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| | | La communication non violente (CNV) | |
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| Auteur | Message |
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alejandro Hors catégorie
Nombre de messages: 1395 Date d'inscription: 30/01/2005
 | Sujet: Re: La communication non violente (CNV) Mer 9 Sep 2009 - 21:46 | |
| | sophiesuite sur le fil ‘L'appréhension du monde’ a écrit: | A savoir discuter pour le plaisir de discuter et d'avancer dans sa propre réflexion ; ou bien discuter pour convaincre et rallier quelqu'un à sa cause. Personnellement, je préfère discuter dans le sens réfléchir avec, plutôt que débattre, qui est un mot et un concept que je n'aime pas du tout, et qui malheureusement est le plus proche de la réalité sur les sujets politiques.
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Tu n’aimes pas chercher à convaincre, à railler quelqu’un à ta cause ... Enfin, je dis ça mais je dis rien, hein ? |
|  | | Vilain Don Juanito

Nombre de messages: 6345 Date d'inscription: 20/02/2004
 | Sujet: Re: La communication non violente (CNV) Mer 9 Sep 2009 - 22:06 | |
| | Romane a écrit: |
Cependant, en lisant bien le développement que tu fais, Sophie, je me disais qu'en apporter les bénéfices ne serait pas idiot. Pourrait alors naître : la confrontation non violente. C'est-à-dire une suite d'arguments qui, au lieu de faire bondir gnagna, seraient pris dans leur sens positifs : réfléchir, bouger, évoluer.
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Oui...dans un monde idéal...où tout le monde chercherait à avancer ensemble pour un monde meilleur.... Hélas, le monde c'est pas ça...le monde c'est une catégorie de gens qui se regroupent pour défendre leurs intérrêts contre d'autres qui se regroupent pour défendre les leurs..... Dans tout ça, le plus à plaindre est celui ( ou celle) qui n'a pas compris que seul(e) on ne fait pas le poids... D'où l'intérrêt de ceux qui ont le pouvoir de diviser pour régner...*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"* j'ai lu pas mal de conneries dans ma vie. Maintenant j'en écris !  |
|  | | Alizé

Nombre de messages: 1441 Localisation: BRETAGNE Rennes Date d'inscription: 26/05/2008
 | Sujet: Re: La communication non violente (CNV) Mer 9 Sep 2009 - 22:15 | |
| Je trouve très intéressantes toutes les remarques de chacun de vous. Je ne pense pas que cette méthode supprime toute spontanéité au contraire mais je ne suis pas bon juge puisque j'ai toujours fait ma petite cuisine...je serais incapable de faire parti d'un groupe et d'agir d'une façon qui corresponde à une méthode, de soumettre mes attitudes au jugement d'autres personnes, de m'entendre dire que ce qui était substantielle moëlle pour moi doit être appliqué avec rigueur et méthode. Là, c'est moi qui émet une réserve. La lecture du livre de Marshall B.Rosenberg est passionnante, suivre son raisonnement, sa pensée une évidence...mais j'imagine que s'intégrer à un groupe qui tente d'appliquer cette méthode doit être rudement frustrant ; une manière de se couper les ailes pour se conformer à un groupe ; encore un moule ! Ysandre, je souffle sur ton doigt. Le but de la communication non violente n'est pas de permettre à quelques uns de monopoliser la parole, et d'être compris des autres...ce serait trop nul ! Il faut savoir pratiquer l'écoute avec empathie aussi. Je vais mettre ici un texte de Marshall B. Rosenberg -observer sans évaluer- Je peux admettre que tu me dises Ce que j'ai fait ou n'ai pas fait. Et je peux admettre tes interprétations, Mais je t'en prie, ne mélange pas les deux. Si tu veux semer la confusion Voici un bon moyen Mélange ce que j'ai fait Avec tes propres réactions Dis-moi que tu es déçue En voyant mes diverses tâches inachevées Mais ce n'est pas en me traitant d'irresponsable Que tu parviendras à me motiver. Dis-moi que tu te sens blessée Lorsque je dis non à tes avances, Mais ce n'est pas en me traitant d'homme froid et insensible Que tu m'attireras à toi. Oui, je peux admettre que tu me dises Ce que j'ai fait ou n'ai pas fait Et je peux admettre tes interprétations Mais je t'en prie, ne mélange pas les deux. et encore... Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) de Ruth Bebermeyer Je me sens si condamnée par tes mots Je me sens tellement jugée et repoussée, Avant de partir, j'aimerais savoir, Est-ce cela que tu as voulu dire ? Avant que je ne me lève pour ma défense, Avant que je ne parle poussée par ma souffrance Ou par ma peur Avant que je ne construise un mur de mots, Dis-moi, ai-je bien entendu ? Les mots sont des fenêtres, ou bien ce sont des murs. Ils nous condamnent ou nous libèrent; Lorsque je parle et lorsque j'écoutePuisse la lumière de l'amour rayonner à travers moi. Il y a des choses que j'ai besoin de dire, Des choses qui signifient tant pour moi, Si ces mots ne rendent pas mon message limpide, M'aideras-tu à me sentir libre ? Si j'ai paru te rabaisser, Si tu m'as cru indifférente, Essaie d'écouter par delà mes mots Les sentiments que nous partageons. [Sophie, je vais être silencieuse demain sur ce fil ] *"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"* Les sources naissent des pierres. Elles ont dans l'herbe, Le goût des framboises. J.C. Renard
Dernière édition par Alizé le Mer 9 Sep 2009 - 23:38, édité 1 fois |
|  | | Alizé

Nombre de messages: 1441 Localisation: BRETAGNE Rennes Date d'inscription: 26/05/2008
 | |  | | Vilain Don Juanito

Nombre de messages: 6345 Date d'inscription: 20/02/2004
 | |  | | Alizé

Nombre de messages: 1441 Localisation: BRETAGNE Rennes Date d'inscription: 26/05/2008
 | Sujet: Re: La communication non violente (CNV) Mer 9 Sep 2009 - 23:37 | |
| Vilain, je pensais à moi après t'avoir lu...( je ne sais pas si nous sommes sur la même longueur d'onde, et je ne te connais pas assez pour me permettre de te donner des conseils) Je voulais juste dire que malgré les problèmes rencontrés j'assume mes choix. Je ne me plie à aucun système, mais je ne suis pas à plaindre. En société je tiens mon rôle, je suis discrète mais peu influençable. (enfin... je tiens mon rôle sans renier mes convictions) *"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"* Les sources naissent des pierres. Elles ont dans l'herbe, Le goût des framboises. J.C. Renard
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|  | | Romane Administrateur

Nombre de messages: 64216 Localisation: Kilomètre zéro Date d'inscription: 01/09/2004
 | Sujet: Re: La communication non violente (CNV) Jeu 10 Sep 2009 - 0:20 | |
| | Vilain a écrit: | | Romane a écrit: |
Cependant, en lisant bien le développement que tu fais, Sophie, je me disais qu'en apporter les bénéfices ne serait pas idiot. Pourrait alors naître : la confrontation non violente. C'est-à-dire une suite d'arguments qui, au lieu de faire bondir gnagna, seraient pris dans leur sens positifs : réfléchir, bouger, évoluer.
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Oui...dans un monde idéal...où tout le monde chercherait à avancer ensemble pour un monde meilleur.... Hélas, le monde c'est pas ça...le monde c'est une catégorie de gens qui se regroupent pour défendre leurs intérrêts contre d'autres qui se regroupent pour défendre les leurs..... Dans tout ça, le plus à plaindre est celui ( ou celle) qui n'a pas compris que seul(e) on ne fait pas le poids... D'où l'intérrêt de ceux qui ont le pouvoir de diviser pour régner... |
Comme ça en vrac :
Je suis bien d'accord, mon brave monsieur ! Le monde idéal n'est pas pour demain, l'espèce humaine est bien trop viciée pour cela. Toutefois, dans la foule il est possible de repérer une poignée d'êtres capables de noblesse et d'authenticité, ce qui aide à supporter.
Je reprends le Net pour exemple, puisque nous l'avons sous les yeux. Nous disposons d'un écran et d'un clavier, et normalement si nous ne sommes pas trop idiots, nous savons que demain, au réveil, les mots ne se seront pas envolés pendant la nuit. Moyennant quoi, les esprits s'échauffent au quart de tour sur le Net et on assiste à des crêpages de chignons pas tristes.
Que personne ne me dise qu'il n'est pas possible de poser une phrase du style de la communication sans violence, je n'y crois pas. Or, les foires d'empoigne pullulent, les petits règlements de compte naissent, et de dialogue vrai je vous assure qu'il faut chercher. Ainsi donc on dirait que la communication passe obligatoirement par la nécessité de s'engueuler (et encore je ne me plains pas, car sur LU on arrive à tenir des sujets hards grâce à la majorité des membres remarquablement ouverts au dialogue. Le pourcentage de dérapages est relativement bas).
En somme, serions nous faits de la nécessité de nous confronter, parfois violemment, pour exister ? |
|  | | filo

Nombre de messages: 5070 Localisation: Montpellier Date d'inscription: 02/04/2007
 | Sujet: Re: La communication non violente (CNV) Jeu 10 Sep 2009 - 3:59 | |
| | Romane a écrit: | | En somme, serions nous faits de la nécessité de nous confronter, parfois violemment, pour exister ? |
Nécessité, je n'irai pas jusque là, mais le fait est que beaucoup de choses ont avancé dans l'histoire ainsi. Même Gandhi, qui fut le chantre de la résistance non-violente, se servit des mots et des actes pour dénoncer, et affronter la loi des colons. |
|  | | sophiesuite

Nombre de messages: 467 Date d'inscription: 22/01/2009
 | Sujet: Re: La communication non violente (CNV) Jeu 10 Sep 2009 - 6:55 | |
| | Romane a écrit: | | Déjà j'ai envie de dire que pratiquer un exercice n'est pas abandonner sa spontanéité, mais... pratiquer un exercice. (Si on devait contester tous les moments où la spontanéité n'a pas sa place, on serait étonné, et on n'en meurt pas, tant que ce n'est pas définitif) |
Merci Romane !!  Je commençais à désespérer que cet aspect-là de ma présentation soit entendu...
J'ajoute que, pour le cas où vraiment on a peur de passer pour un perroquet en société, c'est un exercice qu'on peut faire intérieurement. Pour ma part c'est ce que je fais la plupart du temps quand j'utilise la CNV. Je n'exprime verbalement à l'autre que quand j'ai une demande à lui faire. Mais sinon, je fais le processus intérieur, qui en général suffit à me faire comprendre pourquoi je réagis comme ça et à m'apaiser.
Je n'y ai eu recours qu'une fois de manière répétée et exprimée vraiment dans un dialogue suivi avec quelqu'un, c'était l'an dernier, j'ai eu une période difficile dans mon couple, j'étais dans un état émotionnel difficile à gérer. Je n'avais aucune envie de passer mon temps à m'engueuler avec mon ami, même si je considérais qu'il avait sa part dans les difficultés qu'on avait, je n'avais pas du tout envie qu'on règle ça à la foire d'empoignes. Donc comme je n'avais pas la force nécessaire habituelle pour gérer le débordement d'émotions, j'ai utilisé la CNV, tout le processus. Franchement à ce moment-là je me suis pas posée de questions existentielles du genre : est-ce que j'étais spontanée, est-ce que la violence faisait partie de la vie gnagnagna... Mon objectif du moment c'était de régler un problème de communication dans mon couple avec le plus d'amour et de calme possible, parce que comme je l'ai dit : respect de l'autre et respect de soi-même. Et qui plus est, à une époque de ma vie, je me suis faite engueuler et je me suis engueulée avec des gens suffisamment pour toute une vie, j'ai ma dose. Donc maintenant je veux d'autres manières de faire.
Après, on pourra me dire que je rêve d'un monde bisounours où tout le monde se fait chier, peu importe. Je ne peux que m'associer à tout ce qu'a écrit Alizé pour répondre à ça. La force de vie est un truc hallucinamment puissant et créateur. Qui n'a rien à voir avec toutes les bêtises, engueulades ou autres, qui nous donnent, trois secondes, l'illusion d'être puissant et d'avoir raison.
| Citation: | | Ceci dit, des phrases comme : "Lorsque tu commences à parler alors que je n'ai pas terminé, je me sens en colère parce que j'ai besoin d'écoute. Pourrais-tu attendre que j'aie terminé de parler avant de parler toi-même ? ", tu peux les répéter mille sept cent fois ; si ton interlocuteur a décidé de ne pas l'entendre, et bien qu'il ne soit pas sourd, c'est comme si tu pissais dans un violon. Ce qui me fait dire : faut être deux au moins, pour que ça fonctionne... |
Ce que tu dis est à la fois vrai et faux. Je veux dire par là que en effet SI la personne a décidé de ne pas t'entendre, alors elle ne t'entendras pas. Mais la plupart du temps, on fait la supposition que la personne ne veut pas entendre (parce qu'on la connait, parce que gnagnagna... il y a toujours un tas de raisons à cette supposition, il n'en reste pas moins que ce n'est qu'une supposition tant qu'on n'a pas vérifié) et on décide donc de ne rien dire. De ravaler ce qui nous déplait, et d'entretenir plutôt une sorte de re-sentiment, même léger peut-être mais tenace, vis à vis de cette personne. Il faudrait au moins, il me semble, prendre la peine de vérifier, en demandant au moins une fois à la personne de ne pas couper la parole. Le simple fait de le dire peut en faire prendre conscience à quelqu'un, il y a des gens qui parlent sans écouter les autres, mais ils ne s'en rendent pas compte et ils n'ont pas un "mauvais fond". Le simple fait d'attirer leur attention là-dessus, mais sans les engueuler, peut faire bouger quelque chose. Et à soi-même ça fait du bien, parce qu'au moins ça évite de ravaler son truc et de le remâcher comme un vieux chewing gum tout décati.
| Citation: | | Le tout donne l’impression d’être une technique à s’isoler dans une bulle et de couper tout contact avec ses semblables. Par exemple : « Car pour rester dans un processus non-violent et centré sur soi, Rosenberg insiste sur le fait que le sentiment ne peut pas impliquer quelqu'un d'autre. » D’abord, je n’en vois pas l’intérêt, ça doit être une expérience pénible. Ensuite, les autres, nous en avons besoin, nous ne pouvons pas évoluer indépendamment de nos semblables. |
Ma phrase a été mal comprise. Soit je me suis mal exprimée, soit tu n'a pas bien lu les commentaires que j'avais fait autour. Peu importe. Ce que ça veut dire c'est simplement reprendre la responsabilité de ce que l'on ressent. La CNV par définition ne renie pas le contact avec les autres, bien au contraire, puisqu'il s'agit de communiquer avec eux. Et ceci en relation avec une situation, une interaction notamment, qui nous est difficile pour une raison x ou y. Donc il s'agit bien de prendre en compte l'action de l'autre, et ce que ça nous fait à l'intérieur, notre ré-action.
Simplement le fait d'exprimer un sentiment de façon centrée sur soi pousse à cesser de se considérer en permanence comme ballotté par les autres. Par exemple quelqu'un qui passe son temps à se dire blessé, vexé, frustré, abandonné, ou je ne sais quoi d'autre qui implique que tout ce qui lui arrive est le résultat d'une action extérieure, cette personne se dilapide littéralement et abandonne littéralement le pouvoir sur sa vie à tous les gens qui l'entourent. C'est une question de choix. Personnellement, je préfère récupérer la responsabilité de ma vie, pour pouvoir la mener le plus possible comme je l'entends. Il ne s'agit pas de cesser d'interagir avec les autres, il s'agit simplement d'interagir avec eux de façon adulte. |
|  | | Romane Administrateur

Nombre de messages: 64216 Localisation: Kilomètre zéro Date d'inscription: 01/09/2004
 | Sujet: Re: La communication non violente (CNV) Jeu 10 Sep 2009 - 8:05 | |
| | sophiesuite a écrit: | Merci Romane !!  Je commençais à désespérer que cet aspect-là de ma présentation soit entendu.... |
De rien. Moi c'est comme ça qu'il m'a sauté aux yeux. 
| Citation: | | J'ajoute que, pour le cas où vraiment on a peur de passer pour un perroquet en société, c'est un exercice qu'on peut faire intérieurement | Intérieurement c'est déjà beaucoup, parce que ça permet de se mettre au carré avec soi-même ; or cela implique la lucidité d'un regard de soi à soi, et comme ce qu'on y voit n'est pas forcément glorieux vu qu'il est facile de tomber dans le piège de l'auto-satisfaction pendant que le monde entier a tort, l'exercice s'il est abordé est déjà un premier pas vers un brin d'humilité, de remise en question, et donc d'une ouverture au monde. Ceci dit, verbalement c'est encore mieux. Ça a le mérite de dresser un état que l'autre ne peut plus ignorer, sauf s'il feint la surdité. Un excellent moyen de clarifier l'état d'une relation et son avenir. Car si l'autre accepte cela ouvre tous les horizons. S'il refuse, on peut supposer que si les mots clairement dits ne servent à rien, on peut se faire du souci pour les lendemains éventuels porteurs de plus lourdes charges lourdes à assumer. Donc je dirais que intérieur ou verbalisé, l'exercice est porteur de plein d'indices.
| Citation: | | Mon objectif du moment c'était de régler un problème de communication dans mon couple avec le plus d'amour et de calme possible, parce que comme je l'ai dit : respect de l'autre et respect de soi-même. | Oui. Ce type de communication tend exactement vers cela, qu'il s'agisse d'un couple, d'une relation parentale, d'une amitié, etc.
| Citation: | | La force de vie est un truc hallucinamment puissant et créateur. Qui n'a rien à voir avec toutes les bêtises, engueulades ou autres, qui nous donnent, trois secondes, l'illusion d'être puissant et d'avoir raison. | Alors là, tu prêches une convaincue...
| Citation: | Ce que tu dis est à la fois vrai et faux. Je veux dire par là que en effet SI la personne a décidé de ne pas t'entendre, alors elle ne t'entendras pas. Mais la plupart du temps, on fait la supposition que la personne ne veut pas entendre (parce qu'on la connait, parce que gnagnagna... il y a toujours un tas de raisons à cette supposition, il n'en reste pas moins que ce n'est qu'une supposition tant qu'on n'a pas vérifié) et on décide donc de ne rien dire. De ravaler ce qui nous déplait, et d'entretenir plutôt une sorte de re-sentiment, même léger peut-être mais tenace, vis à vis de cette personne. Il faudrait au moins, il me semble, prendre la peine de vérifier, en demandant au moins une fois à la personne de ne pas couper la parole. Le simple fait de le dire peut en faire prendre conscience à quelqu'un, il y a des gens qui parlent sans écouter les autres, mais ils ne s'en rendent pas compte et ils n'ont pas un "mauvais fond". Le simple fait d'attirer leur attention là-dessus, mais sans les engueuler, peut faire bouger quelque chose. Et à soi-même ça fait du bien, parce qu'au moins ça évite de ravaler son truc et de le remâcher comme un vieux chewing gum tout décati. |
Ici aussi tu prêches une convaincue. Pour tout dire, je pratique la chose depuis pas mal de temps, sans savoir qu'il existait des recherches sur le sujet. Je peux donc te dire qu'il est très facile de savoir rapidement qui entend et qui fait le sourd. Pour celui qui entend, l'effet est fantastique, il ouvre quasiment sur le champ tous les possibles de la communication fructueuse. Pour qui ne veut rien entendre, je considère alors que c'est son choix et que son choix n'a pas à entraver ou abîmer mon propre chemin de vie. J'ai donc un truc infaillible découvert il y a quelques mois et qui fait rudement du bien, un allègement fantastique du poids dont l'autre te chargeait ; "je revoie le paquet". En clair, je fais comme dans le système postal quand il y a erreur de destinataire ; retour à l'expéditeur, lequel doit alors se débrouiller pour distribuer correctement ce qu'il t'avait envoyé par erreur. L'interlocuteur, son paquet en main, prend alors conscience de ce que sa surdité précédente crée une impasse. Il a alors le choix : soit il persiste, soit il réfléchit objectivement. S'il persiste, il n'y a pas de troisième essai parce qu'il s'agit d'un problème entre lui et lui que personne ne peut résoudre à sa place.
| Citation: | Simplement le fait d'exprimer un sentiment de façon centrée sur soi pousse à cesser de se considérer en permanence comme ballotté par les autres. Par exemple quelqu'un qui passe son temps à se dire blessé, vexé, frustré, abandonné, ou je ne sais quoi d'autre qui implique que tout ce qui lui arrive est le résultat d'une action extérieure, cette personne se dilapide littéralement et abandonne littéralement le pouvoir sur sa vie à tous les gens qui l'entourent. C'est une question de choix. Personnellement, je préfère récupérer la responsabilité de ma vie, pour pouvoir la mener le plus possible comme je l'entends. Il ne s'agit pas de cesser d'interagir avec les autres, il s'agit simplement d'interagir avec eux de façon adulte |
Je ne sais pas à qui tu répondais, mais je le prends au vol ; je suis absolument d'accord avec ça ! (D'ailleurs je crois que c'est aussi évoqué dans un fil parallèle au sujet des personnes qui persistent dans un état de victime, se livrant ainsi en toute dépendance aux autres et forcément s'attribuant la position de rejeter sur autrui tous les malheurs dont ils disent souffrir. Une sorte de démission de prise en charge de leur vie, et de transfert de leurs responsabilités sur autrui.) |
|  | | Rosacée
Nombre de messages: 829 Date d'inscription: 05/06/2009
 | Sujet: Re: La communication non violente (CNV) Jeu 10 Sep 2009 - 8:29 | |
| Ouftiiiiii ! Il ne faut pas s'absenter une journée chez les LUS ! Vous avez vu tout ce que j'ai à lire maintenant ! LOL Je vais revenir lire, mais j'ai déjà lu quelque réponses toutes aussi intéressantes les unes que les autres. Un peu plus haut, Alizé dit une phrase comme :"je pense pas que cela n'empêche pas la spontanéité." Pour ma part, je vois deux parallèles : Premièrement, je ne suis pas vraiment d'accord avec cela. Dès que l'on s'arrête pour réfléchir à ce que l'on va dire afin déviter un jugement, cela retire complètement la spontanéité. Maintenant, si l'on devient spontanné en pratiquant la méthode que Sophie nous a écrit, cela veut dire qu'on est super entrainé, disons que l'on s'est très entrainé et que c'est devenu un automatisme en soi, peut-être que c'est là que l'on peut y voir la méthode robot. Pour arriver à cet extrême, car je pense que c'est ainsi que l'on peut traduire ce travail, cela demande un énorme travail en soi, une fois qu'on y arrive c'est que l'entrainement de cette forme de communication est acquise. Donc on pourrait parler d'une certaine spontanéité. Ne serait-ce pas alors du conditionnement ? Est-ce que par cette méthode nous finirions par atteindre le but de la perfection ? Je me dis que cela ne serait plus vraiment naturel ? J'oubliais, je vais pousser plus loin : Ne serait-ce pas se faire violence ? Qu'en pensez-vous ? |
|  | | Romane Administrateur

Nombre de messages: 64216 Localisation: Kilomètre zéro Date d'inscription: 01/09/2004
 | Sujet: Re: La communication non violente (CNV) Jeu 10 Sep 2009 - 8:39 | |
| | Rosacée a écrit: | Ne serait-ce pas alors du conditionnement ? Est-ce que par cette méthode nous finirions par atteindre le but de la perfection ? Je me dis que cela ne serait plus vraiment naturel ?
J'oubliais, je vais pousser plus loin :
Ne serait-ce pas se faire violence ?
Qu'en pensez-vous ? |
Je me dis que communiquer nous pose de tels problèmes puisque malgré les mots, les médias, le niveau intellectuel, personne n'écoute personne, eh bien ça vaut la peine de faire l'effort de l'améliorer, par tous les moyens possibles. Celui-ci en est un, et rudement efficace.  Ça m'ennuie un peu, cette histoire de spontanéité qui s'emmêle les pinceaux avec le langage et la communication. J'ai presque l'impression qu'on lui attribue des trucs qui la desservent. Qu'est-ce que vous appelez spontanéité ? En quoi parfaire la communication la détruirait à votre avis ? (je pose la question, parce que je pense précisément le contraire) |
|  | | sophiesuite

Nombre de messages: 467 Date d'inscription: 22/01/2009
 | Sujet: Re: La communication non violente (CNV) Jeu 10 Sep 2009 - 8:41 | |
| | Romane a écrit: | | (...) un brin d'humilité, de remise en question, et donc d'une ouverture au monde. |
Oui voilà. En une phrase, tu as résumé ce que j'aurais mis trois pages à développer  Merci, again 
Après, pour revenir sur la question que tu as posée :
| Citation: | | En somme, serions nous faits de la nécessité de nous confronter, parfois violemment, pour exister ? |
Je suis très méfiante avec ce genre d'idée très générale, comme lorsque Filo dit "la violence fait partie de la vie". C'est général, ça part d'une observation personnelle de l'existant, avec une interprétation tout aussi personnelle. Pour ce qui me concerne, ça n'a rien d'une vérité absolue (si tant est que de toute façon il y ait des vérités absolues). Il y a des actes de violence dans le monde que nous connaissons. D'accord, c'est une observation.
Le monde que nous connaissons et "la vie" sont deux choses différentes. "La vie", est-ce que nous savons ce que c'est réellement ? je veux dire nous en avons une connaissance empirique ou théorique ? Ma question peut paraitre bête, mais elle mérite de s'y arrêter quand même. C'est pas parce qu'on est en vie (physiquement), que l'on est vivant.
Ceci pour dire qu'on a beaucoup d'idées sur ce qu'est la vie, mais combien de ces idées sont totalement personnelles et en fait simplement pilotées par notre propre vécu ? Il y a des gens, Filo, qui te diraient : "ben parle pour toi, non moi la violence ne fait pas partie de ma vie, parce que je n'en veux pas ; et ça ne m'empêche pas d'être vivant, bien au contraire..."
Donc la nécessité ou pas d'être violent.... à mon sens, c'est surtout relié à la vision qu'on a du monde.
Je reviens aussi sur d'autres passages du message d'alejandro auxquels je n'avais pas répondu :
| Citation: | | La première question que je me suis posée en lisant le fil d’ouverture est où commence la violence ? Jouer, par exemple au ballon, c’est vouloir gagner, essayer d’éviter de perdre, l’emporter sur l’autre, et il n’est pas difficile de soutenir que c’est déjà une forme de violence. Le coït, combien de féministes radicales ne l’ont-elles pas affirmé ? c’est aussi de la violence, etc. S’agit-il vraiment d’éliminer toute forme de tension ? |
Oui, il faudrait définir ce qu'est la violence. Je vais dire un truc qui va te faire bondir peut-être, mais je pense que la meilleure manière de savoir si quelque chose est violent ou non passe par le ressenti. Je ne pense pas que la violence se définisse de façon factuelle et exhaustive. Bien sûr, on peut dire que tel acte (meurtre, viol etc...) de brutalité sur le corps de quelqu'un d'autre ou même le sien, est violent. Mais au-delà de ça, il peut y avoir de la violence dans un tas de situations, de mots, qui pourtant ne pourraient pas être définis comme violents dans l'absolu.
Donc, jouer au ballon, vouloir gagner, est-ce que c'est violent ? je n'en sais rien dans l'absolu, ça dépend de la situation. Parfois oui, parfois non. Idem pour le sexe. Il y a des rapports sexuels violents, d'autres non. C'est même plus subtil que la "forme" de ce qui se passe. Je veux dire par exemple qu'il peut y avoir des rapports sexuels complètement animaux, mais qui n'ont rien de violent. Inversement, des rapports sexuels très peu "violents" de façon factuelle dans les gestes apparents, mais terriblement violents sur le plan psychologique. Donc où commence la violence ? dans le ressenti des protagonistes de la situation à mon sens.
Tu parles aussi de tension. Je n'ai pas parlé de tension, j'ai parlé de violence, et pour moi ça n'est pas la même chose. Si j'essayais de définir cette différence, je dirais en gros que la violence pour moi est quelque chose de destructeur et qui fait mal. Alors que la tension est simplement une tension, un rapport de forces, c'est tout.
| Citation: | | Il est ensuite question, dans la méthode, d’être parfaitement objectif. Pour des raisons que j’ai déjà donné ailleurs, à mon humble avis, le sujet qu’est l’être humain ne peut pas être objectif, il a nécessairement une grille de lecture. Pour être objectif, il faut être une machine, un instrument de mesure. |
J'ai parlé d'observation neutre de faits. Se contenter d'énumérer des faits, en essayant le plus possible de bien identifier quels sont les faits qui activent en soi une réaction. Par exemple, dans la phrase d'exemple que j'ai donnée sur le fait de couper la parole, il y a l'observation toute simple d'un fait : une personne commence à parler alors que l'autre n'a pas terminé de parler. De même si je dis à quelqu'un, en CNV ou pas d'ailleurs, que ses chaussures sont au milieu du salon, c'est un fait. Ses chaussures sont au milieu du salon. Après, on peut disserter sur la perception du salon comme lieu approprié pour mettre des chaussures ou je ne sais quoi. Mais pour moi, par rapport à la discussion sur ce qui est une technique très pragmatique de communication, je dirais que c'est d'une certaine façon hors sujet. Parce que quand on est dans le quotidien, les mains dans le cambouis, en initeraction directe avec quelqu'un, avec son salon, les chaussures au milieu, et le fait (par exemple) intérieurement que "putain, ça me gonfle, j'en ai marre de lui ramasser ses affaires....", on est pas là à se poser des questions philosophiques. C'est très pragmatique, très concret, comme technique. Ca sert à ça, ça sert à la vie de tous les jours. |
|  | | Rosacée
Nombre de messages: 829 Date d'inscription: 05/06/2009
 | Sujet: Re: La communication non violente (CNV) Jeu 10 Sep 2009 - 9:19 | |
| | Romane a écrit: | | Rosacée a écrit: | Ne serait-ce pas alors du conditionnement ? Est-ce que par cette méthode nous finirions par atteindre le but de la perfection ? Je me dis que cela ne serait plus vraiment naturel ?
J'oubliais, je vais pousser plus loin :
Ne serait-ce pas se faire violence ?
Qu'en pensez-vous ? |
Je me dis que communiquer nous pose de tels problèmes puisque malgré les mots, les médias, le niveau intellectuel, personne n'écoute personne, eh bien ça vaut la peine de faire l'effort de l'améliorer, par tous les moyens possibles. Celui-ci en est un, et rudement efficace.  Ça m'ennuie un peu, cette histoire de spontanéité qui s'emmêle les pinceaux avec le langage et la communication. J'ai presque l'impression qu'on lui attribue des trucs qui la desservent. Qu'est-ce que vous appelez spontanéité ? En quoi parfaire la communication la détruirait à votre avis ? (je pose la question, parce que je pense précisément le contraire) |
La spontanéité ? Je sais que le sujet est sérieux, je ne voudrais blesser personne. Je suis d'accord avec toi Ro. Tu sais, chaque jour j'essaie de faire attention à comment je vais dire les choses. C'est dur parfois. Quand on écrit c'est plus facile, on peut tourner ces phrases et se retenir. Mais dans une discussion, face à face, ce n'est pas aussi évident. D'ailleurs, on le voit même à la télévision dans des débats autour d'une table. Meme les politiciens se confrontent. Il est sûr qu'ils ne s'insultent pas comme des goujatiers. D'ailleurs, il paraît même qu'après leur intervention sur le plateau, ils sont comme je dirais : "cul et chemise" - 
Vois-tu, sans le vouloir, je viens de porter un jugement, même si c'était gentil. C'est ça la spontanéité. |
|  | | Romane Administrateur

Nombre de messages: 64216 Localisation: Kilomètre zéro Date d'inscription: 01/09/2004
 | Sujet: Re: La communication non violente (CNV) Jeu 10 Sep 2009 - 9:25 | |
| | sophiesuite a écrit: | | Romane a écrit: | | (...) un brin d'humilité, de remise en question, et donc d'une ouverture au monde. |
Oui voilà. En une phrase, tu as résumé ce que j'aurais mis trois pages à développer  Merci, again . |
Sauf qu'avec cette manie d'aller droit au but, j'en oublie le développement, et par exemple, cela me dessert sur le plan de la communication, parce que si toi tu le prends positivement, d'autres non, et personnellement je me sens frustrée de sauter cette étape. (c'est l'un des objets d'un travail sur moi-même actuellement et comme tu le vois, c'est pas gagné)
| Citation: | Après, pour revenir sur la question que tu as posée :
| Citation: | | En somme, serions nous faits de la nécessité de nous confronter, parfois violemment, pour exister ? |
Je suis très méfiante avec ce genre d'idée très générale |
Moi aussi, c'est pourquoi j'ai posé la question en rebondissant sur le commentaire de je ne sais plus qui. Je pense que l'on peut constater que la violence existe, les tensions aussi , tout en faisant soi-même le choix de non-violence et sans éviter les tensions mais au contraire en les traitant de manière à ce qu'elles ne le soient plus. Encore une fois... il faut être deux... (ou plus)
| Citation: | | C'est pas parce qu'on est en vie (physiquement), que l'on est vivant. | J'adore ! J'adhère !
| Citation: | | Donc la nécessité ou pas d'être violent.... à mon sens, c'est surtout relié à la vision qu'on a du monde. |
Je dirais qu'il n'est pas nécessaire d'être violent en réaction à la violence du monde (sauf cas extrême, ça existe...) mais qu'il est nécessaire d'assurer sa propre protection et qu'elle commence par une certaine fermeté qui n'induit aucune méchanceté, mais la vision claire de ce que j'appelle en théâtre "la bulle", et qui n'est autre que le territoire sacré de l'individu "prière de respecter ce territoire", ce qui amène à respecter la bulle de l'autre, et ainsi de suite.
Je vais dire un truc qui va te faire bondir peut-être, mais je pense que la meilleure manière de savoir si quelque chose est violent ou non passe par le ressenti.[quote] Je n'aurais pas dit mieux. Ce qui peut paraître anodin pour l'un peut prendre d'énormes proportions chez l'autre et être perçu comme une intrusion ressentie comme une violence.
| Citation: | | Pour être objectif, il faut être une machine, un instrument de mesure |
Au fond, c'est quoi, être objectif ? Par rapport à quoi ? A soi, forcément... Cela peut déjà paraître subjectif, puisque soi n'est pas l'autre. Pour autant, doit-on cesser de tendre vers l'objectivité telle qu'on la ressent ? A défaut d'efforts, n'irions nous pas vers pire encore ? |
|  | | sophiesuite

Nombre de messages: 467 Date d'inscription: 22/01/2009
 | Sujet: Re: La communication non violente (CNV) Jeu 10 Sep 2009 - 9:26 | |
| Bon, comme d'hab, Rosacée trouve non seulement le pot aux roses, mais gratte dessous. Allons-y. | Citation: | Un peu plus haut, Alizé dit une phrase comme :"je pense pas que cela n'empêche pas la spontanéité." Pour ma part, je vois deux parallèles : Premièrement, je ne suis pas vraiment d'accord avec cela. Dès que l'on s'arrête pour réfléchir à ce que l'on va dire afin déviter un jugement, cela retire complètement la spontanéité. |
Oui, tout à fait. C'est ce qui peut se produire au début, pour quelqu'un qui essayerait d'appliquer ça tout le temps (donc là encore une fois, on dépasse la logique de l'exercice ponctuel ou de l'outil utilisé pour une régler une situation délicate).
| Citation: | | Maintenant, si l'on devient spontanné en pratiquant la méthode que Sophie nous a écrit, cela veut dire qu'on est super entrainé, disons que l'on s'est très entrainé et que c'est devenu un automatisme en soi, peut-être que c'est là que l'on peut y voir la méthode robot. Pour arriver à cet extrême, car je pense que c'est ainsi que l'on peut traduire ce travail, cela demande un énorme travail en soi, une fois qu'on y arrive c'est que l'entrainement de cette forme de communication est acquise. Donc on pourrait parler d'une certaine spontanéité. |
En fait ce n'est pas exactement ce qui se passe. Ce que je peux dire pour ce qui me concerne, et ce que m'a expliqué l'amie qui pratique beaucoup la CNV : au départ, en fait c'est l'inverse de ce qu'on imagine qui se passe. Le processus, loin d'être un modèle auquel on se conforme, fonctionne comme un moyen d'observation de ce qui se passe en soi. Un moyen d'observation de la manière dont on pense, dont on interprète, dont on prend éventuellement des choses pour soi alors qu'elles ne nous étaient sans doute pas destinées, la manière dont on répond, dont on réagit c'est à dire dont quelque chose en nous-mêmes nous contrôle à notre insu etc etc... Donc, c'est tout à fait l'inverse d'une mécanisation de la parole. Au départ, la CNV a tendance à rendre très silencieux..... Non pas pour ne pas "déparler", mais parce que ça plonge dans un processus d'auto-observation, qui est extrêmement instructif sur soi-même, et aussi plus généralement sur la manière de communiquer des humains entre eux.
Ensuite, lorsque l'on commence à essayer de verbaliser toute une phrase selon le schéma, on le fait le mieux possible, mais dans une certaine spontanéité quand même, je veux dire par là qu'on le fait dans l'instant, tel que l'on est, on improvise. On ne fabrique pas sa phrase dans sa tête pour la ressortir à son interlocuteur telle quelle. Donc au début, c'est en réalité très "imparfait" (par rapport à l'"idéal" ou l'objectif que représenterait le modèle CNV). Et ça n'a aucune importance, parce que même imparfait, c'est un truc très efficace. Pour différentes raisons, dont certaines que j'ai déjà expliquées, le fait de remettre les choses à leur place et leur proportion, le fait de réfléchir un peu sur soi, le fait de canaliser les émotions lorsqu'il y en a... et une autre qui est de, tout simplement, faire autrement. En général, c'est efficace parce que ça stoppe littéralement la personne en face, si par exemple elle est en train de monter en pression, elle s'attend à ce qu'on lui réponde sur le même ton, et à reprendre une escalade bien connue de tout le monde lorsque l'on s'engueule avec quelqu'un.
Où, soit dit en passant par rapport aussi à ce que disait alejandro, il n'y a aucune interrelation avec l'autre, chacun est complètement plongé et même noyé dans ses propres réactions et émotions, et l'autre n'est qu'un stimulus extérieur qui vient piquer aux endroits où ça fait déjà mal. Il n'y a aucune écoute de l'autre lorsque l'on est en colère, ou en train de s'engueuler avec. Donc bref, la violence n'est en aucun cas à mon sens une manière d'interagir avec les autres, c'est surtout un truc où on est emporté par tout ce qui fait mal à l'intérieur de soi. Et du coup, on est là véritablement coupé du monde.
Donc pour en revenir à ce que je disais plus haut, ça stoppe la personne en face, et ça ouvre une porte sur une autre façon de faire possible. Rien que ça, c'est énorme.
Enfin, ce qui se passe quand on fait ce travail régulièrement, de ce que j'ai pu voir sur mon amie, ça n'est pas que l'on se conforme bêtement et "spontanément" au modèle pré-décrit, c'est au contraire que l'on devient fluide et libre avec ça. Une fois la porte ouverte vers l'intérieur de soi, et la connection faite avec ce que l'on ressent, ce dont on a besoin... alors le modèle devient presque inutile, parce que la violence disparaît progressivement des rapports que l'on peut avoir avec les autres. De son côté du moins.
L'étape d'après, et mon amie en est là, c'est puisque l'on est soi-même suffisamment tranquille et clair avec ce qu'on ressent, qu'on peut l'exprimer si besoin tranquillement au cas où la situation le nécessite, alors on fait de la CNV vis à vis de l'autre. C'est à dire qu'on essaye de se mettre à l'écoute de son sentiment et son besoin à lui. Pas pour s'y plier, mais pour le comprendre et l'entendre. L'amie dont je parle en l'occurrence utilise beaucoup ça dans son travail, elle travaille à guider des gens en insertion et réorientation professionnelle.
| Citation: | | Ne serait-ce pas alors du conditionnement ? |
Oui, c'est une forme de conditionnement. Comme n'importe quelle manière de vivre, de penser et de parler, selon des principes de base. Nous sommes de toute manière conditionnés, alors tant qu'à faire autant que ça soit en choisissant les règles du jeu. Qu'elles correspondent à ce que l'on désire de meilleur dans la vie. Et que l'on puisse sans cesse les améliorer s'il y a besoin selon ce que l'on expérimente.
| Citation: | | Est-ce que par cette méthode nous finirions par atteindre le but de la perfection ? |
C'est quoi la perfection ??? Il n'y a pas de perfection absolue. Il n'y a que ce que l'on désire vivre, et ne pas vivre. Par rapport à ça, on fait des choix, on prend des décisions, on cherche des moyens, on pose des actes etc...
| Citation: | | Je me dis que cela ne serait plus vraiment naturel ? |
Ca veut dire quoi naturel ?
| Citation: | J'oubliais, je vais pousser plus loin :
Ne serait-ce pas se faire violence ? |
Je renvoie à ce que je répondais à alejandro sur la notion de violence. Quand je vois mon amie qui a beaucoup pratiqué la CNV, que je la vois joyeuse, à l'aise avec elle-même et avec les autres, je ne ressens pas qu'elle se fasse violence... bien au contraire.... Maintenant, il y a peut-être des gens qui pratiquent la CNV en se faisant violence, ça serait un peu absurde par rapport à la philosophie de base mais pourquoi pas, l'esprit humain est tordu desfois. Ca appartient à chacun. Il y a des instruments, des outils, des possibilités, des voies.... tout est disponible, rien n'est ni obligé ni indispensable.
Le truc c'est de revenir toujours à ce qui est essentiel pour soi, parce que c'est ça l'origine de tout ce qu'on met en place dans sa vie. N'importe quelle technique, n'importe quel outil peut être mal utilisé ; c'est pas pour autant que l'outil lui-même est mauvais, c'est juste que l'outil n'est qu'un outil, et c'est comme ça qu'il faut le considérer. Encore une fois, ne pas se laisser régir par des trucs extérieurs, comme justement des méthodes, des techniques, des outils.
On peut tout à fait prendre ce qui nous parle, laisser ce qui ne nous parle pas. C'est pas parce que ça ne parle pas que c'est mauvais ou inutile. Et surtout, pour pouvoir véritablement décider que quelque chose est mauvais ou inutile, il faudrait au minimum avoir vérifié par soi-même.
Le truc aussi que je remarque, pour finir, c'est que souvent ce qui fait bondir dans ce genre de technique, bien plus que la philosophie de la chose, les principes sous-jacents etc.... c'est surtout le côté technique, méthode, processus.... qui renvoie à une certaine discipline. A mon sens, c'est un truc à réfléchir l'histoire de la discipline. Ca pourrait presque faire un fil à part entière, comme le doute d'ailleurs dont parlait Alizé sur le fil concernant le respect. |
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