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Romane
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MessageSujet: Re: Album   Ven 26 Nov - 4:24

La bande herbeuse s'étale, immense, bien au-delà du petit coin, toujours le même, où nous avons étalé nos trésors.
Une couverture, toujours la même. Elle n'a presque plus de couleurs à force de traîner le gazon, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. Dessus, pêle-mêle, un tas de fourbi. Ça va des poupées aux bouquins, en passant par des boîtes de je ne sais plus quoi, elles-même remplies de je ne sais plus quoi.
Des trésors, je vous dis !
Et ça piaille. Y'en a toujours un ou une qui se plaint, et les autres qui s'en foutent. Les autres, bien trop occupés à fouinasser dans le foubi.

Les fins d'après-midi des beaux jours, nous venons là et nous profitons le plus possible de la douceur de l'air. Jusqu'à ce qu'une voix appelle : "Allez hop! tu rentres, c'est l'heure !" ou "A taaaaaaaable !"

On traîne le plus longtemps possible. Il y aura deux ou trois rappels à l'ordre, avant de nous décider à plier bagages.

Le jeudi, on a tout l'après-midi. Jour d'abondance ! L'ombre des arbres tourne, on tourne avec elle. Il suffit de tirer la couverture.

Cette fois, c'est un jeudi. Un jeudi de pleine action ; nous sommes dans NOTRE monde, le reste n'a pas d'importance.
J'ai peut-être cinq ans.
J'ai soif. Je vais m'obliger à quitter le carré sans couleur, arpenter ce qui me semble interminable : le tour de l'immeuble, l'escalier qui monte au premier, le palier, le couloir, la cuisine, pour arriver au frigo. Et une fois désaltérée, refaire le chemin en sens inverse. Vite, vite. Y'a pas de temps à perdre. Notre monde n'attend pas !!
Il est pressé, le monde de l'enfance. Pressé de ne pas cesser, pressé de s'édifier, d'éclater de rire, d'inventer d'autres bons tours, de croire en lui. Non. Pas de croire en lui : d'être. Il Est. Vous n'y voyez rien, rien d'autre que des jeux, mais vous vous trompez. Il est ce que vous ne verrez jamais, avec vos yeux trop kidnappés par l'après...

C'est dans le marathon de l'aller, que je l'ai vu.

C'est lui. Je ne le connais pas. Je le reconnais. Il n'est pas très grand. Maigre. Avec un bras pas comme l'autre. Plus raide on dirait. A contre jour, ne ne vois pas bien les traits de son visage. Mais je sais déjà qu'il a un regard "en dessous".

Je m'immobilise. Mes forces me quittent soudain. Comme ça, tout d'un coup. Je me sens vidée de l'intérieur, de haut en bas. Mes jambes tremblent. Je ne parviens pas à les contrôler....
Visiblement, il m'observe, lui aussi à l'arrêt. Il a quelque chose d'infiniment inquiétant...

Je m'enfuis. Je cours à perdre haleine, mon coeur bat, bat, bat comme s'il allait éclater ma poitrine. Je cours, je cours, je fuis, je le fuis, je ne veux plus le voir, je ne veux pas qu'il puisse m'attraper.

Je m'engouffre dans l'escalier, je grimpe quatre à quatre les marches. Je tremble de tous mes membres en cherchant la serrure du bout de ma clé. Je tourne sans arrêt ma tête, fébrilement, pour m'assurer qu'il n'est pas là...
Je claque la porte derrière moi... la ferme à double tours... Je tremble comme une feuille, comme une feuille d'automne sans attache...
Je vais même me recroqueviller dans un coin de l'appartement, avec un tambour sous mes petits seins de gosse...

Quelques jours après, j'apprendrai qu'Il rôdait dans le coin. Quelqu'un l'a vu. Alors mes valises seront bouclées et je prendrai une autre destination que celle de mon domicile, dans une famille anonyme. En attendant que le vent tourne...

Je suis allée le voir pour la première fois, lorsque j'avais 28 ans. Je l'ai reconnu. Comme s'il avait, bien des années auparavant, marqué ma mémoire à jamais. Mais cette fois, je n'ai pas tremblé. Je savais ce que je voulais de lui.
Question de vie ou de mort. Intérieure d'abord. Le reste aurait suivi. Forcément.

Il est le premier homme de ma vie. Celui qui a impunément assassiné mon enfance et saccagé ma vie de jeune femme.

"L'homme de Rien"
Mon père.
_________________
"Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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imagine.
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MessageSujet: autre instantané   Ven 26 Nov - 11:45

26 décembre 1988

Papa est mort.

J’ai passé le réveillon de Noël à Paris, ce fameux Noël où nous étions parties sur un coup de tête, avec deux amies, pour deux jours, pour ensuite embrayer directement sur une semaine de travail. Et lorsque je suis rentrée pour le réveillon du Jour de l’An, Maman a pleuré. Elle m’a dit que Papa, mon Papa, était mort, il y a une semaine. Elle a voulu me prendre dans ses bras, plus pour se consoler elle que moi, je suppose. Parce que ses bras, j’en ai rêvé enfant pendant longtemps, bien sûr, elle m’y a tenu enfant, parce que j’étais en demande perpétuelle, parce que je m’y imposais, et lorsque j’ai arrêté de demander, ça s’est arrêté. Comme lorsque l’on n’arrose plus une plante, elle finit par être oubliée et meurt d’un combat qu’elle sait perdu d’avance. Je l’ai repoussée ce jour-là, difficile déjà de l’apprendre, alors une semaine après, c’est encore plus difficile. Je suis sortie ce soir-là, anonyme dans la foule d’un bar enfumé, où j’ai fais ce que j’ai toujours fait, semblant.





20 septembre 1993

Demain, c’est l’anniversaire de Papa.

Mon père. Je ne pense qu’à lui aujourd’hui. Je suis dans un putain de stage obligatoire à la con dans une région de merde, avec une ambiance de merde, je me sens mal, je fatigue, je reviens d’un autre stage de trois mois, intense et super fatigant, tout ça pour gagner en reconnaissance. Il est déjà venu me parler en rêve, une fois. Mais surtout pour guérir une blessure musculaire que je m’étais faite. Et là, je pense à lui. J’en ai besoin. Il viendra me parler en rêve, je lui dirai tout ce que je n’ai pas pu lui dire avant qu’il ne me quitte. Le lendemain, à l’Ouest, ma voisine de chambre, me dit que je parle dans mon sommeil. Je cours sous la douche et j’y pleure ce qu’il me reste encore de larmes.





21 Septembre 1994

Moral dans les chaussettes.

Cette mélancholie dure depuis un ptit moment. Elle s’est installée sans prévenir. A élu domicile pour des tas de raisons que je ne raconterais pas.

Je passe faire un saut au para club. Je m’équipe. L’autre me propose une PA (précision d’atterrissage), je déteste ça, je préfère la chute libre, mais bon, j’en ai rien à faire aujourd’hui, pas d’envie. Alors, joviale, comme d’hab., je lui réponds « ok, j’te suis ». 1400 m (normalement on aurait déjà du être sous voile depuis longtemps, mais Daniel nous offre 200 m de rab., il m’a sauvé la vie, ce jour-là, il ne le sait même pas). L’autre saute, je le suis (l’autre, je sais plus comment il s’appelle, je me souviens juste qu’il avait un œil qui disait merde à l’autre, et en PA, c’est assez rigolo.). Ok, je merde mon ouverture, normal, j’en ai rien à foutre aujourd’hui. Comme de ma première dent ? Alors la drisse de mon extracteur s’enroule autour de mon poignet. Là, je m’inquiète, plus par réflexe, je ne sens rien, pas le choc de l’ouverture. Argh ? Je regarde enfin. Ok, je me mets en chute dos, on ne réfléchit pas bien (me reste dix secondes avant de toucher la Terre) en voyant le sol arriver. Là, je tente des mouvements de bras, mais tu parles, avec la pression, rien à faire mais, je suis calme, à l’Ouest. (On réfléchit vite quand même). Au bout d’un temps infime, qui m’a paru une éternité, je décide enfin que je veux vivre, alors je pose la main sur la poignée de mon parachute de secours. Et là, miracle. « Je veux vivre ». Mot magique. Ils m’ont entendu. La drisse se déroule d’elle-même sans que je ne tente quoi que ce soit de plus que ce que je n’avais fait auparavant, et me voilà pendue à 200 m sol. Autant dire que quand j’ai vu le sol si près, j’ai réalisé que j’aurais pu y passer. De quoi vous rappeler que vous êtes en vie, et que c’est pour la vivre.





Aujourd’hui

Les jouets s'animent

Il m’accompagne tous les jours, je suis encore plus proche de lui que je ne l’ai été de son vivant. Il est à côté de moi. Avec son Papa à lui que je n’ai pas connu. Je sais son prénom et qu’il est impatient comme moi, les chats font pas les chiens. Souvent ils arrivent, et dans la maison se joue un remake de « Toy Story ». J'entends les jouets se mettre en branle tous seuls là-haut à l'étage, En fait, ce n'est pas mais plutôt eux qui jouent avec. Brrr !! Ca peut faire froid dans le dos. Eh bien non. J’en ai pris l’habitude. J'y pense là, parce qu'un jouet vient de rire en émettant un « eh eh eh » significatif. La dernière fois, c'est Woody, qui s’est mis à parler tout seul. En plus, d'habitude il parle normalement, mais là il parlait à toute vitesse. En anglais, en plus !! Moi qui n'y pipe rien à l'anglais... Alors en vitesse rapide !! A part ça, non tout va bien. J'suis pas schizo. comme certaines personnes pourraient le penser. Ils viennent s'amuser. Ils arrivent en silence, mais parfois, pris dans le jeu, laissent tomber ou touchent aux boutons. Bah on est tous pareils. De grands enfants.. Ou parfois, ils font exprès de faire du bruit, quand il est cinq heures du mat. et que je ne suis toujours pas couchée, comme pour me dire, que c’est l’heure pour moi, leur enfant, d’aller au lit.
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Marylen
Electrocuteuse Innée



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MessageSujet: Re: Album   Ven 26 Nov - 14:23

Imagine,
Je n'ose pas dire tout haut ce que je pense tout bas: que t'es folle ma fille ! Mais Dieu ! que j'aimerais être habitée de cette folie-là !
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MessageSujet: Re: Album   Ven 26 Nov - 14:55

Merci Marylen Wink))
ce compliment me va droit au coeur vraiment Wink)
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MessageSujet: Re: Album   Ven 26 Nov - 15:01

Mais dans ce cas, Marylen, on peut se poser la question de savor qui est plus folle que l'autre.... celle sui écrit ou celle qui aime ce qui est écrit lol


je taquine Wink
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Invité




MessageSujet: Re: Album   Ven 26 Nov - 15:06

j'ai écrit ce txt ce matin vite fait sous influence de la chanson de Dido Take my hand
je ne peux m'enpecher de savourer le passage d'environ dix secondes, qui se situe après 3:31 mn, les violons et le djembé se mettent en branle, jouent et là, t'es obligé de danser, c'est trop bon !!! et ensuiite des petits accords éparpillés jusqu'à la fin.
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Romane
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MessageSujet: Re: Album   Sam 27 Nov - 0:57

Un soleil tout neuf !
Tout blanc !
Presque neigeux !
Il entre à flots, s'engouffre dans la grande fenêtre et vient déjà lécher le parquet. Moi, j'aime le soleil, quand il est comme ça, arrogant, vif, pointu, aguicheur. Il ressemble à Marie-José quand elle me fait bisquer.
J'ai calé deux oreillers derrière ma tête. Ah que c'est moelleux, confortable, douillet !
Les draps remontés jusqu'aux seins, assise dans le grand lit, devant la grande fenêtre grande ouverte au grand soleil !
Même les oiseaux n'ont pas de nid plus accueillant !
Sur mes genoux, posé sur le rabat du drap en coton blanc, un bol. Rempli de cerises rouges. Rouge. Rouge rond. Rouge luisant. Rouge croquant. Rouge juteux. Rouge cerise !
Piquées de leur queue rebiquée, seules ou par deux. Des fois même, elles sont trois !
Et moi.... je croque. Je défais prestement le noyau, entre mes dents. Je le dépose dans ma main en cône. Je mâche la chair sucrée, la chair printemps. Croquante. Rouge juteux.
Quand j'ai avalé, je vise. J'évalue. Il faut que le noyau traverse la longueur de la chambre. Qu'il passe entre les barreaux de la rembarde. Le plus loin possible.
Et je tire !!
Hop !
Qui sait, sur le gazon, dehors, peut-être un jour on verra pousser un bébé cerisier ?

Suivante !
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"Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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MessageSujet: Re: Album   Sam 27 Nov - 1:51

de l'érotisme ?

histoire vécue ?
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Romane
Administrateur



Inscrit le : 01 Sep 2004
Messages : 49119
Localisation : Kilomètre zéro

MessageSujet: Re: Album   Sam 27 Nov - 2:01

imagine. a écrit:
de l'érotisme ?
histoire vécue ?


Imagine !!! Laughing Tu vois ça érotique, toi, une gamine qui balance les noyaux de cerise par la fenêtre, depuis son lit ? Laughing
Histoire vécue... quelle aventure, hein, que ces bouts de rien qui ne s'en vont plus !
J'ai beaucoup aimé ton texte.
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MessageSujet: Re: Album   Sam 27 Nov - 2:25

Romane a écrit:
Un soleil tout neuf !
/ lécher le parquet. /, arrogant, vif, pointu, aguicheur./ Ah que c'est moelleux, / Les draps remontés jusqu'aux seins, assise dans le grand lit, devant la grande fenêtre grande ouverte / Même les oiseaux n'ont pas de nid plus accueillant ! //
Rouge rond. Rouge luisant. Rouge croquant. Rouge juteux. //
Piquées de leur queue rebiquée, //
Et moi.... je croque. Je défais prestement le noyau, entre mes dents. Je le dépose dans ma main en cône. Je mâche la chair sucrée, la chair printemps. Croquante. Rouge juteux. //
Quand j'ai avalé, !



Non pas trop de connotation érotique dans ce texte... si peu Laughing
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Romane
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MessageSujet: Re: Album   Sam 27 Nov - 2:31

Evidemment, vu sous cet angle... comme quoi, c'est intéressant de saisir les remarques des autres sur son propre texte. J'étais tellement dans la sensation exacte de ce jeu, qui revenait chaque printemps, qu'il ne m'est pas venu à l'esprit le sens perceptible des mots employés.

Alors je dirais : non, pas érotique. Sensuel peut-être. Croquer un fruit éveille déjà les sens. Dans ce contexte, c'est vrai... ben mince alors...
Je ne m'en serais jamais aperçue si tu ne me l'avais pas dit !!

Quel regard affuté, Imagine !
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MessageSujet: Re: Album   Sam 27 Nov - 21:07

besoin inconscient d'érotisme ? Wink)
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Romane
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MessageSujet: Re: Album   Sam 27 Nov - 23:00

imagine. a écrit:
besoin inconscient d'érotisme ? Wink)


Oui.
Mais besoin conscient.
Etre sensuelle aussi.
Mais je le suis.
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Invité




MessageSujet: Re: Album   Sam 27 Nov - 23:33

Un txt écrit il y a quelques temps

ta réplique m'y a fait repenser


Cas clinique

Une pièce froide, stérilisée, des hommes habillés en blouse verte, masque sur le visage, calotte sur la tête, mains en avant, gantées.
« Nous allons disséquer le sentiment amoureux, dit le neurochirurgien à ses internes.
« Regardez-bien, nous avons là, une femme d’une trentaine d’années, approchez ! -- Les internes s’avancent, se penchent en avant -- qui présente une pathologie grave. Elle se plaint de pulsions qu’elle n’arrive pas à contrôler. Pas de lésions au niveau cervical... Pas d'altérations non plus dans le système neurologique... La coordination est bonne et nous n'observons pas de problème de cohérence... Alors, Messieurs ? demande le neurochirurgien.»
C'est psychosomatique... -- s’empresse de répondre le premier de la promotion -- elle veut croire à ses rêves, alors elle a l’impression d’en toucher certains et de les vivre ! ... et symptomatique, le sentiment amoureux, quand on est disposé à le vivre, on a donc plus de chances d'en être atteint. La rediriger vers un psy ?
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imagine.
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MessageSujet: Re: Album   Sam 27 Nov - 23:33

c'etait moi Smile
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