DIRECTEUR DE CENTRE DE FORMATION PROFESSIONNELLE
pour jeunes adultes en grande difficulté.Je suis actuellement directeur d'un centre de formation et d'insertion professionnelle pour jeunes adultes en grande difficulté, personnelle et sociale.
Ma mission est donc d'assurer l'insertion sociale et professionnelle de jeunes adultes volontaires, âgés de 18 à 22 ans, français ou étrangers, au terme d'un projet éducatif que nous voulons « global » , la formation dispensée contribuant à une insertion durable, pérenne.
J'appartiens à un établissement ayant le statut « d'établissement public » à caractère administratif.
Nous sommes donc financés à 100 % par l'Etat (ministère de l'emploi)
Tous mes agents et moi même avons signé un contrat de droit public (CDD de 3 ans renouvelable) pour une durée de travail de 39 heures par semaine et une rémunération indéxée à la grille de la fonction publique (bien que nous n'ayons pas le statut de fonctionnaire).
Les jeunes signent un engagement (plutôt moral qu'autre chose, puisqu'ils ne sont pas dans le monde du travail) d'une durée de 7 mois renouvelable par tranches de 1 mois ( jusqu'à 24 mois maximum). La durée moyenne de présence se situe entre 10 et 12 mois.
Nos objectifs principaux pour nos volontaires sont, au terme de leur temps de présence :
-
Acquisition d' un comportement ( nécessaire et suffisant) à leur insertion professionnelle et sociale
-
Obtention du C.F.G (certificat de formation générale - diplôme de 1° niveau de l'éducation nationale) sanctionnant le « savoir lire, écrire,compter, parler »
-
Signature d'un contrat de travail (CDI – CDD long – Intérim long) ou intégration d'un cursus de formation qualifiante (CAP en alternance...)
Nos offres de service s'étendent également à la préparation à l'examen du code de la route, à l'aide financière pour la conduite, à la présentation au PCIE (examen attestant de la maîtrise de base de l'informatique courante), gestes de premiers secours.....etc.
Le parcours proposé par mon centre s’adresse à une population de jeunes adultes dont les traumatismes psychologiques dus aux accidents de la vie se traduisent par de grandes difficultés sociales, scolaires et par conséquence, professionnelles.
Nos jeunes volontaires ont des personnalités complexes faites d’oppositions et d’incohérences apparentes qui peuvent laisser perplexes.
L’agressivité, l’égocentrisme, cachent souvent mal le sentiment d’insécurité, la perte d’estime de soi et le manque de confiance dans la société qui les habitent.
Le volontariat des jeunes, pour rejoindre notre centre, est l’acte fondateur de leur propre construction. Ils vivent de leur plein gré dans le cadre (assez) rigoureux que je leur propose et qui les rapproche progressivement de la vie active par l’appropriation des codes sociaux de la société française et l’acquisition des connaissances nécessaires à leur insertion socioprofessionnelle
En favorisant la capacité de ces jeunes à rebondir sur les accidents de la vie, ce que les psychologues appellent la « Résilience », il s’agit de conforter quotidiennement leur volonté de s’en sortir par la mise en œuvre d’une pédagogie individualisée, l’usage de la méthode active (qui privilégie au maximum la participation active du jeune), et l’instauration d’une relation d’aide, faite de juste distance et de bienveillance.
Nos jeunes volontaires pour l’insertion sont reçus en internat dans une infrastructure où ils vivent en collectivité (voir les photos sur mon album de famille - « Le monde de Jean-Paul »)
Le règlement intérieur et les outils pédagogiques mis en place créent un style de travail spécifique. Le centre doit ainsi être considéré comme un espace de transfert où tout est mis en œuvre pour que les volontaires surmontent les difficultés de leur vie passée et rebondissent en se construisant avec notre aide un projet de vie où le projet professionnel tiendra une place prépondérante. En d’autres termes on fera en sorte qu’ils fassent preuve de résilience.
Le transfert fusionnel entre l’encadrement et les volontaires (connu par exemple au sein des armées pour des raisons spécifiques liées aux risques vitaux encourus) n’est pas préconisé. Pour autant, on ne néglige pas la dimension affective de la relation en faisant preuve de bienveillance.
La proximité des éducateurs de contact avec les volontaires doit en effet être maîtrisée et contrôlée en permanence (relation dite « distanciée ») afin de permettre aux cadres de supporter la charge d’émotivité qu’elle engendre et aux volontaires de construire un véritable projet de vie fondé sur une autonomie réelle. (nos cadres sont aidés, dans le cadre de la relation distanciée et de la relation d'aide, par une psychologue vacataire qui vient au centre une fois tous les quinze jours.. c'est un peu cher, mais son aide est vraiment précieuse !)
Il ne s’agit pas de combler les carences, notamment affectives, dont la plupart de nos jeunes souffrent, mais de leur apprendre à vivre avec elles, cette approche étant de nature à éviter les régressions.
La pédagogie du centre s’appuie sur toutes les techniques d’enseignement qui permettent de donner aux volontaires une capacité de réflexion et d’analyse suffisante pour qu’ils s’approprient ce qui est enseigné (en dehors de tout formatage )
La méthode pédagogique active, considérée comme un outil majeur de socialisation, et l’enseignement individualisé sont ainsi mis en place au sein du centre.
Voilà , j'ai commencé à vous présenter mon métier en vous en livrant quelques facettes.
Si cela vous intéresse , je peux répondre à vos questions.
En particulier , je pourrai vous présenter ces jeunes qui sont volontaires pour intégrer un centre comme le mien en évoquant pour vous , leurs modes d'expression, leurs inhibitions, leurs difficultés , leur agressivité , leurs carences affectives.
Mon travail n'est pas un travail : il est bien plus que cela.