Forums de Liens Utiles

Littérature, Théâtre, Peinture, Musique, Photos, Randos, Gastronomie, Débats, Informatique et tout ce qui peut encore s'inventer.
 
AccueilAccueil  ­FAQFAQ  ­S'enregistrerS'enregistrer  ­ConnexionConnexion  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 Arthur Rimbaud

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Sbreccia
Corse au cub' mais presque


Nombre de messages: 1431
Localisation: Pensif...
Date d'inscription: 04/08/2005

MessageSujet: Arthur Rimbaud   Lun 7 Sep 2009 - 17:11

Bal des pendus




Au gibet noir , manchot aimable,

Dansent, dansent les paladins,

les maigres paladins du diable,

Les squelettes de Saladins

»-----------------«

Messire Belzébuth tire par la cravate

Ses petits pantins noirs grimaçant sur le ciel,

Et, leur claquant au front un revers de savate,

Les fait danser, danser aux sons d'un vieux Noël !

»-----------------«

Et les pantins choqués enlacent leurs bras grêles :

Comme des orgues noirs , les poitrines à jour

Que serraient autrefois les gentes damoiselles,

Se heurtent longuement dans un hideux amour .

»-----------------«

Hurrah ! les gais danseurs, qui n'avez plus de panse !

On peut ca brioler, les tréteaux sont si longs !

-
Hop ! qu'on ne sache plus si c'est bataille ou danse !

Belzébuth enragé racle ses violons !

»-----------------«

O dur talons, jamais on n'use sa sandale !

Presque tous ont quitté la chemise de peau ;

Le reste est peu gênant et se voit sans scandale.

Sur les crânes, la neige applique un blanc chapeau :

»-----------------«

Le corbeau fait panache à ces têtes fêlées,

Un morceau de chair tremble à leur maigre menton :

On dirait, tournoyant dans les sombres mêlées,

Des preux, raides, heurtant armures de carton.

»-----------------«

Hurrah ! la bise siffle au grand bal des squelettes !

Le gibet noir mugit comme un orgue de fer !

Les loups vont répondant des forêts violettes :

A l'horizon, le ciel est d'un rouge d'enfer...

»-----------------«

Holà, secouez-moi ces capitans funèbres

qui défilent , sournois, de leurs gros doigts cassés

Un chapelet d'amour sur leurs pâles vertèbres ;

Ce n'est pas un moustier ici, les trépassés !

»-----------------«

Oh ! voilà qu'au milieu de la danse macabre

Bondit dans le ciel rouge un grand squelette fou

Emporté par l'élan , comme un cheval se cabre :

Et, se sentant encor la corde raide au cou,

»-----------------«

Crispe ses petits sur son fémur qui craque

Avec des cris pareils à des ricanements,

Et, comme un baladin rentre dans la baraque,

Rebonbit dans le bal au chant des ossements.

»-----------------«

Au gibet noir , manchot aimable,

Dansent, dansent les paladins,

les maigres paladins du diable,

Les squelettes de Saladins

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
Toussaint Sbreccia : célèbre inventeur inconnu des termes Cacophrène et Cacophrénie dont il révèlera les secrets dans son blog :http://lecacophrenethic.blogvie.com/
ميشال________________________________________________
Barack Obama repond à une cubaine ici:
http://liensutiles.forumactif.com/cuba-f110/generation-y-t17456.htm
Revenir en haut Aller en bas
http://lecacophrenethic.blogvie.com/
Ysandre
I TI Expert en informatique


Nombre de messages: 2571
Localisation: Alpha du Centaure, juste à droite
Date d'inscription: 09/12/2008

MessageSujet: arthur rimbaud   Lun 7 Sep 2009 - 18:12

A l'époque où je l'ai lu, j'ai pensé à la Ballade des pendus de Villon , pas toi ?

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
Et si l'ombre laissait la place a la lumière ?
Quand l'encre remplacera le sang dans mes veines
Quel lumineux docteur de l'âme
Viendra prendre soin de moi...
Revenir en haut Aller en bas
Romane
Administrateur


Nombre de messages: 64216
Localisation: Kilomètre zéro
Date d'inscription: 01/09/2004

MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Lun 7 Sep 2009 - 18:48

Rimbaud, ce torturé à perpétuité, Rimbaud et ses illuminations, son art de masquer... un monument à lui tout seul !

Citation:
L’incipit de « La maison du berger » d’Alfred de Vigny – texte adroitement mobilisé dans une perspective comparatiste (pp. 148-149) – pourrait servir de résumé à ce troisième chapitre. À la manière de la poésie rimbaldienne qui y est étudiée, la dernière partie de l’ouvrage de Seth Whidden est à la fois riche et complexe. Son propos, à première vue, n’est pourtant pas neuf : l’auteur, s’appuyant sur les textes « À une raison » et « Villes » (« L’acropole officielle […] »), tous deux extraits d’Illuminations, et sur une réflexion de Paule Lapeyre, fonde l’originalité de la poésie de Rimbaud sur la propension de l’Ardennais à mettre en scène « un je incapable de structurer l’espace et de se situer dans l’espace »7, ou, pour le dire autrement, un sujet lyrique défiant la réalité et incarnant, par là même, le refus du poète de se confiner à une poésie traditionnelle dans laquelle le je perçoit les limites de son existence en matière de temps et d’espace (p. 120). L’originalité de Whidden tient au fait que ce type de discours, jusqu’ici, servait seulement d’explication au dernier recueil, Illuminations, qui se trouvait dès lors mis en marge de la production rimbaldienne. Plutôt que comme un hapax, Whidden considère ce volume comme l’« apothéose » (p. 209) d’un processus mis en branle dès les débuts de l’œuvre du poète.


http://www.fabula.org/revue/document3557.php

*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*"*
"Bonjour je suis Roulotte alors je m'appelle Roulotte, c'est pour ça que mon pseudo c'est Roulotte." (Jean Vilain)http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
Revenir en haut Aller en bas
http://romane.blog4ever.com/blog/index-86614.html
 

Arthur Rimbaud

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forums de Liens Utiles :: Littérature :: Biblio LU :: Salon des auteurs connus-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet