Bon, j'y vais ou j'y vais pas...
Qu'est ce que c'est difficile de se décrire !
D'autant que je ne suis pas particulièrement amoureuse de moi...
49 balais (faut se le traîner, le balai, je vous le dis!) et le regard des hommes sur moi qui m'étonne toujours et me laisse songeuse. J'ai toujours eu le regard des hommes sur moi, je n'ai jamais compris. Il faudrait qu'ils me l'expliquent (et comme je ne suis ni sourde, ni muette, ils pourraient me le dire en gardant leurs mains dans leurs poches, je les connais, les coquins!)
Je suis tout de même beaucoup mieux dans ma peau maintenant. Je crois qu'il s'agit plutôt d'un rayonnement intérieur qui passe la frontière et se laisse prendre par le regard des autres. Oui, ce doit être cela. Parce que je trouve ma voie, je m'épanouis.
1 m 58 (génération des pas très grands) et 53 kgs (faudrait que j'en perde, mais on me dit que non, mais je dis que si, alors on insiste et je persiste... bref je ne sais plus. Faudrait qu'on me dise, mais...
Je suis brune (Scapin, brune, brune, brune, yes!). On m'envie mes cheveux et j'ai plusieurs anecdotes à ce sujet. Un jour, une dame m'a abordée pour me demander s'il s'agissait de mes vrais cheveux. Oui, ma brave dame, oui... Les coiffeurs se bidonnent quand j'exprime ma peur d'avoir à subir éventuellement une chimio un jour (chevelure, symbole de féminité...). Ils sont longs, un peu au-dessous des épaules, mais j'ai tout essayé et parfois subi les contraintes de certains rôles au théâtre (notamment un rôle qui demandait environ une heure pour la préparation de la coiffure) et j'ai du plus d'une fois supporter que des centaines de mains vérifient qu'ils étaient bien à moi, sous des regards interloqués. Je les noue souvent pour ne pas disparaître tout à fait mais j'ai quelques petites mèches effilées pour me cacher quand même un peu... Parfois j'opte pour les chignons (strict ou vagabond) et les jours de délire pendant les fêtes, je n'hésite pas à crêper pour m'amuser...
Visage fin, ovale, nez fin (il est bien là, lui aussi et m'a longtemps complexée, mais comme un patron un jour m'a dit "je vous vire si vous y touchez", vous pensez bien que je n'y ai pas touché...)
Bouche sensuelle (c'est pas de moi), en tout cas gourmande, en tout cas bavarde, en tout cas souriante, avec la commissure des lèvres pour preuve.
Mes yeux marrons ont quelques paillettes vertes lorsqu'il fait soleil. Myope comme Scapin, je deviens également presbyte (orthographe ?) et voilà que je me fade des progressifs sur le nez depuis quelques semaines et à ce propos, j'aurai une histoire à vous raconter. Une histoire avec monsieur "Machin" on va l'appeler comme ça, vous savez, celui qui... bon vous verrez une autre fois, si vous me le demandez je ferai un effort......
On me dit que j'ai le regard expressif. Il peut lancer des flammes comme caresser. Certes, je crois que l'on a pas tort.
Ma voix est grave (ouf), chaude et tour à tour murmurante ou gaillarde suivant l'instant. Je peux la transformer pour vous faire Zézette (le père noël est une ordure), ou annoncer le prochain vol pour San Pedro Sula, c'est comme vous voulez. Grâce au théâtre, ma voix sait porter loin "pour le sourd du dernier rang" ... mais elle sait aussi s'adoucir quand elle parle d'amour et elle aime tant parler d'amour...
Je ne peux pas ne pas parler de mon rire. Il est important dans ma vie. Un vrai rire comme une vraie source joyeuse et pétillante. Le fou-rire, lui, comme quelques uns le savent peut-être, pourrait m'emporter vers la crise d'asthme aigue, mais s'est contenté jusque là de me laisser vivre. J'ai de nombreux fous-rires, j'aime terriblement rire et faire rire et ne m'en prive jamais.
La blancheur de ma peau accepte de dorer un peu au soleil, mais comme je ne suis pas du genre à rester le cul sur le sable pendant des heures en tournant régulièrement autour du soleil, je ne me préoccupe pas du bronzage. L'été, je dore sans le vouloir sans le chercher.
Je m'habille selon l'humeur et cela peut passer du jean au corsaire, au tailleur, petite jupe courte, longue très longue, c'est selon. Je préfère l'été à l'hiver, car il m'arrive dans les jours épuisants de chaleur, de choisir simplement un paréo et rien que le paréo.... (messieurs, pas de commentaire). Je suis aussi habituée aux costumes de scène. Dans ce cas, et sur scène seulement, j'accepte de me montrer telle que je ne le ferais jamais d'ordinaire, c'est à dire que dans mon rôle actuel, je suis en robe rouge moulante, un peu boutonnée sur le devant, assez plongeante et courte, bas (oui, évidemment, bas!) noirs et talons aiguilles noirs. Mais seulement sur la scène. Dès que la saison s'y prête, je suis jambes nues, mais quand revient la fraîcheur, je reviens aux bas (oui, évidemment, bas, pas collants). Pour tout vous dire et on en finit avec ça, j'aime les dessous jolis et soyeux. Passons aux pieds ; fragiles ils aiment le confort et je joins le joli à l'agréable sauf l'été, où l'espadrille garde ma préférence.
Je me parfume parfois, mais en choisissant avec soin le parfum et de préférence discret. Je me maquille peu, un trait de crayon sur les paupières et un soupçon de rose orangé sur les lèvres. Au théâtre, tout est amplifié, soutenu, extravagant, je ne suis donc pas en manque.
Je suis plutôt quelconque et banale, je ne m'aime pas plus que ça. Je porte quelques bijoux (il faut qu'ils aient une âme pour que je les porte) et une bague à l'emplacement de l'alliance de jadis.
Parfois, j'oublie de me coiffer quand je vais quelque part...
Ou je pars en espadrilles...
Mais je n'ai jamais rien oublié d'autre. Ouf.
Je suis distraite, limite gaffeuse et tout cela est du au fourmillement de ma cervelle toujours en quête de création pour la scène. L'inconvénient, c'est quand il faut être bien présent sans faille. L'avantage, c'est que je me fais rire toute seule de mes gaffes...
Amie fidèle, je suis.
Mère attentive et aimante, je crois.
Après, ce n'est plus à moi de juger...