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| A une passante - Baudelaire | |
| | | Auteur | Message |
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meley

Age : 26 Inscrit le : 17 Avr 2006 Messages : 1688 Localisation : on dirait le suuuuuuuuuuuud!!!
| Sujet: A une passante - Baudelaire Mer 9 Jan - 2:27 | |
| A une passante
La rue assourdissante autour de moi hurlait. Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, Une femme passa, d'une main fastueuse Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue. Moi, je buvais, crispé comme un extravagant, Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan, La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté Dont le regard m'a fait soudainement renaître, Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être ! Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais, Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
Juste pour le plaisir... |
|  | | Miss You

Age : 41 Inscrit le : 21 Sep 2007 Messages : 3210
| Sujet: Re: A une passante - Baudelaire Mer 9 Jan - 8:05 | |
| | Très belle idée Mel, cette ode est mon poème préféré de Beaudelaire. |
|  | | Allart

Age : 31 Inscrit le : 09 Mai 2007 Messages : 306 Localisation : Lyon
| Sujet: Re: A une passante - Baudelaire Mer 9 Jan - 14:31 | |
| Je crois corrigez moi si je me trompe que ce texte de Baudelaire a inspiré Georges Brassens pour cette chanson. J'adore les deux!
Les passantes
Je veux dédier ce poème A toutes les femmes qu'on aime Pendant quelques instants secrets A celles qu'on connait à peine Qu'un destin différent entraîne Et qu'on ne retrouve jamais
A celle qu'on voit apparaître Une seconde à sa fenêtre Et qui, preste, s'évanouit Mais dont la svelte silhouette Est si gracieuse et fluette Qu'on en demeure épanoui
A la compagne de voyage Dont les yeux, charmant paysage Font paraître court le chemin Qu'on est seul, peut-être, à comprendre Et qu'on laisse pourtant descendre Sans avoir effleuré sa main
A la fine et souple valseuse Qui vous sembla triste et nerveuse Par une nuit de carnaval Qui voulu rester inconnue Et qui n'est jamais revenue Tournoyer dans un autre bal
A celles qui sont déjà prises Et qui, vivant des heures grises Près d'un être trop différent Vous ont, inutile folie, Laissé voir la mélancolie D'un avenir désespérant
Chères images aperçues Espérances d'un jour déçues Vous serez dans l'oubli demain Pour peu que le bonheur survienne Il est rare qu'on se souvienne Des épisodes du chemin
Mais si l'on a manqué sa vie On songe avec un peu d'envie A tous ces bonheurs entrevus Aux baisers qu'on n'osa pas prendre Aux cœurs qui doivent vous attendre Aux yeux qu'on n'a jamais revus
Alors, aux soirs de lassitude Tout en peuplant sa solitude Des fantômes du souvenir On pleure les lèvres absentes De toutes ces belles passantes Que l'on n'a pas su retenir _________________ http://www.eclectiklab.com/ http://myspace.com/rodolphebessey |
|  | | Vilain Don Juanito

Inscrit le : 20 Fév 2004 Messages : 3818
| Sujet: Re: A une passante - Baudelaire Mer 9 Jan - 20:29 | |
| je souscris..sauf que les paroles ne sont pas de Brassens....| Citation: | Georges Brassens Les passantes Paroles: Antoine Pol. Musique: Jean Bertola |
 _________________ j'ai lu pas mal de conneries dans ma vie. Maintenant j'en écris !  |
|  | | Laconfiture Palala

Age : 21 Inscrit le : 05 Oct 2007 Messages : 694 Localisation : Lyon
| Sujet: Re: A une passante - Baudelaire Ven 18 Jan - 16:18 | |
| Pardce que on est chez monsieur Baudelaire, je me permets de laisser un de mes préférés, si ce n'est mon préféré. Le cygne, surtout pour la deuxième partie, qui est à mes yeux un chef d'oeuvre monumental, une grande colonne dont on ne voit pas la fin.
Le cygne. à V. Hugo
I
Andromaque, je pense à vous ! Ce petit fleuve, Pauvre et triste miroir où jadis resplendit L’immense majesté de vos douleurs de veuve, Ce Simoïs menteur qui par vos pleurs grandit,
A fécondé soudain ma mémoire fertile, Comme je traversais le nouveau Carrousel. Le vieux Paris n’est plus (la forme d’une ville Change plus vite, hélas! que le cœur d’un mortel) ;
Je ne vois qu’en esprit tout ce camp de baraques, Ces tas de chapiteaux ébauchés et de fûts, Les herbes, les gros blocs verdis par l’eau des flaques, Et, brillant aux carreaux, le bric-à-brac confus.
Là s’étalait jadis une ménagerie ; Là je vis, un matin, à l’heure où sous les cieux Froids et clairs le Travail s’éveille, où la voirie Pousse un sombre ouragan dans l’air silencieux,
Un cygne qui s’était évadé de sa cage, Et, de ses pieds palmés frottant le pavé sec, Sur le sol raboteux traînait son blanc plumage. Près d’un ruisseau sans eau la bête ouvrant le bec
Baignait nerveusement ses ailes dans la poudre, Et disait, le cœur plein de son beau lac natal : « Eau, quand donc pleuvras-tu ? quand tonneras-tu, foudre ? » Je vois ce malheureux, mythe étrange et fatal,
Vers le ciel quelquefois, comme l’homme d’Ovide, Vers le ciel ironique et cruellement bleu, Sur son cou convulsif tendant sa tête avide, Comme s’il adressait des reproches à Dieu !
II
Paris change ! mais rien dans ma mélancolie N’a bougé ! palais neufs, échafaudages, blocs, Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie, Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs.
Aussi devant ce Louvre une image m’opprime : Je pense à mon grand cygne, avec ses gestes fous, Comme les exilés, ridicule et sublime, Et rongé d’un désir sans trêve ! et puis à vous,
Andromaque, des bras d’un grand époux tombée, Vil bétail, sous la main du superbe Pyrrhus, Auprès d’un tombeau vide en extase courbée ; Veuve d’Hector, hélas ! et femme d’Hélénus !
Je pense à la négresse, amaigrie et phtisique, Piétinant dans la boue, et cherchant, l’œil hagard Les cocotiers absents de la superbe Afrique Derrière la muraille immense du brouillard ;
À quiconque a perdu ce qui ne se retrouve Jamais, jamais ! à ceux qui s’abreuvent de pleurs Et tettent la Douleur comme une bonne louve ! Aux maigres orphelins séchant comme des fleurs !
Ainsi dans la forêt où mon esprit s’exile Un vieux Souvenir sonne à plein souffle du cor ! Je pense aux matelots oubliés dans une île, Aux captifs, aux vaincus !… à bien d’autres encor ! |
|  | | Allart

Age : 31 Inscrit le : 09 Mai 2007 Messages : 306 Localisation : Lyon
| |  | | | A une passante - Baudelaire | |
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