Forums de Liens Utiles

Littérature, Théâtre, Peinture, Musique, Photos, Randos, Gastronomie, Débats, Informatique et tout ce qui peut encore s'inventer.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
 

songe

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
connor_
Invité




MessageSujet: songe   Sam 12 Juin 2004 - 19:32

J'ai fait il y a quelques temps un rêve étrange. Je me promenais dans les bois et la nuit commençait à tomber. A la lumière du soleil venait se substituer la clarté nocturne d'une lune aux rayons bleutés de mystère. Je m'engageais alors dans une forêt de landes aux aspects enchanteurs. L'ambiance était particulière, presque irréelle. Le vent s'engouffrait dans les branches des pins, murmurant une douce et langoureuse complainte. Emmitoufflé dans mon étoffe de laine noire, j'avançais sur un petit chemin de terre bordé par deux ruisseaux. Cela faisait depuis l'aube que je marchais sans cesse, et la fatigue commençait à gagner tous mes membres. Mes paupières devenaient de plus en plus lourdes et mon visage était blême. Il me fallait désormais trouver un endroit où passer la nuit, à l'abri du vent et de l'humidité. Cependant il n'eut pas été judicieux de s'écarter du chemin afin de s'enfoncer plus profondément dans la forêt. Celle-ci semblait particulièrement épaisse et il eut été facile de s'y perdre. Je préférai marcher encore un peu. Le chemin continuait en ligne droite et l'on pouvait percevoir au bout une lumière plus vive. Tandis que je marchais vers cette lumière, la forêt tout autour de moi semblait m'observer, c'était du moins la sensation que j'éprouvais à ce moment là. J'ignorais si c'était à cause du froid ou tout simplement parce que j'avais peur, mais je sentais mes poils s'hérisser sur mes bras. De légers picotements me carressaient le bas du cou et descendaient jusque dans mon dos. Cette forêt avait une âme, j'en eut juré sur ma vie. Une douce mélodie retentissait dans ma tête, un son de cordes presque irréel qui se fondait totalement dans l'ambiance. Je n'y prêtai pas attention pensant que cela provenait de mon imagination. Néanmoins, plus j'avançais et plus la musique se faisait présente tout autour de moi. C'était un son mélancolique. J'oubliai pour un instant la fatigue de mes jambes et me laissai guider par cet appel envoûtant. Cet air pénétrait mon esprit avec grâce. Ce n'était pas le fruit de mon imagination, cette musique était bien réelle. Je n'avais plus que quelques mètres à parcourir avant le bout du chemin. Tout mon être était imprégné d'une fébrilité incontrôlable, lorsque enfin, un paysage féerique s'offrit à moi. La mélodie n'avait toujours pas cessé. La forêt s'était ouverte sur un étang qui scintillait sous les reflets de la lune. L'eau était pure et transparente. Des milliers de petites fleurs tapissaient ses rebords de bleu, de jaune et de violet. Un tapis d'herbe recouvrait les alentours. Auprès de l'étang se trouvait une grosse pierre grise qui semblait avoir surgi de la terre. Un homme y était assis, les yeux fermés. Il portait un long manteau de tissu blanc qui tombait sur ses chevilles, boutonné de bas en haut, et dont le col était relevé. Sa chevelure blonde scintillait sous les rayons de la lune. Il tenait dans sa main droite une lyre. Tandis que les doigts de sa main gauche caressaient les cordes argentées de l'instrument, le haut de son buste se mouvait délicatement sous le rythme langoureux de la mélodie. Son visage était parfait et ses yeux reflétaient la douceur. Néanmoins, son regard semblait empli de tristesse. Sur sa joue droite coulait une larme signifiant à elle seule toute la peine de son âme. Je restais tapis dans l'ombre. Je n'osais interrompre cet instant qui me paraissait tout simplement magique. La mélancolie envahissait la forêt et touchait tous ses êtres. Moi-même je me senti submergé d'une tristesse profonde. Tout autour de moi, la vie semblait suspendue. la cime des arbres penchait légèrement sur le côté puis se redressait lentement au rythme du vent. Par moments, de petites bourrasques venaient déposer à la surface de l'eau de minuscules pétales de fleurs à l'endroit même où se reflétait la lune. L'homme à la lyre continuait de jouer sans se soucier de moi. A vrai dire, j'ignorais même si ce dernier avait senti ma présence. Je me postais à l'entrée de la clairière, observant la scène dans l'ombre d'un chêne. Je ne disais rien, respirais à peine. C'est alors que brusquement, sans même rouvrir les yeux, le musicien s'interrompit et dit: "Je suis Rannoch, l'être de peine!"...
Revenir en haut Aller en bas

songe

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forums de Liens Utiles :: Littérature :: Biblio LU :: Nouvelles, feuilletons & autres :: Recueil de textes divers-