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 Psy

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Romane
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MessageSujet: Psy   Mer 28 Jan 2009 - 13:33

Vic Taurugaux a écrit:
Un psy, c'est aussi chiant qu'un miroir!
- ... déformant?


Tiens, justement. Et si on parlait de votre métier, vous qui sondez les obscurités de notre tête ?

C'est quoi, un psy ? Comment on le devient ? Comment arrive-t-on à cerner, à comprendre, à aider.

Moi, je vous vois dans le rôle de l'éclaireur. Vous balayez les issues possibles et vous tendez un trousseau de clés. Au patient de prendre la bonne clé pour déverrouiller la bonne porte.

Mais encore ?

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MessageSujet: Re: Psy   Mer 28 Jan 2009 - 13:57

C'est une bonne idée, si y'a des psys ici, moi ça m'intéresserait de savoir comment ils voient leur métier...
Déjà j'imagine que ça doit dépendre de ce qu'il y a après "psy" (chologue, chanalyste, chothérapeute .... )
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Romane
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MessageSujet: Re: Psy   Mer 28 Jan 2009 - 23:16

Intéressant de voir le point de vue
du professionnel, car en réalité nous sommes de l'autre côté de la
barrière et nous nous demandons bien peu comment eux fonctionnent,
quelles sont les difficultés rencontrées dans la pratique de leur
profession, comment ils se protègent des histoires douloureuses dont
ils écoutent parfois durant des années, le cheminement.

Psychologues,
psychiatres, psychanalystes, comment s'y retrouver, comment savoir les
différencier et poser des points de repères précis sur les différences
de leur métier ?

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MessageSujet: Re: Psy   Mer 28 Jan 2009 - 23:20

J'ai ouvert un autre fil, pour ceux qui veulent parler de leur expérience de patient. C'est ici
http://liensutiles.forumactif.com/psychologie-f54/comment-vivons-nous-nos-seances-chez-les-psy-t16472.htm

(merci de ne pas mélanger, pour préserver la lisibilité des sujets)

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Vic Taurugaux



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MessageSujet: Re: Psy   Jeu 29 Jan 2009 - 11:49

Romane a écrit:
J'ai ouvert un autre fil, pour ceux qui veulent parler de leur expérience de patient. C'est ici
http://liensutiles.forumactif.com/psychologie-f54/comment-vivons-nous-nos-seances-chez-les-psy-t16472.htm

(merci de ne pas mélanger, pour préserver la lisibilité des sujets)


Pour reprendre ma métaphore sur le miroir, il faut s’intéresser premièrement à savoir pourquoi on souhaite regarder le miroir et du coup comment on le regarde. Est-ce le verre qui nous intéresse ou l’image que ce dispositif reflète ? Généralement, quand les gens vont voir des psys, c’est qu’ils vont mal, ils ne se comprennent plus, leur entourage est également bien embêté, alors ils souhaitent du psy que celui-ci les aide enfin, sinon à comprendre leur chaos intérieur, du moins à le gérer de la façon la moins pénible possible, c'est-à-dire à réfléchir ensemble sur leur situation. Ils ne nous répondent pas : « Mais vous-même docteur, comment allez-vous ? Car, ils ont suffisamment à penser avec eux-mêmes. Autant vous dire que la nature du verre ne les intéresse que très peu.
D’où la différence d’intérêt de ces deux fils qui, à priori tout en parlant peut-être de la même chose, sont de points de vue complètement opposés. Ici, on ne fera que vous faire visiter les coulisses du théâtre, alors que sur l’autre fil, on vous promet quelques scènes de la représentation.
Ce préambule, pour ne pas décevoir davantage notre lecteur.
En tant que psy, pour ma part, (car d’autres psys non pas la même appartenance) j’appartiens d’abord au monde de la Santé. Je participe à ce ministère qui a pour fonction de lutter contre la maladie, la souffrance soit en les prévenant, soit en les soignant, soit en utilisant tous les palliatifs nécessaires contre leurs risques fatales ou leurs possibles propagations. Bien sûr, je ne suis qu’un petit élément, je n’occupe qu’un petit poste dans ce dispositif complexe qui spécialise ses agents dans différents domaines.
Celui qui nous emploie, est celui de la santé mentale. En effet, peu après le Siècle des Lumières, les médecins se sont intéressés aux personnes souffrant non seulement dans leur corps mais aussi dans leur esprit. Ceux qui alors étaient désignés sous le terme générique de fous, qui par leur caractère excentrique servaient d’épouvantails, justifiant jusqu’à la Révolution l’idée de possession démoniaque, se sont vus alors, grâce à quelques médecins éclairés, reconsidérés comme humains,(disposant ainsi des droits de l’Homme) mais malades. Les balbutiements de la psychiatrie, nouvelle discipline, à d’abord consisté, à offrir à ces malheureux l’asile, à l’intérieur duquel, la science de leur folie avançant, de nombreuses techniques thérapeutiques furent tentés.
Hydrothérapie, contention, magnétisme, hypnose, psychanalyse, sociothérapie, antipsychiatrie, etc. etc.
Le développement des conditions de vie, surtout de la pharmacopée, de la médecine libérale et du secteur médico-social ont fait que l’hôpital psychiatrique a perdu en France depuis les années 60 son aura du principalement jusqu’alors à sa fonction asilaire…
Pour ma part, je nais en tant que professionnel psy dans les années 80. La loi Kouchner de 1975 institue politiquement la notion de secteurs psychiatriques. Il s’agissait sur tout le territoire français de découper géographiquement des populations face auxquelles on disposerait des dispensaires au plus près, des hôpitaux puis des asiles en arrière-gardes afin de lutter le plus efficacement possible à la propagation de la maladie mentale ainsi que fut fait avec succès le même plan avec la tuberculose.
De part l’essor important du courant psychanalytique dans la façon de penser des psychiatres, (c'est-à-dire, l’idée que le psychisme humain se construit dans un système affectif relationnel qui fait que le psychisme de l’enfant se construit à partir du système de pensée de ses parents), s’est développé, en contrepoint des secteurs de psychiatrie adulte, des secteurs de psychiatrie infanto-juvénile. Environ, selon les populations, un secteur enfant pour deux secteurs adultes, la base étant 100 000 personnes.
Une des idées maîtresses du secteur enfant auquel j’appartiens a été alors que « tout se joue avant six ans ». Que les bases de la personnalité d’un individu, se crée dans la relation qui s’opère dans les premières années avec les personnes les plus importantes pour lui affectivement, généralement ses parents ou leurs substituts et que nos théoriciens englobèrent sous le terme : « la mère ». Cette idée préventive à la maladie mentale : que tout se passe bien durant les six premières années et qui permet le développement des crèches, des écoles maternelles etc.., ayant son corollaire pathologique : alors après, c’est foutu ? ainsi que la grande culpabilisation des véritables mères qui comme tout un chacun se sont senties à divers moments de l’éducation de leur enfant, défaillantes.
Ainsi la ligne à ne pas dépasser chez nous, soignants des enfants, est que la prévention ne doit jamais être de la prédiction. Vu la plasticité du cerveau humain, les ressources insoupçonnées des familles, le recours a des diagnostics aussi faciles qu’autisme, psychose devant être évité surtout quand on ne possède pas le traitement susceptible de guérir des pathologies aussi déprimantes.
En effet, à la différence de nos collègues somaticiens, chez nous les psys, nos termes pour désigner la maladie ne peuvent être que des métaphores. C’est à dire un terme qui rendrait compte d’un état clinique ressenti par des cliniciens et non une vérité. Quelque chose que rien n’objective. Mais qui serait, une simple façon de voir et de dire.
Ainsi, quand un somaticien décèle dans votre corps une fracture de la clavicule, la radiographie est un examen complémentaire pour l’objectiver. On voit la fracture sur le cliché. Voir une dépression, c’est quelque chose de beaucoup plus subjectif, et beaucoup plus engageant surtout si on ne possède pas de traitement efficace contre ladite dépression.
Ainsi, dans tout acte psy, dire ce que l’on voit, engage le praticien à mettre en œuvre le traitement, une réponse au trouble révélé. Malheureusement, nos possibilités de soins « confortables » s’amenuisent à mesure de la diminution de notre budget. Moins de personnels qualifiés dans nos institutions, en extra ou en intra-hospitaliers. Or, cette responsabilité de miroir, cette neutralité bienveillante pendant que son patient s’interroge sur lui-même fait partie du processus thérapeutique. En effet, à quoi servirait de rajouter à une personne qui voit tout en noir, qu’en plus elle est atteint de dépression, quand on a plus de service pour l’accueillir ? Ce diagnostic est-il soulageant ou plombant ? Que renvoie le miroir ?
On décèle ainsi que dans tous nos actes, la dimension relationnelle prend le devant. Il n’y a de vérité que dans la rencontre forcément subjective de deux personnes. L’une qui souffre et l’autre, le psy qui possède dans son background, sinon des réponses miracles, des outils théoriques, l’appartenance à une école de pensée, son propre psy, une institution, un salaire qui fait que son patient possède malgré tout le loisir de ne pas s’inquiéter pour lui, car malgré nos défaillances, nous rechercherons toujours et d’abord les ressources internes de nos clients.

Maintenant, si vous avez un peu de compassion pour nos postes et nos institutions soignantes, rien ne vous empêche non plus de manifester aujourd’hui contre la casse du service public par des gens qui ne se soucie guère de nos différents états d’âme.

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Romane
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MessageSujet: Re: Psy   Jeu 29 Jan 2009 - 12:31

Merci pour le préambule qui me semblait aussi nécessaire, voyant que des membres mélangeaient les deux sujets, qui, bien qu'ils s'imbriquent l'un dans l'autre n'en demeurent pas moins différents.

Un truc, en lisant ton message vachement chouette, Vic ; oui, on a appris que tout se joue avant six ans. Qu'en est-il "après six ans", quand surgit la fracture d'un divorce, d'un viol, d'une précarité quelle qu'elle soit ?

Et puis tu parles de l'école de pensée : peux-tu développer ? Car je vois là qu'il existe plusieurs types de pensées et je me demande quelles sont les différences d'orientation.

Ce qui m'amène à la question plus généraliste : ce que vous avez appris est-il inscrit dans une évolution permanente ? Plus simplement : est-ce qu'on va découvrir encore autre chose qui pourrait faire prendre d'autres virages ?

Et enfin (pour l'instant) : perso, je me suis toujours demandée "comment vont les psy", parce qu'il est évident qu'ils sont soumis aux mêmes aléas que n'importe lequel de leurs patients, aux mêmes blessures, aux mêmes fragilités.
Comment se protègent-ils de ce qu'ils imbibent quand ils écoutent les histoires des autres, parfois horribles ?
Comment naviguent-ils en eux-mêmes pour défaire leurs propres noeuds de vie ?

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Vic Taurugaux



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MessageSujet: Re: Psy   Jeu 29 Jan 2009 - 14:23

Reprenons notre métaphore d’optique en ce qui concerne le miroir.
Les psys ont plusieurs écoles, autant dire différents points de mire, mais un seul horizon : l’humain.
Pour l’appréhender, dans l’année 82, alors que je me trouvais muni d’un diplôme d’état de psychomotricien, je fus versé dans une équipe pluridisciplinaire. C'est-à-dire composée, à parole en principe égale en ce qui concernait notre « client enfant», d’un aréopage constitué par un pédopsychiatre, un psychologue clinicien, un psychomotricien, une orthophoniste. L’égalité de cette mouvance étant tout à fait relative en fonction des salaires et des capacités d’évolution de carrière et d’élocution de chacun.
En ce qui me concerne, l’école prévalente fut celle du psychiatre qui, statut institutionnel oblige, a fait mettre en sourdine d’autres formations comme la psychothérapie individuelle des enfants, spécialité de nos psychologues ou l’idée difficilement admise par mes collègues qui est que, pour nous psychomotriciens, chez le jeune enfant corps et esprit sont intiment mêlés.
L’école dominante à laquelle nous avons en partie souscrite fut donc la vision systémique du trouble mental.
Il faut ici pour que chacun se repère dire que chaque école psy ne professe pas la Vérité, juste un point de vue offrant éventuellement les meilleures perspectives de soins.
Toujours est-il, qu’en ce qui concerne notre équipe extrahospitalière, (je me demande si vous me suivez toujours dans ce dédale) la vision systémique a prévalu sur la vision psychanalytique initiale. Opter chez nous pour une nouvelle vision ne signifiant nullement réprouver l’ancienne mais l’enrichir d’une nouvelle façon de voir les choses.
Quelque part sur ce forum, quelqu’un a dit que la psychothérapie, c’était surtout du nombrilisme. C’est souvent une critique adressée à la psychanalyse qui fait qu’à l’instar de Woody Allen on peut rester « marié » avec son analyste jusqu’à la fin de ses jours. Chacun restant alors dubitatif sur cette prothèse professant l’autonomie du sujet.
L’idée originale de la systémie est avant tout de ne pas se focaliser sur le sujet, c'est-à-dire l’individu pour lequel on vous requiert. Pour les systémiciens, spécialistes de réseau, l’idée est que le bug qui paralyse le sujet n’est peut-être pas (malgré des apparences trompeuses) du à son seul disque dur mais qu’il pourrait être préalablement utile de vérifier l’état de ses connexions.
La théorie systémique s’est développée à Palo Alto, dans ce qui fut par la suite la Silicon Valley, et qui vu naître, grâce aux théories de l’information, l’intelligence artificielle engendrant les ordinateurs, la révolution numérique et internet, pendant que parallèlement concernant notre domaine, l’antipsychiatrie puis la thérapie familiale systémique voyaient le jour.
La focalisation à l’intérieur d’un individu de la psyché a été l’œuvre, des années durant, de la psychanalyse avec le concept d’inconscient. Selon cette théorie, il existerait une force interne munie de son économie propre qui pourrait expliquer en partie ou pour tout les aberrations des comportements et de la pensée consciente. Ce substrat enfoui aurait beaucoup à voir avec l’histoire du sujet et il ne serait inutile de penser que des liens du passé entraveraient ainsi la bonne marche du présent.
Cette optique cherchant à répondre ainsi à pourquoi les choses se passent actuellement.
La systémie, tout en ne réprouvant pas ce modèle, se veut moins causaliste mais beaucoup plus descriptive. Elle emploie une vision beaucoup plus moderne, c'est-à-dire écologique. Comment (c’est la nouvelle question) comment le sujet agit dans son environnement et réciproquement quel feed-back est ainsi généré. La thérapie familiale systémique pose ainsi des questions aussi abruptes que : « A quoi cela sert-il monsieur à votre femme d’avoir un enfant hyperkinétique ? » Vérifier l’état des connections de l’enfant avant de plonger dans son disque dur devenant désormais notre souci préalable. Faire communiquer les éléments entre eux (on se demande bien ce que Monsieur va répondre à une question volontairement provocatrice), restituer l’inquiétude et l’énergie communicationnelle qu’un sujet procure à son milieu, sa famille quand il est encore enfant oblige ainsi à penser tout le monde que la construction du psychisme d’un enfant demeure l’affaire de chacun.
Maintenant, en fonction du contexte de notre séance, du soutien que nous souhaitons apporter à la famille qui nous consulte, notre question pourra être vécue soit de façon culpabilisante, soit de façon responsabilisante. Cela reste toujours de notre part une question de tact, de feeling qui a autant à voir avec notre propre sensibilité qu’avec l’affiliation que nous aurons pu tisser avec nos interlocuteurs.
Rien n’étant jamais acquis, le thérapeute n’étant souvent qu’un pion dans un jeu qui le dépasse.

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MessageSujet: Re: Psy   Jeu 29 Jan 2009 - 16:13

Je te suis bien, Vic. (mais pétard, bonjour les neurones ! vous êtes faits en quoi ? Shocked )

J'aime bien l'image de vérification de l'état des connexions du patient.

Puisque tu t'occupes d'enfants, comment fais-tu pour les décoder, alors qu'il utilisent beaucoup de moyens détournés pour s'exprimer ?

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MessageSujet: Re: Psy   Jeu 29 Jan 2009 - 16:54

Nos propres enfants sont indéchiffrables pour nous mêmes!

Mais ceux des autres? Si tu les écoute... Généralement, ils disent des choses pas trop compliquées. Quand ils disent rien, c'est plutôt leur situation qui est compliquée mais ça, de toute façon, ce n'est pas eux qui pourront te le dire. Ou alors, en plus, c'est qu'ils sont très malins.

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MessageSujet: Re: Psy   Jeu 29 Jan 2009 - 18:43

J'ai suivi et les neurones chauffent aussi...

Une chose, entre autres, que j'ai beaucoup appréciée dans tout ce qui a été dit : "Il faut ici pour que chacun se repère dire que chaque école psy ne professe pas la Vérité, juste un point de vue offrant éventuellement les meilleures perspectives de soins."

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MessageSujet: Re: Psy   Jeu 29 Jan 2009 - 19:55

J'ai fondu en sieste, ce qui fait que j'ai droit à deux réveils au lieu d'un aujourd'hui.... tong

Vic, complètement d'accord avec toi (je le vérifie dans mes ateliers et il s'avère que je tape juste à chaque observation que je me fais). C'est fascinant.

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MessageSujet: Re: Psy   Ven 30 Jan 2009 - 13:39

Je profite de ce fil pour parler de l’utilisation de la pensée systémique dans notre domaine psy. Voir exemple sur le fil anorexie.
La systémie est une science de l’information qui étudie les systèmes qui communiquent entre eux. Cette science a été très utile à l’informatique qui continue d’utiliser son vocabulaire avec des mots comme réseau, interface, système etc. Mais, elle est également utile en astronomie qui étudie les systèmes interstellaires, en mécanique, en politique etc …
L’application en psy permet de voir comment un être humain produit un message aberrent que son système, c'est-à-dire son entourage ne peut traiter. A la différence du thérapeute individuel classique, son objet n’est pas une personne mais le système qu’elle compose avec son entourage, son groupe d’appartenance : famille, entreprise, couple, etc…
Travaillant dans une consultation pour enfants et adolescents en difficultés de développement, nous pensons que ceux-ci « appartiennent » d’abord à leur famille tandis que des psychologues scolaires qui les voient comme des élèves pensent qu’ils appartiennent à leur école. Quand nous pensons : pourquoi cette famille produit des mauvais élèves, les psys scolaires pensent : pourquoi est-il le cancre de cette classe. Les différentes définitions du système d’appartenance étant corrélées au contexte de l’intervenant psy.
Ceci pour expliquer pourquoi, nous sommes thérapeutes familliaux : nous faisons la thérapie avec la famille et non seul avec l’enfant comme nos autres collègues dits individuels.

Prochain post : Qu’est-ce qu’une famille ? Je vous laisse réfléchir, faut que j’aille travailler…

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MessageSujet: Re: Psy   Ven 30 Jan 2009 - 14:55

Vic Taurugaux a écrit:
Prochain post : Qu’est-ce qu’une famille ? Je vous laisse réfléchir, faut que j’aille travailler…


C'est très intéressant.

Qu’est-ce une famille ?

La norme voudrait que la famille soit composée de cette façon : un homme, une femme, un enfant.
Dès lors qu’il y a une naissance, on peut parler de famille. Certains parleront de famille à la deuxième naissance. Dans le consensus de la famille il faut en premier voir une identité : un nom, un prénom, c’est là, le fondement principal de celle-ci, où chacun essaie de trouver une place dans un rôle bien précis, qu'il soit parental ou au sein d’une fratrie, tout ceci par le cercle familial.
Parallèlement à cela, de nos jours, la famille ce n’est plus seulement un homme, une femme et une naissance. Des parents. C’est aussi un "couple" et un enfant vivant sous un même toit. Car autour de cela émerge bien plus : comme l’affectif, la joie, le bonheur au sein de personnes identifiées et identifiables qui n’est pas forcément apparenté au lien de la conjugalité car le désir de paternité comme le désir de maternité est inhérente à la nature en vue de procréer.

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MessageSujet: Re: Psy   Ven 30 Jan 2009 - 15:42

Je reviens...

Dans l'identité, outre le fait du nom et du prénom, il y a des personnes à part entière. Ces personnes à part entière sont Pilier de construction et de repères.
Dans l'identité, outre le fait du nom et du prénom, il y a ces termes : reconnaissance de l'individu en tant que tel. Considération et respect de chacun en tant que tel.

Il se peut que même ayant un nom et un prénom "XY", l'individu soit "objet" ; donc son identité qui est assujeti à son appartenance est alors bafouée et abîmée. Que devient alors le sens de la famille ?

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MessageSujet: Re: Psy   Ven 30 Jan 2009 - 16:37

Vic Taurugaux a écrit:
La systémie est une science de l’information qui étudie les systèmes qui communiquent entre eux.


Dis moi si je me trompe, mais je trouve que le fait d'étendre LE système réduit à DES systèmes-réseaux divers (famille, école, couple, travail, etc.) me semble plus fiable et en tout cas plus proche de la vérité. Tu cites l'exemple du psy scolaire qui base l'enfant dans la classe, or si l'enfant rencontre des problèmes en classe parce qu'il a vécu un traumatisme à l'extérieur de l'école, tout ce qui va être mis en oeuvre pour l'aider ne lui sera d'aucun secours, puisque la source ne sera pas sur place. Les conséquences ne sont pas la source.

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