Forums de Liens Utiles

Littérature, Théâtre, Peinture, Musique, Photos, Randos, Gastronomie, Débats, Informatique et tout ce qui peut encore s'inventer.
 
AccueilAccueil  ­FAQFAQ  ­S'enregistrerS'enregistrer  ­ConnexionConnexion  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 Du "mensonge" et de la "vérité"

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivant
AuteurMessage
Ysandre
I TI Expert en informatique


Nombre de messages: 2571
Date d'inscription: 09/12/2008

MessageSujet: du \   Dim 3 Mai 2009 - 10:20

oui, mais toute vérité n'est pas bonne à dire : je dis tout naïvement :"je ne sais pas faire ça, je ne connais pas ça, je me suis trompée, etc.."
hé bé je passe pour une conne ! je m'en fous remarque, je sais que j'ai un cerveau dissocié, il y a un côté qui marche à peu près avec une fonction en plus de pas mal de gens et l'autre côté qui ne fonctionne pas !
mais n'empêche.... il y en a tant qui font semblant de savoir, et ça marche, ce sont des menteurs, pas moi. Et même a moi, je ne mens pas, pour ça que je n'ose pas faire des choses, je ne suis pas sûre, compte tenu que je ne me mens pas.
Revenir en haut Aller en bas
Romane
Administrateur


Nombre de messages: 64237
Localisation: Kilomètre zéro
Date d'inscription: 01/09/2004

MessageSujet: Re: Du "mensonge" et de la "vérité"   Dim 3 Mai 2009 - 10:30

sophiesuite a écrit:
ah oui, et puis j'ajouterais un autre cas, c'est les gens intrusifs...

Alors là c'est simple : je ne leur donne pas l'occasion d'aller bien loin, ils ne peuvent pas ne pas s'en rendre compte et ça leur passe l'envie de récidiver. Je sais être muette comme une tombe, dès lors qu'on tente de violer mon espace.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour je suis Roulotte alors je m'appelle Roulotte, c'est pour ça que mon pseudo c'est Roulotte." (Jean Vilain)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
sophiesuite



Nombre de messages: 467
Date d'inscription: 22/01/2009

MessageSujet: Re: Du "mensonge" et de la "vérité"   Dim 3 Mai 2009 - 11:09

Je rejoins en revanche Nuam sur la vérité lorsqu'il s'agit de rester fidèle à soi-même, et ce dans le respect de soi et de l'autre en face.
Et si l'on veut développer une relation "vraie" (c'est le cas de le dire) avec une personne.

Me suis retrouvée par exemple récemment à discuter avec un ami profondément athée, j'avais toujours soigneusement évité le sujet parce que je craignais de sa part des "sarcasmes" ou son jugement. Mais un jour où nous discutions de religion et de foi, j'ai été mise en quelque sorte au "pied du mur", il me fallait bien dire que je suis croyante, sans quoi la discussion aurait été complètement faussée, et là pour le coup j'aurais eu le sentiment de mentir, dans le sens d'un mensonge empiétant sur qui je suis, sur l'amour que j'ai pour moi et aussi que j'ai pour l'autre.
Car si mon ami, aussi athée soit-il, me juge d'être croyante, alors pourquoi est-ce que c'est un ami ?
Je rejoins donc le propos de Nuam, dans ce cas, sur le fait de s'entourer des "bonnes personnes" avec qui l'on peut dire sa vérité (enfin tu l'as pas dit comme ça, mais je traduis dans mes mots).

Ceci étant, et là je pousse le bouchon un peu loin peut-être mais ça peut exister quand même...
Le cas où on est en danger si l'on ne veut pas taire sa vérité.
Par exemple, les périodes de l'histoire où l'on a persécuté des gens pour leurs croyances. Fallait-il mourir pour ses convictions ? ou se dissimuler en espérant rester vivant et ressortir plus tard à la lumière du jour ?
Bien sûr, ça dépend des croyances en question.
Quelqu'un qui croit au fait d'être sauvé après la mort, etc ... va probablement affirmer sa croyance, car il ne redoute pas de mourir. Il ne pourrait d'ailleurs même pas mentir, car alors il y perdrait (dans sa croyance) son âme.
En revanche, on pourrait penser à ces pays colonisés par le christianisme où les populations en surface ont adopté la croyance qu'on leur a imposé, et continuent tranquillement en cachette de faire leurs véritables rites, ceux auxquels ils croient vraiment.
La question n'étant pas ici de discuter de la validité de ces différentes croyances, on l'a déjà fait ailleurs, mais de considérer que dans certains cas, on peut aussi, par stratégie pour rester vivant, mentir en apparence sur des choses, des "vérités" qui nous constituent profondément.
C'est un cas extrême c'est sûr.
Mais je pense qu'il est intéressant à examiner.

La question étant probablement, en filigrane, est-ce que l'on va pouvoir continuer à vivre avec soi après ce mensonge.
Dans le cas de dilemmes moraux, il est probable que ça soit difficile.
Revenir en haut Aller en bas
LylaTsB



Nombre de messages: 4378
Age: 50
Localisation: Entre pétales et sépales
Date d'inscription: 21/05/2006

MessageSujet: Re: Du "mensonge" et de la "vérité"   Dim 3 Mai 2009 - 14:01

Je ne crois pas qu'on puisse rester si rigide, dire que l'on ne ment jamais. Est-ce que le mensonge est le fait de s'accomoder de la vérité ? Est-ce que c'est fabuler, ou raconter des sornettes pour faire plaisir, ou pour s'embellir l'âme ? Est-ce que c'est tromper dans un but d'auto-défense ou dans le but de blesser ? Etc, etc...
Je ne sais plus qui disait plus haut "ma vérité", sous-entendant qu'elle n'a pas forcément la même signification que celle des autres...
Pour ma part, je me tais aussi, mais n'est-ce pas un mensonge par omission ? Où est la frontière, si frontière il y a ?
J'arrange la vérité, parfois, pour les cas extrêmes, ceux qui risqueraient de meurtrir l'autre. N'est-ce pas mentir ?
Le pire étant sans doute de se leurrer soi-même, mais est-ce un mensonge si l'on n'en a pas conscience ?
Par contre, concernant ce que je suis, et lorsque la question est directe, je dis vrai. Par contre, lorsque la question est insidieuse, je me fais un plaisir de pirouetter (oui, oui, parfaitement) dans NarquoiSourire de toute splendeur ! Mais est-ce un mensonge puisque l'autre s'en aperçoit immédiatment ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
Avec ou sans corole... SourirEnBouquet
Revenir en haut Aller en bas
http://spaces.msn.com/lylatsb/
Romane
Administrateur


Nombre de messages: 64237
Localisation: Kilomètre zéro
Date d'inscription: 01/09/2004

MessageSujet: Re: Du "mensonge" et de la "vérité"   Dim 3 Mai 2009 - 14:24

Tout à fait, et j'ajoute que dans le dédale biscornu des nuances dont tu parles, Lyla, l'important par dessus tout est : la sincérité.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour je suis Roulotte alors je m'appelle Roulotte, c'est pour ça que mon pseudo c'est Roulotte." (Jean Vilain)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Farouche



Nombre de messages: 3123
Localisation: Sud où il fait beau
Date d'inscription: 29/04/2008

MessageSujet: Re: Du "mensonge" et de la "vérité"   Dim 3 Mai 2009 - 22:25

sophiesuite a écrit:

oui, se taire, c'est toujours le mieux...

mais je vais te donner un exemple concret, très simple, et tu vas me dire ce que tu ferais selon tes principes

mes grand-parents maternels habitent à marseille, j'habite à rennes, c'est loin !
résultat je les vois peu, et ils s'en plaignent ...............................................................


et là, je fais quoi d'après toi ?
je lui dis que je suis passée à 50 km de chez elle et que je ne suis pas venue dire bonjour ?

ben non, je mens, et j'ai le sentiment que c'est parfaitement en ordre de le faire, je lui dis que je suis allée quelques jours dans le finistère chez une amie, ça n'a aucune importance, c'est un truc inventé pour le moment, et je l'oublie aussi vite

alors est-ce que je me pollue avec ça ? je ne pense pas
quel aurait été l'interet de lâcher à ma grand-mère que je suis passée à côté de chez eux, mais que je suis pas venue parce que j'avais pas envie de les voir ?
je n'ai pas d'affinités avec elle, mais je ne lui veux pas de mal non plus

tu vois ? c'est pas toujours si simple que les théories le disent...

et des trucs comme ça, dans les familles, y'en a à la pelle, notamment parce que la famille c'est justement des gens qu'on ne choisit pas... il faut faire avec ce qu'ils sont, et avec ce qu'on est, et même si n'a pas d'affinité avec, on ne veut pas forcément les blesser juste pour affirmer sa différence ou sa "vérité"


C'est de ça que je parlais quand je disais : Le plus dur étant de se débarrasser du mensonge socialement admis et même recommandé.

J'avoue qu'aujourd'hui encore, ce genre de cas me pose des problèmes...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Le clin d'oeil des statues" vous attend.
Découvrez-le (ou achetez-le directement) :
http://aventurelivresque.opus1.over-blog.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://aventurelivresque.opus1.over-blog.com/
sophiesuite



Nombre de messages: 467
Date d'inscription: 22/01/2009

MessageSujet: Re: Du "mensonge" et de la "vérité"   Lun 4 Mai 2009 - 6:19

Quel genre de problèmes ?
Du genre moral ? ou de l'impression de se "brouiller soi-même" qu'évoquait nuam ?
Revenir en haut Aller en bas
Farouche



Nombre de messages: 3123
Localisation: Sud où il fait beau
Date d'inscription: 29/04/2008

MessageSujet: Re: Du "mensonge" et de la "vérité"   Lun 4 Mai 2009 - 9:20

Je ne crois pas qu'il s'agisse de morale, étant donné que j'ai le sentiment de n'en avoir aucune.
C'est le décalage entre mon désir d'être sincère (pour être en adéquation avec ma façon de penser) et le malaise qu'induit le fait de blesser en l'étant. Comme toi, je n'aime pas l'idée de faire de la peine à des gens qui ne le "méritent" pas et ont de l'affection pour moi, même si je n'ai pas d'affinités avec eux, comme tu le dis très bien. Ton exemple est typique et bien choisi, je crois qu'il nous parle à tous.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Le clin d'oeil des statues" vous attend.
Découvrez-le (ou achetez-le directement) :
http://aventurelivresque.opus1.over-blog.com/
Revenir en haut Aller en bas
http://aventurelivresque.opus1.over-blog.com/
Vic Taurugaux



Nombre de messages: 3350
Localisation: 20°16'31.10"S-57°22'5.53"E
Date d'inscription: 27/03/2007

MessageSujet: Re: Du "mensonge" et de la "vérité"   Lun 4 Mai 2009 - 13:01

Sophie relie vérité et croyance. Dois-je dire à un athée que je suis croyante ? Le problème avec Dieu, c’est qu’on ne peut pas le prouver. On y croit ou pas. Ce n’est pas facile. C’est pour cela que les religions sont des chemins vers la Vérité. Car, pour un athée, Dieu reste un mensonge puisqu’il ne se prouve pas lui-même.
Docteur dites-moi la vérité ! Autrefois, c’est au curé qu’on posait cette question. Le docteur n’a jamais détenu la Vérité, juste peut-être un savoir autre que le nôtre sur notre état de santé. La seule possibilité pour un médecin de ne jamais se tromper serait de nous annoncer notre décès à plus ou moins longue échéance. Il aurait forcément raison, mais en même temps, il risquerait de nous en rendre malade. Qu’il nous l’annonce avec des précautions de langage, des pronostics savants, tout un tas de probabilités, d’espérances de vie etc… je préfère. Je ne souhaite pas être traité comme un condamné à mort. Or, la plupart des médecins répugne à m’informer sur ma mort prochaine. Au contraire, ils préfèrent calculer pour moi et avec moi mes possibilités de guérison, mes risques de vivre plutôt que mes chances de mourir.
A mon avis, le mensonge ou la révélation de la Vérité ne sont ni bon ni mauvais. Ils sont plutôt comme le dit Esope à propos de la langue : la meilleure et la pire des choses.
L’honnêteté, la sincérité serait plutôt alors de savoir pourquoi on dit une vérité ou son contraire à telle personne, et ce dans quelle intention ?
Généralement, on aime bien que la vérité coïncide avec ce qu’on pensait déjà. Par exemple que les bébés naissent dans les choux ou que l’univers tourne autour de la terre. Mes contradicteurs, je les oblige à la fois à me dire la Vérité et à être fidèle à mes croyances. Sinon, je les crois plutôt de mauvaise foi, je les taxe de colporteurs de mensonges.
Dire la vérité à quelqu’un, c’est d’abord vouloir aller à la rencontre de la sienne. Et quand on professe : je lui ai dit ses quatre vérités !, Généralement notre interlocuteur a surtout entendu quelqu’un qui ne parlait que de soi.
Ainsi de dire que vu notre système économique, le problème du réchauffement de la planète, si on ne prend pas des mesures radicales, on court à la catastrophe. Tout le monde à peu près est désormais d’accord là-dessus. Qu’il y a urgence à changer notre comportement. C’est ça la Vérité. Mais, nous ne changeons pratiquement rien sinon trier un peu nos poubelles. Chacun sait que ce n’est pas suffisant. Mais, personne ne peut croire réellement que la catastrophe est imminente. Cela dépasse notre possibilité de penser. Tout se passe comme si malgré notre savoir, la Vérité demeurait inaccessible...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
L'aurore s'allume,
L'ombre épaisse fuit;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit.
Revenir en haut Aller en bas
Astérisque
"J'étais pas là"


Nombre de messages: 1243
Date d'inscription: 21/02/2008

MessageSujet: Re: Du "mensonge" et de la "vérité"   Lun 4 Mai 2009 - 13:26

chinois
Comment fais-tu pour avoir les idées aussi claires un lundi?
T'es moine de Saint-Bernardin?
Nan, suis sérieuse, c'est... clair.
Merci m'sieur!

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"La vie c'est simple, c'est avec le vécu que tout se complique..."
Revenir en haut Aller en bas
Romane
Administrateur


Nombre de messages: 64237
Localisation: Kilomètre zéro
Date d'inscription: 01/09/2004

MessageSujet: Re: Du "mensonge" et de la "vérité"   Lun 4 Mai 2009 - 14:04

Tu réponds en partie au jeu des questions que j'avais l'intention de proposer, Vic. Je voulais demander : Et vous, quelles vérités aimeriez-vous entendre, et quelle vérité aimeriez-vous qu'on vous cache ? Quelle est votre force et quelle est votre faiblesse ?

L'exemple de la mort est génial, d'autant plus qu'il était celui sur lequel je voulais démarrer (donc je suis géniale Laughing ).

Et puis puisque tu passes dans le quartier, mon cher Vic, et que là est un peu aussi ton terrain, pourrais-tu me dire ce que tu penses des enfants adoptés et des secrets qui tournent souvent autour de leur naissance ? Apprendre à vingt ou trente ans que nos parents ne sont pas nos parents, ça doit faire bizarre... L'apprendre beaucoup plus jeune peut aussi peut-être déstabiliser. Alors, comment faire ?

Moi je persiste à dire ce que j'ai écrit plus haut je ne sais où : la sincérité aide à 99 % à faire au mieux.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour je suis Roulotte alors je m'appelle Roulotte, c'est pour ça que mon pseudo c'est Roulotte." (Jean Vilain)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
filo



Nombre de messages: 5073
Localisation: Montpellier
Date d'inscription: 02/04/2007

MessageSujet: Re: Du "mensonge" et de la "vérité"   Lun 4 Mai 2009 - 15:59

Farouche a écrit:
Je ne crois pas qu'il s'agisse de morale, étant donné que j'ai le sentiment de n'en avoir aucune.
C'est le décalage entre mon désir d'être sincère (pour être en adéquation avec ma façon de penser) et le malaise qu'induit le fait de blesser en l'étant. Comme toi, je n'aime pas l'idée de faire de la peine à des gens qui ne le "méritent" pas et ont de l'affection pour moi, même si je n'ai pas d'affinités avec eux.


Romane a écrit:
la sincérité aide à 99 % à faire au mieux.


Idem.
J'ai remarqué que depuis quelques années que je ne mens plus du tout, ça me rend fort, et libre.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
Les fêlés sont précieux car ils laissent passer la lumière

>>>> http://filosphere.free.fr <<<<
Revenir en haut Aller en bas
http://filosphere.free.fr
Vic Taurugaux



Nombre de messages: 3350
Localisation: 20°16'31.10"S-57°22'5.53"E
Date d'inscription: 27/03/2007

MessageSujet: Re: Du "mensonge" et de la "vérité"   Lun 4 Mai 2009 - 16:26

Un truc qu’on dit souvent aux parents qui veulent nous mettre, nous les psys, dans le secret par rapport à leur enfant : soit qu’il serait trop jeune, soit que l’information serait trop terrible est que souvent les enfants imaginent bien pire. C’est là me direz vous accorder des compétences aux enfants qui ne sont pas toujours vraies. Mais, ce pieux mensonge est plutôt pour faire réfléchir les parents sur la « bombe » qu’ils détiennent. Un secret que si on le lui disait : ça le traumatiserait. ..

Je veux bien croire qu’avoir, faire un enfant, c’est parfois compliqué. Il ne suffit pas toujours que Papa mette la petite graine dans Maman. Du moins le bon papa. Ou la bonne maman. Avec ou sans éprouvette. En utilisant ou non l’adoption, une mère porteuse, un amant, enfin tout le génie des adultes censés concevoir. Généralement, la cuisine des parents, le gamin s’en fout. Mais à force de lui dire sans lui dire, de lui cacher/avouer que sa conception fut terrible, l’enfant peut-être pris dans la névrose parentale de sa procréation. C’est un peu comme si les parents devaient se justifier auprès de leur progéniture de leurs ébats amoureux et que l’enfant en devienne le juge.

La plupart des enfants adorent le Père Noël. Avec lui au moins, les choses sont moins compliquées. Le fait qu’on soit tous ses petits enfants emporte l’adhésion surtout quand on est en train d’écrire sa lettre. Il n’y aurait que les parents pour dire : tu sais, si tu n’es pas sage… C’est toujours un truc de parents de casser l’ambiance. Sans eux, on croirait au Père Noël indéfini….

La curiosité… voilà un moteur important. D’aucuns disent : c’est un péché. Certains parents, éprouvés par la difficulté de se reproduire, ne peuvent plus offrir à leur enfant un secret des origines attractif, susceptible d’émoustiller leur imagination. Ce serait tellement horrible de savoir. Du coup, il y a des enfants qui préfèrent rester idiots. Alors qu’avec un peu de mise en scène, le mystère de comment on fait les bébés pourraient devenir si alléchant pour nos petits détectives.

La pulsion du savoir s’inscrit sur les mystères et les secrets de la vie. Encore faut-il que ces secrets ne soient pas mortifères. Il n’y a pas plus beau geste d’amour que d’adopter, mais parfois le romantisme fait faux bond à des parents qui ont trop galéré….

Il s’agit alors de leur reconstruire une histoire, un roman familial, un mythe, un… comment dites-vous déjà ? Ah oui, une fiction.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
L'aurore s'allume,
L'ombre épaisse fuit;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit.
Revenir en haut Aller en bas
sophiesuite



Nombre de messages: 467
Date d'inscription: 22/01/2009

MessageSujet: Re: Du "mensonge" et de la "vérité"   Mar 5 Mai 2009 - 10:09

Vic a écrit:
Sophie relie vérité et croyance. Dois-je dire à un athée que je suis croyante ? Le problème avec Dieu, c’est qu’on ne peut pas le prouver. On y croit ou pas. Ce n’est pas facile. C’est pour cela que les religions sont des chemins vers la Vérité. Car, pour un athée, Dieu reste un mensonge puisqu’il ne se prouve pas lui-même.


Je reliais vérité et croyance dans le sens de dire sa vérité personnelle, être authentique avec quelqu'un que l'on estime, et dont on recherche aussi l'authenticité quelque part, pour développer une relation... authentique Very Happy
Je peux prendre un autre exemple là-dessus, plus neutre peut-être, sur les goûts (qui sont si on veut des formes de croyances exprimées d'une certaine manière).
J'aime le bleu. Sous-entendu, dans ma vérité, le bleu est beau, plus beau par exemple que le rouge.
J'aime tel groupe de musique, sous-entendu selon moi, il est meilleur que tel autre.
Etc etc...
Alors certainement, nos amis ne sont pas obligés de savoir tout ce qu'on aime ou pas. Mais en revanche, dans une discussion toute simple, amicale, va-t-on mentir sur ce genre de choses ?
Sûrement que non.
1, parce que ça serait dépenser beaucoup d'énergie pour pas grand chose
2, parce que là pour le coup, ça rejoint ce que disait nuam, sur le fait de se brouiller soi-même, et aussi dans la relation avec les autres.
Chacun de ces petits trucs pris séparément n'est pas essentiel pour me définir, ou me constituer, néanmoins il parait logique et nécessaire de pouvoir dire ce genre de "vérités" (toutes personnelles) dans une relation avec quelqu'un qui est plus qu'un simple passant dans la rue.

Donc pour en revenir aux croyances spirituelles ou religieuses, si en tant que croyante, dans une discussion sur la spiritualité et la religion, je dissimule volontairement le fait que je suis croyante, quelque part je mens, car je fausse en partie la compréhension que mon interlocuteur peut avoir de mes propos.
Et puis sur un plan simplement humain, de confiance, d'amitié etc..., ben si c'est mon ami, donc quelqu'un que j'apprécie et qui m'apprécie, il est d'autant plus important de pouvoir partager ses vérités avec. Notamment celles que l'on considère comme "importantes".

Sinon, c'est plus de l'amitié ni de l'échange, c'est la discussion superficielle au coin de la rue sur la pluie et le beau temps en attendant le bus.

Donc après, que l'athée considère l'existence de Dieu comme un mensonge, c'est son "problème", et c'est une autre question à mon avis. Même si pour lui, Dieu n''existe pas, si je lui dis "je crois en Dieu", il peut entendre cette "vérité" dans le sens que c'est juste la mienne. Je suis honnête avec lui, je lui dis simplement à quoi je crois, c'est ma vérité. Ce qui ne cherche pas à lui démontrer pour autant que Dieu existe.

Après, les problèmes surviennent quand en face on se trouve avec quelqu'un qui veut vous démontrer que votre vérité n'est pas la bonne, ou pas assez bien ficelée, ou qu'il faudrait en changer.
C'est une autre question, qui n'est pas forcément le sujet ici.

Pour faire le lien avec une autre partie de ton message, Vic, sur le fait de dire ses "quatre vérités" à quelqu'un... en effet, on pourrait considérer une bonne fois pour toutes qu'on ne dit jamais de vérité absolue, ou concernant l'autre. On ne dit jamais que sa propre vérité. Et si déjà on arrive à la dire, c'est à dire la connaître, c'est déjà beaucoup.

Romane a écrit:
Et vous, quelles vérités aimeriez-vous entendre, et quelle vérité aimeriez-vous qu'on vous cache ?


Je ne sais pas trop comment répondre "méthodiquement" à ces deux questions. J'essaye de répondre globalement, par ce qui me vient en tête en les lisant.

- Je me souviens enfant, dans ma famille, il y avait un gros secret-tabou. Enfin un tabou, qui du coup était devenu un secret. Ben oui forcément, quand on veut pas parler de quelque chose, petit à petit plus personne ne sait ce que c'est.
Ce qui donne des situations complètement stupides d'ailleurs, où tout le monde sait que quelque chose ne doit pas être dit, mais plus personne ne sait de toute façon quoi.
Il s'agissait d'un truc, qui plus est, pas spécialement "terrible" (enfin ça dépend pour qui évidemment). Un cousin mongolien décédé très jeune.
Je l'ai appris incidemment, un jour en proposant pour mon petit frère le prénom de ce fameux cousin dont j'avais jamais entendu parler.
Que n'avais-je pas dit ! Je me suis fait sauter sur le poil et regarder d'un oeil sévère. Et moi naïvement... mais avec déjà un petit soupçon de culpabilité, c'est terrible l'éducation qu'on a reçu quand même. On en vient à culpabiliser au moindre sourcil froncé, même quand on ne sait rien de ce qu'on aurait hypothétiquement fait de mal.
Une fois que je l'ai su, vraiment tout ça m'a semblé absurde.
Ca datait d'une génération avant moi, c'était un cousin parmi 40 (la famille est grande), et puis bon sang, dans la famille y'avait eu aussi des cancers, des morts, y compris d'enfants, alors pourquoi cette histoire faisait glaglater tout le monde comme ça ?
Voilà un exemple de secret que je trouve gonflant.
Pas que je voulais absolument la connaître cette histoire, en ce sens je ne voulait pas spécialement qu'on me dise la vérité. Je m'en foutais, et j'avais surtout envie que cesse ce climat absurde d'obsession-tabou-secret-chuchotement, qui pour un enfant est probablement un des trucs les plus désagréables. Ca donne un ton compassé aux choses et aux gens, ça rend pusillanime, trouillard, ou alors à l'inverse ça donne envie de secouer tout le monde pour leur faire cracher leur valda Laughing
Je pense que ce que je dis rejoint le propos de Vic. Les enfants ne se tripotent pas le cerveau comme ça sur les trucs "graves" ou "dramatiques" ou blablabla. Le dramatique, le tragique, le secret, le terrible... c'est des trucs (chiants) d'adulte trop sérieux.

- Je n'aimerais ou n'aimerais pas rien de spécial en fait. J'essaye de prendre ce qui vient comme ça vient (pas trop le choix de toute façon, on peut pas contrôler ce que font les autres).
Mais il y a des fois où je me demande si c'était vraiment bien utile qu'on me dise ça.
Exemple quand j'étais môme, ma mère a fait une fausse couche assez "dramatique" (comprendre sanglante). Bon. Déjà c'était assez glauque comme ça, au milieu de la nuit, sortie du lit par le bruit de l'ambulance qui venait la chercher blablabla...
Quand elle est rentrée, plus de bébé, d'accord.
C'est triste, d'accord.
Etait-ce bien utile (merci mamy) de me bassiner ensuite avec le fait que ça avait été vraiment grave, et vraiment dangereux, et que, ô malheur, ma mère avait failli y passer ?
Adulte, j'aurais pu l'encaisser, j'aurais relativisé tout de suite, mais enfant ? J'ai eu longtemps eu une trouille absurde parce que rétrospective pour ma mère.
Et même adulte, qu'est-ce que ça m'apporte de le savoir finalement ?
Ma mère est bien vivante, alors avec des "si" et des "peut-être"... on se fait bien du mal au cerveau.
Conclusion : pas que je veuille qu'on me cache des choses, mais desfois j'aimerais ne pas être abreuvée par les "vérités" des autres qui ne me servent franchement à rien (voire même peuvent être nocives).

- Je n'ai pas d'exigence de vérité vis à vis des autres, je considère qu'ils me doivent rien. La seule chose qui m'importe c'est, avec les gens que j'aime, de pouvoir avoir une relation, comme j'appelle ça, authentique. On peut dire sincère aussi.
Mais je n'éprouve pas le besoin de tout savoir des gens, pas même ceux qui me sont très proches. Je sais très peu de choses sur le passé de mon compagnon, ça me convient comme ça. S'il voulait en parler, je l'écouterais, mais s'il n'en parle pas spontanément, je considère que c'est qu'il n'en a ni envie ni besoin, et je ne vais pas le cuisiner.
La seule chose que je fais parfois, sachant qu'il est très silencieux et introverti, c'est insister si je sens bien que quelque chose ne lui plait pas et qu'il ne le dit pas. C'est la seule "vérité" que je demande, qu'il exprime ce qui a besoin d'être exprimé (pour éviter qu'il le garde sur le coeur et aussi pour éviter que ça "plane" entre nous et que ça crée un climat délétère).
Et là il s'agit bien de SA vérité que je demande, et non une vérité absolue. C'est entendre SA voix, pour que l'échange soit dans les deux sens et pour pouvoir, au choix, rectifier si j'ai déconné sans m'en rendre compte, ou bien m'expliquer si je considère que ce que j'ai fait était correct.
Revenir en haut Aller en bas
Vic Taurugaux



Nombre de messages: 3350
Localisation: 20°16'31.10"S-57°22'5.53"E
Date d'inscription: 27/03/2007

MessageSujet: Re: Du "mensonge" et de la "vérité"   Mar 5 Mai 2009 - 12:48

Je me suis engueulé l’autre jour avec ma femme sur la définition du secret. Elle est psychomotricienne comme moi, pour s’occuper d’enfants mais avec une autre équipe, donc d’autres façons de penser. Je sais : deux psys dans un couple, ça complique, mais bon, en même temps, faut bien qu’on discute de quelque chose maintenant que les enfants sont partis.

Donc, pour elle, pour son équipe, les secrets de famille, ce sont des choses que les gens ne savent pas. Qui fonctionnent de façon inconsciente. Des trucs terribles qu’il faudrait à tout prix élucider.
Je lui dis : des non-dits ? Elle me répond : Non ! Des secrets !
Moi, je lui réponds : mais si ce sont des secrets : C’est pas grave !
Elle maintiens : Ben si, justement.

Pour le coup, voyez comment vont les choses, je suis plus d’accord avec Sophie qu’avec ma femme. Bon, là, c’est juste un truc entre nous, je ne vais pas aller le lui dire. Je risquerais de lui faire de la peine, c’est pas très galant.

Mais pour moi, le secret, ce n’est pas forcément des choses troubles. Le secret, c’est des choses que je ne dois pas connaître. Pour que le système marche mieux. Y a des trucs, c’est comme ça, cherche pas à comprendre. Ca vaut mieux pour tout le monde si personne ne le sait. Par exemple, il faut que le monde entier sache que la France possède l’arme nucléaire. Que celle-ci peut-être tirée à tout moment sur n’importe quel point de la planète si on vient trop nous chercher. Mais le secret défense consiste à ce que personne ne sait où se trouve actuellement le sous-marin dont elle va jaillir. C’est notre botte secrète. Bon, maintenant que notre bombe fonctionne ou pas, là, ce serait plutôt de l’ordre du non-dit. On a déjà assez de mal à leur faire croire qu’on pourrait être méchant, ne nous cassez pas la baraque ! Mais avec ce secret supposé terrible, notre diplomatie planétaire possède un argument qui nous pose dans la discussion. Disons que ça organise d’une certaine façon le débat.
Dans certaines familles, le risque d’avoir un enfant mongolien peut se révéler élevé. Par mesure conjuratoire, on peut éviter le sujet surtout devant les femmes enceintes. Enfin, le truc fonctionne sur certaines générations, avant l’amniosynthèse, pour les plus modernes, le truc devient obsolète : on sait bien que la trisomie 21 ne se propage pas par la parole. Quoique. Quoique, dans ces familles, on prend une certaine habitude de parler. On sait que ne rien dire sur certains sujets peut améliorer parfois la discussion. C’est ni bien ni mal. Sauf que les bavards, ça nous barbe un peu, ça fait toujours des histoires pour trois fois rien. On voit donc comment la vérité devient alors aussi tributaire du fond que de la forme.

-Vous avez un enfant mongolien dans la famille ? Mon Dieu, mais c’est terrible, pourquoi n’en n’avez-vous rien dit ?

Ou bien :
-Vous avez un enfant mongolien dans la famille ? Comment s’appelle-t-il ? Il a dix ans ? Mais, vous ne me l’aviez jamais présenté ?

Le mongolien appartient au discours familial. Ce n’est pas un mot neutre depuis que ça nous est arrivé. On parle alors sans ce mot, avec un blanc dans la conversation que tout le monde respecte. Sauf Sophie, qui allez savoir pourquoi aima justement son prénom…

Ce que je veux dire, c’est que ce qui est important, ce n’est pas tant le contenu du secret, c’est plutôt sa fonction. Et que souvent sa révélation ne révèle rien du tout : c’était déjà un secret de polichinelle, une certaine façon de discuter entre nous.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
L'aurore s'allume,
L'ombre épaisse fuit;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit.
Revenir en haut Aller en bas
Vilain
Don Juanito


Nombre de messages: 6346
Date d'inscription: 20/02/2004

MessageSujet: Re: Du "mensonge" et de la "vérité"   Mar 5 Mai 2009 - 17:45

Dit la vérité et tu es sûr que d'une façon où d'une autre quelqu'un t'en voudra....cache- la le résultat sera le même.....AngeR

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
j'ai lu pas mal de conneries dans ma vie. Maintenant j'en écris !
Revenir en haut Aller en bas
 

Du "mensonge" et de la "vérité"

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 8Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forums de Liens Utiles :: Présentation - Généralités :: Paroles et débats :: Psychologie-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet