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 RAID mortVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Charles




Inscrit le : 22 Sep 2006
Messages : 61
Localisation : près de Lyon

MessageSujet: RAID mort   Dim 24 Sep - 20:46

Toujours à l'écoute de vos remarques, insultes....

RAID mort

La porte coulissante du car d’intervention s’ouvre dans un claquement sec. Tels des parachutistes, les hommes de l’escouade sautent un par un du véhicule. Une demi-seconde plus tard, je bondis à mon tour et atterris à coté des deux gars qui ont pour mission d’assurer notre couverture, le premier un genou en terre maintient fermement un bouclier pare-balles, le second se tient debout épaulant son fusil d’assaut. Un signe rapide de la main m’indique que la voie est libre. Je fonce aussi vite que mes muscles me le permettent, je traverse la rue et m’engouffre dans la cage d’escalier numéro 9. La radio grésille, c’est le Capitaine Franks. Le son de sa voix est calme et froid. Les gars de l’escouade disent que ses ordres claquent comme les coccyx dans une maison de retraite un jour de grand froid. Ils ont de sacrées images les gars de l’escouade !
- Monter jusqu’au sixième…Puis entrer dans l’appartement de droite, numéro 602…
Arrivé au quatrième, malgré les entraînements intensifs, j’ai le souffle coupé et mon sang s’est transformé en lave dans mes veines… Je gravis les marches trois par trois… un étage après l’autre… la transpiration colle ma cagoule sur ma peau, j’ai les bras en feu, la mallette renforcée d’un coté, le trépied de l’autre. Encore la voix…
- Tireur en place ?
Je ne réponds pas, je suis devant la porte 602, d’un coup de pied elle cède et vole sur le côté. Je pose la mallette à terre, l’ouvre, en sors un SIG 550 équipé d’un silencieux et d’une lunette Schmitt & Bender 3-12 x 56, je le monte en un temps record…Normal depuis deux ans que je l’assemble les yeux bandés en moins de deux. Bon d’habitude, j’ai l’instructeur collé au derche qui me gueule dans les oreilles avec son chronomètre. Sauf que là, c’est plus un exercice… c’est cette putain de réalité. J’ai à peine fini de visser le silencieux que je me place à la fenêtre, plante mes pieds bien d’aplomb… J’épaule. Je presse un doigt sur le micro de ma radio déporté au niveau de ma bouche.
- Tireur en place, chef.
- Ok ! restez en position et attendez les instructions.
A travers la lunette de visée, j’essaye de me repérer, des immeubles, des tours, comme partout… Je réalise soudain que j’ignore dans quelle ville et dans quel quartier on est. A vrai dire, tout s’est passé si vite et puis j’étais trop obnubilé par la préparation de l’opération, de mon équipement… Normal c’est mon premier jour au sein de cette unité… « Ton baptême du feu, gamin ! » a dit Franks. Je me refais mentalement la scheck-list, car c’est pas le jour de sa première intervention qu’il faut s’apercevoir qu’il manque un chargeur ou une grenade « flash »… J’ai mis deux ans pour en arriver là, deux ans de formation intensive, deux ans à trimer, à ramper dans la boue, à prendre des coups de bottes dans la gueule… Mais aujourd’hui, ça y est, je fais partie de l’élite, du R.A.I.D, la crème de la crème comme dit Francks… au service du pays… Tireur d’élite, ma précision au service du maintien de l’ordre… D’avoir atteint une sorte de perfection… cette pensée me gonfle d’orgueil. Immobile depuis cinq bonnes minutes, je sens mon cœur battre de moins en moins fort dans ma poitrine, je reprends mon souffle, désormais je respire doucement en contractant mes abdominaux… un vieux truc de sniper qu’on nous inculque lors de notre formation pour récupérer plus vite. En un rien de temps, je me retrouve dans un état de concentration absolue, mon cerveau est en phase avec mon corps… ils ne font plus qu’un… Tous mes sens sont en alerte, je suis le chasseur attendant sa proie…
- Tireurs tenez-vous près, cible en vue dans une minute.
Un coup d’index rapide sur le côté de mon fusil, une balle de 7.65 monte dans le canon dans un cliquetis sec et métallique. Le son précède le sang, les larmes et la mort.
J’ai du mal à réaliser, je suis sur le point de tuer un être humain, d’ôter une vie… comme ça, par une infime pression sur la queue de détente. Jusqu’à présent, je n’ai jamais tiré que dans des cibles en carton. Dans quelques instants, ce sera différent… Avec un petit peu de ménage en plus.
A l’aide de ma lunette, je continue de scruter les baies du bâtiment qui se trouve en face. Nouveau grésillement dans mon oreille :
- La cible vient d’apparaître à la fenêtre du sixième, la deuxième en partant de la gauche. Confirmé.
D’un geste rapide, je braque la sixième fenêtre, je distingue un homme au milieu de la pièce, il porte un enfant dans les bras et s’en sert comme bouclier… Il a l’air paniqué.
- Cible à portée, chef !
- Ok ! attendez les instructions
Je règle un peu plus la netteté, la cible n’est pas très loin, en face à une quarantaine de mètres…là… ça y est elle se stabilise. Je distingue parfaitement le visage… mais… Non… Impossible. Je regarde une seconde fois…c’est bien lui, c’est Jean-Luc, un de mes meilleurs potes. On a fait les quatre cents coups ensemble dans la cité… Mais qu’est-ce qu’il fout là avec ce gosse. Lors de ma dernière permission, nous avions écumé quelques bars et il m’avait parlé à demi-mot de ses problèmes d’argent. Mais ce n’était pas à ce point-là… enfin pas comme ça… Je connais bien son caractère, il a horreur des armes et de la violence, c’est même plutôt un baba-cool comme on dit… Au physique il ressemble un peu à un chanteur qui prend un enfant par la main pour traverser un petit pont de bois. J’ai envie de poser mon fusil et de crier, de lui dire de lâcher le petit et de se coucher au sol… que c’est la seule chose qui lui sauvera la vie, que les types en cagoule qui cherchent à le descendre ne lui laisseront aucune chance. Je je m’efforce de trouver une solution qui ne vient pas… Je distingue son autre main, Jean-Luc tient une arme, ça ressemble à un vieux 38 à canon court.
- Tireur, abattez la cible.
Je fixe un point au centre du front de mon ami… Je calle le SIG un peu plus contre mon épaule, je bloque ma respiration, complètement immobile, seul mon doigt vient effleurer la queue de détente… Que faire ? Une voix intérieure m’intime l’ordre d’obéir, de faire abstraction de tout… Ma visée laser s’immobilise au milieu du front du forcené. Je tire…
La vitre placée sur la trajectoire vole en éclats obscurcissant la vue durant une fraction de seconde… Je me remets en position… Je ne comprends pas… Je ne parviens pas à analyser ce que mes yeux voient… Jean-luc se tient toujours debout, mais je n’arrive plus à distinguer les détails… Je mets quelques secondes pour réaliser… Puis je comprends que la balle a touché son image reflétée d’un miroir… Derrière moi, des applaudissements et des cris retentissent, je me retourne l’air hébété… Toute la brigade est montée jusque-là… J’ai un drôle de goût dans la bouche, je viens d’abattre sans sourciller un vieux pote. Aujourd’hui pour de faux, mais demain… Je suis devenu une vraie machine à tuer…

Le sergent Franks avance de quelques pas, la main tendue :
- Bravo le bleu… C’était ton dernier exercice… Et tu l’as passé avec succès. Maintenant tu es vraiment un des notres !
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rizlabo
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MessageSujet: Re: RAID mort   Dim 24 Sep - 21:10

mdr Pas mal, bonnes idées...


J'ai vu pas mal de reportages sur ces gars-là... impressionnant.
D'ou un certain malaise... Une série de détails qui ne me semblent pas coller.
Par exemple : les ordres. Ils n'ont rien d'opérationnel. Il me semble qu'après briefing et repérage, ça donnerait non pas :
"Monter jusqu’au sixième…Puis entrer dans l’appartement de droite, numéro 602…"
Mais
"Sixième. Appartement 602 à quinze heures ".
Monter un appartement trois marches à la fois pour une section d'assaut est un non sens. Il est impératif que l'influx nerveux soit maximal au moment de la mise en position. Un copain a eu la visite de l'ESI (le raid belge), pour cause de tireur sur un toit, ils sont parfaitement calmes et posés.
Pour un tireur d'élite, c'est encore plus vrai, histoire d'éviter le tremblement nerveux. Meme pour boucler son paquetage et monter dans le combi, il le fait à pas lent et mesuré.

Une phrase déplaisante "Tels des parachutistes, les hommes...". Une lourde comparaison qui n'ajoute rien.

Bref, une impression de malaise, de "pas vrai". J'aurais préféré qu'il abatte son copain sans gros état d'âme, au moment de l'action, et puis...
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Romane
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MessageSujet: Re: RAID mort   Dim 24 Sep - 21:38

Les détails gnagnougnagna de rizou, j'y connais rien, j'suis pas assez calée pour dire, donc je laisse la main.

Par contre, y'a un truc qui cloche entre le moment où il s'aperçoit qu'il connaît la cible, et le moment où il tire. J'ai deviné qu'il y avait une cointe, et que c'était une épreuve et non pas du "vrai", donc ça va pas. Faut que le suspense dure jusqu'à la dernière réplique.

Tu peux revoir ça, pour voir ?

J'ai vu deux trois fautes d'ortho, mais prise par la lecture, j'ai continué. Tu veux que je les cherche ?
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Charles




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MessageSujet: Re: RAID mort   Dim 24 Sep - 21:48

rizlabo a écrit:
mdr Pas mal, bonnes idées...


J'ai vu pas mal de reportages sur ces gars-là... impressionnant.
D'ou un certain malaise... Une série de détails qui ne me semblent pas coller.
Par exemple : les ordres. Ils n'ont rien d'opérationnel. Il me semble qu'après briefing et repérage, ça donnerait non pas :
"Monter jusqu’au sixième…Puis entrer dans l’appartement de droite, numéro 602…"
Mais
"Sixième. Appartement 602 à quinze heures ".
Monter un appartement trois marches à la fois pour une section d'assaut est un non sens. Il est impératif que l'influx nerveux soit maximal au moment de la mise en position. Un copain a eu la visite de l'ESI (le raid belge), pour cause de tireur sur un toit, ils sont parfaitement calmes et posés.
Pour un tireur d'élite, c'est encore plus vrai, histoire d'éviter le tremblement nerveux. Meme pour boucler son paquetage et monter dans le combi, il le fait à pas lent et mesuré.

Une phrase déplaisante "Tels des parachutistes, les hommes...". Une lourde comparaison qui n'ajoute rien.

Bref, une impression de malaise, de "pas vrai". J'aurais préféré qu'il abatte son copain sans gros état d'âme, au moment de l'action, et puis...



merci de m'avoir lu. Juste un petit rappel. L'écriture de nouvelles et de romans ne colle pas forcément à la réalité. C'est l'interret, l'auteur vous transporte. C'est comme au cinéma, personne dans la salle ne se lève et gueule alors que l'inspecteur Harry quitte sa voiture en pleine poursuite alors qu'il ne l'a pas fermé à clef. Ni qu'il flingue les méchants à tour de bras sans en rendre compte.
Exactement comme le mandat de perquisition qui n'existe pas. Pourtant si les flics viennent sonner chez vous, vous leur direz, vous avez un mandat ? et ils vous répondrons que vous regardez trop la TV.
L'écriture c'est le reve, le voyage, l'aventure pas forcément la réalité.
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rizlabo
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MessageSujet: Re: RAID mort   Dim 24 Sep - 21:59

C'est une façon de voir... Le cinéma a des conventions différentes de l'écriture, je pense.
Personnellement, quand je vois une fiction et mettre en scène des détails invraisemblables, sur des sujets que je connais bien, ça me dérange énormément.
En littérature, un détail invraisembable me choque terriblement. Par exemple, est-ce vraiment si difficile de mentionner un terme technique informatique de façon cohérente et juste ?
Je lisais dans Houellebecq : "un mélange de Pascal et de C++", ce qui est assez invraisembable, alors que tout le reste tenait la route. Il aurait écrit "En Delphi et C++", c'eut été absolument parfait.
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