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REMAKE TATIE DANIELE

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EDEN BLU




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Localisation : OISE FRANCE

MessageSujet: REMAKE TATIE DANIELE   Jeu 29 Avr 2004 - 23:34

REMAKE TATIE DANIELE

Envie d’hurler, envie de pleurer, envie de vous dire que le métier d’auxiliaire vie est un travail difficile. Et que nous mériterions une médaille, celle du courage.
Il était temps que je sois soulagée, au niveau horaire de boulot, sinon je disjonctais. 10 H par jour chez la même personne, plusieurs jours de suite, dur, dur. Mes vieux os craquent de partout. Quand mamie dort, cela va, je souffle un peu.
Mais quand elle ne dort pas, elle est pénible.
Elle n’a pas confiance. Elle vérifie le travail, râle si j’use l’électricité, l’eau ou le téléphone (pourtant j’appelle pour elle) Elle angoisse et les nerfs sont mis à rudes épreuves. Elle a 83 ans et est très autonome. Il lui faut néanmoins quelqu’un 24h/24, pour la toilette, les soins, la prise de médicament à heure régulière, les courses, les gros travaux, les sorties. Mais néanmoins on la dérange….Si on travaille ça ne va pas, si on est assis cela ne va pas. Bref, elle ne sait pas ce qu’elle veut. Elle est grave.
Une révolutionnaire, comme moi, bref, on se complète. Il faut une sacré patience, c’est un vrai T.G.V. Pas le temps de souffler, de dire ouf ! Après le repas, qu’elle est déjà habillée et qu’elle sort.
Elle m’a fait peur samedi, le temps que j’enfile ma veste et que je la rejoigne dans le jardin, plus personne. J’ai foncé au portail pour regarder sur le trottoir, pas de mamie.
Alors je l’ai appelé et elle m’a répondu. Il y a un autre jardin, planqué derrière un mur. Elle en a fait le tour, trois ou quatre fois, puis elle est rentrée. J’ai franchement eu le sentiment en tournant en rond ainsi avec elle, de faire le tour d’une prison.
Un peu plus tard, elle m’a encore fait peur. Toutes les portes sont habituellement ouvertes, il y en a deux dans son salon, une donnant dans le couloir, l’autre dans la cuisine. Une première porte a claqué. Je me suis levée, intriguée pour regarder par le trou de la serrure. Je ne voyais pas mamie. L’autre porte a claqué aussi . J’ai fait le tour pour regarder. La porte s’est ouverte quand j’étais derrière, prise en faute, j’ai sursauté. Je lui ai dit qu’elle m’avait fait peur. « Normal, vous écoutez aux portes » « Mais non, ai-je répondu, j’étais inquiète que vous vous enfermiez » « Je ferme parce que j’attends quelqu’un et c’est secret » « Ah, bon ! » Et vlan, elle me ferme la porte au nez. Elle m’inquiète, j’entends la clé dans l’autre serrure car il y a plusieurs portes de sortie donnant sur la rue.
Puis nouveau silence. J’attends 5 minutes et je frappe.
« OUI ! » « Heu ! Désolée de vous déranger, mais je suis là pour veiller sur vous, alors tant que votre visite n’est pas arrivée, ce serait sympa de laisser la porte ouverte, et moi cela me rassurerait » « Oh ! Vous êtes agaçante, il ne faut pas vous inquiétez comme cela » « Ecoutez, je fermerai la porte quand votre visite sera là » « Bon, bon ! D’accord »
Quelqu’un a frappé et je me suis éclipsée mais j’ai quand même regardé par le trou de la serrure, par sécurité, on ne sait jamais. C’était une dame, elle n’est pas restée longtemps. Voilà pour les événements. J’étais très fatiguée le soir en rentrant. Sur la route, je trouvais bizarre qu’il fasse aussi noir entre Chantilly et Saint Maximin. Je me suis dit « On nous a piqué les lumières ou quoi ? » Voiture qui me fait des appels de phares en face, pas bien le mec que je me dis, je ne suis pas en pleins phares. J’y vois même rien du tout. Pas d’autres voitures qui font des appels, alors je ne m’affole pas. Et bien j’aurai dû. M’étonne pas que je ne voyais rien sur cette fichue route, mes phares n’étaient pas allumés. Pas bien la fille, j’ai roulé comme cela pendant de nombreux kilomètres avant de m’en apercevoir. Quand je l’ai raconté à ma fille Cathy, elle était écroulée de rire. Comme quoi je ne m’arrange pas en vieillissant. S’il y avait eu les flics, j’avais droit au P.V. Mais je leur aurai expliqué le pourquoi du comment, gros coup de fatigue et cette impression bizarre qu’on m’avait piqué des lumières sur cette fichue route, çà les aurait bien fait rire.

Encore un week-end à tuer, fin novembre, comme le temps passe vite. Oscar, le pékinois de mamie m’a fait une fête d’enfer ce matin. Les animaux aiment et sont plus fidèles que les humains. Il courait comme un fou dans toute la maison au risque de bousculer mamie ou de la faire tomber au passage.
Caroline, ma voiture se fait vieille. Elle devient capricieuse le matin. Une chance qu’il ne gèle pas encore et que les pluies se soient quelque peu calmées. Je n’ai dormi que quatre heures cette nuit, mon corps, mes douleurs me laissent peu de répit. J’ai pris un long bain à six heures du matin comme pour essayer d’effacer le mal. L’eau brûlante a un instant apaisée mes vieux os. Si je m’étais écoutée, j’y serai encore.
J’ai ensuite pris le temps de me frictionner avec des huiles essentielles, histoire d’avoir bonne conscience et de me conditionner pour la journée.
Neuf heures, mamie attend son kiné depuis une demi heure, elle s’énerve. Elle crie, elle me speed.
Elle vient de me demander de laver le salon. Je prends le seau, la serpillière, le balai.
Mamie est devant l’évier avec sa chaise je n’ai pas pu faire la vaisselle car elle bouche le passage. Elle me crie de nouveau dessus pour que je me dépêche.
Le fait que je laisse le seau dans l’évier l’a dérange. Je lui spécifie que j’ai des tendinites et que je ne dois rien porter de lourd. « Et bien vous n’avez qu’à rester chez vous, si vous êtes malade » « Ah, oui ! Et qui s’occupera de vous le week-end, ils n’ont personne sous la main, et qui réglera mes factures, je vis seule, alors malade ou pas je suis là. J’ai des ordres médicaux et je m’y tiens. Je fais des navettes avec la serpillière, le travail sera fait, différemment mais il sera fait »
9h30 la salle est faite, mamie têtue m’a apporté le seau dans la salle. Elle soutient que vu que ce n’est pas assez mouillé, je n’ai pas lavé. Elle ne manque pas d’air. Le chien court partout dans le salon et elle marche dans le mouillé soutenant que ce n’est pas vrai.
« Bon il fait beau, madame, on ne va pas se fâcher pour des détails » « Je n’ai jamais vu que l’on travaillait comme cela, et maintenant vous êtes assise. Je ne vous paie pas à ne rien foutre. » « Madame, je viens de vous faire le salon, la vaisselle, votre chambre et j’en passe. Je suis là jusqu’à 18 heurs ce soir. Je ne vais pas faire 10 heures de ménage. Je préparerai votre repas dès que vous le souhaiterez, ferai vos courses puis de nouveau la vaisselle, la cuisine à fond et je veillerai sur vous. Je vous ferai la conversation si vous le souhaitez ou de la lecture, le repassage. Voilà »
Elle s’éloigne en haussant les épaules et en râlant. Décidément être différente, ne pas faire comme les autres, que ce soit nickel chrome mais pas fait pareil, dérange. Et puis je souffre tellement, deux accidents m’handicapent et me pourrissent la vie. (Double fracture du poignet droit et accident au niveau du dos)
J’aimerai être comme avant. Oh, oui ! Comme je l’aimerai.
J’essaie au maximum de soulager mon corps en évitant de porter du lourd. Mon Dieu aide moi, donne moi la force de continuer, je suis si lasse. Souffrir, ne pas dormir, travailler, ne pas être soulagée et puis par-dessus tout, l’intolérance des autres, la méchanceté gratuite. Eux ont le droit d’avoir mal, pas vous.
Je craque, je suis à bout, je n’en peux plus. Même le kiné qui s’y met, ce n’est pas lourd un seau. Je vais lui donner mes douleurs, peut-être qu’il sera humain, qu’il comprendra.
J’aimerai être ailleurs, dans un autre lieu, dans un autre corps.
Mais je ne le peux, alors je voyage par l’esprit, le rêve y est alors magique.
Mamie a avalé son repas vitesse grand V, comme si elle avait un train à prendre. Elle a repoussé son assiette. J’ai le malheur de demander si je peux donner les restes au chien, aie. « Oh, vous m’énervez, si je ne peux pas manger tranquille et que vous voulez débarrasser, je vais manger ailleurs au moins je prendrai le temps de manger tranquillement »
Je suis secouée, j’ai juste posé une question madame, alors il est où le problème, vu que son assiette à elle est déjà dans l’évier et que ne disant mot durant le repas. Je n’ai rien fait pour la stresser, notre seule conversation fut sur la saveur du poulet.
Il y a un problème relationnel, elle ne peux pas me sentir ou quoi ?
Quand je demande à faire quelle chose, elle me répond qu’il n’y a rien à faire. Si je soulève le couvercle de casserole, elle hurle. Si j’ai le malheur de touiller dans la casserole pour que ça n’attache pas et qu’elle se pointe au même moment, elle crie. Si je suis assise cela ne va pas. Si je travaille, cela ne va pas, je fais du bruit, j’use l’eau, l’électricité.
Si je vais une fois de trop aux toilettes, elle me demande si j’ai la colique. Si je propose une promenade par esprit de contradiction, elle s’y refuse. Et lorsque nous faisons les courses, en plus des sacs, c’est un boulet que je traîne, je marche trop vite à son goût. Elle me tire sur le bras comme si j’étais sa bouée de sauvetage. J’ai mal de partout, à croire qu’elle prend un malin plaisir à me torturer. Et maintenant elle me fuit. Elle se contredit, si je suis debout, elle me dit de m’asseoir.
Je suis complètement paumée, face à ce délirant personnage.
Je pense surtout que ses sautes d’humeur sont dues aux médicaments qu’elle prend.
J’ai eu moi aussi autrefois le même comportement quand je prenais des anti dépresseurs, mélangés à d’autres cachets.
J’ai vécu cette agressivité, saute d’humeur et méchanceté gratuite avec un couple dont lui était ancien ambassadeur. Je trouve injuste que le cliché se reproduise.
Mamie préfère Mireille la collègue qui fait la semaine. Il faudra bien qu’elle me supporte les week-ends.
C’est dur et déroutant de subir et moi qui par rapport aux autres ne suis plus bien costaud. Ah, si je pouvais retrouver mes forces d’antan, de mes vingt ans. Je vieillis et mon corps me trahit. J’ignore si c’est l’anti-inflammatoire que j’ai pris, mais j’ai l’impression d’avoir le feu à l’intérieur, mal à l’estomac, nausées, jointures douloureuses et chaudes.
Assez, assez, vivement ce soir, vivement la retraite. Non, plutôt la reconversion, faire autre chose, vivre autre chose.
Même si ce que je fais est enrichissant parce que les situations sont parfois cocasses, que les gens prêtent à rire, qu’en temps qu’écrivain, je les teste et m’aperçoit qu’une fois sur deux l’humain a disparu.
J’ai face à moi des monstres qui en veulent pour leur fric, chipotant au moindre détail et si le rouage est défaillant ne vous le pardonne pas. Ces gens là n’ont aucun savoir vivre, aucun tact, perdent leur temps, sont enquiquinants, invivables et doivent à tous prix ne pas être contrariés, ni pris à rebrousse poils. Car alors, ils disjonctent et vous vocifèrent leurs aigreurs dessus. Vous pâtissez de leurs foudres car ils deviennent maniaco-dépressifs, agressifs, sourds, aveugles, de mauvaise foi.
Vous entrez dans leurs jeux, c’est un rapport de force. Ils vous dictent leurs lois, essaient de vous écraser, ne vous écoutent même pas lorsque vous argumentez le pourquoi du comment ?
Bref ! Ils se contrefichent de votre santé, ou de vos états d’âme, oui il faut surtout éviter le conflit.
J’aimerai bien les filmer pour leur démontrer combien ils sont ridicules dans leurs façons d’être, de penser et d’agir, pour leur dire qu’ils sont égoïstes, méchants, agressifs, imbus de leurs personnes, tant ils vous traitent comme une boniche et qu’ils en veulent pour leur argent.
Seulement, il y a un hic. Je suis ce hic. Je n’ai pas pour habitude que l’on me traite comme un chien, il y a des limites.




Avec mamie c’est certes conflictuel à un point que je craque et puis une fois que j’ai pleuré un bon coup. Je me dis qu’elle a dû voir le film « TATIE DANIELE » Qu’elle me fait un remake de celui-ci en s’octroyant le rôle principal. Je me conforte dans cette idée. Elle me rassure, même si je n’en suis pas tout à fait convaincue.
J’ai mal mes vieux os . Je ne sais plus comment me mettre, assise, debout, c’est l’horreur, couchée, c’est pire.
Voilà, je pourrai en écrire des pages et des pages.
Tous les Week-ends sont semblables, alors je m’évade par la pensée, loin de ce boulot.
J’ai envie d’autres choses, de réaliser mes rêves, écrire, encore et encore, être connue et reconnue. Je sais, je sens qu’un jour viendra mon heure de gloire.
_________________
auteur membre adhérent sacem de nombreux compositeurs mettent mes textes en musique
vous pouvez écouter mes chansons sur
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Invité




MessageSujet: Re: REMAKE TATIE DANIELE   Ven 30 Avr 2004 - 0:16

auto-biographique ?


j'ai vu le film... m'a aussi laissé cette impression : on se demande lequel des deux est le plus dépendant de l'autre. Wink
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Marylen
Electrocuteuse Innée



Inscrit le : 10 Juil 2004
Messages : 1297

MessageSujet: coucou sorcière   Jeu 15 Juil 2004 - 18:18

Heu... Je sais, c'est impardonnable, je n'aurais pas dû rire tout le long de la lecture mais ça fait tellement de bien de savoir qu'on n'est pas seule dans la même galère... Puis-je faire lire ton texte à ma"Mamie" à moi qui soit dit en passant me semble un ange à côté de la "tienne"? Bizou tendre à toi.
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Romane
Invité




MessageSujet: Re: REMAKE TATIE DANIELE   Mar 31 Aoû 2004 - 1:03

Désopilant ! Enfin... le texte, je veux dire.
Bon courage, continue à exploiter ceux qui t'exploitent, ce sera toujours ça de positif...
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REMAKE TATIE DANIELE

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