon tu passerais ton temps dans le couloir à t’étonner sur cette tapisserie des plus banales que pourtant tu trouves hors du commun ceci que ce soit dans les motifs ou sa texture. Conclusion totalement hors sujet, « c’est un revêtement de couloir de bon goût » Juges-tu utile de lui dire. Et la voilà qui se remet à rire, te dépasse et t’invite à la suivre. Trop rapidement à ton goût. Et tu comprends enfin que ce n’est qu’un petit deux pièces cuisine qui ne t’emballe pas, qui, maintenant t’étouffe comme si tu étais obligé d’y rester.
Pars ! Qu’attends-tu ? Non ! Tu ne peux pas, alors tu te laisses guider au salon où, bien sûr, tu préfères un fauteuil au canapé. Ce qui ne t’empêche pas de suivre ton hôtesse du regard dans ses moindres gestes et aux endroits qui en toi font monter un certain désir. Tu n’en peux plus et te retiens en te battant contre toi-même. Et tu te surprends à te dire que tu es invité et que tu dois respecter les usages. Qu’autre chose n’est envisageable que si…Et tu t’arrêtes, tu butes sur un, tu ne sais quoi qui n’est pas logique.
Elle a terminé son manège depuis un moment déjà, t’a laissé avec deux bouteilles, quelques glaçons et des emballages fermés qui n’attirent pas ton attention. Tu l’as vue passer en coup de vent dans le couloir à plusieurs reprises. Elle est en tenue de cuisinière, maintenant.
Curieusement, il te vient les images d’un film osé, préfères-tu penser. Un film où il était question d’une cuisinière et d’un facteur. Bien sûr, tu n’es pas agent des postes mais tu es dans la place. En deux temps trois mouvements, tu risques ta tête hors du chambranle de la porte du salon et demandes « Alors ! Vous ne venez pas trinquer avec moi ? » Avant de rebrousser chemin pour t’affairer au service « apéritif », parce que tu viens de réfréner tes élans on ne peux plus érotiques.
La voilà qui arrive d’un pas pressé et cela même avant que tu ne retrouves tous tes esprits. Alors tu te dis qu’elle t’obéit au doigt et à l’œil. Cette déduction te pousse à des gestes qui même s’ils tronquent ton intention finale, ont le mérite d’aller de l’avant. Ainsi, à deux reprises, tu te saisis de ses mains pour des motifs quelconques entrant dans ton jeu sans y être réellement.
Elle s’est laissée faire, c’est déjà çà, penses-tu en trinquant avec elle et surtout, en la regardant droit dans les yeux, croyant qu’à défaut de t’entendre, elle peut y lire tes objectifs. Mais non, rien ne veut se produire, même qu’un silence, lentement, s’installe.
« Bon ! A-t-elle tranché, je suis dans la cuisine, si tu t’ennuies ici…ce que je ne veux pas » Et la voilà repartie, te laissant seul avec tes idées stériles, tes questionnements sans fondements et ta lutte contre ce temps qui s’amenuise car dans tout cela, tu n’as pas oublié que tu as un horaire de retour chez toi à respecter. Pourquoi ? Tu n’en sais trop rien. « Çà va ! » Te lance t-elle de la cuisine sans doute. Tu y vois de la provocation, elle se fait rappeler à tes souvenirs, a peur peut-être que tu t’endormes. Et cela t’énerve. Tu quittes ton fauteuil, enlèves ton caban parce que tu as chaud maintenant et tu te ressers un autre verre que tu bois sans l’inviter et sans cérémonies. Tu fumerais bien une cigarette, même un paquet, là, sur le champ pour calmer tes envies qui prennent de l’ampleur. Tu te mets à faire les cent pas sur la moquette, comme ces lions qui aimeraient bien…quoi ? Tu t’en fais la remarque en te demandant pourquoi ces fauves, vont, viennent, Non ! Cela ne suffit pas pour apaiser tes sens. Tu te vois maintenant couché là, la moquette, …tout en toi oppresse. Tu entends des gémissements de plaisir enregistrés, des images te viennent, elle. Tu es vaincu.
Tu t’offres une nouvelle dose de, tu ne sais quoi et pars d’un pas décidé dans le couloir. Tu regardes une seconde vers l’obscurité, vers la porte de sortie. Il n’est pas trop tard, tu peux toujours te frapper la tête contre les murs après. _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Dernière édition par le Sam 2 Juin - 0:56, édité 1 fois |
|  | | Romane Administrateur

Inscrit le : 01 Sep 2004 Messages : 49149 Localisation : Kilomètre zéro
| Sujet: Re: La gifle Mer 30 Mai - 0:31 | |
| Tu regardes de l’autre coté, vers la lumière, vers la cuisine. « Vous êtes où ? » lances-tu d’une voix étranglée. « Par ici ! » Entends-tu avant de voir son buste apparaître, disparaître, en contre jour. Tu ne te reconnais plus. Dans ta tête, tu entends comme un cri d’aigle et tu « fonds » vers la cuisine, bousculant tous tes principes et autres restrictions morales qui, depuis le matin, te paralysent.
Oui ! Tu te trouves bien dans la cuisine, te dis-tu en arrivant dans la pièce pour, dans un ultime combat contre toi-même, te retenir. Là bas, une hotte aspire les vapeurs et les odeurs, en dessous, une cocotte minutes lâche sa pression dans des sifflements réguliers ou non, tu t’en fiches. Ta pression à toi a atteint des proportions alarmantes. Il ne te reste plus que deux solutions, soit tu cries un bon coup, soit tu te laisses aller et en urgence.
Tu portes ton regard sur la femme, elle te tourne le dos, semble s’affairer calmement. Encore tu te poses la question si elle t’a vu ou entendu. Tu ne peux, sans prévenir…et puis, et puis…tu arrives sur elle, passant tes bras à hauteur de sa taille, les ramenant directement pour, elles sont allées plus vite que la pensée, se refermer sur ses seins que tu retiens, maintenant dans leur paume. Tu as l’impression que ton cœur va éclater de peur, de désir, de honte, de plaisir. Un mélange de sensations si fortes qu’un vertige passager t’oblige à te serrer contre elle. Elle qui renverse son cou qui se découvre des cheveux et laisse apparaître cette jugulaire palpitante. T’as l’impression de devenir vampire, tu veux, là, sur le champs lui mordre la chair mais tu laisses tes lèvres, uniquement, s’y poser.
Déjà tu souffles fort dans l’impatience. « Non ! Pas maintenant ! » As-tu entendu au moment où, tes mains, toujours plus rapides que ta pensée, étaient parvenues par tirages successifs à remonter la jupe et, à l’instant, passèrent sous un élastique conciliant vers…
Quelqu’un sonne à l’entrée. Tu tombes des nues, comme sorti d’un beau rêve par une bonne gifle. La peur instantanée de l’autre énergumène te paralyse pendant que la cuisinière, après s’être dégagée, pose un doigt sur sa bouche, t’invitant à te taire. Tu réplique par un mouvement mécanique de la tête pour signifier ton approbation et la laisses te filer, c’est le cas de le dire, « entre les doigts ».
Sans bruit aucun, elle traverse le couloir, regarde à travers le judas avant d’ouvrir la porte. Tu t’effaces de l’encadrement et déglutis péniblement. Maintenant, le temps passe au rythme cardiaque avec ses bouffées de chaleur. Tu te demandes ce que tu fais en cet endroit, tu rêves sans doute. Tu veux bien te réveiller ou alors, l’inverse, tu ne sais plus. Tu consultes ta montre en te demandant qui cela peut bien être. La voilà qui réapparaît, t’effraie même à l’occasion. « C’était le facteur ! » t’as t-elle annoncé pour, sans doute, se libérer de la gêne d’avant. Bien sûr, pour toi, elle le fait exprès, comme si la pauvre sait que tu as un penchant pour les films osés. Rapidement tu souhaites qu’elle te fasse ce que l’autre fit à l’agent. Mais elle préfère éteindre les feux, ouvrir et fermer les placards. Te laissant planté là, sur un carreau noir et un autre blanc. A quel jeu joues-tu ?...Fantasmer ou repasser à l’action ? Tu ne sais plus.
Alors, tu la suis des yeux, la regardant comme une gourmandise qui d’ailleurs sait se faire désirer tant elle te toise, te sourit, t’effleure en brise maligne dans cette chaleur qui, à nouveau te saisit.
A un moment, accidentellement ou non, elle te tourne le dos à nouveau et se penche sur la table pour ajuster…Tu n’as pas regardé plus loin que ses hanches en devinant…en embrassant des yeux ce dernier rempart aussi noir que ton âme à ce moment. Elle veut ou fait semblant de vouloir se dégager mollement. Tu la plaques sur la table en lui tenant les deux bras. Pas commode pour envisager une suite. Tu hésites, lentement, relâches ta pression. Finalement, tu te redresses, l’observes, elle ne bouge pas.
Il te passe par la tête qu’éventuellement, elle pleure, a eut une syncope ou pire. Mais en voyant cette peau blanche là, offerte, que tu ailles en enfer juste après, est le cadet de tes soucis. Un coup de reins plus tard, elle s’anime en posant une joue sur la table et ouvre la bouche dans un gémissement qui te rend dominateur, à la limite bestial. Et te voilà parti dans des gestes que tes sens n’arrivent plus à dompter. Comme une mécanique, tu vas, tu viens pendant qu’elle brasse l’air pour saisir ton bras avant de le relâcher. Une assiette se fracasse au sol, ta mécanique s’affole en coups désordonnés avant que tu ne laisses ton buste se coucher sur elle. Et tu halètes comme si tu venais de faire un Marathon. Tu cherches de l’air, le cœur bat trop vite, tu te sens suer, tu as peur de t’évanouir. Tu fermes les yeux et attends…attends… _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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| Sujet: Re: La gifle Mer 30 Mai - 0:32 | |
| Dernière forte inspiration, expiration. Tu clignes des paupières. Tu viens d’atterrir dans le monde des pêcheurs. Rapidement tu te redresses, arranges ta tenue, rabats sa jupe en regardant le tissu noir, froissé au sol. Elle s’est relevée à son tour et arrange sa coiffure. « Je ne sais pas ce qui m’a pris ! » Juges tu utile de dire. Elle te caresse la joue avec un regard, oui ! Il vaut mieux ne pas penser plus loin, tu risquerais de rester sur le carreau. « Quel est ton prénom ? » Te demande t-elle « le mien ? » reprends tu stupidement… « Moi c’est Nathalie… » Merde alors ! T’exclames-tu intérieurement…comme ma femme. Avant de répondre « Moi ! …Jacques !... » Heureusement que tu n’as pas ajouté « Pour vous servir ! » Cela peut paraître déplacé.
Sur ce, après avoir gratté ta nuque en grimaçant, tu ouvres grands les yeux sur les bris de l’assiette que, bien sûr, tu t’empresses de ramasser pendant que Nathalie, d’un geste rapide, se saisit de sa petite culotte et s’éclipse. Resté seul, quelque peu « refroidi », il te vient des idées bizarres. Tu penses, entre autres, que sans protection, tu as, peut-être, contracté une maladie. Ensuite, tu cherches le pourquoi de son divorce, si divorce réellement il y eut. Puis, d’un autre pourquoi, tu te demandes comment tu as pu, si facilement, entrer dans sa vie et ailleurs. Oui ! Tu peux craindre. Fallait y songer plutôt. Que te reste t-il ? Pour éviter tout faux pas supplémentaire, la meilleure solution, c’est la fuite. Mais voilà, pendant que tu tergiversais, elle gagne du temps et finit par te rejoindre.
« Bon ! Tu t’installes là bas !...Je ne veux pas te déranger pendant le service, oui ! Assieds toi, on va déjeuner… » Te lance t-elle sans autre introduction et pleine d’entrain, à croire qu’elle avait rechargé des batteries. Ben ! Oui ! Tu vois, elle a vite retrouvé son équilibre et ça t’embête, tu ne te sens plus dans ta position de dominant, n’est ce pas ? En fin du compte tu trouves même que celui qui c’est fait posséder, c’est toi.
Pour ne pas t’exécuter immédiatement, histoire de laisser croire à une certaine indépendance de décision, tu t’approches de la fenêtre et écartes le rideau. A vue d’œil, tu te trouves au troisième étage d’un immeuble. Tu t’étonnes d’ailleurs de ne pas l’avoir remarqué en arrivant. C’est fou ce que certaines pensées peuvent s’accaparer d’un individu. Bien sûr, tu n’envisages pas de t’envoler par ce chemin mais, au fond de toi, tu aimerais bien avoir des ailes, n’est ce pas ?
Nathalie te rappelle à l’ordre. Là, tu fais une erreur. Tu t’assieds rapidement et, façon de parler, tu plonges ton nez dans l’assiette ou, plutôt, les assiettes qui, sous tes yeux, défilent. « Trop épicé ? Trop salé ? Aimes-tu ? » Des questions auxquelles tu réponds par des doubles affirmations ou négations. Tu ne la regardes pas, dommage ! Car elle ! Elle sourit de bonheur. Ce qu’elle pense, je n’en sais rien mais si tu continues à te conduire de la sorte, elle ne va pas te manger mais te « bouffer ». Seulement voilà, toi tu es sur une autre fréquence et écoutes, inlassablement, ton message « Comment faire pour sortir de cette souricière ? » C’est tout ce qui tourne en boucle dans ton cerveau.
Evidemment, déconnecté de tout esprit d’initiative, tu te laisses guider verbalement et physiquement. Ainsi, tu te retrouves au salon, installé par les soins de Nathalie sur le canapé avant qu’elle ne tire les stores, allumes la télévision et revienne sauter à tes côtés comme une gamine. Hé ! Oui ! Englué dans ta vie de pantouflard aigri, ce genre de comportement te semble non pas étrange, mais non approprié au moment, ni à ton âge ou à ton anxiété toujours présente. N’empêche que, d’un autre coté, tu aimes bien qu’elle s’occupe de toi, qu’elle te « chouchoute ». Là, quand même, tu estimes qu’elle en fait trop. Sa main n’arrête pas de remonter et redescendre, innocemment le long de ta cuisse. Elle joue à un jeu qu’elle a du mal à maîtriser car, elle vient de te mordiller l’oreille, ce qui, instantanément, te procure un merveilleux frisson auquel tu veux échapper en te servant un verre.
Nathalie s’écarte de toi, te demande de la servir également. Ton geste ne l’a, semble t-il nullement froissée. Tu as la désagréable impression d’être devenu un souriceau dans les griffes d’une chatte, en l’occurrence. Elle attend. Ah ! Toi, tu ne provoqueras rien du tout ! Cela tu l’as décidé. D’ailleurs, une crainte de ne pouvoir assumer te tenaille l’estomac alors tu bois pendant que tu sens son regard peser sur toi.
Le troisième verre tu le remplis mais c’est elle qui le vide avant de te prendre par la main et t’entraîner vers le couloir. Va-t-elle te jeter sur le palier ? Penses-tu, presque affolé par la tournure des évènements. Ton caban ! Tes papiers ! Tout est dans le salon, tout est à sa portée, à sa merci…comme toi. _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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|  | | Romane Administrateur

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| Sujet: Re: La gifle Mer 30 Mai - 0:35 | |
| Toi qui, maintenant, viens de changer de direction, entraîné par elle dans, oui ! C’est bien cela, une chambre à coucher où il fait plutôt sombre, enfin le temps de t’habituer à cette lumière pour voir Nathalie, nue, se coucher sur le lit.
Insolente dans sa tenue d’Eve, elle t’observe avec un petit sourire narquois que tu ne comprends pas. Dans tes fantasmes, tu revois le facteur et, bien sûr, l’élément moteur, la cuisinière. La scène te paraît plus excitante que ce que tu vois en réalité. Tu aimerais bien lui demander de se revêtir pour, peut-être, mieux savourer une découverte progressive. Voyant ton inaction, trop longue sans doute à ses yeux ou croyant à une gêne de ta part, Nathalie se tourna sur le coté, te montrant une nouvelle fois son dos et, …ses fesses. Là, tu ne te poses plus de questions, c’est fou ce que cette image te stimule.
Et te voilà collé à elle, voulant la prendre, la posséder, la déchirer en te déshabillant en même temps car, dans la précipitation, tu as oublié ce détail et cela t’énerve. Tu deviens même violent contre ta propre personne quand ta partenaire, comme une chatte en chaleur, se trémousse, se retourne pour te toucher de partout, des lèvres, des mains, dans le cou, à l’oreille, le sexe, tu sursautes d’ailleurs avant même qu’elle ne descende par baisers successifs. Et paf ! Elle y est, tu déchires ta chemise au toucher mais c’est sans importance. Penser aux maladies ou autres possibilités comme tout à l’heure, tu parles ! Elle ne t’en laisse pas le temps. Elle vient de s‘empaler dans un gémissement qui en toi, bouscule tous tes préjugés Dans un curieux manège de contorsions, reptations, tu lui échappes et glisses sous elle pour, bien sûr, parvenir à tes fins car ta petite idée à toi, c’était de la posséder par l’arrière, depuis le temps que ses fesses t’affolent. Mais voilà, lorsque ton visage arrive à hauteur de son sexe, elle raidit ses cuisses et te retient en tenailles. Tu ne t’y attendais pas, elle aussi a ses fantasmes alors il faut assumer. Chapeau ! Sans penser plus loin, tu te jettes littéralement sur cette «chose » que, il faut le dire, tu n’as jamais vu aussi réelle et d’aussi près. Cette « chose » que tu « bouffes » et cela lui plaît à cette…Tu ne penses pas plus loin, surpris par son tour acrobatique qu’elle effectue pour, tu as de la chance, te rendre la pareille. Et tu n’y crois pas.
La « salope » tu as finis par le penser. Tu as compris qu’à partir de maintenant, non seulement tu feras tout ce que tu voudras avec elle mais, pour un équilibre, tu lui mangeras plus tard, dans la main. Dans l’état où tu es, les conséquences de ton acceptation ne sont pas d’actualités d’autant plus que, sous l’effet de son entreprise, tu finis par presque crier tout haut ce que tu penses tout bas. Des « oui ! Oui ! » À n’en plus finir en lui labourant les hanches. Et puis tu as ton moment d’égarements, tu ne sais plus où tu en es. Coincé entre ton film osé et oser, tu regardes cette chair qui, peut-être, attend une quelconque initiative. Faut-il ou ne faut-il pas ? Un instant tu culmines à un tel point psychologique…que le meurtre te semble une jouissance. La déchirer ! Pour assouvir, pour rattraper, en une fois, toutes ces fois perdues dans le carcan des conventions et autres complexes parasites qui font de ton couple légitime ce qu’il est. En un clin d’œil, enfin, aussi vite que tu le peux, tu te dérobes à son vorace appétit et, te cramponnes à ses hanches pour, la violer, le mot est tout désigné tant la violence t’emporte. Mais, comme pour te narguer, elle se cambre et ajoute à ton excitation avec des Encore ! Suppliants jusqu’à ce qu’en elle, tu exploses en voyant de drôles de petites lumières devant tes yeux que tu regardes avec un air vraiment niais puis, con comme tu es, n’en pouvant plus, tu t’arraches d’elle en prenant appui sur rien et disparais derrière le lit en prenant pour bonus, un bon coup sur la joue, en passant trop près de la table de nuit.
Ah ! Le coup t’a ramené à la réalité une vraie gifle ou comme un jet d’eau glacée sur une plaque de fourneau chauffée au maximum, n’est ce pas ? Immédiatement, c’est inné chez toi, tu penses à ta femme. Tu as péché ! Tu dois payer. Et l’autre sur le lit qui rit parce qu’elle trouve la scène des plus comique te fais penser au triomphe du diable. Là ! Tu es vraiment un con et tu exagères en plus !
Depuis ce matin, oui ! Tout a commencé ce matin, t’es sorti tout gris de chez toi pour patauger, résigné, dans tes tristes habitudes et …une lumière, progressivement, t’a attiré. Tu as tourné autour, elle t’a offert un repas, exaucé tous tes fantasmes ou presque tous qui t’engluaient depuis toujours et t’as même pu constater que tu es capable d’assumer à deux reprises en quelques heures, gymnastique que tu n’aurais jamais envisagé dans ta vie à la con. Ce n’est pas beau tout cela ?
Oui ! Mais tu n’en es pas là, Nathalie non plus d’ailleurs. Elle a fini par comprendre que ta chute n’est pas sans conséquences. Mais les glaçons qu’elle ramène ne font aucun effet et puis qu’importe, tu as de nouveau les yeux rivés sur ses seins qu’irrésistiblement tu vas soupeser en te sentant revenir à l’état d’avant. Tu viens de repousser une limite et tu es tout chose au constat, cela jusqu’au «Tu es marié ? » que te lance innocemment Nathalie.
Cette claque là, tu ne t’y attendais pas. Elle t’étourdit un moment avant que tu te demandes si tu dois dire la vérité ou mentir. Ta partenaire n’est pas tombée de la dernière pluie car, sans même chercher dans tes yeux, elle a compris puisqu’elle conclut sur un « à voir ton insatiabilité, on ne le dirait pas ! » Que peux tu répondre ? Tu ne vas pas déballer ta chienne de vie quand même, tu as encore un peu d’amour propre. Il y a un risque pourtant, celui de reprendre ton train-train quotidien jusqu’à ce que t’en crèves (penses-tu) en dégringolant d’une sacrée hauteur. Ben ! Il ne fallait pas grimper aux rideaux. Tu aurais pris le bus pour le boulot et tout cela ne serait pas arrivé, non ?
« Tu prends une douche avec moi ? » Une douche ! T’as pas fini d’en prendre depuis l’aube qu’une de plus…Ah ! Peut-être veut-elle effacer toute votre histoire. Tu n’es pas d’accord mais tu la prends quand même. Tes yeux photographient sans relâche toutes les parties de son corps, provisions pour les longues soirées de solitude qui ne manqueront pas de se présenter. _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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|  | | Romane Administrateur

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| Sujet: Re: La gifle Mer 30 Mai - 0:35 | |
| Pendant que tu te rhabilles, elle t’applique un petit pansement pour cacher cette trace bleuissante sur ta joue « T’as quel âge ? » a-t-elle demandé pour briser ce curieux silence entre vous. Parce que toi tu pensais, à quelques secondes près, lui quémander si tu as le droit de revenir, tant elle te manque déjà. C’est beau, mais c’est con. T’as l’air encore plus idiot si tu vois ta tenue, chemise déchirée, la moitié des boutons manquants, on dirait que tu sors d’un combat de rue. Comment vas-tu expliquer cette métamorphose en arrivant chez toi ?
FIN
Alexandre Legrand _________________ "Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html |
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