Près de Bayonne - Pyrénées Atlantiques
Lundi 1er Août 2005 -
12 h 54.
Bock de café à ma gauche, cigarette posée sur le cendrier devant le clavier.
Fait gris dehors. L'orage a grondé un peu cette nuit, et puis il a plu. Ça a fait du bien. Je peux ne pas souffrir de la chaleur.
Quelqu'un fait des travaux, dehors. On dirait une ponceuse électrique.
Je me réveille doucement.
J'ai rêvé cette nuit. Des images décousues, désordonnées. Des images à rêver quand on dort, à donner le blues quand on se réveille. Des images impossible aujourd'hui, aléatoires demain, peut-être qui sait mais j'en sais rien au fond.
Mon grand découpe les jaquettes de trois CD blues qu'on m'a offert. Quelque chose bouge dans mon coeur, quand je parle Blues, maintenant.
J'ai relevé mes messages portable. Des bonjour affectueux et des présences à distance.
Liens. Je suis là tout à coup.
Et là surtout.
Deux hommes ont oeuvré ensemble pour me rendre un hommage...
Et me voilà le coeur à l'envers, serré dans celui de ces deux hommes que j'aime chacun à ma manière.
Ça fait chaud, ça fait trembler, ça fait rire et pleurer à la fois, ça fait merci partout, ça fait "je vous aime", ça fait "je vous aime"...
Quand François m'a offert les forums de LU, il m'a fallu deux semaines pour réaliser ce cadeau inattendu et fantastique, moi qui n'ai jamais été propriétaire de rien, qui roule au jour le jour dans ma p'tit' vie chaotique lumineuse un jour, sombre un autre jour, qui fais comme je peux pour donner du mieux possible autour de moi un peu d'écoute, un peu de chaleur, un peu d'humanité.
C'est pas un galon supplémentaire, un trône de reine, non, c'est un cadeau et entre mes mains la possibilité d'ouvrir encore Liens au monde, de permettre à des êtres venus de partout de venir partager, de s'enrichir les uns au contact des autres, de tisser des liens d'amitié, de rompre la solitude, enfin, tout ça...
Ça mange du temps, oui, c'est vrai, mais ce temps n'est pas perdu dès lors qu'il prend les couleurs de l'humanité.
Riz, mon chou, toi que j'ai appris à connaître depuis notre première rencontre nocturne un soir de tempête, toi que j'ai regardé vivre à mes côtés ce mois de juillet, toi mon complice, mon éclat de rire, mon pilier de création, mon moteur d'élans, mon compagnon de dinguerie et de gravité jusque dans la tendresse à bercer les blessures...
Alfred, mon tipiou de tant d'années de construction au sein de nos deux communes, mon compagnon de scène et d'écriture, mon témoin de tant d'aventures derrière le rideau rouge et sous les projos, mon tourmenté à rassurer, mon poète à mots inépuisables, toi toujours partant pour avancer, créer, inover, rencontré d'entre les ronronnements des Forges de notre Adour au comptoir du petit café que l'on fit revivre sous les obus de 1917 entre les remous, les maladresses, les rires et les larmes...
Merci...
Vous me touchez profondément, vous brassez à mains nues le coeur de mon coeur...
Je vous aime.
Ro émue, qui voudrait vous serrer contre elle...
