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Atrania
Inscrit le : 25 Fév 2004 Messages : 31 Localisation : France
| Sujet: Nouvelle ( de moi, il va de soi !) Jeu 26 Fév 2004 - 17:24 | |
| Petite nouvelle que j'ai envoyé à un concours ( prix du jeune écrivain) et sur laquelle je ne mise pas beaucoup, mais bon...
Innover
Innover, innover… mon éditeur n’a que ce mot à la bouche.
Il est six heures du soir. La cloche au son allègre disperse ses notes cuivrées dans le vent qui vint effleurer de ses tourbillons impalpables la fenêtre. Belle journée d’automne qui s’achève en une finalité irisée, les lumières ondoyantes du soleil transperçant de leurs nuances délicates les nuages bas.
Je reste un moment le nez collé à la vitre, émerveillée par les rosaces fugitives qui se créent dans l’attente du lendemain.
Combien de gens s’émerveillent encore devant un coucher de soleil ? Un rire brusque me parvient… j’en connaissais au moins un qui certainement ne partageait pas les mêmes goûts romantiques que moi…
Un éclat fugitif vint finir sa course dorée au creux de ma fenêtre, la paroi translucide de celle-ci le réverbérant. Ainsi scindée, la lumière se diffusa doucement en poussière lipide sur les murs blancs, dévoilant les contours cartésiens du bureau sur lequel trônait mon ordinateur, la page de Word affichée sur l’écran, chapitre dix inscrit en gras en haut de la page.
Tiens, pourquoi ne pas finir ce chapitre par quelque tour subreptice incluant mes deux personnages éblouis par la lumière du coucher de soleil et ne voyant pas venir leurs agresseurs ?
C’était une assez…
Non…
Je m’interrompis dans ces pensées scripturales, tandis qu’un long soupir emplissait la pièce bercée des lueurs mouvantes de fin de journée.
A quoi bon réfléchir sur l’écriture de ce roman vu que mon éditeur ne voulait en aucun cas en entendre parler ?
A nouveau, une note discordante vint me pincer au cœur. Des éclats de voix intérieurs assombrirent d’un coup à ma vue la salle baignant dans le soleil ocre.
Ce projet, j’y avais mis tout mon cœur, dépensé des heures de sommeil devant mon ordinateur, gribouillé des pages blanches de mon écriture fiévreuse…
Et mon éditeur qui dès que je lui avais exposé mon idée s’était écrié en une voix grandiloquente que ce genre de roman fantastico-aventures datait de la préhistoire, était usé jusqu’à la corde et que de toute manière mon style aussi bien que mon idée n’étaient pas assez innovants pour être édités…
Je viens m’asseoir devant l’ordinateur, toujours fidèle au poste, prend un CD Audio en haut de la pile et l’introduis dans le lecteur. La musique m’a toujours aidé à écrire, à trouver de nouvelles idées. Pour certains, cela dérange, mais au point où j’en suis…
Un tintement régulier s’étendit sous mes doigts tandis que je tape sur les carrés d’ivoire du clavier. Economie de papier, vous comprenez…
« Tant de phrases en suspend égarées sur ces pages, et qui ne font que de me raffermir dans mes idéaux désabusés… » (encore trois points de suspension, encore et encore…)
Je souris à cette pensée immobile qui s’étend en petites lettres format Times New Roman sur l’écran.
« Innover ». Un simple mot lancé en roulements furieux, tel une cascade bondissant sur des cailloux tranchants. (encore mes lectures poétiques qui sévissent)
Je cherche. Mon esprit virevolte devant le complexe électronique qui s’étale en langage humain traduit du codage binaire. Mais quelque chose bloque.
Au dehors, la douce rondeur lunaire apparaît, lueur blanche qui sourit dans le ciel changeant.
Tout d’un coup, celui-ci se défait de sa brillante couronne aux derniers halos et se plonge dans ses draperies nocturnes où seules transparaissent la lune et quelques étoiles.
Seul dispensateur de lumière, l’écran de l’ordinateur brille, luminescent.
Je me lève afin d’allumer l’interrupteur sur le mur de la salle voisine. En revenant, j’aperçois sur un guéridon poussiéreux une feuille. Je la saisis prestement, ne m’étant plus souvenu de sa présence. La date est indiquée sur le coin droit en haut : elle date d’un mois environ.
Tandis que je lis son contenu, des idées s’entrelacent, se croisent dans mon esprit, des connections s’établissant à une vitesse folle. L’inspiration. Une détonation.
Je reviens devant le clavier, l’ampoule au plafond diffusant comme à son habitude une lueur faiblarde.
Bon, alors, s’il veut de l’innovation, très bien, il va en avoir ! Et je ne vais pas me gêner pour dire tout ce qui me trotte dans la tête depuis un bon bout de temps…
*
Je n’ai pas envie de créer un personnage, un fil conducteur, des scénarii, un suspense dont on distille chaque goutte avec une précision haletante… Ca demande trop de temps, il faut solliciter sans cesse son imagination, et, avouons-le, je n’ai pas beaucoup d’idées pour l’instant afin d’inventer un héros pour cette histoire… J’ai donc pris le chemin de la facilité en prenant comme thème quelqu’un qui me tient beaucoup à cœur. Et ce héros répond au nom de : Michel Toeper, éditeur de sa profession, grincheux, irascible avec tout le monde en toute occasion, même quand mes ventes lui apportent plusieurs millions d’euros.
Innover, vous voulez vraiment que j’innove, M.Toeper ? Peut-être allez vous le regretter… (certainement le regretter.)
Je suis passée par tous les styles de romans : aventures, fantastique, anticipation, agrémenté de brides philosophales et de quelques poèmes et chansons de ma composition…
Best-sellers en France, ainsi que dans plusieurs pays d’Europe et aux Etats-Unis. Je crois que cela a même dépasser la frontière coréenne, mais je n’ai jamais été douée en géographie…
N’importe qui serait heureux, non ? Eh bien, croyez-le ou non, pas lui. Jamais. Attendez, je change de caractère pour mieux vous faire comprendre : JAMAIS.
Je suis pourtant une de ses principales sources de revenus, je lui fais économiser de l’argent en traduisant moi-même en anglais mes livres et en réalisant pratiquement toutes les couvertures…
Mais non, jamais Michel Toeper ne daigne esquisser un sourire sur ses lèvres pincées. Même pas de contentement, de félicitations, rien.
J’ai longtemps cherché à vouloir percer votre carapace, M.Toeper. Malgré ce que l’on pense, elle est très friable, votre coquille. Ce n’était pas aisé, mais je l’ai percé à jour, l’éclairé de ma curiosité et qu’y ai-je découvert ?
Vous le savez aussi bien que moi ce que j’ai vu ce jour là.
J’aurais du m’en douter bien plus tôt.
C’est là que le suspense entre en ligne de compte.
Je reviens à ce que j’écrivais plus haut. Ce cher Michel Toeper veut que j’innove, que je change un peu de mes longues litanies suspendues aux accents poétiques, de mon humour dans certains de mes textes sur les anges, mes créations chimériques, de mes thèses complètement farfelues que je fais dire à mes personnages. Mais voilà. Je ne peux m’en séparer, cela fait partie de moi, profondément ancré dans mon esprit qui ne cesse de s’agiter pour inventer à chaque instant un récit, un dialogue inscrits sur les pages blanches (non non, pas celles de l’annuaire), immaculées d’abord avant de se remplir de signes légers, imprimés en couleur d’ébène.
Cette facilité à écrire, M.Toeper, je sais que c’est un don. Un don miraculeux qui m’a été donné, et dont je m’efforce d’exploiter au mieux toutes les possibilités qu’il m’offre.
Je sais également pourquoi, M.Toeper, vous ne me faites jamais un sourire, ou ne me dites simplement pas même un mot de gentillesse. Je ne cherche pourtant pas votre amitié, seulement un peu de respect et de gratitude. Je n’ai eu droit qu’au feu dévastateur et ravageur de votre regard sombre.
Le voile s’est déchiré quand la vérité est apparue à mes yeux, claire et à la fois pourtant triste allégorie de la nature humaine :
Vous êtes jaloux.
Jaloux de moi, oui, mais pourquoi ?
Pour quelle raison ?
Jaloux de mon succès ? De ce que j’écris et qui est applaudi ?
Vous m’aviez demandé d’innover, en espérant bien que cette fois-ci j’allais créer un navet… Libre au public et aux critiques de choisir.
J’ai innové. Je vais faire publier pour la première fois une lettre de démission.
M. Toeper, je romps le contrat que j’ai signé avec votre maison d’édition. Je m’en vais.
Signé : (pourquoi signer, vous savez très bien qui je suis, n’est-ce pas ?)
PS : ce texte ainsi que le roman que vous m’aviez refusé seront publiés chez ***** (tiens, n’est-ce pas un de vos concurrents ?) qui m’a offert un large sourire et,(plus accessoirement) une grosse somme d’argent pour pouvoir signer un contrat chez eux.
PS2 : Les post-scriptum ne seront pas publiés dans la version pour le commerce, vous aurez la primeur d’avoir des rajouts inédits. Si bien entendu vous ne déchirer pas en mille morceaux ces feuilles en me maudissant pour ce texte, je dois le dire, assez «innovant ».
Fin |
|  | | Atrania
Inscrit le : 25 Fév 2004 Messages : 31 Localisation : France
| Sujet: Mince... Ven 27 Fév 2004 - 14:31 | |
| | Mince, même pas une petite critique ? mon texte est si nul que ça ? |
|  | | Invité
| Sujet: Re: La bougie Ven 27 Fév 2004 - 16:52 | |
| non pas nul l'idée est bonne seulement voilà, ok c'est une nouvelle... mais c'est long. Les paragraphes n'y sont pas vraiment, tu devrais scinder le corps du texte de façon à ce que le lecteur ne se perde pas dans les méandres de tes idées (j'admire d'ailleurs ton imagination) mais il faut structurer le texte afin de les faire respirer. Plus de fluidité. Ce n'est pas une critique juste un avis (en tant que lectrice) - dommage parce que les idées et l'imagination sont là  |
|  | | Atrania
Inscrit le : 25 Fév 2004 Messages : 31 Localisation : France
| Sujet: Re: La bougie Ven 27 Fév 2004 - 18:50 | |
| ok, merci beaucoup de m'avoir répondu, c'est zentil ! lol
oui, pour les paragraphes, ça se voit mieux sur Word, je n'ai aps pensé à mettre les alinéas ici.
En tout cas, merci de ta critique !! |
|  | | Invité
| Sujet: Re: La bougie Ven 27 Fév 2004 - 19:08 | |
| mon avis, qui suis-je pour émettre une critique !!!  |
|  | | Atrania
Inscrit le : 25 Fév 2004 Messages : 31 Localisation : France
| Sujet: Re: La bougie Ven 27 Fév 2004 - 19:21 | |
| oh, excuse moi, ton avis de lectrice, pardon
Euh, ça te dirait de lire, si ça ne te dérange pas, l'autre nouvelle que j'ai envoyé ?
Mais si ça te dérange, dis le moi, je comprendrai absolument !! |
|  | | Invité
| Sujet: Re: La bougie Ven 27 Fév 2004 - 20:06 | |
| quelle nouvelle ?  |
|  | | Mélanie
Inscrit le : 27 Fév 2004 Messages : 3
| Sujet: Kikou ! Ven 27 Fév 2004 - 23:58 | |
| effectivement pour de l'innovation ......... Eh bien je trouve que c'est bien , t'as de bonnes idées , apres on peut toujours faire mieux !! Je trouve que les conseils qui t'ont été donnés sont exacts . Sinon j'ai hâte de voir tes autres essais  BizOoOoo _________________ Mélanie , 14 ans. |
|  | | Gi
Inscrit le : 20 Déc 2003 Messages : 762 Localisation : Terrebonne, Québec, Canada
| Sujet: Re: La bougie Sam 28 Fév 2004 - 1:15 | |
| Atrania
J'ai beaucoup aimé te lire. C'est joli, frais... intéressant, facile à lire, quelques fautes mais rien de honteux... C'est un peu lent à démarrer mais dès le milieu du texte on a très vite envie d'en savoir plus.
Raconte-moi, combien de fois as-tu corrigé, refait, changé ton texte avant de l'envoyer aux jury de ce concours ?
Ginette |
|  | | Atrania
Inscrit le : 25 Fév 2004 Messages : 31 Localisation : France
| Sujet: Pour te répondre, Gi Lun 1 Mar 2004 - 9:21 | |
| Hum, au départ ce n'était qu'une courte nouvelle de 2 pages, qui ne contenait que la lettre à l'éditeur grincheux... mais après, je l'ai rallongé pour en faire 5 pages ( minimum de pages demandées). La première version, je l'ai écrite très vite, en moins de 20 minutes. La seconde... j'ai du la retoucher au moins 5 ou 6 fois, je ne me souviens plus très bien ! ( maladie d'Alzeimer qui commence ? oula, à mon âge, c'est grave ! )
Merci énormément de tes commentaires, ça m'a fait plaisir ! ( de même qu'à Mélanie !)
Pour répondre à imagine, innover n'est pas la seule nouvelle que j'ai envoyé, j'ai aussi présenté Parfum d'Eternité. ( j'avais mis le début sur le forum de wanadoo...) Ca tente quelqu'un ?
@+ Merci encore Atrania |
|  | | Invité
| Sujet: Re: La bougie Lun 1 Mar 2004 - 12:25 | |
| oui envoie  |
|  | | Invité
| Sujet: Re: La bougie Mar 2 Mar 2004 - 3:22 | |
| oui ça me tente... envoie. Gi |
|  | | Atrania
Inscrit le : 25 Fév 2004 Messages : 31 Localisation : France
| Sujet: Re: La bougie Mar 2 Mar 2004 - 14:06 | |
| Pourl'autre nouvelle, sufit d'aller voir un peu plus en bas, Parfum d'Eternité.
Si cela vous intéresse après l'avoir lu, je mettrais la suite...  |
|  | | Atrania
Inscrit le : 25 Fév 2004 Messages : 31 Localisation : France
| Sujet: Parfum d'Eternité suite Jeu 4 Mar 2004 - 12:31 | |
| Hum, voilà la suite pour ceux que ça intéresse !
* * *
« Vous n’avez pas à le savoir. » apposa d’une voix ferme Jésus. « Si, bien au contraire. » protestâmes-nous de concert.
Une inspiration profonde rompit le silence tendu. « Bien. Rendez-vous dans le plan un. Un séraphin viendra vous prévenir quand ce sera le moment, à condition que vous restiez ici... » ajouta-t-il d’un ton sévère, « et ne faites pas d’autres essais de composition métaphysiques… on ne serait pas aussi indulgent, je pense. »
Il sortit, son ombre fine se fondant de plus en plus sur les parois du couloir principal.
Le soleil est à nouveau masqué par un nuage cotonneux. Je ne me souviens plus déjà quand a été créée cette étoile brûlante. Des entités d’une autre galaxie, si je me rappelle bien, il y a assez longtemps… avant que notre guide premier ne le soit devenu…
Tu te rapproches, doucement, de mes esprits profonds alors que je méditais sur ces anciennes origines. Y appose avec délicatesse ton empreinte tendre. Un sentiment de sécurité m’envahit, omniprésent et fluctuant dans toutes les directions. Mais m’ayant rappelé les pensées de Jésus, je me dégageai lentement de tes filets psychiques, avec difficulté certes tant était agréable la promiscuité d’esprit où nous nous trouvions.
Nous portions tous deux un poids lourd à assumer, j’en étais conscient… que se passerait-il si quelque chose de grave arrivait ?
Tu tentes de me raisonner : « Attendons la réunion pour savoir à quoi nous en tenir… »
Justement, un séraphin aux pensées batifolantes venait à notre rencontre. Ils étaient toujours d’humeur virevoltante, dégageant quand ils se déplaçaient une spirale de senteurs enlevées.
Il nous héla vivement, nous demandant nos noms et si nous étions bien les anges de second niveau chargés de surveillance sur la planète n°5. Nous répondîmes à l’affirmative. L’âme enfantine nous dévoila que nous devions descendre dans les quartiers généraux dès maintenant.
Puis il s’envola vers d’autres entités, un rire malicieux glissant encore sur le seuil, cristallin.
Nous nous dépêchons pour arriver finalement, après maints couloirs descendants, à la voie grise, le plan le plus bas sur le cube spirituel, le plus reculé aussi. C’est d’ailleurs pour cela que l’on choisissait cet endroit quelque peu reculé des hauts quartiers centraux pour se réunir.
Des anges de différents grades filtraient à travers leurs corps diaphanes la lumière d’ouate aux reflets bleutés de l’endroit. Vers le haut de celui-ci, des particules bruissantes se réunissaient pour former un vaste ciel que parcouraient des ombres vaporeuses. Le résultat était digne d’intérêt. Encore l’œuvre certainement de Zéphyr, spécialisé dans les éléments aériens…
Parcourant encore quelques pas légers, nous arrivâmes devant l’arbre blanc qui apposait ses racines sur des rebords de nuages. Sa créatrice, Gaïa, se tenait non loin de lui. C’était elle l’architecte de cette récente planète nommée affectueusement Terre. Cette Terre qui accueillait sur ses paumes cette nouvelle engeance, née par accident et dont nous surveillions les comportements de ses deux représentants. Mais les plans de notre guide supérieur avaient été quelque peu contrecarrés par notre faute.
Les branchages opalescents de l’arbre brillaient dans les limbes qui nous recouvraient.
Gaïa avait réellement instillé de véritables pensées songeuses sur sa création, ce qui donnait cette impression de vibrations autour du lieu nappé de différentes visions diaphanes.
Et seulement existaient maintenant des endroits aériens, des éternités aux multiples tons qui se déclinaient en soies lisses sur l’écorce de l’arbre blanc…
Une file de connaissances me tira de mes songeries émerveillées.
A suivre
Atrania |
|  | | Invité
| Sujet: Re: La bougie Jeu 4 Mar 2004 - 22:22 | |
| voilà j'ai lu la première partie, j'ai eu envie de lire la seconde et j'attends la troisième ? la dernière ?  |
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