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Mario (introduction)

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Anneke




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MessageSujet: Mario (introduction)   Sam 15 Sep 2007 - 13:46

(petit mot à Romane: je ne savais pas où poster ce texte, je le mets ici, mais puisque j'ai l'intention de poster la suite si ça vous intéresse, pourrais-tu m'ouvrir un topic avec mon pseudo? Merci beaucoup)

Mario grattait sa guitare lorsqu’il se sentait anxieux. La vie n’était pas simple, elle tournait en rond, elle n’avançait pas, ou plutôt, elle avançait sans lui, il restait derrière, à la traîne, comme un chien, bien obligé de suivre parce qu’au bout d’une laisse, mais loin derrière, très loin. Mario avait du talent, il en était sûr. Presque sûr. Il savait bien que, parfois, il ne voyait ni n’entendait la même chose que tout le monde. Le médecin lui avait dit que la réalité n’était pas la même pour lui que pour les autres, et qu’il fallait prendre de l’Haldol, que tout s’arrangerait, les angoisses disparaîtraient, les voix et les visions aussi, tout irait bien.

Sauf qu’avec l’Haldol, il ne se passait rien. Fée Clochette ne venait plus le consoler quand il allait mal. Hitler ne lui chuchotait plus des compliments à l’oreille lorsqu’il obéissait à ses ordres. Et les pouvoirs magiques que Merlin lui avait transmis semblaient éteints, par exemple, il ne parvenait plus à lire dans la tête des gens. Certes, les angoisses avaient disparu, c’était toujours ça de gagné, parce que ça fait très mal dans la poitrine, l’angoisse. Ca le prenait parfois sans raisons, lorsqu’il se trouvait seul dans le noir, ou lorsqu’une contrariété survenait, et là, c’était parfois terrible : la peur lui nouait le corps entier, il suait, respirait difficilement, pleurait, se mutilait pour remplacer cette douleur de l’âme incontrôlable par une douleur physique qu’il avait l’impression de maîtriser. C’était à ces moments-là que, la plupart du temps, ses compagnons invisibles se manifestaient, parfois pour lui donner des ordres, parfois pour le rassurer ou le consoler.

Mais sa vie était devenue très médiocre. Il se trouvait dans une camisole chimique, il n’était pas vraiment lui. Impossible de bander, par exemple. Il ne s’était plus masturbé depuis des semaines, et encore, si il y était arrivé, c’était après avoir caressé son sexe pendant des heures en regardant sous tous les angles les clichés de ses deux lesbiennes préférées en train de baiser. Et ça n’avait pas été l’extase.

Mais qu’est-ce qu’on pouvait y faire ? On lui avait expliqué que Fée Clochette et Hitler n’étaient pas vraiment là : ils étaient morts ou n’avaient jamais existé. Pareil pour Merlin, il fallait bien l’admettre. Mais sentir les médicaments lui menotter le cerveau et les muscles était très inconfortable. Il n’était pas lui, il était un autre. Et il se manquait à lui-même. Il voulait vivre.

Il tentait maladroitement de jouer le refrain d’une ballade des Beatles ; Mario n’était pas un virtuose : les tremblements provoqués par les neuroleptiques l’empêchaient d’être aussi précis qu’il l’aurait voulu. Il fut tenté de penser : « Quelle importance ? De toutes façons, personne n’écoute ». Ca c’était le genre d’idées que l’Haldol lui glissait dans la tête. Son ancien moi aurait tenté de se corriger, se serait exercé plus régulièrement, et surtout, n’aurait pas tremblé, lui. Il avait à nouveau faim : depuis qu’il prenait ces médicaments, il bouffait comme quatre, était devenu un gros lard tout gras. Il jeta un œil sur l’horloge, constata qu’il n’était pas encore temps de souper. Si son vrai moi revenait, c’est sûr, il maigrirait, il redeviendrait beau, il plairait aux filles, il ferait des choses, il se construirait une vraie vie, loin de l’ennui qu’il subissait actuellement.
Puis, las d’explorer la vanité de son existence et de se questionner sur sa camisole chimique, Mario décida d’aller explorer le frigidaire.

Et il ne prit pas ses pilules ce soir-là, ni les jours suivants. Juste pour voir ce qui allait se passer…

Et c’est Merlin qui revint le premier, sans qu’il n’y ait eu la moindre crise d’angoisse pour annoncer son arrivée. Il apparut face à Mario, tout simplement, et se montra très déçu de la trahison du jeune homme, selon lui, il était inacceptable de prendre les médicaments prescrits par les médecins, car ceux-ci l’éloignaient de son destin.

Le mage expliqua qu’il avait choisi Mario pour lui transmettre certains de ses pouvoirs mais qu’il exigeait des contreparties : il faudrait qu’il s’engage à faire certaines choses, et si il n’obéissait pas, il serait puni. Mario se souvint en frissonnant que dans le passé, Merlin avait stoppé les battements de son cœur pendant d’interminables secondes et l’avait même aveuglé pour un moment parce qu’il avait manqué à ses devoirs. Par exemple, lorsqu’il avait reçu l’ordre de poursuivre et tuer un de ceux que le mage appelait « mécréants » dans la rue, juste avant qu’on ne l’emmène à l’hôpital. Il n’avait pas osé tuer, il ne l’avait jamais fait. Il avait bien tenté d’étrangler le vieil homme que Merlin lui avait désigné, mais il avait manqué de courage, il avait eu peur et la réprimande avait été terrible : poursuivi par ses voix, il ne voyait plus rien, courait au hasard, percutait les gens et les arbres jusqu’à ce qu’on l’attrape et qu’on le ligote.

Mais après tout, ce qu’il recherchait : des guides, des directives à suivre, des réponses à ses questions. Non, vraiment, il n’y avait aucune bonne raison pour ne pas accorder foi à Merlin. D’ailleurs, n’entendait-il pas de nouveau les pensées de tous ceux qui, autour de lui, projetaient de faire le mal, et que Merlin se préparait à châtier par son intermédiaire ? Si il suivait les instructions du mage et de Hitler, tout irait bien. Il fallait leur faire confiance.

La première mission qui fut imposée à Mario fut de jeter tous ses médicaments. Ensuite, il dût s’engager à s’alimenter sainement et à se remuscler : il avait besoin d’un corps sain pour mener à bien les tâches qu’il était destiné à accomplir. Il fut donc heureux d’obéir, sûr d’avoir trouvé sa voie.


Dernière édition par le Mer 26 Sep 2007 - 16:47, édité 1 fois
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Novocaïne
Rotulière mentonnée



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MessageSujet: Re: Mario (introduction)   Sam 15 Sep 2007 - 21:09

L'intro me plaît déjà. Un style simple mais qui attise ma curiosité. Quelques bonnes trouvailles dans la tournure des phrases et puis quelques petites touches belges qui me taraudent la nostalgie du pays comme " souper".

Encore bienvenue une fois( pardon, c'est plus fort que moi)

A quand la suite de cette histoire qui sort de l'ordinaire?
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Mario (introduction)

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