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Fichue maladie

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j-l pons




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MessageSujet: Fichue maladie   Lun 24 Sep 2007 - 1:12

FICHUE MALADIE


Traître, lâche ; jamais on ne la voit venir !

Jadis, lorsqu’elle m’était encore inconnue, je la dédaignais. Elle n’avait pas de réalité concrète et n’était à mes yeux qu’un prétexte pour certains… Des profiteurs ! Pensais-je idiotement.
Comment peut-on y croire sincèrement ? Un jour tout va bien et le lendemain, curieusement à l’opposé ?
Il est vrai qu’avec les progrès de la science, le paramédical a pris une nouvelle ampleur ; et les découvertes du « moi » interne sont enfin reconnues : abattement, accablement, découragement, mélancolie, neurasthénie, spleen, alanguissement, tristesse, torpeur.
Que de synonymes pour cette saleté ! Et en plus, il en existent plusieurs sortes. Pas besoin de les citer car mon but n’est pas de faire un dossier ; il y a suffisamment de documentation à son sujet.

Juste mon expérience, avec mes mots :

Sois Fort ! Disent tous ceux qui m’ont connu avant. Leur empathie est réelle, mais souvent leur connaissance est nulle ; et compréhensible.
Je me souviens la première fois où j’ai vu ma femme en être accablée : En fin de compte, je ne voyais rien. J’avais le sentiment sincère d’une réelle imposture : Ma propre femme, une « carotteuse » … Bah, si les services sociaux sont suffisamment débiles pour accepter de payer des gens à ne rien faire, pourquoi ne pas en profiter ? Mais surtout, qu’elle ne joue pas son jeu avec moi !
Début de nos griefs. Mari innocent, et stupide au point de penser tout savoir. Elle est la même, me disais-je ! Et en plus, elle ne peut pas me décrire exactement ce qu’elle a ?
Elle est capable de faire son ménage, ses commissions, de s’occuper des enfants, de rire avec les proches qui nous rendent visite, mais pas de travailler ? Foutaises !

Depuis que j’ai fini mon service militaire, j’ai eu plusieurs emplois. Non pas que je sois instable, quoique… Mais toujours pour un mieux, financier. Mes absences pour raisons médicales sont extrêmement rares et toujours justifiées.
J’ai été élevé dans l’idée que le chômage est pour les « autres » et quand on veut, on peut ! Ma mère et ma sœur, sont pour moi des exemples de ténacité, d’honnêteté, de rigueur. Des modèles par excellence. Ce n’est pas un peu de température qui les aurait empêchées d’aller au travail. Nous ne voulons pas de profiteur au sein de la famille. Et bien sur, tout cela fait parti d’une éducation donnée avec amour et exemple concret.

Comme beaucoup de mes contemporains, la période estudiantine a fait place aux responsabilités de couple : Maison, enfants, factures, mariage, divorce, remariage, enfant, factures, problèmes… encore et encore. D’un gabarit assez costaud, la nature m’a particulièrement bien aidée. Mais ce à quoi je ne m’attendais pas : c’est arriver un jour à ne plus pouvoir porter la charge de mes problèmes ?
Je ne me suis pas rendu compte que pendant des années, je tirais un boulet derrière moi…
Je suis fort ! Pensais-je ; je m’épuisais.
Tout a une solution, plaie d’argent n’est pas mortelle, t’inquiètes pas tu auras tes enfants tous les deux week-end… Bêtises, méchancetés et injustices ont eu raison de mon « moi » interne :

Un matin comme tant d’autre, alors que je roulais en direction de mon travail, des larmes… je pleurais ? Il n’y avait aucune raison apparente, si ce n’est la crainte de voir un de mes « collègues » qui avait été nommé à un poste supérieur. Je travaillais alors dans une organisation mondiale dont je ne citerai pas le nom où les salaires mirobolants et non justifiés sont rois.
Afin de participer au « système » qui voulait éliminer un maximum de postes fixes; toujours au profit d’un petit nombre, et si possible sans trop dépenser, il (mon « collègue ») cautionna quelques injustices et faussetés contre moi. Ayant été prévoyant, ils n’ont pas pu « m’avoir » pour faute grave, mais n’ayant pas de contrat indéterminé, ils ne l’ont pas renouvelé comme ils me l’avaient fait miroiter quatre ans auparavant.
Pourquoi ces larmes ? Plus j’avançais et plus je voyais le visage de ce « collègue » : Colère, rage, hargne. J’ai eu peur… Peur de moi ! Non seulement, il n’avait aucune chance face à moi, mais dans mon état, j’aurais été capable de mettre mon pied sous le sien comme prétexte à… l’abattre, le démolir, lui défoncer le portrait, lui faire mal !
Que m’arrivait-il ? Non pas que je sois un ange, mais sans avoir la peur de l’homme, je ne suis pas un provocateur. Et à ce moment précis, je me sentais comme une bombe prête à exploser ; pire, je voulais exploser !
Je me suis arrêté au bord de la route, je tremblais. Qui étais-je devenu ? Je sais que je suis un sentimental et les larmes font partis de mon quotidien, mais c’étaient des larmes de haine !
Nous sommes tous différents face à la vie et chacun de nous témoigne de manière différente nos états d’âme. Les larmes de colère sont pour moi un signal d’alarme d’un danger imminent ; je devais donc agir dans ce sens : Demi tour, direction docteur.
Ce qui au départ sembla être une « petite » crise de nerfs avec pour thérapie, deux semaines de repos et calmants à la clef est aujourd’hui, quelques années plus tard LA dépression continue.
Moi, dépressif ? Vous me l’auriez dit il y a quelques années, je vous aurais ri au nez.
Il est évident que je ne vous aie parlé que de la petite goutte (le collègue) qui a fait déborder le vase, car la succession des problèmes croissants jours après jours fut l’édifice de cette saleté.
Il m’a fallu, deux ans, presque 50 kilos en plus, un « pétage » de plomb avec tentative de …grosse bêtise, hospitalisation, pour accepter et reconnaître ma maladie.
Tous les jours sont un combat où il faut se donner des raisons de rester ferme et déterminer à vivre. Et oui, même la mort semble être une douce solution. Lâcheté, fuite, facilité, … ?

Je pourrais aussi bien jouer le rôle du procureur que de l’avocat :

- Proc : Enfin, tu as un toit, une chouette femme, une petite fille adorable qui vaut tous les efforts possibles. Bien que financièrement limités, vos factures sont payées et vous n’avez pas de dette. Vous avez la chance d’avoir autour de vous des amis proches et en or, présents et sincères. Que te faut-il de plus pour guérir ?
- Avocat : … après le détail des problèmes réels existants (dont il n’est pas utile d’en connaître les détails) : Comment peut-il être serein dans de telles conditions ?
- Proc : Tous ces médicaments (antidépresseur, anxiolytiques, calmants,…) quotidiens, ne font-ils pas plus de mal que de bien ?
- Avocat : Il est évident qu’ils ont tous des effets secondaires, mais sans eux il y a danger. Donc il faut choisir le moindre des maux.
- Proc : A prendre ainsi toutes ces substances chimiques, ne risque-t-il pas une accoutumance voire un rejet de l’effet recherché ?
- Avocat : C’est pour cela qu’il voit un spécialiste (Neuropsychiatre) régulièrement afin d’adapter son traitement en fonction du moment.
- Proc : Alors pourquoi y a-t-il rechute si souvent ?
- Avocat : La résolution des problèmes auxquels il doit faire face est indépendante de sa volonté. Cela accroît la tension existante ainsi que l’intensité de la maladie.
- Proc : De nos jours, tout le monde a des problèmes et il n’est pas le moins bien loti ; pourtant tous ne prennent pas de médicaments. Sans parler des pays pauvres qui sont privé de tout !
- Avocat : C’est vrai et il en est conscient, ce qui accentue son sentiment de culpabilité. Dans nos pays à facilité où le régime social permet d’éviter l’indigence, il n’est pas facile de mettre sa fierté de coté et accepter d’être une charge. Avez-vous pensé ce que peut ressentir un homme qui voit sa femme se lever pour aller travailler et lui rester à la maison ? Oh, bien sur, il est devenu le parfait homme de maison : Ménage, lessive, repassage,…Et son allocation lui permet de participer financièrement aux factures communes ; mais sans elle, ils ne mangeraient pas !
- Proc : Alors, il n’est pas dans une si mauvaise situation : Bien des femmes la connaisse sans jamais se plaindre !
- Avocat : Objection votre honneur, coup bas : Un point pour la partie adverse et un prozak pour mon client ! Il est évident qu’il ne dénigre pas le fait d’être l’homme de maison, c’est un travail à temps plein également et trop peu souvent reconnu dans notre société machiste. C’est d’ailleurs un des points positifs qu’il en tire. Cela lui permet quotidiennement de prendre conscience de la valeur de « la femme au foyer ». Mais sa maladie l’accable à un tel point qu’il peut sembler aller bien pendant plusieurs heures et passer les jours suivants complètement renfermé… Peur de lui, de ce qu’il a été et de ce qu’il pourrait redevenir : un danger !
- Proc : Ne faudrait-il pas l’enfermer quelques temps afin de le prendre en charge une fois pour toutes ?
- Avocat : Cela a déjà été fait quand il a « disjoncté » il y a un an. Il y a même pensé dernièrement comme étant peut-être une solution. Mais bien vite, il s’est rendu compte que ce serait une plus grande fuite d’aller quelques jours à l’hôpital ; facilité et égoïsme. Il se doit d’être avec sa famille envers et contre tout.
- Proc : Ne venez-vous pas de dire qu’il pourrait être un danger ?
- Avocat : Oui, je l’ai dis ! Êtes-vous sur qu’aucun des membres de votre famille ne peut être atteint de dépression ?
- Proc : Objection votre honneur, il ne s’agit en aucun cas d’une autre personne que celle citée…
- Avocat : Simple démonstration que personne n’est à l’abris de cette maladie ! Mon client suit son traitement rigoureusement et nous explique ses ressentiments afin d’en savoir plus sur ce mal qui peut « tomber » sur n’importe qui. En nous livrant ses sentiments les plus intimes liés à cette maladie, il se met en danger face à ceux qui l’écoutent. C’est pour cela que je demanderai à chacun de faire preuve d’empathie car ce n’est qu’ainsi que nous pourrons réellement avancer et peut être comprendre SON mal.
- Proc : SON mal ? Il n’est pas le seul à connaître la dépression et il y a des cas beaucoup plus graves que le sien…
- Avocat : Vous avez entièrement raison, mais chaque cas est un cas unique. Il y a des classifications, mais les causes à effets sont toujours différentes. Même quand des similitudes sont flagrantes, la thérapie peut différer totalement d’un patient à l’autre car chacun réagit différemment aux médicaments. Il est même très rare de trouver le bon dosage car cette maladie évolue en fonction de la situation du moment. Elle peut parfaitement stagner pendant quelques jours voire des semaine et réapparaître sans aucune prévention.
- Proc : Il n’y a donc aucune solution ?
- Avocat : Si, la première est d’accepter son mal et surtout les conséquences qu’il engendre. Cette étape, mon client l’a déjà passée ; mais elle n’enlève pas le malaise quotidien, le sentiment d’inutilité, la susceptibilité surtout envers ses proches, l’envie de mourir…
- Proc : Que faut-il donc pour qu’il aille mieux ?
- Avocat : … Telle est la question ?


Certains pensent que toucher le fond a l’avantage qu’on ne peux que remonter ; mais avec cette f… maladie, ce n’est pas comme à la piscine où le manque d’air et une bonne poussette dans le fond nous renvoie vers le haut. Même quand tout semble aller, on est parfois encore dans le fond. Et il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir.
Rien ne sert de plaindre un dépressif si son cas ne nous intéresse pas car il a beaucoup de détails à vomir. Et son cas est toujours le pire, même s’il est milliardaire… raison de plus, les moins favorisés.
Certains sont introvertis, d’autres ont le verbe facile, mais tous souffrent.
Comme ce que l’on apprend en vente : « ce n’est pas ce qu’on dit qui est important, mais ce que l’autre comprend. »

Parfois, je m’imagine au fond d’un profond puit sec, allongé sur le dos. Cette longue colonne sombre qui se termine au cercle de lumière situé au sommet me semble une protection inviolable. De temps en temps, des têtes tentent de percevoir le fond sans me remarquer tant l’obscurité me protège. Certains, sachant où me trouver m’envoient une corde en criant de m’y agripper ; elle vient vers moi tel un serpent qui veut sa proie ! Mon cœur bat et bat, si fort que je le presse de peur d’être entendu et secouru contre ma volonté. Je ne réponds pas à leurs sollicitations, je fais le mort. Dans le fond, je ne suis pas si mal, je suis même bien dans le fond : C’est si profond que personne n’ose descendre. Comment suis-je arrivé ici ? Je n’en sais rien, mais si j’étais en haut, j’avoue que cette pénombre me semblerait repoussante.
Oui, je le touche le fond, ce fichu fond qui effraie tant. C’est étrange, il me semble bienfaiteur : je me sens serein ; rien ne peut m’atteindre. Je suis seul et j’y suis bien. Je sais qu’en haut il y a tous ceux qui m’aiment et ceux qui ont besoin de moi…
Rester allongé, le regard fixé vers le haut. Voir sans être vu. Refuser la réalité, fuir en restant sur place.
Même le « papa » que j’entends en voyant la jolie frimousse de ma Nanou n’a que peu d’effet sur ma volonté, annihilée par cette sensation de bien-être que de n’être nulle part, mais si bien. Pour elle, mon sang, je lève la main vers le « serpent », mais lâchement je lui crie de retourner prés de sa mère et je reprends ma position de méditation. Elle est en sécurité loin de moi. Quant à mon épouse, lasse, elle tente également une dernière tentative pour me faire sortir de mon trou. Rien en moi ne le veut, mais elle a toujours été là… Je lui dois de lui montrer qu’elle est unique : J’attrape la corde et me laisse remonter lentement jusqu’à son joli visage souriant. Elle m’accueille d’un tendre baiser et nous rentrons chez nous.
Avant d’entrer, je me retourne vers mon puit : « A bientôt » lui dis-je.

MOA
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Novocaïne
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MessageSujet: Re: Fichue maladie   Dim 30 Sep 2007 - 21:43

J'ai bien aimé cette introspection, ce constat navrant qui laisse impuissant, ce jeu du procureur et de l'avocat qui ne renvoit malheureusement que des questions encore sans réponse.
Qui comprend?
Est ce que JE me comprends?
Perte de contrôle, refus d'accepter, plonger sans bouteille d'oxygène, s'accrocher au vide et avoir en soi une folle envie de se bouger mais être anéanti, paralyser.

J'ai observé que le premier pas vers un mieux-être est d'accepter cette maladie, de ne plus la rejetter et de ne pas se culpabiliser de la subir; l'accueillir en quelque sortes.

Autre chose d'important:
J'ai regardé un reportage très intérressant sur cette maladie qui exposait les études scientifiques à son sujet.
Les scientifiques américains ont fait un vrai bond en avant. Ils ont détectés que cette maladie pouvait se guérir par l'activité physique avec un fort taux de réussite ( + de 70% de mémoire) comparativement à une guérison par médicaments ( type : anxiolythiques qui ne guérissent pas pour la plupart des cas observés mais empêchent le mal de se propager. Dans beaucoup de cas, une fois le traitement terminé; il y a rechute)

Ils ont constaté que le cerveau comporte une zone qui émet des signaux lorsque l'homme est en danger ou se sent en danger. Lorsque cette zone est en activité, la partie avant du cerveau ( conscience et réflexion) laisse place à la partie arrière ( inconscient et réflexes). Cette zone est importante pour l'Homme, pour le protéger et pour activer ses réflexes de défenses.
Chez une personne dépressive ou étant en dépression, ils ont constaté que ces personnes avaient la zone constamment en activités même si aucun danger ou stress ne se présentent à eux. C'est pourquoi, ils se sentent constamment en danger, stresser, angoisser et donc fatigués par trop de stimulations de cette "zone" ( dsl, j'ai oublié le terme. Alzheimer merci lol)
L'anxiolythique ou anti-dépresseur agit sur cette zone en l'inhibant. Ainsi le patient peut à nouveau accéder à la partie avant du cerveau et recouvrir d'une certaine sérénité, d'un recul.
L'activité physique apporte exactement les mêmes vertus que ce genre de médicaments. Une substance ( andorphine) calme la zone, et le patient se sent mieux.
La différence est que le sport apporte non seulement de meilleurs résultats que la thérapie médicamenteuse mais qu'en plus il n'y a pas d'effets secondaires.
On parle de véritable guérison avec la pratique sportive alors que le médicament est comparé à une béquille qui enlevée priverait le malade d'équilibre dans la plupart des cas, donc il y aurait récidive.

Il n'y a pas de fatalité, crois-en ça.
Et je terminerai par une citation qui me plaît énormément:

"Le pire des calvaires est adoucit dès que l'on CROIT que l'état de détresse dans lequel on se trouve est réversible et qu'il aura certainement une fin." B.Betheleim

Bien à toi et je suis certaine que ça s'arrangera.
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«Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire.»A .Einstein

"Mieux vaut faire semblant d'être con et avoir la paix que de faire semblant d'avoir la paix et être con."
Novocaïne
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Romane
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MessageSujet: Re: Fichue maladie   Dim 30 Sep 2007 - 21:50

Je ne suis pas tout à fait d'accord avec tout ce qui se dit au sujet de la dépression, pour avoir été longuement témoin de ce fléau.
Si riz était là et dispo, il en parlerait mieux que n'importe qui, et pour cause.

Ou bien nous ne parlons pas de la dépression dépression, bref du truc hard pur et dur, ce truc qui tue.

Car il y a plusieurs sortes de cas. Celui dont j'ai été témoin, j'aimerais mieux pas y plonger.
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j-l pons




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MessageSujet: Re: Fichue maladie   Mar 2 Oct 2007 - 14:44

Merci Novocaïne, ton intervention m'a touchée.

Tu sais, RO, cette foutue maladie, à la différence des autres, est toujours unique: En règles générales, les maladies se soignent de façons similaires (rhume, grippe, gastro,...); en ce qui concerne la dépression (et crois-moi, je sais de quoi je parle), c'est un peu comme l'épilepsie, chaque cas est un cas particulier.
La personne que tu connais et avec qui tu a "vécue" son mal, peut nous aider en disant comment il (ou elle) fait ou a fait pour s'en sortir (s'il en est sorti). Je peux te citer le cas d'un ami, qui m'a sauvé la vie dans le cadre de ma dépression, cela fait plus de 15 ans que lui aussi lutte et cherche à s'en sortir. Il n'y a aucune thérapie miracle (excepté , peut-être ce que nous a appris Novo... et il faudra que je me renseigne) car les causes à effet sont toujours différentes par cas et elles varient et fluctuent en fonction du temps, des jours qui passent ...
Cela fait trois ans que je la vis et le peu que j'en sais est qu'il faut d'abord l'accepter ! Et, je peux vous garantir que c'est très dur de se sentir un poids mort, un parasite voire un profiteur (dans le pire des cas).
Pourtant, la raison devrait nous remettre "sur les rails"... mais qu'il est dur de lutter contre SES idées noires !

Dsl d'être aussi pessimiste, j'essaie simplement de vous mettre par écrit comment je la ressens.
Heureusement, il y a des trucs pour échapper momentanément au négativisme, dont bien sur les médicaments qu'il ne faut absolument pas rejeter, mais avec modération.

JL
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Anneke




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MessageSujet: Re: Fichue maladie   Mar 2 Oct 2007 - 14:48

La dépression c'est une crasse, un serpent, insidieux, avec plein de nuances, de degrés de gravités...

C'est une des pires souffrances je crois.

Mais c'est certain, on s'en sort.
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Romane
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MessageSujet: Re: Fichue maladie   Mar 2 Oct 2007 - 15:43

Je crois qu'on ne s'en sort pas toujours. En tout cas, si j'étais passée par ce dont j'ai été témoin, je ne sais pas si j'aurais eu la force de lutter pour rester en vie.
Il y a eu des discussions très informatives à ce sujet. Il faudrait que je les ressorte pour les regrouper quelque part, d'ailleurs.

Ce qui m'a frappée, c'est la dégradation physique, autant que la dégradation morale.
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Anneke




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MessageSujet: Re: Fichue maladie   Mar 2 Oct 2007 - 15:55

Romane a écrit:
Je crois qu'on ne s'en sort pas toujours. En tout cas, si j'étais passée par ce dont j'ai été témoin, je ne sais pas si j'aurais eu la force de lutter pour rester en vie.
Il y a eu des discussions très informatives à ce sujet. Il faudrait que je les ressorte pour les regrouper quelque part, d'ailleurs.

Ce qui m'a frappée, c'est la dégradation physique, autant que la dégradation morale.


J'ai passé pas mal de temps à la maison Frapatoc pour problèmes alimentaires et d'autres trucs qui allaient avec. A part quelques cas particuliers et compliqués (par exemple, mélange drogues dépression alcool etc) pour autant que je sache (j'ai encore quelques contacts) ils ont tous repris une vie normale. Perso j'ai confiance en la médecine pour traiter ça: c'est vraiment pas facile je te l'accorde, ça prend du temps avant de trouver le bon traitement, les bonnes molécules, les bons dosages, mais à terme...

La dégradation physique c'est normal. Quand t'es pas bien dans ta tête, tu te fiches complètement de ton apparence et de ta santé physique. A la limite, tu te fais du mal exprès... Sacré cerveau va...

(Vous allez finir par penser que je suis un cas psychiatrique... Eh ben vous avez raison hihihi !! Non mais sans déconner, je gère très bien mes troubles, j'ai une vie tout à fait normale, et je m'amuse, tant que ça dure...)

Et je suis certaine que JL va s'en sortir aussi ! Et si il faut passer sa vie à prendre des médocs pour se sentir bien, ben moi je suis pour !
(enfin bon ça dépend quels médocs aussi)
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Slayeras




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MessageSujet: Re: Fichue maladie   Mar 2 Oct 2007 - 16:05

Citation:
Dsl d'être aussi pessimiste, j'essaie simplement de vous mettre par écrit comment je la ressens.


Ne sois pas désolé. Tu as raison d'écrire ce que tu ressens. Ici c'est un forum, et on est là aussi pour écouter. Non mais... Rêve
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Clarissa




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MessageSujet: fichue maladie   Mar 2 Oct 2007 - 17:40

Verbaliser les souffrances qui nous encombrent permet de s’en libérer et dêtre dans l’acceptation et l’accueil de ce que nous sommes et plus dans ce qu’on nous a donné à être. C’est un long travail sur soi pas facile du tout mais tellement enrichissant quand on y parvient l’un des plus beaux voyages qui m’a été donné de faire.
Prends soin de toi. Wink
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Romane
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MessageSujet: Re: Fichue maladie   Mar 2 Oct 2007 - 18:04

Citation:
La dégradation physique c'est normal. Quand t'es pas bien dans ta tête, tu te fiches complètement de ton apparence et de ta santé physique. A la limite, tu te fais du mal exprès... Sacré cerveau va...


Je ne parlais pas non plus du laisser-aller, mais de la souffrance physique quand le corps prend l'apparence de celle d'un vieillard, tant il crie.

Je suis sûre que pour Jean-Louis, c'est un sale quart d'heure à passer mais qu'il s'en sortira. Et bien sûr, quitte à prendre des médoc toute la vie s'il le faut. C'est moindre contrainte par rapport aux dépressions gravissimes qui font que tout s'arrête.

Courage, mon grand.
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Anneke




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MessageSujet: Re: Fichue maladie   Mar 2 Oct 2007 - 18:45

La souffrance est créatrice aussi. Combien d'artistes n'ont pas composé leurs plus belles oeuvres quand ils étaient dans l'angoisse?

JL le fait d'écrire ou de créer peut t'aider à sublimer tes émotions.
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j-l pons




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MessageSujet: Re: Fichue maladie   Ven 5 Oct 2007 - 18:40

Slayeras a écrit:

Ne sois pas désolé. Tu as raison d'écrire ce que tu ressens. Ici c'est un forum, et on est là aussi pour écouter. Non mais... Rêve


Merci Slayeras, Anneke, Ro, Novo... vous êtes géniales et surtout moins chères que mon psy mdr

Tout ce qu'ont dit Ro, Anneke ,... est vrai: Tout est possible avec cette saleté. Détériorations physiques multiples, mutilations, paniques , tentatives de suicide (et parfois, trop souvent, réussites... hélas). Il n'est pas facile d'en parler ouvertement car elle avilie, elle complexe, elle usurpe notre identité.
J'en conviens également avec toi, Ro, elle est oppressante AUSSI pour les proches qui ne peuvent que "subir" la dégradation, les conséquences de ceux qu'on aime.
Il n'est pas facile d'assister impuissant ! Que faire? Que dire? Quelle attitude adopter? Etre doux, calme ou ferme ? Comment va-t-il (elle) le prendre? Va-t-il (elle) mettre réellement ses menaces à exécution?
De tout cela, les malades n'en sont pas toujours conscients.

EMPATHIE, merci à tous ceux et celles qui en font preuve sincèrement.
Pourquoi ai-je dit sincèrement ? car il faut faire attention, l'empathie n'est pas de la pitié; même si elle (la pitié) est humaine et compréhensible.

JL
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j-l pons




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MessageSujet: Re: Fichue maladie   Ven 5 Oct 2007 - 18:43

Anneke a écrit:
La souffrance est créatrice aussi. Combien d'artistes n'ont pas composé leurs plus belles oeuvres quand ils étaient dans l'angoisse?

JL le fait d'écrire ou de créer peut t'aider à sublimer tes émotions.


... et je sais que tu sais de quoi tu parles, merci !

Rêve

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Slayeras




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MessageSujet: Re: Fichue maladie   Ven 5 Oct 2007 - 18:44

bon bah moi j't'envoie tout plein de Rêve Rêve Rêve

Rien que pour te donner la pêche ou la patate, selon tes préférences... j'ai de l'énergier à redonner (pas à revendre non mais! j'vais pas me faire du fric là-dessus AngeR )

Allez et encore Rêve (dommage y a même pas le bruit du smack... Bon bah tu l'imagines. OK ?)
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Romane
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MessageSujet: Re: Fichue maladie   Ven 5 Oct 2007 - 18:46

En fait, la pleine lucidité pour celui qui est atteint de dépression, offre la perspective d'en parler clairement sans que cela choque l'entourage ni la victime de cette maladie. C'est énorme, déjà.
Donc à mon avis, il faut savoir regarder les choses en face, le meilleur comme le pire, pour s'aider mutuellement.
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"Bonjour je suis Romane alors je m'appelle Romane, c'est pour ça que mon pseudo c'est Romane." (Romane)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
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Fichue maladie

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