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 La communication non violente (CNV)

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Vic Taurugaux



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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Ven 11 Sep 2009 - 11:08

Alejandro est notre polémiste. Il oblige Sophie à présenter au mieux la CNV. Il critique, au besoin il caricature, bref, il nourrit le débat. Cette agressivité n’est pas de la violence verbale. Celle que justement la CNV chercherait à réduire. On pourrait plutôt comparer cette combativité à celle du joueur de tennis d’en face qui nous renvoie sans cesse la balle. Alejandro devrait comprendre que pour que Sophie puisse nous convaincre du bien-fondé de la CNV, (qu’elle marque enfin le point ) , il devrait la laisser développer seule son propos. Or, il ne veut absolument pas comprendre cela. Par principe. Il est sur un forum de discussion donc il discute. C’est en cela un très bon adversaire, il ne veut absolument pas se laisser convaincre.

Ce qui serait spontané, c’est que Sophie parle toute seule. Qu’on ne l’interrompe pas. Un peu comme un auteur dans un livre à qui on ne pourrait pas couper la parole. Elle nous exposerait sa thèse bien plus confortablement. Et on lui répondrait en choeur : « Ah ouais, c’est vachement bien ! » Mais, (c’est dans sa nature), Alejandro est chiant. Remarquez, Sophie ne le lui dit pas, c’est normal, c’est une adepte de la CNV. Elle positive son attitude, il n’est, comme le définirait Romane, ni pinailleur ni chipoteur, juste un peu lent de la comprenette…

On sent bien la malice d’Alejandro parce que personne n’est dupe qu’il joue un peu (beaucoup ?) au con. Pour voir si Sophie qui n’aime pas la violence accepterait d’être aussi malicieuse que lui… Peut-on à la fois être adepte de la CNV et malicieux ?

Bien sur que le problème de trop châtier son langage risque de faire qu’on ne dit plus rien de soi. Quand se censurant, on se sclérose.Ca me fait penser au film « La vie est un long fleuve tranquille ». Comment ça discute différemment chez les Groseille et chez les Duquesnoy. Il y a pourtant une grande violence verbale dans ces deux milieux, autant chez ceux qui cherchent à tout prix à être spontanés, natures, autant chez ceux qui, plus « cultivés » utilisent force conventions sociales pour ne pas se violenter mais qui le font quand même. Bien sur, ce film parodique insiste sur l’hypocrisie des convenances et ferait plutôt la part belle aux Groseille. Pourtant, Chatillez ne masque rien de la violence de ceux des HLMs et comment, pour y défendre chacun sa peau, il faut bien « baiser » les autres.

Alors, le cynisme vaut il mieux que la tartufferie ?

Pour reprendre la définition de la violence, je suis assez d’accord avec Sophie sur le fait que c’est d’abord ce qu’on a déjà vécu et qu’on ne voudrait pas revivre. Enfant Groseille, on peut très bien avoir été violenté par la crudité des relations familiales et enfant Duquesnoy, par la fausseté d’un milieu bourgeois. Du coup, sur un forum de discussion, on ne parle pas pareil. Certains voudraient lissés des propos qui pourraient être blessants là où d’autres combattent la mièvrerie qui affadit le débat.

Peut-être, mais je ne sais pas si la CNV l’utilise, l’humour ne serait pas également un outil pour assouplir les controverses nécessaires à toute vie sociale ?
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Rosacée



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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Ven 11 Sep 2009 - 11:48

Vic Taurugaux a écrit:
Alejandro est notre polémiste. Il oblige Sophie à présenter au mieux la CNV. Il critique, au besoin il caricature, bref, il nourrit le débat. Cette agressivité n’est pas de la violence verbale. Celle que justement la CNV chercherait à réduire. On pourrait plutôt comparer cette combativité à celle du joueur de tennis d’en face qui nous renvoie sans cesse la balle. Alejandro devrait comprendre que pour que Sophie puisse nous convaincre du bien-fondé de la CNV, (qu’elle marque enfin le point ) , il devrait la laisser développer seule son propos. Or, il ne veut absolument pas comprendre cela. Par principe. Il est sur un forum de discussion donc il discute. C’est en cela un très bon adversaire, il ne veut absolument pas se laisser convaincre.

Ce qui serait spontané, c’est que Sophie parle toute seule. Qu’on ne l’interrompe pas. Un peu comme un auteur dans un livre à qui on ne pourrait pas couper la parole. Elle nous exposerait sa thèse bien plus confortablement. Et on lui répondrait en choeur : « Ah ouais, c’est vachement bien ! » Mais, (c’est dans sa nature), Alejandro est chiant. Remarquez, Sophie ne le lui dit pas, c’est normal, c’est une adepte de la CNV. Elle positive son attitude, il n’est, comme le définirait Romane, ni pinailleur ni chipoteur, juste un peu lent de la comprenette…

On sent bien la malice d’Alejandro parce que personne n’est dupe qu’il joue un peu (beaucoup ?) au con. Pour voir si Sophie qui n’aime pas la violence accepterait d’être aussi malicieuse que lui… Peut-on à la fois être adepte de la CNV et malicieux ?

Bien sur que le problème de trop châtier son langage risque de faire qu’on ne dit plus rien de soi. Quand se censurant, on se sclérose.Ca me fait penser au film « La vie est un long fleuve tranquille ». Comment ça discute différemment chez les Groseille et chez les Duquesnoy. Il y a pourtant une grande violence verbale dans ces deux milieux, autant chez ceux qui cherchent à tout prix à être spontanés, natures, autant chez ceux qui, plus « cultivés » utilisent force conventions sociales pour ne pas se violenter mais qui le font quand même. Bien sur, ce film parodique insiste sur l’hypocrisie des convenances et ferait plutôt la part belle aux Groseille. Pourtant, Chatillez ne masque rien de la violence de ceux des HLMs et comment, pour y défendre chacun sa peau, il faut bien « baiser » les autres.

Alors, le cynisme vaut il mieux que la tartufferie ?

Pour reprendre la définition de la violence, je suis assez d’accord avec Sophie sur le fait que c’est d’abord ce qu’on a déjà vécu et qu’on ne voudrait pas revivre. Enfant Groseille, on peut très bien avoir été violenté par la crudité des relations familiales et enfant Duquesnoy, par la fausseté d’un milieu bourgeois. Du coup, sur un forum de discussion, on ne parle pas pareil. Certains voudraient lissés des propos qui pourraient être blessants là où d’autres combattent la mièvrerie qui affadit le débat.

Peut-être, mais je ne sais pas si la CNV l’utilise, l’humour ne serait pas également un outil pour assouplir les controverses nécessaires à toute vie sociale ?


Ca fait plaisir que Vic soit revenu de vacances !

Et quel plaisir à te lire de nouveau, Vic !

Ceci dit, cela ne veut pas dire que je n'ai pas plaisir à lire les autres membres de lus ni que je lèche les bottes de Vic (oups) - ça veut simplement dire : sois le RE bienvenu, Vic !
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filo



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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Ven 11 Sep 2009 - 13:12

C'est marrant de comparer cela à la musique, car je me plais d'habitude à tout comparer à la musique, et ça marche la plupart du temps.
Il se trouve justement que je n'ai jamais appris la musique, que je ne connais pas le solfège et que je ne pratique jamais de gammes. Et que j'ai bel et bien fait un morceau où, du début à la fin, il n'y a qu'une seule note ( "Ombre" dernier morceau de mon album).
Mais assez parlé de moi.

La spontanéité, en musique comme ailleurs, est exploration, invention, inattendu, source de vie, d'inédit et d'évolution. L'art de l'improvisation, de la rhétorique, de réagir à une situation de crise brutale, de s'adapter à tout (avec les "armes" de l'autre), est à mon sens plus intéressant à privilégier que l'art d'éviter de laisser dépasser les sentiments d'une ligne plate et neutre.
Évidemment, il y a des justes milieux, et là encore l'art de conjuguer entre le spontané débridée et la neutralité à tout prix.

En psycho-graphologie, nous privilégierons une écriture "mouvementée" (animée d'irrégularités impulsives) à une écriture "formée" (dessinée par souci d'être bien lu), car plus authentique et vivante, moins calculée, moins dessinée à partir d'un moule.

En musique je préfère écouter Biréli Lagrène s'aventurer sur son manche de guitare en prenant des risques, explorer, plutôt que Mozart où tout est bien aligné, symétrique et attendu, avec ornementations convenues frisant la monotonie.
(Ça qui ne veut pas dire que je n'aime pas Mozart, mais à choisir dans la "grande musique", donnez-moi du Stravinsky ou du Bach)

En débat oral, n'est-il pas plus intéressant d'avoir un rhétoricien qui soulève des contradictions et pousse l'interlocuteur dans ses retranchements, plutôt qu'une personne bridée qui ne laissera rien dépasser par peur des pics, frôlant ainsi la complaisance ou la rétention ?

La comparaison avec le film "La vie est un long fleuve tranquille" est excellente pour réaliser qu'aucun extrême n'est préférable finalement. Avec un peu des ingrédients des deux côtés, on peut encore se laisser la liberté d'être soi tout en respectant l'autre.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Ven 11 Sep 2009 - 13:48

Citation:
Alors, le cynisme vaut il mieux que la tartufferie ?


Je ne sais pas Vic, mais ce que j'ai pu constater c'est que le cynisme intelligent et approprié est un art très difficile que peu de gens maîtrisent...
La plupart du temps, ceux qui se disent cyniques se contentent en fait d'une contradiction et d'un je m'en foutisme un peu systématique et sans grand interet.

Citation:
Peut-être, mais je ne sais pas si la CNV l’utilise, l’humour ne serait pas également un outil pour assouplir les controverses nécessaires à toute vie sociale ?


Eh oui... mais en tant que psy, je pense que tu sais bien que quand ça fait mal, ça fait mal, et que la souffrance rend en général assez peu comique. Sauf exceptions, remarquables certes. Mais pour ce qui me concerne, je n'en suis pas là. Et je suis pas sûre de vouloir y arriver un jour. Quand un truc me fait mal, je préfère me consacrer à faire le nécessaire rapidement et efficacement, plutôt que de gambader à faire des blagues dessus. Mais sans doute que je suis chochotte... je n'aime pas avoir mal, c'est bête hein ? Il y en a qui aiment. Chacun son truc.

Citation:
Pour reprendre la définition de la violence, je suis assez d’accord avec Sophie sur le fait que c’est d’abord ce qu’on a déjà vécu et qu’on ne voudrait pas revivre. Enfant Groseille, on peut très bien avoir été violenté par la crudité des relations familiales et enfant Duquesnoy, par la fausseté d’un milieu bourgeois. Du coup, sur un forum de discussion, on ne parle pas pareil. Certains voudraient lissés des propos qui pourraient être blessants là où d’autres combattent la mièvrerie qui affadit le débat.


En fait, je trouve qu'il y a vraiment des parallèles pas justes du tout entre violence et vie, violence et mouvement ou émotion, violence et animation du débat etc...
Je sais je me répète, mais pour moi la violence c'est quelque chose qui fait mal. Et je ne vois rien de bisounours, de stupide ou de cul serré à vouloir sortir de sa vie le plus possible ce qui fait mal, pour vivre plutôt des trucs qui font du bien.
M'enfin ça doit là aussi être une histoire de vision du monde.
Je pense que l'humain a vraiment souvent une propension à aimer souffrir et à se trouver tout un tas de raison bidons pour justifier cette partie-là de lui. Par exemple dire que c'est normal, que si on souffre pas on n'est pas vivant etc...
Mais c'est de la foutaise tout ça. C'est juste des mauvaises raisons pour éviter de se bouger le cul pour se prendre en main.
C'est ce qu'on nous a appris, volontairement et consciemment ou pas, et c'est le plus grand mensonge qui puisse exister.

Je n'ai jamais vu autour de moi de gens qui respiraient autant la VIE, la vie vivante, bourrée d'énergie, de pétillement, de sentiment, que ceux qui ne souffraient pas et avaient foutu dehors de leur vie la violence, la rancoeur, la colère, l'apitoiement et j'en passe...

Et ces gens-là sont tous sauf lisses, bridés ou je ne sais quoi.
Ils sont libres, tout simplement, et vivants.

Peu importe la forme que prend la violence chez quelqu'un, qu'elle soit Tartuffière ou cynique, ou autre. Le truc c'est : qu'est-ce que cette violence-là apporte ? à quoi elle sert ? est-ce qu'on a du temps pour ça ?
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Ven 11 Sep 2009 - 17:38

filo a écrit:

En psycho-graphologie, nous privilégierons une écriture "mouvementée" (animée d'irrégularités impulsives) à une écriture "formée" (dessinée par souci d'être bien lu), car plus authentique et vivante, moins calculée, moins dessinée à partir d'un moule.

En musique je préfère écouter Biréli Lagrène s'aventurer sur son manche de guitare en prenant des risques, explorer, plutôt que Mozart où tout est bien aligné, symétrique et attendu, avec ornementations convenues frisant la monotonie.
(Ça qui ne veut pas dire que je n'aime pas Mozart, mais à choisir dans la "grande musique", donnez-moi du Stravinsky ou du Bach)

Sans être une praticienne de la grapho, je partage cette sensation face aux écritures dites, je crois, "persona" (masques). Et il est bien frustrant de voir disparaître ce moyen d'expression au profit du clavier, toujours plus de formatage... C'est une perte sèche de sensations.
S'agissant de Bach, j'ai du mal à l'opposer à Mozart. Bien sûr j'aime autant chacun, mais Bach, c'est tout de même une harmonie très formalisée, non? Certains mathématiciens ne trouvent-ils pas des algorithmes dans ses partitions? Bach, c'est un paradoxe, une harmonie "énaurme", l'orgie belle... Pfffffffff Oui, bon, trop tout! Mais je ne parviens pas à le trouver plus proche des libertés du jazz...
Ca doit venir de mon acoustique!
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Ven 11 Sep 2009 - 17:45

En musique où en n'importe quel autre domaine, l'exploration ne se fait-elle pas justement hors des sentiers battus et du formatage, mais au contraire dans la créativité ?
Je pense que oui, et que c'est même le moyen offrant le plus de pistes possibles, donc de matière.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Sam 12 Sep 2009 - 3:05

Ast, écoute Les concertos Brandebourgeois, et tu t'apercevras que Bach c'était le Jimi Hendrix de l'époque ! Evidemment ça reste de la musique écrite et non improvisée, mais Bach, en plus d'être novateur, était aussi un excellent improvisateur.

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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Lun 14 Sep 2009 - 10:03

Comme ça j'entends! Enfin, il me semble! J'écouterai ses variations d'une oreille nouvelle! cheers
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Romane
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Mer 16 Sep 2009 - 16:39

Tiens, je tombe sur cette phrase magnifique :

« Ce n’est pas parce que c’est difficile de communiquer que vous n’entrez pas en relation ; c’est parce que vous n’entrez pas en relation que la communication devient difficile. »
http://www.numilogebooks.com/package/extraits_pdf/e258826.pdf

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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Sam 19 Sep 2009 - 2:09

Vic Taurugaux a écrit:
Alejandro est notre polémiste.


Je suis flatté.

Vic Taurugaux a écrit:
. Cette agressivité n’est pas de la violence verbale.


Je suis heureux qu’on me concède ça.

Vic Taurugaux a écrit:

Ce qui serait spontané, c’est que Sophie parle toute seule. Qu’on ne l’interrompe pas. Un peu comme un auteur dans un livre à qui on ne pourrait pas couper la parole. Elle nous exposerait sa thèse bien plus confortablement. Et on lui répondrait en choeur : « Ah ouais, c’est vachement bien ! » Mais, (c’est dans sa nature), Alejandro est chiant.

[…]

On sent bien la malice d’Alejandro parce que personne n’est dupe qu’il joue un peu (beaucoup ?) au con.




Là, c’est vraiment trop facile !
Parce que, si je comprends bien ton propos, si je contredits, de façon quelque peu vive, le discours de quelqu’un, c’est juste par goût pour la polémique, pour pinailler et chipoter, comme dit Romane ? Sans qu’on ait à prendre au sérieux ce que je dis, parce que c’est juste par esprit de contradiction systématique, comme le dit filo ?

Je suis désolé de te décevoir mais non. Sauf indication contraire, car il m’arrive bien de changer d’opinion, j’assume mes positions jusqu’à la dernière virgule. Et tant qu’on ne m’a pas fait changer d’opinion, je reste persuadé que j’ai raison, sur ce fil comme sur tous les autres.

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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Sam 19 Sep 2009 - 9:52

Je disais la malice comme un compliment supplémentaire à tes talents de polémiste et excuse-moi si je t’ai blessé, ce n’étais pas du tout mon intention. Je crois, (comme toi ?) que l’intérêt d’un débat est que lorsque quelqu’un apporte une thèse, il est bon que quelqu’un d’autre apporte une anti-thèse car la vérité n’est jamais monobloc, on pourrait seulement un peu l’approcher dans une possible synthèse.

Personnellement, j’apprécie la rigueur de tes propos et de ton raisonnement sur un Forum un peu « artiste »ou tu dois bien souvent jouer l’avocat du Diable. C’est un métier difficile car il arrive parfois que les gens avec lesquels tu polémiques sérieusement ne t’écoutent plus car ils te prennent tout aussi sérieusement pour le Diable. Tu dois alors te défendre sur le fait qu’on te prend pour qui tu n’es pas et comme dans tout procès, toutes tes tentatives de défense se retournent contre toi comme autant d’éléments à charge.

Supposer un peu de malice dans ta position, c’était introduire dans tes effets de manche, un peu de fantaisie, non pour dénaturer la rigueur de ton propos mais plus pour rendre à cette dernière un côté plus humain pour tes interlocuteurs.

Mais, les gens qui souhaitent continuer à être effrayés pourraient alors me rétorquer que la malice, c’est aussi la grande affaire du Diable et nous serions alors mis dans le même sac !

Tout cela pour dire que je crois personnellement à l’intérêt de l’humour pour fluidifier la communication. Bien sûr, le risque de l’humour est qu’il doit être de qualité sinon il peut-être vécu comme de la moquerie, de l’offense, de la méchanceté. Souvent, les choses importantes sont discutées de façon très sérieuse. « Il faut que vous compreniez absolument ce que je vous dis sinon ce serait terrible ! » L’autre en face fait de même et tout cela monte en symétrie, chacun accusant l’autre de ne pas vouloir « me comprendre ». L’humour, selon moi, consisterait alors à offrir du recul aux deux protagonistes sur leur situation.

Dans une tragédie, on va exacerber le dilemme cornélien, par exemple l’honneur face l’amour, et chaque acteur va monter en intensité dans l’émotion et dans de longues tirades où il déroule sa thèse. A la fin du spectacle,( si celui-ci a été bon), le spectateur en sort bouleversé. Quel drame de devoir sacrifier l’amour à l’honneur, où vice-versa !

La comédie quant à elle, je pense ici à Molière, aborde la chose en insistant beaucoup sur la situation, le contexte qui sert de décor au débat. C’est que, pour relativiser le dilemme, atteindre dans l’esprit du spectateur la synthèse, l’auteur vise avant tout le comique de situation. Apparaissent alors en filigrane, l’absurdité de vouloir solutionner le dilemme et (avec l’emploi répété de quiproquos) combien il est difficile, ridicule et dramatique de faire que les gens se comprennent enfin un jour.

La violence serait-elle alors consubstantielle à la communication ou existerait seulement la représentation que nous nous en faisons ?
Sophie dit bien qu’elle est venue à la CNV parce qu’elle avait trop souffert dans le passé de violence dans la communication. Elle sait combien la communication peut-être violente. C’est pour se prémunir de cela (que cette violence vécue ne revienne) que Sophie utilise la CNV. C’est le meilleur mécanisme de défense contre cette angoisse qu’elle a trouvé et c’est pour cela qu’elle nous le propose. Mais, cette idée que la communication risque de devenir violente n’est qu’une idée que Sophie s’est forgée dans son passé. Si on veut être rigoureux, scientifique, on devrait poser l’hypothèse que chaque nouvelle communication est neutre et que Sophie devrait comprendre cela. Un nouveau post c’est une nouvelle tentative de compréhension. C’est plutôt sympathique. Pourquoi imaginer de la violence dans tout cela ?

Seulement, la souffrance passée de Sophie demeure une vérité et que pour elle la CNV aide mieux que l’humour…

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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Sam 19 Sep 2009 - 11:22

Pfiou... un fil pareil de bon matin... Vous êtes durs avec moi, mes chers. Mais en même temps, rien ne m'oblige, s'pas !

La CNV me paraît une manière particulièrement efficace - ne serait-ce que, très égoïstement, pour soi-même. J'ai suivi une thérapie de l'affirmation de soi basée sur la méthode Fanget (dire non, exprimer et recevoir une critique, faire et recevoir un compliment...). Un truc très "scolaire", qui laisse bien perplexe, mais... qui fonctionne. Avec un préalable inconditionnel cependant : que les deux parties soient dans la bienveillance (et là, on en revient à la mauvaise foi, aux pervers narcissiques et aux pigeons... je suis hein... zavez-vu ça !).

Il me semble que la vie n'est pas simple et qu'on fait bien ce qu'on peut. C'est déjà un grand mérite que de le vouloir et d'y oeuvrer.

Reste qu'il me semble dangereux (comme toute théorie d'ailleurs) d'en faire une obligation, une norme, et de s'auto-flageller quand on flanche. Nous ne sommes pas des robots. Je n'oublie pas que nos chères entreprises jouent beaucoup sur le soi-disant "savoir-vivre" de leurs salariés (entendez par là "fermez-là) et que c'est profondément destructeur. Et qu'un peu de tolérance envers soi-même est salutaire : oui je me suis mise en colère, oui j'ai peut-être été injuste... Essayons d'y réfléchir pour la prochaine fois, mais ne nous condamnons pas au bannissement définitif.

Il faut bien admettre que certains (nombreux) sont passés maître dans l'art de la provocation et du mépris, et que je suis convaincue que ce n'est pas leur rendre service que de les laisser sévir.

Je dis ça parce que mercredi j'ai entièrement démoli la salle d'attente du médecin contrôle. Comme dit Jeannette : "Si je me tais, je vais avoir l'ulcère. Et l'ulcère, c'est rien que pour les riches." Après, j'ai demandé à mon mari s'il aurait pu imaginer un jour que je puisse faire un truc pareil. Réponse-fou-rire : "Eh ben ça non alors". Sourire de mon psy : "Bien, vous êtes en grand progrès !" scratch

Après... la spontanéité. Moui... Ça existe ??? Non parce que la communication, quel qu'en soit le mode, n'est-elle pas de facto un conditionnement en soi ? Peut-il y avoir spontanéité lorsque nous trimbalons tout notre passé dans notre baluchon ? Franchement...

Sur un autre plan, Rosenberg semble faire une confusion bien gênante au sens psychiatrique/psychologique. Car la colère EST une émotion, et "je me sens abandonné" EST un sentiment. Qui n'implique d'ailleurs pas forcément quelqu'un d'autre, ou alors quelqu'un de notre passé qui n'a rien à voir avec la situation du moment. Un quelqu'un que nous avons tellement intégré qu'il est désormais "nous".

Rosacée a écrit:
Ce qui serait spontané, c’est que Sophie parle toute seule. Qu’on ne l’interrompe pas. Un peu comme un auteur dans un livre à qui on ne pourrait pas couper la parole.

Heum... je coupe régulièrement la parole à l'auteur quand je lis un livre... C'est grave docteur ??? pale

Pour ce qui concerne les questionnements d'Alejandro, je n'y vois pas de la provocation mais plutôt un questionnement socratique, et que serions-nous, pauvres hères, sans le questionnement socratique ???

Quand au parallère avec la musique, pour aller dans le sens de Filo, Ligeti a lui aussi fait une oeuvre sublime avec une seule note, un la. Ma mémoire flanche... S'agit-il de "Variations sur une seule note", ou de "Sostenuto", ou de... ?

Et puis s'il vous plaît, ne touchez pas à Bach, sinon je vais entrer dans une profonde CTV... Hé, Astérisque, écoute donc aussi les Partitas. Mieux ! Trouve-les en concert !!!


Dernière édition par lucaerne le Sam 19 Sep 2009 - 12:00, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Sam 19 Sep 2009 - 11:32

Citation:
Sophie dit bien qu’elle est venue à la CNV parce qu’elle avait trop souffert dans le passé de violence dans la communication. Elle sait combien la communication peut-être violente. C’est pour se prémunir de cela (que cette violence vécue ne revienne) que Sophie utilise la CNV. C’est le meilleur mécanisme de défense contre cette angoisse qu’elle a trouvé et c’est pour cela qu’elle nous le propose. Mais, cette idée que la communication risque de devenir violente n’est qu’une idée que Sophie s’est forgée dans son passé. Si on veut être rigoureux, scientifique, on devrait poser l’hypothèse que chaque nouvelle communication est neutre et que Sophie devrait comprendre cela. Un nouveau post c’est une nouvelle tentative de compréhension. C’est plutôt sympathique. Pourquoi imaginer de la violence dans tout cela ?

Seulement, la souffrance passée de Sophie demeure une vérité et que pour elle la CNV aide mieux que l’humour…


Merci pour la psychanalyse au passage, Vic !

Un peu triste d'en revenir à cette sorte de conclusion et d'échappatoire que la non violence serait juste un truc pour quelques hurluberlus handicapés de l'humour qui ont trop souffert.

Ca me semble très très réducteur.
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Sam 19 Sep 2009 - 12:08

Je crois que la non-violence absolue est aussi extrêmiste que la violence incontrôlée. L'essentiel étant de trouver un juste milieu pour soi d'abord, et donc ensuite pour les autres. chinois
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Vic Taurugaux



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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Sam 19 Sep 2009 - 12:15

sophiesuite a écrit:

Merci pour la psychanalyse au passage, Vic !

Un peu triste d'en revenir à cette sorte de conclusion et d'échappatoire que la non violence serait juste un truc pour quelques hurluberlus handicapés de l'humour qui ont trop souffert.

Ca me semble très très réducteur.


Ce n'était dans mon esprit ni une conclusion, ni un échapatoire encore moins une réduction. La CNV et l'humour sont deux "techniques" pour améliorer la relation. Elles sont plutôt complémentaires ...
Quand à l'angoisse de voir la communication dégénérée, elle appartient à tout le monde...

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
L'aurore s'allume,
L'ombre épaisse fuit;
Le rêve et la brume
Vont où va la nuit.
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MessageSujet: Re: La communication non violente (CNV)   Sam 19 Sep 2009 - 12:19

Propos du quotidien....
tant de personnes trouvent plus commode de dire "Pousse-toi que je passe" / mais ça c'est encore correct car direct.
ou "Qu'est-ce que tu fais encore dans mes pattes ?"
ou "ça te dérangerait de te pousser "
alors qu'il est tout aussi facile de dire : "pardon, j'aimerais passer" ou
"excusez-moi, je suis particulièrement pressée pourriez-vous me laisser passer"
Les humains se traitent comme des chiens, et attention ils n'ont pas plus d'égards pour leurs propres besoins. (je généralise, mais la tendance est réellement à cette forme d'expression)
J'ai personnellement une ligne de conduite, peut-être dictée par ma nature profonde. Si je ne peux que constater certaines choses, je ne prends pas ce pli là et...lorsque je sors, les petites attentions discrètes que j'ai pour les autres font des miracles et je vois les visages se décrisper.
Si une parole dite avec l'intention de ne pas blesser l'autre, de le considérer comme une personne qu'on remarque et qu'on respecte (même si on ne la connaît pas) surprend autant et amène le sourire alors c'est signe que l'être humain en a besoin.

Pourquoi cette façon négative de parler se généralise -t-elle ?
J'en parlais avec mon mari et des amis - la pression au travail est telle, que les personnes s'aboient des ordres, des remarques désobligeantes...et l'attitude première est de se dire " Ah, tu me parles sur ce ton, alors je ne vais pas me gêner" ....et le ton est donné à toute une équipe...et ce ton est ensuite ramené à la maison.
Est-ce bien raisonnable ?
L'effort pour revenir à une communication plus saine est-il surhumain ?
Dans quel monde de la parole choisissons nous de vivre ?

Vous savez...quand une (mauvaise) habitude est prise il est dur de s'en défaire, parfois impossible.

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
Les sources naissent des pierres.
Elles ont dans l'herbe,
Le goût des framboises.

J.C. Renard
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La communication non violente (CNV)

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