Une des rares émissions que je prends toujours plaisir à regarder à la télé, "Fourchette & sac à dos" sur la 5 (si vous ne connaissez pas, une pétillante journaliste fait une sorte de rando culinaire chez l'habitant), est diffusée le dimanche matin.
Et ce matin, justement, dans une ville du brésil, une femme faisant vivre sa famille grace à la vente de ses beignets de haricots frits (elle a élevé 9 enfants légitimes et 7 autres recueillis dans la rue, parce qu'"on ne laisse pas un enfant seul dans la rue") dit en riant : mac do a fermé ici, hamburgger et coca n'ont pas résisté aux beignets et guarana !
Il faut dire que la confection de ces beignets sont une véritable institution. Elle revet une tenue traditionnelle, une superposition de jupons, chemisier et coiffe en dentelle de coton blanc, personne qu'elle n'a le droit de les confectionner, c'est un rite quasi mystique, en tout cas religieusement exécuté, qu'elle transmet à sa petite fille.
Je pense franchement que pour beaucoup, la "folie" des Mac Do, Quick, ou autres, n'est qu'une étape transitoire en France, une espèce d'adolescence alimentaire, qui passe vite et se transforme en fréquentation de temps en temps, pour le côté pratique, par exemple.
C'est sûr que, dans la masse, ça nous paraît énorme, mais il n'empêche qu'en considérant la totalité des repas servis hors-foyer, il me semble que les clients quotidiens restent peu nombreux.
Pour preuve, les efforts de séductions par la diversification des produits présentés dans ces enseignes pour attirer l'affamé lassé du "toujours pareil"...
Il s'ouvre maintenant, sur le même principe, des spécial "pâtes", "soupes", "sushis", "jus de fruits frais" ou "saladeries", "tartines", "sandwicherie" en tous genres, pour toutes saisons et pour tous les goûts, une restauration rapide et parfois bien plus saine et savoureuse...
J'ai le souvenir d'un reportage sur un fast-food du sud-ouest proposant des burgger de pain de campagne au magret de canard, qui s'est implanté juste en face du Mac Do, justement pour contrer l'américanisation de la région ; j'aurai dû noter l'adresse
Dans le Marais Poitevin, un "préfou" divin (baguette souple chaude tartinée au beurre d'ail), est servi sur le marché du samedi matin, en guise de petit déjeuner ; on grille l'andouillette, le figatelli, le chèvre ou le camembert, et tant, et tant d'autres, autant de spécialités non négligées et tellement vivaces ! Vous avez déjà mangé de la saucisse sêche au roquefort, créée par le boucher de Nasbinals ? C'est une tuerie !
Non, franchement, vous pensez vraiment que le burgger va supplanter tous nos merveilleux produits ?
On a de la chance de vivre ici... et aussi de bénéficier du brassage culturel culinaire, parce que, nom d'une moule-frite, malgré toute l'horreur véhiculée par la colonisation, le meilleur fût, reste, et restera l'échange des épices, des aliments, des boissons, du savoir-faire de chaque pays à les travailler, les modifier, les sublimer !
Oui, le meilleur restera le mélange des sucs et des mets du monde, qu'utopiquement, je me prends à rêver sans famine, une terre où chacun aurait sa part journalière de cet héritage...
GustativementVôtreSourire
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Avec ou sans corole... SourirEnBouquet